C. — Calcination ou carbonisation
C'est par cette opération qu’on détermine le rendement en coke et en matières volatiles d'une houille, le mot de coke s'appliquant ici non seulement au produit solide fourni par les houilles plus ou moins collantes, mais aussi au résidu peu agrégé où même pulvérulent, que laissent les charbons qui ne s’agelomèrent pas.
Le résidu ou coke se compose du charbon fire, contenant encore une très faible quantité d'hydrogène et d'oxygène avec une partie assez importante de l'azote de Ia houille, des matières étrangères non volatiles, qui restent avec le charbon. Ces dernières seront séparées dans une autre opération, ayant pour effet de faire disparaitre le charbon par combustion.
Le rendement en coke s'obtient en calcinant à l’abride l'air un poids déterminé du combustible à essayer. L'opération se fait dans un creuset fermé, de porcelaine ou de platine, que l'on chauffe soit dans un four de calcination, soit sur un brèleur de Bunsen. La seconde méthode est plus simple, mais aussi plus délicate, soit à cause des rentrées d'air, qui peuvent donner lieu à des pertes, soit à cause de la rapidité plus ou moins grande du chauffage qui peut occasionner des différences notables dans les résultats. On a observé, en effet, qu'en chauffant lentement on peut avoir un rendement en matières volatiles plus élevé que par une calcination rapide; le rendement industriel est lui-même plus ou moins différent
du rendement à l'essai, suivant la disposition des appareils et les soins apportés à la carbonisation.
La proportion des matières volatiles se déduit de la perte de poids du creuset, avant et après la calcination, comparée au poids de la houille sèche. On préfère, en général, opérer sur la houille finement pulvérisée, sans dessiceation préalable ; maisil convient alors de retrancher de la teneur brute en matières volatiles ainsi obtenue la proportion d'humidité trouvée dans le premier essai (A).
L'essai au four de calcination se fait convenablement sur 5 grammes de combustible grossièrement pulvérisé et placé dans un creuset de porcelaine (ou de platine) assez grand, taré d'avance; le charbon ne doit pas occuper plus du tiers ou du quart de la hauteur, s’il est de nature à se boursoufler beaucoup. (L'échantillon doit être exempt de pyrites, si l’on se sert d’un creuset de platine). Ce premier creuset est introduit dans un creuset de terre, de hauteur double environ, au fond duquel on à mis un peu de charbon de bois concassé, pour servir de support au creuset intérieur. On place des fragments de charbon de bois sans poussière autour et au-dessus du creuset, à la fois pour le caler et pour empècher toute rentrée d'air oxydant pendant le refroidissement. Le couvercle du creuset de terre ayant été posé, on introduit le tout dans un fourneau de calcination chauffé au rouge très vif, lorsque le creuset est arrivé à cette température, on l'y laisse une demi-heure environ, puis on le retire du feu. On peut faire successivement une série d'opérations semblables sur d’autres creusets.
On laisse refroidir complètement, avant d'ôter le couvercle extérieur; on enlève les morceaux de charbon de bois et on fait tomber la cendre; après avoir essuyé le creuset de porcelaine (ou de platine), on le pèse avec son contenu.
La perte de poids fait connaître directement la proportion de matières volatiles sur 5 grammes. Le poids trouvé, déduc-