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ÉTUDE DES SPECTRES

Spectres des flammes. — Métaux.

. Le mémoire fondamental de Bunsen et Kirchhoff (Analyse chimique fondée sur l'observation du spectre) (1) indique le mode opératoire très simple adopté dans leurs recherches : introduction d'une petite quantité du sel à examiner (généralement un chlorure) à l’aide d’un mince fil de platine recourbé en boucle dans la flamme du brüleur de Bunsen, examen de la coloration de la flamme et des raies brillantes qui se manifestent dans son spectre. Leurs observations sont réunies dans deux planches qui figurent très exactement les spectres fournis dans ces conditions par les chlorures des métaux alecalins et alcalino-terreux et qui servent encore aujourd'hui de guide pour les recherches spectroscopiques au moyen de la lampe à gaz.

Les deux savants professeurs, en comparant les spectres des chlorures à ceux des divers autres composés des mêmes métaux dans des flammes très différentes, crurent d’abord que la nature des combinaisons et la différence des tempéra-

(1) Poggendorfs Annalen, t. CX; Annales de chimie et de physique, 3° série, t. LXIT.

tures « n’exercent aucune influence sur la position des raies du spectre correspondant à chaque métal ». Ils ne tardérent pas d’ailleurs à revenir sur cette opinion et exprimérent des idées sensiblement différentes dans leur second mémoire (1861).

Mais c'est surtout parles travaux d'Alexandre Mitscherlich (1), de Diacon (2) et de Lecoq de Boisbaudran (3) que fut mise hors de doute l'existence de spectres fort différents pour un même métal suivant la nature des composés de ce métal; chacun de ces spectres est caractéristique de l'espèce chimique ou, en d'autres termes, du groupe moléculaire du composé et non pas de l'atome métallique simple, comme on l'avait cru tout d’abord.

Les raies observées dans l'expérience de Bunsen et Kirchhoff, en introduisant un chlorure alcalin ou alcalino-terreux dans la flamme du brüleur, ne sont en réalité ni les raies du métal, ni-mème celles des chlorures (à l'exception de quelques raies ou de quelques bandes d'intensité variable appartenant au premier ou aux seconds), mais les raies de l’oxyde provenant d’une transformation presque complète du sel volatilisé en présence des éléments oxydants de la flamme du brüleur.

C'est grâce à cette transformation et, par suite, à la prédominance des raies de l’oxyde dans la flamme du bec Bunsen et à la constance des spectres obtenus avec les différentes combinaisons d’un même métal, que ce procédé peut être utilement emplové pour la recherche des métaur alcalins et alcalino-terreux.

Les déterminations de Bunsen et Kirchhoff portèrent sur le sodium, le lithium, le potassium, le rubidium, le cæsium, le calcium, le strontium et le baryum. Cette liste fut, bientôt après, augmentée du thallium et de l’indium, qui fournissent aussi des raies caractéristiques dans les mêmes conditions.

(1) Poggendorf's Annalen (1862 et 1864).

(2) Thèses de physique et de chimie (Montpellier, 1864). (3) Sur La Constitution des spectres lumineux, 1870.

Nous donnons dans le tableau ci-contre les raies fournies par ces divers métaux lorsqu'on place leurs chlorures dans la flamme du bec Bunsen ; elles sont repérées à l’aide des divisions micrométriques du spectroscope, dont la courbe à été établie plus haut, et chacune d'elles est accompagnée de la valeur de la longueur d'onde qui lui correspond.

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