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ici pour vous perdre, 7. V ous êtes cordonnier, je le Sais ; acceptez ces trente pistoles et demie, achetez du cuir, travaillez @ gagner de quot nourrir les enfants que Dieu vous
a laissé elever jusqu’à présent, et surtout ne leur donnez pas de mauvais exemples *
Le testament
1. L'an sept cent de Rome, vivait un riche patricien veuf et sans enfants, 2 Il se voyait atteint d’une maladie incurable et menacé d’une fin prochaine, l'après-midi était déjà avancée
8 su: l , et d’un augure si triste, 5, Mais après tout, ajouta-t.il avec des paroles ai
Vous craignez un de ces Coups que souvent on n’a pu prévoir; vous croyez ne pouvoir songer de trop bonne heure à ce que deviendront après vous les biens considé. rables que vous a départis la bonté des dieux; et vous voulez sans doute empêcher que, tombant en des mains indignes, ils ne soient employés à des œuvres criminelles Pie ques-uns de ces jeunes dissipateurs dont Rome pullule, '’
1. Hérennius sortit en essuyant ses yeux, qui ne pleuraient pas, et en moins d’une demi-heure, il reparut avec le magistrat. 2, Le malade ayant alors tiré de dessous son chevet un papier cacheté, lui dit : “Voici les derniers désirs, les dernières volontés d'un mourant, 3. En vous les remettant, je les ai déposées en des mains sûres, 4, Vous les accomplirez exactement, après les avoir lues devant mes amis, et surtout devant mon cher Hérennius.'’
1. Sulpicius mourut quelques jours après, À peine lui avait-on fermé les yeux, qu'Hérennius se hâta de conduire chez le magistrat tous ceux qu’il croyait: étonner par le spectacle de son bonheur; car il ne doutait pas qu'il ne dût être l'unique héritier du vieux patricien, Les forma.
lités remplies, le cachet rompu, l'interprète de la loi lut ce qui suit :
106 EXERCICES D'ANALVSE
1. ‘ Au nom de Jupiter trèr-zrand et très-bon, je dispose de la manière suivante des biens dont j'ai joui durant ma vie :
2. J'ai menacé mes neveux de les faire repentir de leur conduite insensée, et je leur tiendrai parole (Hérennius sourit), mais d’une autre manière que certaines gens intéressés à leur perte se le sont imaginé (Hérennius s'étonne). 3. Car ils sont les fils d’un frère qui m'aimait (Hérennius s'inquiète) ; et, quoiqu'ils se soient plu à être étourdis et dissipés, quoi qu'on ait dit contre eux, quoiqu'ils se soient exagéré mon mécontentement, je ne leur dois pee moins compte des biens que je tiens de notre famille (Hérennius pâlit). 4. D'ailleurs, quels qu’aient été leurs désordres, ils ont des vertus; ils s'aiment comme deux frères doivent le faire; ils se sont toujours aidés dans leurs besoins; et, parmi les traits que je puis citer d'eux, une nuit qu'ils avaient été surpris par des malfaiteurs, et que l’un et l’autre étaient blessés, ils se sont aidés mutuellement à regagner leur demeure. 5. Je ne veux donc pas qu’ils se soient vu enlever des biens qui leur appartiennent, et je leur laisse tout ce que possède, à la condition toutefois qu’ils acquitteront fidèlement les legs ci-dessous spécifiés :
1. “ Je lègue au philosophe Térentius ma bliothèque et deux mille talents, qu'il a toujours refusé d'accepter de mon vivant; aux filles d’un vieil ami sans fortune, une dot convenable, pour qu’elles se souviennent qu'on est récompensée, quand on est vertueuse. 2, Je lègue enfin deux talents d'or à chacun de mes clients, comme souvenir; Car jamais ces personnes ne se sont ni jouées ni moquées de moi (Hérennius est consterné).
