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Calcination dans une atmosphère neutre, réductive ou sulfurante. — On cherche quelquefois à isoler certains sulfures des matières plus volatiles auxquelles ils sont mélangés, en les chauffant avec précaution dans un courant de gaz inerte. On peut arriver ainsi notamment à séparer le sulfure d’antimoine du soufre ou du sulfure d’arsenic; on opère alors dans un tube de verre, avec ou sans nacelle de porcelaine fine, tube que l’on fait traverser par un courant lent d'azote ou d'anhydride carbonique sec et que l’on chauffe doucement au-dessus d’une lampe à alcool ou à gaz, en surveillant de près l'opération.
Plus souvent on soumet la matière à une action simplement réductive ou à la fois réductive et sulfurante.
La réduction se fait presque toujours par le gaz hydrogène pur et sec; c'est ainsi que l'on ramène à l’état de métal les oxydes de fer, de cobalt, de nickel, de cuivre, ou les chlorures d'argent et de platine; qu'on réduit à l'état de protoxyde les oxydes supérieurs du manganèse, etc.
On se sert, à cet effet, d'un tube en verre peu fusible, protéoé contre la flamme par une sorte de gouttière ou de demicylindre métallique contenant du sable fin, ou d’un tube en porcelaine ou quelquefois en fer, dans lequel on introduit une nacelle de porcelaine renfermant la matière à transformer et à peser. Ou bien on emploie le petit creuset de porcelaine à couvercle perforé (page 557), avec mélange de soufre et courant d'hydrogène (H. Rose) ou avec courant d'hydrogène sulfuré seulement, comme nous l'avons déjà indiqué (p. 584) dans les opérations de voie sèche (A. Carnot).
Le courant d'hydrogène pur et sec conduit à des composés bien définis pour le zinc, le manganèse, le fer et le cuivre. Après calcination à température élevée, on obtient :
le sulfure de zinc ZnS;
le su fure de manganèse MnS; le protosulfure de fer Fes;
le protosulfure de cuivre Cu?S;
On peut aussi, mais à la condition d'opérer à température
très modérée, obtenir des sulfures définis de molybdène et de tungstene :
le sulfure de molybdène Mos$?; le sulfure de tungstène Tus?.
Mais, avec plusieurs autres sulfures, il y a tendance soit à la réduction totale, soit à la formation de sous-sulfures, dont la composition varie avec la durée de l'opération et la température ; c'est ce qui a lieu notamment avec les sulfures d’argent, de plomb, d’étain, de nickel, de bismuth, d’antimoine.
Le courant d'hydrogène sulfuré sec donne souvent des résultats différents : le fer et le cuivre retiennent une proportion de soufre variable, en excès sur les protosulfures:; mais il fournit, au contraire, des composés bien définis avec plusieurs autres métaux.
A température croissante et finalement élevée, on obtient, sur le bec Bunsen :
le sulfure de zinc ZnS;
le sulfure de manganèse MnS; le sulfure de nickel NiS;
le sulfure d'argent AgS;
le sulfure de molybdène MoS?; le sulfure de tungstène Tus?.
On obtient aussi très exactement :
le sulfure de plomb PS; le sulfure de bismuth Bi?S*; le sulfure d’antimoine Sb?S$,.
Mais, pour ces sulfures, dont la volatilité est assez grande, il importe de se tenir à une température très modérée, audessous du rouge sombre, afin d'éviter des pertes; il est commode, à cet effet, de se servir d’une lampe à alcool! placée à une distance suffisante, pendant que le tube ou le creuset est traversé par le courant de gaz hydrogène sulfuré.
L'étain arrive difficilement à un état de sulfuration bien
défini ; après action de l'hydrogène sulfuré au rouge sombre,
on trouve au fond du creuset du protosulfure SnS en grains cristallins noirs et sur les bords une quantité plus ou moins notable de bisulfure jaune Sn$*. L'emploi de ce procédé ne doit donc pas être conseillé en vue du dosage de l’étain. Notons enfin que l'emploi de l'hydrogène sulfuré à température très modérée donne souvent naissance à des sulfures métalliques présentant des formes cristallines très nettes; on peut citer notamment les sulfures d'argent, de plomb, de bismuth, d'antimoine, qui rappellent, par leurs formes extérieures, les sulfures naturels rencontrés dans les filons métal-
liques (1).
(1) A. Carnot. Comptes rendus (21 juillet 1879); voir aussi : Synthèse des minéraux et des roches, par Fouqué et Michel Lévy (1882).