RAA CE CO ET
jusqu'à refus de l’eau distillée, successivement avec de l'iodure de potassium et de l'iodure de mercure rouge cristallisé, on
laisse déposer pendant un jour et on sépare les aiguilles eris- :
tallines incolores d'iodure double qu'abandonne la dissolution, ainsi que la petite quantité de protoiodure vert de mercure que pourrait renfermer le biodure ; on fait passer sur un filtre épais et on a un liquide bien limpide, très réfringent, dont la couleur est à peu près celle de l'huile d'olive, assez dense pour qu'un fragment de quartz hvyalin flotte à sa surface. La densité de cette solution concentrée atteint facilement 2,77 à la température de 15 degrés (Thoulet) ; on a même pu l’obtenir avec une densité de 3,01 (Church) et même de 3,17 (Goldschmidt); mais pratiquement on ne doit pas compter sur plus de 2,90 (1).
Or un assez grand nombre de minéraux, notamment parmi les silicates qui entreit dans la constitution des roches, présentent un poids spécifique compris entre 2,50 et 3,50. La solution d'iodure permet d'en isoler quelques-uns; mais beaucoup sortent encore des limites qu'elle permet d'atteindre. C’est d'ailleurs un liquide vénéneux, ne devant être manié qu'avec précautions.
. L'iodure de méthylène est un liquide neutre, qui n'est ni corrosif, ni vénéneux, dont la densité atteint 3,40, auquel on mêle de la benzine pour obtenir une densité moindre, convenant au but que l’on se propose. Il est très couramment employé aujourd'hui, comme liquide lourd, depuis que Friedel et Moissan en ont fait usage dans l'examen du fer météorique diamantifère de Canion Diablo (C. R. janvier 1893).
En étudiant les borotungstates, D. Klein (2) a signalé celui
(1) L'emploi de cette solution pour la séparation des minéraux en vertu de leur densité a été proposé en février 1878 par Thoulet (C. R. de l'Académie des sciences, t. XX; — Bulletin de la Société minéralogique de France, 1. IL, p. 17; — Annales de physique et de chimie, t. XX, p. 364). Il était pratiqué à la même époque par Church en Angleterre (Mineralogical Magazine, 1877). Il a été depuis l’objet des recherches approfondies de Goldschmidt, à Stuttgard. è
(2) Daniel Klein, ancien élève de l'École des mines de Paris, enlevé {rès jeune à la science, a fait connaître en 1881 les solutions lourdes de borolungstates
de cadmium comme le plus commode pour la séparation des minéraux, à raison de sa transparence en même temps que de sa densité. Sa solution saturée est d’un jaune clair, d'une densité égale à 3,30, un peu sirupeuse, comparable, à cet égard, à l'acide sulfurique du commerce. Elle est beaucoup moins vénéneuse que la solution d'iodures et n’est pas corrosive comme celle-ci; elle peut donc être maniée beaucoup plus aisément et elle permet de faire surnager des minéraux plus denses, comme les micas, la pennine, la tourmaline, l’'amphibole, l'andalousite et même quelques pyroxènes.
On peut reculer encore la limite de la densité en faisant fondre dans leur eau de cristallisation des cristaux de borotungstates bien purifiés (1); on a alors, à la température de 80° environ, un liquide dont la densité peut atteindre 3,75 ou 3,80, sur lequel peuvent flotter les pyroxènes, le péridot, le sphène, la topaze, le disthène, la staurotide, la cimophane et aussi divers spinelles et les grenats grossulaires. On pourrait, dans ce but, employer l'appareil de Thoulet, dont il sera question plus loin, en l’enveloppant d’un manchon où l’eau serait chauffée vers 80 ou 90 degrés.
Pour des densités encore plus élevées, on peut faire usage d'un mélange de chlorures de plomb et de zine, porté à la température de fusion, comme l'a proposé R. Bréon (2). La densité du chlorure de plomb liquide étant égale à 5 et celle du chlorure de zinc égale à 2,4, on peut obtenir des liquides de densités intermédiaires, en mélangeant en diverses proportions ces deux chlorures. La fusion peut d’ailleurs s'opérer, au-dessous du rouge sombre, dans des tubes à essai, sans que le verre soit fondu ou déformé. La poudre minérale à étudier est jetée par portions et brassée quelques instants dans les sels fondus ; puis on laisse refroidir, on casse le tube eton retire un culot solide, (Société minéralogique de France, t. IV, p. 152); les Annales de physique et de chimie (&. XXVIIT) ont publié, en 1883, ses études sur les borotungstates.
