‹ Traité d'analyse des substances minéralesChapitre 154 sur 230 · PE · texte numérisé non relu

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du liquide se fait beaucoup plus lentement qu'avec les fil tres à plis. Aussi est-il presque toujours nécessaire, pour épargner le temps, de recourir à des dispositions qui augmentent la différence de pression entre les deux faces du filtre.

Filtration par succion. — On arrive aisément à augmenter un peu cette différence en adaptant à la douille de l'entonnoir un tube étroit et long (fig. 163), dans lequel se produit une colonne liquide d'une certaine hauteur, déterminant une succion sur la surface externe et surtout à la pointe du filtre. Cette colonne se divise en tronçons, s'il y à de l'air sous le filtre, et perd alors de sa hauteur utile ; on réussit à la maintenir d’une seule venue, en remplissant d’eau la douille et la pointe de l’'entonnoir, plaçant le filtre qui sé mouille et s'applique bien sur les bords, puis versant le liquide dans le filtre, et le renouvelant à mesure qu'il s'écoule, de facon que le filtre ne soit jamais vide. Cette opération est facile à faire en pressant entre les doigts le caoutchouc qui réunit les deux tubes et en ne le desserrant pour laisser écouler le liquide que lorsque le filtre est rempli.

Lorsque le tube est un peu gros et ne pourrait agir assez bien par Capillarité pour empêcher la rentrée de l'air, on adapte à l’entonnoir, au lieu d'un tube droit, un tube pré-

Fig. 163. Fig. 164.

sentant une boucle complète (fig. 164) ; le liquide qui à traversé le filtre s'y amasse et s'échappe ensuite par intermittences en déterminant une succion assez efficace. On ne peut cependant guère dépasser 0",20 à 0,30 de différence de pression.

On peut opérer une succion plus forte soit avec la bouche, soit à l’aide d'un aspirateur ou d’une trompe. |

La première méthode a été recommandée par Weil et me LE Ë Fleischer (1). : 4 La disposition indiquée par Fleischer est la suivante: On prend, pour recevoir le liquide, un flacon ou une fiole de 3/4 | de litre à 1 litre, avec bouchon de caoutchouc à deux trous (fig. 165) ; l'un de ces trous porte l’entonnoir, l’autre un tube coudé, auquel on ajuste un tuyau en caoutchouc, qu'on termine

par un ajutage en verre. Une pince de Mobr permet de fermer | entièrement le tuyau. On commence par faire fonctionner à la => facon ordinaire le filtre uni, #7 : 3 Le x F4 dont la pointe a été doublée, \ 29 :

Ÿ ÿ Des : à s V =, comme nous le dirons plus Il \ loin. On aspire alors par

l’axutage en verre, à plu-

| mur sieurs reprises, en laissant | le

chaque fois la pince se resserrer et fermer le tuyau \ entre les différentes aspira- \ tions. S'il passe de l'air | entrele filtre et l’entonnoir, on les presse légérement l’un contre l’autre et, quand on voit que la filtration de l'eau se fait bien, on verse le liquide et le précipité. On renouvelle de temps en temps l'aspiration avec la bouche, pour rétablir le vide partiel, qui tend à diminuer à mesure de l'écoulement du liquide.

On peut modifier un peu cette disposition, de manière à savoir toujours quelle est la différence de pression sous laquelle se fait la filtration. Il suffit, pour cela, de fixer le bouchon de caoutchouc, qui porte l’entonnoir et le tube à succion, sur un

(1) Fleischer, Traité d'analyses par la méthode volumétrique, traduction française par le Dr Gautier, 1880, p. 35.

tube assez gros et assez long, qu'on place verticalement dans un flacon à large base (fig. 166).

Le goulot du flacon et une petite dépression au milieu du fond suffisent à maintenir le tube.

Lorsqu'on aspire par le tube latéral, on fait monter le liquide jusqu'à la hauteur qu'on juge convenable. À tout instant la différence de pression estindiquée par la différence des niveaux du liquide dans le tube et | || dans le flacon. il i

Aspirateurs. — On peut aussi, dans tous les laboratoires, disposer un aspirateur à eau, de manière à déterminer la succion nécessaire pour une filtration suffisamment rapide.

On emploiera par exemple un svstème de deux flacons mobiles, réunis à la partie inférieure par un tuyau de caoutchouc et portant à la partie L 7% supérieure un tube coudé, sur le- Un quel peut s'adapter le tuyau de Fig. 166.

caoutchouc communiquant avec le vase à filtration (fig. 167). On règle à volonté la différence de pression, qui est toujours marquée par la différence de niveau de l’eau dans les deux flacons, en modifiant la position des plateaux qui portent les flacons. Lorsque l’eau à passé du flacon supérieur dans le flacon inférieur, on n’a qu'à les chanser de plateaux pour pouvoir recommencer une nouvelle aspiration.

Nous recommanderons encore la disposition suivante, qui fournit une aspiration très uniforme et facile à régler. L'aspirateur est un flacon de grande dimension portant une tubulure supérieure pour recevoir un tube coudé communiquant avec la fiole à filtration par l'intermédiaire d'un caoutchouc muni

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d’une pince de Mohr, et une tubulure inférieure donnant pas=

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deux extrémités (fig. 168). Le flacon étant plein d’eau et hermétiquement bouché fonctionne à la facon d’un flacon de Mariotte. La rapidité de la filtration dépend de la différence entre la pression atmosphérique et la pression à l'intérieur de la fiole, et cette différence, qui est constamment mesurée par la hauteur À de l'ouverture du tube à air au-dessus de l'ouverture du tube à écoulement d’eau, peut être modifiée à volonté en changeant l'inclinaison de ce dernier tube, dont le bout coudé supérieur tourne à frottement dur dans le trou du bouchon qui le supporte. On interrompt l'écoulement soit

en poussant la pince de Mohr sur le tuyau de caoutchouc, soit en relevant le tube de verre coudé jusqu'au-dessus de l’horizontale (A. Carnot).

Trompes à eau. — La raréfaction de l’air au moyen des aspirateurs précédents pourrait être obtenue dans des limites beaucoup plus étendues, si l’on substituait à l’eau une colonne de mercure; mais c'est surtout par les trompes à eau que l’on

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