MARCHE SYSTÉMATIQUE DES OPÉRATIONS
Cinq opérations différentes pourront être effectuées à l’aide de la lampe, ce sont :
1° La réduction dans le tube fermé ;
2° La réduction sur la baguette de charbon;
3° La production d'enduits ou taches métalliques sur une surface refroidie ;
4° La production de taches d'oxydes dans des conditions analogues ;
o° Enfin les essais de coloration de la flamme.
Les opérations 2, 3 et 4 seront complétées par quelques réactions de voie humide et l’ensemble de ces essais permettra de caractériser avec rapidité et certitude un grand nombre d'éléments.
Nous ne rappellerons ici que pour mémoire les essais en tubes bouchés et ouverts, avec perle de borax, sel de phosphore, ou carbonate de sodium sur le platine, déjà signalés au sujet de l'emploi du chalumeau. Ces essais se font à la lampe à gaz avec une facilité au moins égale et conduisent aux mêmes résultats dans des conditions toutes semblables.
1° Réduction dans le tube.
Les petits tubes fermés sont employés pour obtenir la réduction de diverses substances, qui ne peuvent pas être soumises directement à la flamme, par exemple les composés du mercure, du phosphore, du scufre, ete. La matière pulvérisée, seule ou mélée à du carkonate de sodium sec et à du
noir de fumée ou encore contenant un petit fragment de sodium ou un fil de magnésium, est introduite au fond de l’un de ces petits tubes et chauffée, au besoin jusqu'à ce que le verre commence à se ramollir; la réaction est ordinairement marquée par un phénomène d'incandescence; on laisse refroidir, on brise le tube et on examine la matière.
Le mercure donne ainsi de petites gouttelettes métalliques dans les parties froides du tube.
Le soufre réduit par le charbon et le carbonate de sodium forme du sulfure alcalin qui, placé sur une lame d'argent et humecté d’eau, donne naissance à une tache brune ou noire.
Le sélénium et le tellure produiraient un effet semblable sur l'argent. Il faut d’ailleurs avoir vérifié que le carbonate de sodium que l’on emploie est parfaitement exempt de sulfate.
Les phosphates, réduits au contact du sodium ou du magnésium, donnent un phosphure, qui, humecté d’eau, dégage l'odeur caractéristique de l'hydrogène phosphoré.
2° Réduetion sur la baguette de charbon.
C'est par réduction sur la baguette de charbon que les essais se font le plus souvent. Voici comment on opère pour étudier le résidu métallique fixe susceptible de prendre naissance dans ces conditions :
On mélange un peu de la matière à essayer réduite en poudre fine avec une égale quantité de carbonate de sodium humecté d'eau, en se servant d'un couteau d'acier et écrasant dans le creux de la main. On prend de ce mélange une quantité grosse comme un grain de millet et on l’applique à l'extrémité de la baguette de charbon.
On fait fondre d'abord dans la région inférieure d’oxydation O;, puis on transporte à travers le cône sombre dans la partie opposée la plus chaude de la région inférieure de réduction R.. Quand on a reconnu par le bouillonnement de la soude que la réduction est terminée, on ramène l'essai dans le cône obscur,