EE — À
FiG. 33.
mistes, ont permis d'appliquer utilement le procédé, même avec une proportion bien plus élevée de nitrates, en produisant, au début, une aclion réductive suffisamment énergique pour transformer l'acide nitrique en sel ammoniacal. L'opération se fait dans des ballons de verre de 200 à 250 centimètres cubes de capacité, que l’on dispose sur une grille présentant une série de compartiments en toile métallique (fig. 33) avec autant de supports, chacun étant composé d'un fil métallique, en forme de selle, sur lequel on appuie le col de la fiole (fig. 34). On bouche imparfaitement l'ouverture au moyen d'une petite boule de verre portant une pointe irès allongée vers l’intérieur, pour
la maintenir en équilibre, et une autre pointe au dehors, que l’on peut saisir entre les doigts; on évite ainsi les pertes par projection et une vaporisation trop importante, le liquide distillé étant en grande partie ramené dans la fiole.
Première période. — S'il s'agit de matières organiques sans nitrates, comme les guanos, le sang torréfié, la viande, le cuir, ete., on introduit dans le ballon 05,50 ou 1 gramme de la matière exactement pesée, avec 0f°,70 à { gramme de mercure, quantité que l’on prend aisément d’une manière uniforme, à l’aide d'un petit tube de verre capillaire (On ajoute un peu de paraffine, lorsque l'on traite des fourrages riches en matières grasses, pour empêcher le boursouflement). Puis on verse dans la fiole 15 centimètres cubes d'acide sulfurique concentré et 5 centimètres cubes d'acide fumant de Nordhausen. (D'autres chimistes emploient 30 centimètres cubes d'un mélange d'acides sulfurique et phosphorique, préparé en traitant 200 grammes d’anhydride phosphorique par l'acide sulfurique concentré de manière à former 1 litre). On laisse digérer à froid quinze minutes, puis on chauffe le ballon peu à peu; arrivé à l’ébullition, on continue jusqu’à ce que tout soit dissous et que le liquide soit devenu d’une entière limpidité; il n’est, d’ailleurs, pas toujours complètement décoloré. S'il arrive que le contenu du matras se prenne en masse, avant qu'on soit arrivé à la décoloration, on met 10 autres centimètres cubes d'acide sulfurique, puis on ajoute avec précaution, après refroidissement, quelques centigrammes de permanganate de potassium pour compléter l'oxydation.
Si la matière contient des nifrales, on verse dans le ballon 1 gramme de la matière finement pulvérisée, 2 grammes d'acide salicylique et 30 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré. Joldbauer emploie 05‘,5 de substance en poudre et 30 grammes d'acide sulfurique, où l’on a fait dissoudre 15,2 d'acide phénique et 0*',4 d'anhydride phosphorique; on laisse digérer à froid en remuant fréquemment, et on ajoute peu à peu 3 grammes de poudre de zinc; quelques chimistes versent en outre 2 ou 3 gouttes de chlorure de platine. On laisse à froid pendant 1 heure 1/2 à 2 heures, ou même on place le ballon dans un bain froid, afin d'éviter l'échauffement, surtout sil y a du chlore. On ajoute enfin 0,7 de mercure et on chauffe, doucement d’abord, puis à ébullition, comme dans le
nn”, :
cas où il n'y a pas de nitrate, jusqu'à ce que la liqueur soit bien limpide et claire.
Il parait se former, au moment de la dissolution du nitrate dans le mélange acide, un composé du groupe AzO?, tel qu'un mononitrophénol, avec l'acide phénique, composé qui est réduit par le zinc en un dérivé amidé, dont l'azote est fixé à l'état d’ammoniaque (Chenet).
On laisse refroidir et, le liquide étant tout à fait clair à froid, on y ajoute peu à peu de l’eau jusqu'à une centaine de centimètres cubes. On agite de manière à faire dissoudre le sel de mercure, qui à pu rester au fond, et on transvase dans le ballon de { litre environ, qui doit servir à la distillation; on lave à plusieurs reprises et on réunit les liquides.
Deuxième période. — On verse alors dans le ballon de la lessive de soude à 20 0/0 en refroidissant au fur et à mesure, Jusqu'à ce que l'acide sulfurique soit entièrement saturé, ce qui peut former un volume de 209 ou 250 centimètres cubes de liquide. On y ajoute 3 à 4 centimètres cubes d'une solution salurée de sulfure de sodium, pour précipiter le mercure et le zinc, puis un excès de soude à 20 0/0 et un peu de zinc en grenailles, pour produire un dégagement régulier d'hydrogène pendant la distillation de l’'ammoniaque. On se hâte alors, pour éviter toute perte d'ammoniaque, d'adapter le ballon à serpentin ascendant de Schlæsing-Aubin (#g. 15 ou 16, p. 67-69).
