‹ Traité d'analyse des substances minéralesChapitre 102 sur 230 · CT A · texte numérisé non relu

CT A

prélève toujours dans l'acide la partie la plus légère, avant sur le métal le maximum d'action. La solution acide agit ainsi jusqu à complet épuisement, elle peut être renouvelée sans introduction d'air dans le flacon contenant le métal.

On peut, d’ailleurs, tourner le petit inconvénient pouvant résulter du désamorcage possible du siphon par l'emploi d'un flacon à tubulure pour contenir l'acide, le caoutchouc plonge complètement dans le liquide acide, où il est maintenu à l’aide d’un flotteur formé d’un bouchon de liège.

Purification. — Le zinc employé à la préparation de l'hydrosène peut contenir du plomb, du fer, du carbone, de l’arsenic,

Fig. 64.

du soufre. Dans le fer on retrouve comme principales impuretés, du carbone, du silicium, du phosphore, de l’arsenic, du soufre. Enfin les acides eux-mêmes contiennent de l’arsenie, du plomb, etc.

L'hydrogène obtenu n'est donc jamais complètement pur, il possède une odeur désagréable due à la présence de carbures, sulfure, arséniure, phosphure, siliciure d'hydrogène. On le fera passer dans un flacon laveur A (fig. 64) à demi rempli d'acide sulfurique concentré, qui retient la plus grande partie de l'eau, entrainée mécaniquement, et une certaine quantité d'acide chlorhydrique, d'acide sulfhydrique et de carbures d'hydrogène; des fragments de potasse, placés dans une éprouvette à pied B, arrêteront ce qui reste des acides sulfurique, chlorhydrique, sulfhydrique et sulfureux, ainsi que le siliciure d'hydrogène venant du premier flacon; un

Co

tube de verre G rempli de tournure de cuivre et maintenu au rouge, permettra de fixer sur le métal le phosphore, l'arsenic, le silicium, le soufre des composés hydrogénés; une dernière éprouvette D à chlorure de calcium complétera la dessiecation.

Le dispositif de Dumas est quelquefois usité : il comprend deux tubes en U contenant de la pierre ponce imbibée d’azotate de plomb qui retient l'hydrogène sulfuré, deux autres tubes à sulfate d'argent, qui décompose l'hydrogène arsénié et l'hydrogène phosphoré, et un dernier tube à potasse, desséchant le gaz et retenant les acides et l'hydrogène silicié.

Plusieurs chimistes ont adopté une disposition, qui consiste à faire barboter le gaz dans un premier flacon laveur (fig. 59 ou 60) contenant une solution concentrée de bichromate de potassium, préparée avec 100 grammes de ce sel, 50 grammes d'acide sulfurique et de l’eau pour former 1 litre. Ce mélange très oxydant brûle les hydrures divers et ne laisse passer que du gaz carbonique et de l'eau, qu'on retient plus loin dans une éprouvette à pied, remplie de fragments de ponce potassée et dans un tube à ponce sulfurique.

On réussit également bien à retenir les hydrogènes sulfuré, phosphoré et arsénié par le permanganate de potassium, qui peut agir comme oxydant énergique, soit en solution acide, soit en solution alcaline. A cet effet, le courant gazeux lent, tel que celui qu'on obtient avec l'appareil de la fig. 62, est conduit dans deux flacons laveurs contenant : le premier, une dissolution assez concentrée de permanganate de potassium avec un peu d'acide sulfurique; le second, la même solution avec une suffisante quantité de potasse caustique (Schabig). On brûle ainsi tous les composés hydrogénés à l'exception des hydrocarbures Un tube à chlorure de calcium desséché sert à arrêter l'humidité.

Caractères. — L'hydrogène sortant de ces appareils doit, s'il est pur, être inodore et brûler avec une flamme incolore, à peine visible. Cette flamme, écrasée par une soucoupe de porcelaine

froide, ne doit former qu'un faible dépôt d’eau pure, sans aucune réaction acide et sans aucune tache sur la porcelaine.

Emplois. — L'hydrogène pur et sec peut être employé à divers usages pour l'analyse chimique : soit à la réduction d’oxydes métalliques, comme les oxydes de fer, qu’on ramène à l’état de fer métallique, ou comme les oxydes de manganèse, quon amène seulement à l'état de protoxyde; soit à la réduction de chlorures, comme celui d'argent qu'on transforme en argent métallique ; soit à la calcination de sulfures métalliques à excès de soufre, dans le but d'obtenir un sulfure stable et bien défini, qui présente, en général, le minimum de sulfuration, Cu°S par exemple en partant de CusS, FeS en partant d’un sulfure de fer à excès de soufre, Zn$ en partant du sulfure de zinc plus ou moins oxydé, qu’on a mêlé avec du soufre avant de le soumettre à la calcination.

Le zinc et l'acide purs ne doivent pas être employés seuls et sans précaution pour la préparation de l'hydrogène; l'attaque se produirait avec une excessive lenteur, le métal se recouvrant d'une couche formée de bulles gazeuses, qui s'opposent au contact avec l'acide. Pour obtenir une action suffisamment vive, il faut mêler la tournure de zinc à des fragments d’un métal plus difficilement attaquable, cuivre, plomb ou platine de préférence; il se forme un couple voltaique et l'hydrogène se dégage à la surface du métal inattaqué. Le même résultat peut être également obtenu en introduisant dans l'acide quelques gouttes de chlorure de platine

Raoul Pictet a préparé de l'hydrogène pur et sec par la calcination d'un mélange de potasse et de formiate de potassium : CO*HK +KOH=CO'K?+H*. Le procédé n'est pas économique; il ne se prête pas à la production continue de volumes gazeux importants.

Une dissolution alcaline de potasse ou de soude peut être décomposée par l'aluminium ou le zinc avec production d'hydrogène ; cette réaction n'est utilisée que dans des cas tout à fait spéciaux, par exemple pour la réduction des com-

posés oxygénés de l'azote dans la solution même où se fait la réaction.

Enfin, l’eau peut être décomposée soit par le potassium avec dégagement d'hydrogène seul; soit par la pile, avec dégagement d'hydrogène et d'oxygène, qui, réunis, constituent le mélange détonant employé dans les analyses de gaz.

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