(1) La composition des cristaux de borotungstate de cadmium, d’après Klein, répond à la formule :
9Tu O$. Bo?0%.2CdO + 18aq.
(2?) Académie des sciences, 1880, t. 90, p. 626. DOCIMASIE. — T, I. 30
rent à der AR ES NE TT A SOUS TE ACCESS \ sx FT Les: ŸE LS ? EL
dont on sépare la portion inférieure et la portion supérieure ; par ébullition avec de l’eau pure, on dissout les sels et on isole par conséquent, soit les minéraux les plus lourds rassemblés au fond, soit les minéraux les moins denses réunis à la surface du bain liquide.
Ce mode de séparation par densités est assez facile à pratiquer et donne de bons résultats, pourvu que les minéraux soient anhvydres et ne puissent pas être altérés dans le bain de chlorures à.
la température de fusion. Il peut s'appliquer non seulement à la plupart des minéraux précédents, mais aux grenats, au zircon, au rutile, au fer chromé, que l'on peut séparer du fer oxydulé, de la cassitérite, etc:
Pour l'emploi des dissolutions lourdes, destinées à séparer des orains minéraux de densités différentes, on se sert avantageusement del’appareilimaginé par Thoulet (1).
Il consiste en un tube de verre, gradué en centimètres cubes, ayant environ ? centimètres de diamètre et 30 centimètres de hauteur. Ce tube, tenu vertical par un support en bois (fig. 68), est rétréci à la base et se Fig 68. raccorde avec un tube plus petit
portant deux robinets de verre. Audessous du premier s’embranche un second tube coudé, muni d’une boule et s’élevant à côté du tube gradué; il se termine par un tube de caoutchouc, qui ne doit jamais être atteint par la dissolution d'iodures ou de borotungstates ; car son extrémité
(1) Bulletin de la Société minéralogique de France, 1879 t. II, p. 18.
est destinée à étre portée aux lèvres. Au-dessous du second robinet, on place un verre ou une capsule pour recevoir le liquide seul ou avec la poudre minérale après triage. Le tube sradué est fermé par en haut au moyen d'un bouchon traversé par un petit tube ouvert aux deux bouts, qui porte un tuyau de caoutchouc.
L'opération se fait de la manière suivante : le tube gradué étant en partie rempli de la solution préparée à l'avance, on y laisse tomber 1 ou 2? grammes de la poudre minérale; on chasse les bulles d'air adhérentes, en mettant le tube supérieur en communication avee une trompe ou une machine pneumatique ; en secouant légérement et versant une nouvelle quantité de la solution par le haut du tube, on détermine les grains minéraux à prendre leur place au fond ou à la surface, suivant que leur poids spécifique est plus ou moins élevé que celui du liquide. Quand le classement est achevé, on tourne le robinet pour recueillir les grains les plus denses. On les lave bien avec de l’eau chaude, à plusieurs reprises, pour enlever toute trace de la solution.
Si la partie la plus légère, qui est restée à la surface du liquide, renferme encore plusieurs espèces minérales de densités inégales, on pourra les séparer en ajoutant dans le gros tube un peu d'eau distllée, que l’on mélangera bien avec le reste du liquide, en insufilant de l'air par le tube coudé latéral. I faut avoir soin de faire ces additions d’eau par petites quantités à la fois et de bien mêler les liquides chaque fois, pour arriver à une densité uniforme comprise entre celles des espèces minérales à séparer. Dans le cas où l’on aurait légerement dépassé le point, on pourrait revenir en arrière en ajoutant un peu de la solution saturée pour augmenter la densité du mélange.
Si l’on connaît la densité des espèces minérales, on pourra calculer approximativement la quantité d’eau à ajouter à la solution primitive de densité connue (D) et dont le volume (\) est également connu par la graduation de l'appareil. Appelant A la densité du mélange après addition d’un volume V'
d’eau de densité D’ et supposant qu'il n’y ait pas de contraction, On a :