‹ Traité d'analyse des substances minéralesChapitre 119 sur 230 · A) ANALYSES MINÉRALOGIQUES · texte numérisé non relu

A) ANALYSES MINÉRALOGIQUES

S'agit-il d'échantillons minéralogiques, de substances cristallisées ou cristallires, dont on veut connaitre la composition

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chimique? Il importe de les isoler, aussi complètement que possible, de toutes les matières étrangères, gangues ou minéraux divers qui peuvent y être mélangés d’une facon plus ou moins intime. Il faut procéder, pour cela, à un triage très soigné et quelquefois fort délicat, qui se commence à l'œil nu, mais qu'il faut souvent achever à la loupe ou même au microscope. Il importe, en effet, de vérifier, si l’on n'a pas laissé échapper des fragments de matières étrangères qui ne se révélent que sous un grossissement suffisant, et, le cas échéant, de les enlever avec tout le soin et la patience nécessaires.

Triage à la main. — L'échantillon doit être alors réduit en tres petites parcelles, que l’on étale sur un papier blane, si l'on doit recueillir des minéraux colorés, ou au contraire sur un papier sombre, noir, bleu ou vert, s’il s'agit de minéraux de teinte claire; on fait le triage des grains à conserver, en opérant sous la loupe et touchant chaque grain avec une petite tige de bois, une allumette à bout arrondi, par exemple, que l'on a trempée dans un petit godet plein d'eau; on la plonge de nouveau dans l’eau, pour faire tomber le grain minéral dans le godet. Lorsqu'on à recueilli assez de cette sorte de sable ou de poudre, ce qui nécessite presque toujours un temps assez long, on décante l’eau et on sèche le résidu.

On lui fait subir un second examen sous le microscope et, de préférence, le microscope polarisant, qui souvent difiérencie mieux les espèces minérales transparentes par les colorations qu'il leur donne; après avoir fait sur la lamelle de verre une trainée de la poudre, on l’examine avec soin, en écartant à l'aide d’une pointe métallique fine tous les grains qui ne paraissent pas appartenir à l'espèce minérale que l’on veut analvser.

On peut abréger la première partie de ce triage en se servant du petit appareil décrit, en 1880, par Thoulet (1). Il con-

(1) Bulletin de la Société minéralogique de France, t. III, p. 100

siste en deux petits flacons (fig. 67) reliés entre eux par un tube en caoutchouc et portant chacun une seconde tubulure, l'une que l’on met dans la bouche et par laquelle on aspire, l’autre munie d'un caoutchouc et d’un petit tube eflilé, donton promène l’extremité sur le papier ou la lame de verre où le sable minéral a été répandu. Les fragments entrainés par la succion s'accumulent dans le premier flacon; on peut les soumettre à un second examen sur le porte-objet du microscope.

Triage par densité. — Dans certains cas, on mettra à profit de légères différences de densité pour séparer mécaniquement les uns des autres plusieurs minéraux intimement associés, comme ils le sont par exemple dans des roches composées; cela permet d'isoler une espèce minérale, dont on veut faire l'analyse, si elle est sensiblement plus dense ou moins dense que les autres espèces qui lui sont associées.

Dans ce but, on pulvérise la roche ou le minéral qui renferme des inclusions étrangères, jusqu’à n'avoir plus que des grains homogènes. Il faut, pour cela, que la poudre atteigne un certain degré de finesse. On introduit alors cette poudre dans un liquide dont la densité soit intermédiaire entre celle des minéraux à séparer, de telle sorte que les grains de l’espèce la plus lourde se rassemblent au fond, tandis que ceux de l'espèce la plus légère restent à la surface du liquide.

On dispose, à cet effet, de trois sortes de solutions, dont les densités peuvent varier, suivant leur degré de concentration. La première est une solution aqueuse de biiodure de mercure dans l’iodure de potassium, la seconde une solution aqueuse de tungstoborate de cadmium; la troisième est de l’iodure de méthylène.

La solution d'iodures se prépare en saturant à chaud et

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