SIXIÈME GROUPE
Baryum. Calcium.
Strontium.
La dissolution d'où ont été précipités les hydrates terreux et les sulfures métalliques, par l'emploi successif du sulfure d'’ammonium exempt de carbonate et de l'acide chlorhydrique, peut contenir des sels de :
Baryum, strontium, calcium, magnésium, Hthium, sodium, potassium, rubidium, cæsium.
On peut y ajouter les solutions obtenues soit en redissolvant par l'acide acétique les carbonates alcalino-terreux produits par la transformation des phosphates précipités avec les oxydes terreux (page 258): soit en précipitant par l’'ammoniaque les terres rares du 6° groupe (page 265).
On chauffe pour chasser l'hydrogène sulfuré et on sépare le soufre, on sature par l’ammoniaque et on ajoute du carbonate d’ammonium, puis on chauffe vers 60° ou 70°, afin de décomposer les bicarbonates qui ont pu se former et de faire déposer les carbonates neutres de baryum, strontium et calcium, sans décomposer le sel double de magnésium et d’ammonium, qui reste dissous avec les sels alcalins. Quelques gouttes de carbonate d’ammonium et d'ammoniaque ajoutées dans la liqueur claire ne doivent plus produire aucun trouble, si la précipitation à été complète.
La séparation qualitative des trois métaux du groupe peut se faire de différentes facons. Nous en indiquerons deux, qui peuvent être appliquées suivant les circonstances.
1'° Méthode. — On recoit le précipité blanc sur un filtre, on lave à l’eau chaude, puis on redissout sur le filtre par de l’acide azotique étendu ; on évapore à sec et chaufte à 100, jusqu'à disparition de toute vapeur acide; puis on reprend les azotates desséchés par de l'alcool absolu ou par un mélange à volumes égaux d'alcool absolu et d’éther. Ce liquide ne dissout que le sel de calcium et laisse insolubles les azotates de baryum et de strontium ; en l’absence de ces deux derniers, on n'aurait done aucun résidu.
On constate la présence du sel de calcium dans la dissolution, en ajoutant un égal volume d’eau, puis quelques oouttes d'acide sulfurique, qui forme du sulfate de calcium insoluble dans l’eau alcoolisée, ou bien en évaporant l'alcool et versant dans la solution aqueuse de l’oxalate d’ammonium, qui forme un précipité blanc d'oxalate de calcium.
Le résidu de nitrates de baryum et de strontium est redissous dans l’eau; on y ajoute quelques gouttes d’acide chlorhydrique et on y verse de l’acide hydrofluosilicique en excès et ensuite un peu d'alcool, pour précipiter le fluosilicate de baryum. Dans le liquide filtré, on précipite à son tour le strontium par l'acide sulfurique.
À défaut d'acide hydrofluosilicique récemment préparé, on peut distinguer autrement le baryum et le strontium. Les
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sels neutres sont dissous dans l'eau; on ajoute un peu d'acétate d’ammonium, on acidifie légèrement par l'acide acétique et on verse du bichromate de potassium. I se forme un chromate jaune de baryum, tandis que le sel de strontium reste dissous et peut être précipité par l'acide sulfurique.
La dissolution aqueuse peut aussi ètre additionnée de chlorure d’ammonium et ensuite de vanadate d’ammonium, auquel on ajoute de l’ammoniaque pure, exempte de carbonate; on soumet aussitôt à l’ébullition. Le vanadate de baryum forme seul un précipité blanc, tandis que le sel de strontium reste dissous. On le précipite à son tour par l'addition de carbonate d’ammonium.
Les trois précipités sont caractéristiques. On peut cependant encore, pour plus de sûreté, traiter une parcelle de chacun d'eux par une goutte d'acide chlorhvdrique et examiner la coloration que donne ce liquide à la flamme du chalumeau : on doit constater : avec le sel de baryum, une flamme vert jaune ; avec le sel de shontium, une flamme rouge ; avec le sel de calcium, une flamme jaune rouge.
2 méthode. — On peut souvent se contenter de lessai suivant, surtout si l'on suppose qu'il n'y ait qu'un ou deux des trois métaux.
Le précipité des carbonates est dissous par un peu d'acide chlorhydrique étendu; on divise la liqueur en plusieurs parties.
(a) Sur l’une, on essaye l’action d'une solution saturée de sulfate de calcium; s’il ne se fait, même après quelque temps, aucun trouble, c'est que la liqueur ne contient que des sels de calcium. S'il se fait, au contraire, un précipité immédiat, il v à lieu de croire qu'il est formé par le baryum. Si le précipité se produit lentement, ce doit être du strontrum .
() Sur une autre portion de la liqueur, on peut s'assurer de la présence ou de l'absence du barvum en versant un peu d'acétate d’ammonium et de chromate de potassium, pour produire le précipité jaune de chromate de baryum.
En l'absence de barvum ou après sa précipitation, on peu précipiter le strontium par l'acide sulfurique étendu de beaucoup d’eau, chauffer et laisser déposer le sulfate de strontium, puis décanter la liqueur claire et, sur celle-ci, chercher à constater la présence du calcium, dont le sulfate est beaucoup plus soluble dans l’eau acidulée que le sulfate de strontium, en le précipitant par l’ammoniaque et l’oxalate d’ammoniun.
Les réactions de cette méthode sont moins nettes que celles de la première. Elles doivent être au moins contrôlées par l'essai des trois dépôts à la flamme du chalumeau, comme nous l’avons indiqué plus haut.