‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 116 sur 340 · ACIDE PKOI’JONIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE PKOI’JONIQUE

Composition centésimale : carbone 48.65, hydrogène 8.11, oxygène 43.24

Formule : C6IIG04.

Etat naturel : 11 se trouve probablement à côté de l’acide butyrique dans le liquide de certaines glandes, dans la sueur, dans le suc gastrique,

GORUP-BESÀNEZ, ANALYSE ZOOCHIMIQUE. 10

liü

COMPOSITION DUS COUPS

dans les matières vomies par les cholériques, dans l’urine diabétique fermentée, dans la bile.

L’acide très-concentré est un liquide incolore, huileux, qui à une basse température cristallise en lamelles et qui entre en ébullition à + 138 ou 140°. Il a une odeur pénétrante particulière rappelant en môme temps celle de l’acide butyrique et de l’acide acétique, et une saveur brûlante. L’acide propionique est facilement soluble dans l’eau, mais lorsque l’acide e.-t en excès une partie se sépare à la surface de l’eau sous forme de gouttelettes huileuses.

L’acide propionique forme avec les bases des sels qui, chauffés avec de l’acide sulfurique étendu, dégagent l’odeur de l’acide. Ils sont solubles dans l’eau ei la plupart cristallisables. Les sels alcalins sont gras au toucher.

L 'azotate d'argent donne dans les solutions concentrées des propionates alcalins un précipité blanc de propionate d'argent, qui se dissout dans l’eau bouillante ; celle-ci se colore en noir, par suite de la précipitation d’une petite quantité d’argent réduit; par le refroidissement de la solution, le propionate d’argent se précipite en grains blancs, brillants et lourds (qui au microscope se présentent sous forme d’amas d’aiguilles).

Le propionate de baryte est facilement soluble dans l’eau, et il cristallise en petits octaèdres rectangulaires ou en prismes droits avec faces terminales obliques.

Recherche. — L’acide propionique se rencontre ordinairement mélangé avec d’autres acides du groupe. Pour le reconnaître il est par suite indispensable qu’il soit séparé de ces acides. Dans ce but, le mélange des acides volatils est séparé de l’acide formique par ébullition avec du bioxyde de mercure ; le liquide est neutralisé par le carbonate de soude, et après concentration à une douce chaleur on obtient une cristallisation d acétate de soude. L’ eau-mère est maintenant distillée avec de 1 acide phosphoiique ou de l’acide sulfurique étendu, et le produit de la distillation est lectifié seul. Ce qui passe de 150 à 140° est recueilli à part et une partie est combinée à la baryte par ébullition avee le carbonate de cette base, une deuxième portion est unie à l’oxyde d’argent. Des sels purifiés par recristallisation on prend des poids équivalents. Le propionate de baryte doit contenir 48,41 pour 100 de baryum , le propionate d'argent 59,07 pour 100

d’argent.

ip2. ,

i. — ACIDE BUTYRIQUE.

Composition centésimale : carbone 54.55, hydrogène 9-00, oxygéné o6.ob Formule: CSU80*.

État naturel : A l’état libre il se trouve dans la sueur, dans le contenu de l’estomac, dans les matières vomies lors de certains troubles de la digestion, dans le produit de la sécrétion d’une glande anale de certains carabes • à l’état combiné on le rencontre dans le liquide des muscles, de la

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rate et d’autres glandes, dans le cerveau, dans le sang(?), dans les graisses devenues rances.

A l’état concentré, c’est un liquide huileux, incolore, d’une forte odeur de beurre rance, d’une saveur caustique, d’un poids spécifique de 0,97 et entrant en ébullition à 157°. 11 demeure encore liquide même à — 20°. 11 brûle avec une flamme bleue. 11 est soluble en toutes proportions dans l’eau, l’alcool et l’éther.

Les combinaisons de l’acide butyrique avec les alcalis sont déliquescentes et non cristallisables ; les combinaisons avec les oxydes métalliques proprement dits perdent, lorsqu’on les chauffe, une partie de leur acide et elles offrent, même à la température ordinaire, l’odeur de l’acide butyrique. Chauffées, elles se transforment comme les précédentes en carbonates ou bien elles donnent l’oxyde ou le métal correspondant.

1 . \d azotate d'argent produit dans les solutions concentrées des butyrates alcalins un précipité cristallin blanc jaunâtre de butyrate d'argent. Celui-ci forme des lamelles nacrées, presque insolubles dans l’eau froide ; il laisse de l’argent métallique quand on le chauffe.

2. L’ azotate de protoxyde de mercure donne dans les solutions des butyrates alcalins un précipité composé de petites écailles brillantes, analogues à 1 acétate de protoxyde de mercure.