Les observations de Chenet ont montré qu'il n y avait pas apparition d’'ammoniaque dans le col du ballon (muni d'un papier de tournesol très sensible et mouillé), avant deux ou quatre minutes, comptées depuis la saturation de l'acide, ce qui permet d'opérer sans aucune perte.
La distillation de l’ammoniaque se fait, en général, tranquillement, grâce à la présence du zinc ; quelques chimistes jugent néanmoins utile de mettre dans le ballon des fragments de pierre ponce.
L'ammoniaque distillée est reçue, comme dans les procédés de dosage de Péligot, de Schlæsing, etc., dans un volume
connu d'acide sulfurique titré; on dose ensuile, au moyen d'une solution de soude titrée comparativement, l'acide sulfurique resté libre, et on a, par une table, l'ammoniaque correspondante à l'acide saturé.
Lorsque l'on veut doser dans une matière l'azote total et l'azote nitrique, on fait une première opération pour l'azote total, comme il vient d'être dit, puis une seconde opération semblable, après destruction du nitrate. Dans ce but, on chauffe d’abord la matière avec de l'acide chlorhydrique et du protochlorure de fer, de manière à dégager le bioxyde d'azote provenant de la réduction de l'acide nitrique ; on pousse l'évaporation jusqu'à sec dans le ballon même, où on doit ajouter l'acide sulfurique, et on continue l'opération, comme nous l'avons dit plus haut dans le cas où il n'y a pas de nitrates.
Quelques dispositifs nouveaux ont été proposés récemment pour l'application de la méthode de Kjeldahl.
Dans le but d'éviter le dégagement de vapeurs sulfureuses et sulfuriques pénibles à respirer, si la hotte du laboratoire n'a pas un lirage suffisant, Vogtherr ferme le ballon d'attaque par un bouchon de verre rodé creux, se prolongeant en un tube coudé; la seconde branche, qui est placée verticalement, porte une boule, où se condensent les vapeurs sulfuriques, et descend jusqu’à la surface d'une solution de soude, où s'absorbe presque complètement le gaz sulfureux".
Pour faire un grand nombre d'opérations à la fois, E.-A. Taylor range une vingtaine de ballons d'attaque sur trois grilles formant (rois côtés d'un carré et munies de 20 brûleurs. La distillation de l’ammoniaque se fail dans 8 petits ballons sur des brûleurs disposés en couronne autour d'un manchon réfrigérant vertical ; les tubes de condensation, deux fois coudés vers le haut, se courbent au-dessous du manchon, de manière à s'engager dans les cols inclinés de 8 petits ballons contenant de l'acide sulfurique titré pour le dosage ?.
1. Chemiker Zeitung, 1900. — C. Poullene, Nouveautés chimiques, 1901. 2. Zeilsch.f. angew. Ch.,1990. — C. Poallenc, Nouveautés chimiques, AND1.
ARGON Ar — 20
ÉTAT NATUREL
L'argon a été découvert, en 1894, par lord Rayleigh et sir Ramsay, à la suite d'observations très précises sur les densités de l’azote atmosphérique d’une part, et, de l’autre, de l’azote chimique dégagé de sa combinaison avec le magnésium ou provenant de la décomposition de l’azotite d'ammonium, densités qui furent trouvées discordantes, ainsi que l'avait déjà signalé Cavendish.
Il est caractérisé par un spectre de raies dans le rouge.
Il est beaucoup plus inactif que l'azote.
Il est aussi beaucoup plus soluble dans l’eau. On a pu proposer de l’extraire de l'air en profitant de sa solubilité.
Il entre dans la composition de l’azote atmosphérique dans la proportion de 1,19 pour cent {(Schlæsing fils) Sa densité est voisine de 1,376 par rapport à celle de l'air (ou 19,80 par rapport à celle de l'hydrogène); 1 litre d’argon pèserait donc 1#,80 !. L'air atmosphérique desséché et dépouillé d'acide carbonique est, en conséquence, composé de :
Azote Oxygène Argon Enpoids =. er 7555 23,2 159 Envolumer-- 78,06 21,0 0,94 Densité de l'azote chimique........ 0,9672 Densité de l'oxygène chimique..... 1,1052 (Leduc.
Les expériences de lord Ravyleigh assignent à l'argon la densité 1,3775 par rapport à l'air sec.
Quelques chimistes ont émis l'idée qu'il serait peutètre un azote allotropique, condensé et inactif, une sorte d'azote ozoné, qui devrait être représenté par Az? occupant 2 volumes. La densité par rapport à l'hydrogène devrait ètre alors RE IE