MÉTHODES VOLUMÉTRIQUES PAR PRÉCIPITATION
Le caractère commun de ces méthodes est que la réaction entre le corps à doser et la liqueur titrée donne naissance à un composé insoluble. Lorsqu'il ne se forme plus de précipité, malgré l'addition du même réactif, l'opération est terminée. Mais, dans la plupart des cas, on aurait la plus grande peine à en saisir exactement la fin, soit que la réaction ne s'effectue que lentement, soit qu’elle exige un excès de solution, soit que le liquide ne s’éclaircisse pas avant un temps assez long, etc.
On peut chercher par trois procédés différents à connaitre le moment précis où la réaction est achevée.
1° Dans le cas où le précipité se rassemble assez vite et assez nettement pour qu'on puisse observer le liquide clair, avant d'y ajouter une nouvelle goutte de la solution titrée, on cherche à constater si cette addition détermine un nouveau précipité et on s'arrête au moment où elle ne produit plus aucun trouble. Peu de réactions se prêtent à un pareil examen; l'une des plus remarquables est celle de l’azotate d'argent sur un chlorure en dissolution, permettant de doser, soit l'argent, soit le chlore.
2° On peut ajouter dans le liquide un indicateur capable de produire une réaction caractéristique, mais seulement après que le corps à doser aura été précipité complètement. L'apparition de ce phénomène avertira de la fin de la réaction. De très bons exemples nous sont fournis, soit par la précipitation du chlore au moyen de l’azotate d'argent en présence d’arséniate de
MÉTHODES VOLUMÉTRIQUES 831
sodium ou de chromate de potassium ajouté comme indicateur, soit par la précipitation de l’argent au moyen du sulfocyanure d’ammonium en présence d’un sel ferrique; le précipité rouge dans le premier cas, la coloration rouge dans le second annoncent que le chlore ou l'argent est entièrement précipité.
Si l'indicateur ne peut pas être introduit dans le liquide, on peut néanmoins l'employer, mais alors en le mettant en gouttes isolées sur une assiette et portant au contact de ces gouttes, avec la baguette qui sert à mélanger les liquides, des gouttes de la liqueur. La fin de la réaction doit être indiquée par un phénomène de coloration, se produisant par le mélange de ces gouttes, phénomene qui commence ou qui cesse, au moment où la réaction se termine (dosage de l'acide phosphorique en solution acétique par un sel d'uranium, en employant comme indicateur le ferrocyanure de potassium, qui donne un précipité brun avec le sel d'uranium, aussitôt que celui-ci est en excés).
3° Enfin, il peut arriver queen présence d’une certaine substance qu'il s’agit de doser, l'indicateur ne donne aucun précipité avec le réactif ajouté, parce qu'il se forme un composé défini bien soluble, et que le précipité ne commence à apparaitre que quand la substance est entrée tout entière dans ce composé défini. Le dosage volumétrique du cyanogène par l’azotate d'argent, en présence de chlorure de sodium, est ainsi fondé sur la formation d'un cyanure double de potassium et d'argent soluble (KGy + Ag Cy) (Liebig).
On peut également citer le bichlorure de mercure, qui ne donne un précipité rouge dans l'iodure de potassium que lorsque le composé soluble (Hg L°.?2K1I) a achevé de se former (Personne).