III. DOSAGES PAR LIQUEURS TITRÉES
On fait usage, dans quelques cas spéciaux, d’une méthode analytique basée sur l'emploi de réactifs titrés mis au contact des mélanges gazeux à étudier, réactifs sur lesquels certains
gaz déterminés agissent en modifiant le titre proportionnellement à leur quantité, ce qui permet leur dosage d’une facon parfois tres exacte.
Nous indiquerons quelques exemples.
1°. — Dosage du chlore dans les gaz des fours à chlore du procédé Deacon.
On emploie un flacon de capacité exactement déterminée, jusqu à une marque tracée sur le goulot à proximité de l'ouverture, que l'on obture à l’aide d’un bouchon en caoutchouc percé de deux trous et s’enfoncçant jusqu'à la marque (fig. 306). Dans l’un des trous du bouchon peut pénétrer l'extrémité d’une burette graduée destinée à mesurer le réactif titré, tandis que l’autre peut être bouché à l’aide d’une tige de verre.
Le flacon ayant été rempli par déplacement avec le gaz à analyser, on introduit
dans l’un des trous du bouchon la burette à
réactif, contenant une dissolution d'acide arsénieux dans le bicarbonate de sodium (4°,4288 par litre), et on provoque l’écoulement d'un volume déterminé de cette solution, puis on bouche avec deux tiges de
Fig. 306.
verre et on laisse quelque temps en contact en agitant doucement; on titre finalement en se servant d’une solution d'iode (11°,3396 par litre) et d'empois d’amidon comme indicateur. La différence/entre le titre normal et le nombre trouvé après l’action du mélange gazeux permet de calculer la pro-
portion du gaz actif contenu dans le mélange, dont le volume total est donné par la différence entre la contenance de la fiole et le volume de la solution titrée introduite. Le degré de concentration que nous indiquons correspond à des solutions capables d’absorber leur propre volume de gaz actif.
2°. — Un dispositif analogue permet le dosage de l’anhydride carbonique dans les produits de la respiration, en employant une solution de baryte pour l'absorption (7:",6488 de baryte hydratée Ba(OH)? par litre), une solution d'acide oxalique pour le titrage(5#",6314 d'acide cristallisé C*0*FF + 2H°0 pour 1 litre) et la phénolphtaléine comme indicateur.
3°. — L'acide chlorhydrique est déterminé par l'emploi d’une solution d'argent, dont on prend le titre à l’aide de sulfocyanure d’ammonium, une solution d’alun de fer servant d’indicateur. Un litre de solution d'argent contiendra 4f,8233 de métal, elle correspondra à une solution de sulfocyanure à 3%,4042 par litre.
4°, — L'anhydride sulfureux se calcule facilement en partant d'une solution de carbonate de sodium, dont on prend le titre, après absorption du gaz, au moyen d'une solution d'iode avec l’amidon comme indicateur (11#,3396 d'iode par litre).
5°. — D'une facon générale, tous les gaz acides pourront être dosés en les absorbant par un volume déterminé d’une solution alcaline titrée, dont on détermine le changement de titre après absorption.
Parfois, au lieu de déterminer tout abord le volume du mélange gazeux sur lequel doit s'effectuer l'absorption, on mesure simplement le résidu non absorbé, tandis que la partie absorbée est évaluée comme ci-dessus par un simple essai volumétrique; cette méthode présente une certaine utilité, lorsqu'il s’agit d'effectuer le dosage d’un gaz existant en faible proportion dans un mélange plus ou moins complexe. On emploie dans ce but un aspirateur, servant de mesureur, relié à un appareil d'absorption dont la forme peut varier à l'infini ; nous citerons, parmi les plus usités, le flacon de Woolf (fig. 307), le tube de Liebig (fig. 309), celui de Mitscherlich (fig. 308), celui
QE ON CARE EAP EE 7 NS DCE" Lediins méË:-.. OEM ae RC ele D AN EL AE A ER PE TRE PA Et En Vo NES EE PE ne È L = x D LP TPS. NOV) L PA y ‘ + =
de Schlæsing (fig. 310), le tube Mahler et le tube Maquenne.
Le liquide d'absorption est une solution titrée, dont on introduit dans le tube absorbeur un volume exactement mesuré et dont on prend le nouveau titre après l’opération. La différence
Fig. 307. Fig. 308. Fig. 309. Fig. 310.
permet de calculer le volume du gaz absorbé, tandis que la quantité d'eau écoulée de l'aspirateur donne le volume du résidu. Cette méthode est usitée : pour le dosage de l’ammoniaque dans le gaz d'éclairage, l'absorption se fait alors par l'acide sulfurique (2#,1911 de SO*H* dans 1 litre), le titrage par une solution alcaline (2£,5078 de KOH par litre), l'acide rosolique pouvant servir d’indicateur; pour la détermination de l'acide azoteux, que l’on absorbe par l'acide sulfurique concentré et que l’on titre par le permanganate de potassium (5#,6168 par litre) après dilution dans une grande quantité d’eau froide ; pour l'évaluation du chlore à l’aide d'une solution d'iodure de potassium, l'acide arsénieux servant à déterminer l’iode mis en liberté.
L'anhydride sulfureux sera recu dans une solution diode, dont le changement de titre se vérifiera avec l'acide arsénieux, tandis que l'acide chlorhydrique et tous les acides en général pourront être dosés en employant une solution alcaline. L’acide chlorhydrique en présence d’autres gaz acides sera déterminé de la facon suivante : après addition d'un léger excès d'acide azotique dans la solution potassique ayant servi à l'absorption, on y ajoutera un excès de solution titrée d’argent et un peu d'alun de fer, puis on évaluera l'argent en excès à l’aide du sulfocyanure d’ammonium.
902 ITATIVE.
Pour doser l'anhydride carbonique contenu dans l'air, Pettenkoffer se servit d'eau de chaux titrée par l'acide oxalique, Truchot et Reiset employérent l’eau de barvte et l'acide sulfurique avec le dispositif suivant : Un flacon B (fig. 311) contenant 300 centimètres cubes d’eau de baryte titrée porte un large tube CD, dans lequel sont disposées trois capsules de platine D, D’, D", renversées et percées d’un très grand nombre de petits trous très fins. Ce flacon est mis en relation d’une part
l'ig. 311.
avec l'atmosphère par l'intermédiaire d’un tube desséchant A, d'autre part avec un aspirateur d'une contenance de 600 litres par l'intermédiaire d’un tube à ponce sulfurique E. L’aspiration provoque la rentrée de l'air en B et l'ascension de la solution alcaline dans le tube CD ; finalement l'air traverse l’eau de baryte et y abandonne son anhydride carbonique. Un volume déterminé de la solution alcaline sert à établir le chansement de titre, après l'opération, à l’aide d'acide sulfurique, en tenant compte de l’eau qui a pu être entrainée à l’état de vapeur et absorbée par le tube E.