1, ‘J'ajoute un dernier legs; c'est pour mon bon et digne ami, mon cher Hérennius (il tressaille de joie et respire enfin). 2. Que ne lui dois-je pas en effet! 3, Il s'est attaché à notre personne malgré nous, dès qu'il nous a vu vieux et infirme. 4, C’est lui qui nous a faic apercevoir de mille perfections que nous possédions, sans nous en être Jamais douté; c'est lui qui à observé d’un œil plein de sollicitude la conduite de nos neveux, 5, Aussi, nous voulons lui laisser quelque chose qu’il a bien mérité d'obtenir, et que son désintérossement n'avait pas attendu sans doute......un bon conseil, 6, Choisissez mieux vos dupes, mon cher #érennius, et que cette lecon vous soit un anti: dote assuré pour l'avenir,"
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ET DE PONCTUATION, 107 Le préjugé
1. Les Athéniens étaient réunis dans un théâtre, appelés à juger un célèbre histrion qui s'était déjà fait une grande renommée dans les différentes villes de la Grèce, par l’adresse qu’il déployait à imiter le cri des animaux, ?,
-J’essayerais en vain de vous dépeindre l'enthousiasme
avec lequel on accueillait sa présence. 3. C'étaient des applaudissements,des trépignements, des rires éntraînants auxquels tout le monde aurait cédé : l’homme morose que rien ne récréerait, aurait été forcé de rire et d'applaudir comme les autres. 4, Cependant, au milieu de la satisfac. tion et de la joie générale, un paysan trouva à redire, et se plaignit d’une admiration qu'il regardait comme peu méritée. 5, Je projette, dit-il, de vous prouver que cet homme ne mérite pas que vous le louiez, ni que vous le choyiez tant. 6, Je prétends même que vous ne nierez pas ma supériorité sur lui. 7, Venez demain, et vous verrez que je créerai des merveilles, 8. Tous d'être fidèles le lendemain au rendez-vous, et d’accourir, plutôt pour se moquer du paysan que pour l’admirer ; Car il ne faut pas que vous croyiez que l’on comptâtsur son talent, 9, L'his
trion commença le spectacle ; cette fois, il imita mieux que jamais le grognement d'un Jeune porc, 10, On applaudit à outrance, 11, Notre Paysan parut à son tour, et, la main sous son manteau, il tira l'oreille à un petit porc, qu’il y avait caché avant d'entrer sur la scène, 12, Mais quel ne fut pas son étonnement ! 15, Au lieu des applaudissements auxquels il s'attendait, les sifflets de tout l’audi. toire couvrirent la voix de l'animal, et l’on fut unanime pour reconnaître qu'il n’y avait point de comparaison à établir entre l'artiste qui savait si bien imiter la nature,
et ce mal appris de paysan, qui ferait bien mieux de retourner à sa charrue, et de ne plus se mêler d’une imitation qui n’était point agréée du public, tant elle était éloignée de la vérité, 14, Notre homnfe alors ne se déconcerte pas, il ouvre tranquillement son manteau, et fait voir l'animal, qui grogne de plus belle, 15, Puis, s’avancant vers les spectateurs : ‘Il faut bien, leur dit:.il, que, bon
gré, mal gré, vous sacrifiiez votre Jugement à ia vérité ;
quant à moi, si des personnes convaincues de vos connais.
sances m'en parlent avec éloge, je ne les appuierai certes
point, :
nes
Le voyageur
1, Vers la page quinze cent d'un auteur qui vivait mille cinq cent vingt ans après Jésus-Christ, je me souviens d'avoir lu la morale suivante, que j'ai cru devoir vons mettre sous les yeux :
1. Un voyageur se trouva un jour dans un grand embarras, 2, Deux chemins s'était présentés à lui, sans que rien pût lui indiquer lequel il devait prendre, 5. L'un parais. sait facile et agréable, 4, C'étaitun tapis de verdure bordé d'arbres qui formaient un agréable ombrage, 5, Une prairie émaillée de fleurs et une plaine couverte de. moissons offraient une perspective charmante, G. L'autre, an contraire, n'avait rien que de rebutant; sombre, rompue, tout embarrassée de ronces et d'épines, l'avenue qui le formait paraissait impraticable ou au moins trèsdifficile. 7, Notre voyageur, quels que fussent d’ailleurs son bon sens et ses lumières, s'était bientôt laissé gagner par les apparences, 8, Il était donc près d'entrer dans la route ln plus agréable, lorsque plusieurs personnes inconnues s’avançantavec précipitation lui dirent : « Gardez-vous bien de vous engager dans ce chemin : quelques agréables abords qu’il présente, il vous conduirait dans une gorge étroite ; des voleurs s’y embusquant s’en sont servis et s’en servent encore comme d’une retraite, où les habitants du pays, les autorités même, se sont toujours abstenus de les poursuivre, 9. Vous tomberiezinfailliblement dans un piége. Guidés par votre intérêt, nous vous conseillons donc de prendre l’autre route. 11. Car, quel qu’en soit l'aspect, quelque difticile et escarpée qu’elle vous ait paru d’abord, elle vous conduira sûrement et sans aucun risque dans les lieux que vous vous êtes proposé de gagner, et où vous devez, nous a-t-on dit, trouver des parents, que vous aviez priés naguère, excepté deux on trois, de venir à votre secours’?
1. Que devait faire le voyageur ? 2, Comme il n'était pas Log er voici comment il raisonna : les avertis. sements et les observations que j'ai reçus, sont fondés ou
ne le sont pas. 3, Si-tout ce qu’on m'a dit est vrai, et que Je prenne le mauvais chemin, peutêtre, après avoir par. couru uno route fatigante, serai-je obligé de revenir sur mes pas. 4, Mais je ne risque rien de plus, car je réparerai bientôt les dix ou les vingt minutes que j'aurai marché, en cherchant une issue, 5, Si, au contraire, les rapports qu'on
in’a fa cours ( de sui:
le déci avaient!