ARGON > AA
L'argon a été trouvé dans les bulles gazeuses qui se dégagent de certaines sources minérales, notamment dans les eaux sulfureuses de la Raïllère et du Bois à Cauterets (Hautes- Pyrénées)!; la source de Maizières, près Arnay-le-Duc (Côted'Or} ; les sources thermales d’Abano et les Suffioni de Larderello (Toscane, 2 d’argon pour 100 d’azote)#; dans les sources de Dax (Landes), d'Ogeu et d'Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées), de Panticosa (Aragon)“. Legaz le plus riche serait actuellement celui de la source de Maizières qui renferme, d’après Moureu, jusqu'à 8 p. 100 d’un mélange d'argon et d’hélium.
DOSAGE
L'argon peut être isolé des autres gaz de l'atmosphère et dosé de la manière suivante : on fait passer l’air dans un tube en verre de Bohème contenant du cuivre et de l’oxyde de cuivre et maintenu au rouge vif; on lui fait ensuite traverser un tube à potasse concentrée, et on le recueille au moyen de la trompe, dans un volumètre où il est exactement mesuré.
On dirige alors le gaz dans un tube contenant du magnésium et de l’oxyde de cuivre, que l’on chauffe au rouge, pour retenir l’azote. L’argon, balayé par un courant d'acide carbonique, est lavé dans de la potasse.
Il peut contenir de petites quantités de gaz combustibles et destraces d'azote. On l'en débarrasse en l'additionnant d'oxygène pur et le soumettant, en présence d’un peu de potasse, à l'étincelle d'une bobine de Ruhmkortf, jusquà ce qu'il ne change plus de volume dans l’espace de plusieurs heures; procédé lent, mais très sûr, parce que le gaz, enfermé dans le même tube de verre, sur le mercure, sans transvasements, est à l'abri de tout mélange avec des quantités même très faibles des gaz de Patmosphère *. Après quoi, on absorbe l'excès d’oxy-
- Boucaarp et Troost, C. R., 1895, I, p. 1013. - Moureu, S. ch.,1896, I, p. 626.
. Masii, S. ch., 1898, IT, p. 574.
. Moureu, C. R., 29 décembre 1902, p. 1336.
. TroosrT, S. ch., 1896, I. p. 316.
Où
gène par le phosphore et on mesure l’argon purifié dans un petit volumètre.
Schlæsing fils a trouvé ainsi 1,192 d’argon pour 100 volumes d'azote ou 0°°,941 d’argon dans 100 volumes d’air!.
Au lieu de magnésium, on peut employer Le lithium chauffé au rouge sombre pour absorber l'azote.
Maquenne a employé pour la préparation de l'argon pur, un mélange de chaux vive et de magnésium en poudre, dans un appareil clos, où l'air circule lentement par l’action d’une trompe à mercure. Les gaz finissent par se dépouiller entièrement de l'oxygène et de l'azote. La quantité de magnésium nécessaire est d'environ 3°,5 par litre d'air sec.
On peut isoler l’argon de l'air directement pour en examiner le spectre, en se servant de tubes de Plücker à fils de magnésium et faisant passer de fortes effluves; l'azote est absorbé lentement d’abord, puis avec élévation de température et légère volatilisation de magnésium, quand la pression a été assez diminuée. La combinaison de l'azote avec la vapeur de magnésium se fait alors très vite; le spectre de l'azote disparait, et on peut constater les raies rouges de l’argon et la raie Jaune D, de l'hélium avec ses autres raies caractéristiques ?.
NÉON. — KRYPTON. — XÉNON.
Par une distillation fractionnée de l'air liquide, Ramsay et W. Travers ont obtenu, avec l’argon, le néon plus léger (Densité par rapport à l'hydrogène — 9,6), ainsi que le krypton et le xénon plus lourds, présentant des spectres très différents les uns des autres. Le spectre du krypton possède en particulier une raie Jaune et une belle raie verte, distinctes de celles de l'hélium.
ESC els 9 MED MG 2. Troosr et OcvrarD, C. R., 121, p. 394; — S. ch., 1896, p. 1014. 3. Ann. du Bureau des Longitudes pour 1898, p. 165.
HÉLIUM Here
L'hélium à été découvert en 1895, par W. Ramsay dans le spectre du gaz raréfié extrait d'un minéral rare, la c/évéite, et, peu de temps après, dans celui d’une météorite; on l’a trouvé aussi dans la broggérite, l’orangite, la monazite, etc.