5. Le sulfate de cuivre produit dans la solution des butyrates un précipité vert bleu de butyrate de cuivre. Ce précipité dissous dans l’eau bouillante cristallise par le refroidissement en prismes à huit pans de couleur vert bleuâtre.

4. Si l’on sature l’acide butyrique par l 'eau de baryte, et si on laisse le liquide s’évaporer spontanément, il se sépare du butyrate de baryte , dont la solution aqueuse laisse déposer des masses feuilletées brillantes ou des mamelons qui, au microscope, paraissent composés de prismes très - minces (comme on le voit dans la figure 50, à gauche inférieurement et supérieurement) ou de plaques lozangiques également très-minces et généralement groupées en amas sous différents angles. Souvent aussi ce sel se sépare en lamelles ensiformes (lig. 50, à gauche et en bas).

Le butyrate de baryte est facilement soluble dans l’eau. Projeté sur l’eau en petits fragments, il se meut comme le camphre avec une grande rapidité.

, 5; Sl lon chauffe un butyrate avec de Y acide sulfurique, il se dé^e de 1 acide butyrique, reconnaissable à son odeur particulière.

L’acide butyrique se combine aussi avec la chaux, la magnésie, l’oxyde de zinc et 1 oxyde de plomb. Le butyrate de chaux cristallise en fines ai-

COMPOSITION DES COUPS

quilles, il a l’odeur de l'acide butyrique ; il se dissout facilement dans 1 eau froide, mais par l’ébullition il s’en sépare presque complètement.

Recherche. — Si l’acide butyrique se trouvait seul dans les matières ou l’on peut en général rechercher les acides volatils de ce groupe, sa détermination n’offrirait pas de difficultés particulières; mais ordinairement il se rencontre mélangé avec d'autres acides de ce groupe, et pour arriver a un résultat certain on doit le séparer de ces corps. Lorsque tous les acides volatils ont été isolés des combinaisons non volatiles par distillation avec un peu d’acide sulfurique, on sépare l’acide formique qui peut se trouver présent par ébullition avec du bioxyde de mercure, l’acide acétique par cristallisation de son sel de soude (qui cristallise le premier), et pour opérer la séparation de l’acide butyrique d’avec l’acide propiomque, on se base sur la différence de leur point d’ébullition. On procédé dansce but de la manière suivante : l’eau-mère dans laquelle l’acétate de soude a cristallise, est décomposée par distillation avec de l'acide sulfurique, et les acides huileux recueillis dans le récipient sont ensuite distillés seuls. Ce qui passe de 1-U à 140° se compose essentiellement d’acide propionique; 1 acide butyrique ne commence à distiller qu’au-dessus de 140°. Ce qui distille entre t e 164“ est recueilli à part, puis saturé avec de l’eau de baryte, évaporé, et le butvrate de baryte séparé est purifié par plusieurs cristallisations. .

On étudié les propriétés du sel de baryte et l’on en prend un poids équivalent. Le hutyrate de baryte doit donner 44,05 pour 100 de baryum. Pour plus de certitude on peut aussi prendre un poids équivalent du sel d argen , lorsqu’on a à sa disposition une quantité suffisante de matière, e u yi d'argent laisse après combustion 55,38 pour 100 d'argent métallique.

S. ACIDE VALERIANIQUE.

Composition centésimale : carbone 58.82, hydrogène 9.81, oxygène 51.57.

Formule : C10H100*.

État naturel : A l’état pathologique on le rencontre dans l'urme des malades atteints de typhus, de variole et d atrophie aigue du foie, dans graisses liquides devenues rances de quelques especes de “"P.1*1"?;

L’acide valèrianique purifié se présente sous orme d un fluide ncoloie huileux, d’une odeur pénétrante analogue a celle du fromage et dut e veur brûlante. 11 laisse sur le papier des taches huileuses, que la cha eut fait complètement disparaître. 11 est inflammable (à état lres’c01''el soluble en tontes proportions dans l’alcool et dans 1 ether mats .P ta *» cilement soluble dans l’eau. H exige 50 parues deau pour » . d * »<£• < bout à 175" et il ne sè solidifie pas même a - 15". Son poids speuhquc

eSLef combinaisons de l’acide valèrianique avec les alcalis

et incris tallisables, la plupart des autres se s cnslalbsen en pet deséc .11 s

nacrées analogues à la cholestérine on à 1 acide banque , tls ont tous

ACIDE VALÉRÏANIQUE. 140

saveur et odeur de valériane. A une température élevée ils se comportent à peu près comme les sels des acides précédents. Le sel potassique^ abandonne d’abord de l’acide valérianique pur; le sel calcaire , distillé avec de l’hydrate de chaux, donne du valerone, et il reste du carbonate de

chaux. ... ,

Le valérianate de baryte cristallise soit en prismes transparents, qui

s’effleurissent à 20 ou 25°, soit (plus fréquemment) en lamelles ressemblant à la cholestérine ; il est facilement soluble dans l’eau, mais difficilement soluble dans l’alcool.

