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DISTILLATION

Nous ne parlerons ici que de la distillation sèche, c'est-à-dire pratiquée sur une substance solide, la distillation des liquides ou distillation ordinaire devant être rapportée aux opérations de la voie humide (Voir p. 663).

Certaines substances se vaporisent totalement ou partiellement sous l’action de la chaleur seule. Les éléments ainsi transformés en vapeurs peuvent se condenser par refroidissement et former soit un dépôt solide, qu'on appelle un sublimé, soit une matière liquide; mais ils peuvent aussi rester à l’état sazeux, la distillation des produits organiques et des houilles donne ainsi naissance à des produits gazeux et à des produits. condensables, ainsi qu'à un résidu solide.

Cette opération est surtout appliquée, dans l'analyse industrielle, aux minerais de soufre et de mercure et aux combustibles minéraux, principalement aux houilles proprement dites, dont les produits volatils peuvent être utilisés.

Nous avons déjà vu que les appareils spécialement emplovés. pour les distillations sont les cornues, que l’on chauffe d'ordinaire dans des fourneaux à dôme ou à réverbère, soit avec le charbon de bois, soit avec le gaz.

Pour que la distillation se fasse bien, il convient de chauffer non seulement la panse de la cornue, en poussant le feu graduellement, mais aussi le dôme où se feraient des condensations partielles; on v réussit en disposant le laboratoire complet du fourneau de manière à recouvrir la cornue et à la chauffer de toutes parts. Dans certains cas on place des charbons sur une grille au-dessus de la cornue (fig. 147), quelquefois autour d'elle sur une grille circulaire. On fait rendre le col, Soit dans un ballon, une fiole ou un tube, soit dans une allonge refroidie par l'air ou par un courant d’eau (fig. 148).

Les matières distillées se condensent dans le récipient et dans le col même, si elles sont solides; elles se réunissent dans le récipient, si elles sont liquides; elles peuvent étre: conduites sous une cloche ou un tube gradué pour être mesurées si elles restent à l’état de gaz; dans ce dernier cas. surtout, 1l est indispensable que tous les joints des appareils.

soient bien exactement fermés par un lut approprié ou par du caoutchouc, pour empêcher toute perte de vapeur ou de gaz. Nous allons revenir sur ces divers points.

Lorsque le but de l'opération est de sublimer une matière qui

se condense facilement à l’état solide, on se sert d’un matras

en verre, que l’on chauffe en général sur un bain de sable et que l’on casse après refroidissement; ou bien de deux capsules dont l’une est chauffée par une lampe, l’autre renversée au-

dessus de la première et, au besoin, refroidie par un linge mouillé; ou de deux creusets superposés d’une façon analogue. On peut aussi préndre comme condenseur une capsule métallique ou un couvercle de creuset de forme concave, que l’on maintient rempli d’eau froide sur la capsule ou le creuset servant à la vaporisation.

Dans la plupart des cas, la condensation des vapeurs est plus difficile et, pour qu'il n’y ait pas de perte, il faut prolonger le contact avec des parois exposées à l'air ou même refroidies par de l’eau constamment renouvelée.

Assez souvent il suffit d'une cornue à col suffisamment long, que l’on garantit par un écran de la chaleur du fourneau. Pour rendre la condensation complète, on fait aboutir l'extrémité du col à la surface de l’eau d’une capsule ou d'une terrine (fig. 149), de manière à ne pas en boucher tout à fait

spé

l’orifice, pour qu'un refroidissement de la cornue n’entraine pas une aspiration de l’eau; on fait pénétrer dans le col un linge ou un papier buvard, qui s’imprègne d’eau, refroiïdit le verre et donne en même temps de la vapeur d’eau, qui contribue à refroidir les vapeurs de la distillation (mercure, soufre, etc.).

D’autres fois on refroidit le col de la cornue, à une distance suffisante du fourneau pour ne pas le casser, par un linge ou un papier buvard mouillé qu'on remplace souvent, ou mieux

qu'on entretient constamment mouillé au moyen d’un vase à robinet placé au-dessus (fig. 150). Si l’on veut une réfrigération plus énergique, on relie par un caoutchouc le col de la cornue avec une allonge en verre, que l’on entoure d'un linge mouillé ou mieux d’un manchon traversé par un courant d’eau froide. L’allonge s'ouvre dans le récipient où l’on veut. recueillir le liquide condensé, si l’on n’a pas à s'occuper des gaz qui peuvent se dégager.

Dans le cas où l’on aurait à recueillir à la fois des liquides et des gaz, on remplacerait le flacon ouvert par un petit flacon bouché à deux tubulures; un tube de dégagement conduirait le gaz sous une éprouvette ou sous une cloche, où il pourrait être mesuré et soumis aux essais que l’on jugerait à propos de faire.

DOCIMASIE, — Ts, Li 38

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