W. Ramsay et W. Travers ont observé qu'il est dégagé en assez grande abondance par la calcination de la ferqusonite, qui est un niobate d'yttrium et de cérium avec plusieurs autres éléments", d'aspect semblable à l'obsidienne, mais beaucoup plus dense; chauflée entre 500 et 600°, elle devient subitement incandescente en dégageant de l’hélium, tandis que sa densité diminue; on dégage par gramme environ 0°°,25 d’hélium (sur 1 centimètre eube de gaz total) par calcination, et encore environ 1 centimètre cube d’hélium, en chauffant avec du bisulfate de potassium. G.-P. Tschermak a fait une observation analogue sur un minéral riche en cérium, trouvé dans une houille des environs de Koutaïs (Caucase)?. On a observé un petit dégagement d’hélium dans les sources minérales de Cauerets, de Wildbad, d’Abano et dans les’ suffioni de Toscane ; celle de Larderello, qui parait être la plus riche, contient 1 d'hélium pour 100 d’azote.
L'hélium se reconnaît à une raie jaune (A — 577,50), qui coïncide avec la raie chromosphérique brillante D°, aussi fréquente que celle de l’hydrogène. On a pu dédoubler cette raie, aussi bien que celle de la clévéite.
Deslandres a observé dans le gaz hélium une raie violette (À = 447,18). On à signalé une raie D? dans le jaune et d’autres dans le jaune et l’orangé.
. ch., 1898, IT, p. 498.
10h ASTM pA2219; . R°, t: CXXI, p. 798; S. ch., 1896, 1, p. 376.
Troost a examiné comparativement les gaz extraits des eaux de surface (eau de Seine, eau de mer) et ceux dégagés par des sources minérales sulfureuses venant de régions profondes (Sources de Cauterels) !.
Le gaz carbonique est absorbé par la potasse, l'azote par du magnésium chauffé au rouge ou par de l'oxygène, auquel il se combine en présence de potasse sous l'influence des étincelles électriques. Le résidu est séché sur de la potasse fondue et envoyé dans un tube de Plücker à électrodes de magnésium, dans lequel on a fait le vide à l'aide de la pompe à mercure. On etfectue quelques balayages avec le gaz à examiner, et on fait le vide chaque fois de nouveau. Après une dernière introduction du gaz, on détermine le passage de l’effluve entre les électrodes de magnésium. Le spectroscope indique toujours, au début, la présence de traces d'azote; mais on les fait disparaître en prolongeant l'expérience.
On arrive alors à reconnaitre que les gaz extraits de l’eau de la Seine et de l’eau de l'Océan ne donnent que le spectre de l’argon et des traces douteuses du spectre de l’hélium. Au contraire, les gaz recueillis au griffon de la Raillère (Cauterets) donnent très nettement les raies caractéristiques de l'argon et celles de l’hélium ; les gaz recueillis aux griffons des sources du Bois donnent surtout les raies caractéristiques de l’hélium.
L'hélium contenu dans les gaz dégagés par ces sources ne paraît donc pas pouvoir être attribué à l’atmosphère ; il provient sans doute des roches contenues dans les terrains traversés par les eaux. Cette hypothèse est d’ailleurs rendue probable par l'existence constatée de l'hélium dans un certain nombre de minéraux signalés plus haut (Troost) et celle de l’argon dans les roches plutoniques, telles que les granites (Armand Gautier).
On peut remarquer que, dans ces minéraux, l'hélium paraît être combiné ; car il est dégagé par les acides. Il en est peutêtre de même de l’argon, bien que l'on n'ait pas réussi jusqu’à présent à le combiner avec d’autres corps, si ce n’est avec l’eau *.
1. Ann. du Bureau des Longitudes pour 1898, p. 165. 2 VIDTARD SC SSP DE OIE 3. Bull. soc. chim., 1901, XXV, p. 403.
Le carbone se rencontre dans la nature sous les étals les plus divers. Pur et cristallisé, il est extrèmement rare sous le nom de diamant; il est encore très peu répandu à l’état de graphite. Combiné avec l'oxygène seul, il forme l’oxyde de carbone et l’anhydride carbonique, qui entre dans la composition de roches abondantes, dans celle de divers sels minéraux et d'eaux minérales. Avec l'oxygène, l'hydrogène et une petite quantité d’autres éléments (Az, Ph. S, ..….), il constitue les matières organiques, les combustibles végétaux et les combustibles minéraux. Avec l'hydrogène seul, il forme les carbures d'hydrogène gazeux, liquides et solides, les résines fossiles, etc.
On le retrouve en proportions plus ou moins notables dans des produits artificiels, comme les fontes, les aciers et différents carbures métalliques.