On obtient le valérianate d’argent en mélangeant ensemble du valerianale d’ammoniaque et de l’azotate d’argent. Ce sel cristallise en lamelles minces à éclat argentin et il est très-difficilement soluble.

Si l’on chauffe un valérianate avec de Yacide sulfurique , il se dégage de l’acide valérianique, reconnaissable à son odeur pénétrante particulière.

Recherche. — Ce qui a été dit relativement à la recherche des acides précédents convient aussi pour l’acide valérianique. Si ce dernier est mélangé avec les autres acides du groupe, sa séparation doit s effectuer. 11 est facile à isoler par distillation des autres acides offrant un point d’ébullition' moins élevé. On peut également le séparer assez complètement de l’acide butyrique aussi bien en se basant sur sa température d’ébullition que sur sa solubilité dans l’eau, qui est beaucoup moindre ; mais la pureté des premières cristallisations des sels de baryte en présence de l’acide butyrique est toujours un peu altérée par ce dernier acide. La méthode suivante est très-bonne lorsque dans un mélange d’acide butyrique et d’acide valérianique il s’agit de découvrir de petites quantités de l’un ou de l’autre de ces acides : on sature une partie du mélange avec de la polasse, on ajoute à cette partie neutralisée le reste de l’acide et l’on distille. Si 1 acide valérianique était en quantité prédominante dans le mélange, et si sa proportion était plus que suffisante pour neutraliser tout l’alcali, de Yacide valérianique pur se trouve dans le résidu; si au contraire elle était insuffisante, le produit de la distillation se compose d’ acide butyrique pur. Par des saturations et des distillations partielles et successives, on arrive peu à peu à une séparation complète. Lorsque l’acide valérianique a été isolé par l’une ou l’autre méthode, c’est toujours par la détermination des poids équivalents que l’on doit décider de sa pureté. On prend, si c’est possible, le poids équivalent du sel baryte et du sel d’argent. Le valérianate de baryte contient 40,41 p. 100 de baryum, et la valérianate d’argent laisse après combustion 51 ,67 p. 1 00 d'argent métallique.

COMPOSITION DI'IS CORPS

G. — ACIDE CAPROÏQUE.

Composition centésimale: carbone 02.07, hydrogène 10.34, oxygène 27.50.

Formule ; C1SH1S04.

État, naturel : 11 se rencontre probablement dans la sueur et dans le sang de certains animaux, dans les fèces après ingestion de viande, dans le beurre rance.

C’est un liquide clair comme de l’eau, huileux, d’une odeur de sueur caractéristique, d’une saveur brûlante et d’un poids spécifique de 0,922 ; il est encore liquide à — 9°, il bout à 202°, et est assez difficilement soluble dans l’eau.

L’acide caproïque forme, avec les bases, des sels qui ont une saveur et une odeur analogues à celles de l’acide, qui sont généralement solubles dans l’eau et cristallisables. Le sel de baryte cristallise en longues aiguilles soyeuses réunies en faisceaux: il est anhydre et inaltérable à l’air.

Recherche. — Comme dans les matières où il se trouve l’acide caproïque est généralement mélangé avec les autres acides du groupe, la recherche ne peut être basée que sur sa séparation de ceux-ci et sur l’analyse ou sur la détermination du poids équivalent de son sel de baryte. La méthode à suivre pour sa séparation des autres acides par cristallisation du sel de baryte sera indiquée plus loin. — Le caproate de baryte contient 57,35p. 100 de baryum.

Composition centésimale : carbone 6G.52, hydrogène 11.11, oxygène 25.57.

Formule : CiCtl160*.

État naturel : Il se rencontre dans les mêmes matières que l’acide caproïque.

A la température ordinaire c’est une masse molle, demi-liquide, cristallisant en aiguilles au-dessous -b 12°, entrant en ébullition à 256°, d’une odeur analogue à la sueur, qui se manifeste plus fortement lorsqu’on chauffe.

100 parties d’eau ne dissolvent que un quart de partie de l’acide, qui est au contraire facilement soluble dans l’alcool et dans l’éther.

Les caprylales sont en général plus difficilement solubles que les sels de l’acide précédent. Le caprylate de baryte cristallise par évaporation de ses solutions bouillantes en écailles minces à éclat gras, et par évaporation spontanée à l’air en granules blancs, inaltérables à 1 air et gros comme des graines de pavot.

La préparation et la recherche de l’acide caprylique se confondent lorsque c’est surtout ce dernier qu’il s’agit de découvrir, et elles sont basées sur la

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