L’acide kynuri
que se dissout dans V acide chlorhydrique bouillant, dans l’acide sulfurique étendu et dans l’acide azo Fig. 62 — Acide kynurique.
tique; ce dernier ne
parait pas l’altérer sensiblement. Le précipité que produit l'acide chlorhydrique dans les solutions alcalines de V acide kynurique, disparait lorsqu'on ajoute un excès d'acide chlorhydrique . Les solutions saturées bouillantes dans l’acide chlorhydrique, l’acide sulfurique étendu et l’acide azotique, se solidifient, après refroidissement, en une bouillie composée de courtes aiguilles trèsbrillantes. L’acide kynurique se dissout à froid dans l’acide sulfurique concentré sans éprouver d’altération ; lorsqu’on chauffe, le mélange brunit légèrement, et une addition d’eau donne maintenant naissance à un beau
«8 COMPOSITION DES CORPS
précipité jaune citron amorphe, qui est quelquefois mélangé avec des cristaux de l’acide non altéré.
o. Si 1 on traite I acide kynurique par l 'acide azotique et 1 ammoniaque , en procédant connue pour la réaction de la murexide, on n’obtient qu’une coloration jaune.
4. L acide kynurique se dissout facilement à froid dans les alcalis caustiques, et, a chaud, dans les alcalis carbonates ; et suspendu dans l’eau il se dissout en outre dans le carbonate de baryte, dans Veau de chaux et dans l’eau de baryte ; lorsqu’on évapore ces dissolutions, on obtient des sels bien cristallisés, ayant la plupart une réaction alcaline et décomposables, même par l’acide carbonique. Le sel calcaire forme des aiguilles dures, courtes et réunies en étoiles; le sel de baryte donne, par évaporation spontanée de sa solution, des lamelles nacrées triangulaires très-caractéristiques (fig. 63) ; les deux sels sont difficilement solubles dans l’eau.
5. Une solution de 1 acide dans l’ammoniaque, donne, avec l 'azotate d'argent , un abondant précipité blanc insoluble à chaud.
Préparation. — Liebig a extrait cet acide du dépôt qui se forme quelquefois dans l’urine du chien. Dans ce but, il fit dissoudre ce dépôt dans l’eau de chaux, étendit avec de l’eau, chauffa, filtra et précipita le liquide filtré par l’acide chlorhydrique. En ajoutant 4 c. c. d’acide chlorhydrique à 100 c. c. d'urine de chien, on obtient cet acide sous forme d’un précipité finement pulvérulent, difficile à filtrer, qui, mêlé avec le liquide, produit un trouble laiteux. Si on le suspend dans l’eau, si on fait bouillir avec du carbonate de baryte, et si on filtre bouillant, il se sépare, après concentration du liquide filtré, du kynurate de baryte sous la forme de fines aiguilles groupées en étoiles.
[On peut aussi, d’après Schmiedeberg et Schultzen, procéder de la manière suivante : on évapore au tiers de son volume de l’urine de chien, soit directement, soit après l’avoir précipitée par l’acétate de plomb; dans ce dernier cas, on filtre, on enlève l’excès de plomb par l’hydrogène sulfuré, puis on filtre de nouveau; on ajoute de l’acide chlorhydrique ou de l’acide azotique, et on abandonne le mélange à une basse température; l’acide kynurique se dépose mêlé avec un peu d’acide urique, dont on le sépare facilement avec de l’ammoniaque étendue, dans laquelle il est trèssoluble. La purification complète de 1 acide est difficile, parce qu’il retient énergiquement la matière colorante de l’urine. Pour y parvenir, on décolore la solution ammoniacale avec le charbon animal, et on précipite la solution chaude et étendue avec l’acide acétique.
Schmiedeberg et Schultzen assignent à l’acide kynurique ainsi obtenu la formule Cî0H14ÀaO\ “211*0, qui est un peu différente de celle indiquée par Schneider, C2"II9AzO°.]
ACIDE HIPPURIQUE. *91
Recherche. — Elle ne peut être basée pour le moment que sur l’élude des propriétés qui viennent d’être indiquées. L’acide kynurique se distingue facilement de l’acide urique par sa solubilité dans l’acide chlorhydrique et par la solubilité de son sel barytique dans l’eau bouillante, tandis que l’urate de baryte y est complètement insoluble; celte dernière particularité permet aussi de le séparer de l’acide urique ( Meissner ).
ACIDE HIPPURIQUE.
Composition centésimale : carbone 00.35, hydrogène 5.03, azote 7.82, oxygène 20.82.
Formule : Clsll9AzO<\
État naturel : C’est un élément de l’urine du cheval et d’un grand nombre de mammifères herbivores: du bœuf , de la chèvre, du mouton , du lièvre, etc. ; on le rencontre aussi dans l’urine de Y homme et dans les excréments de la tortue grecque, de certains papillons, dans les écailles de l’ichlhyose. Dans l’urine, il est généralement combiné avec des alcalis et de la chaux.
L’acide hippurique pur se présente sous forme de prismes à quatre pans bien formés, laiteux, demi-transparents avec pointements terminaux à deux ou à quatre faces. La forme fondamentale du cristal est un prisme vertical rhombique. (Eig. 64; voyez aussi Funke, Atlas, pl. VIII; tîg. 5;
Robin et Verdeil, pl. XX, pl. XXI, fig. 1 ; pl. XLIV, 11g. 1.)
L’acide hippurique est inodore, d’une saveur légèrement amère, facilement soluble dans l’eau bouillante et dans l’alcool, plus difficilement soluble dans l’eau froide et dans l’éther. Les solutions rougissent forle- Fig. 64. — Acide hippurique,
ment le tournesol.
1. Si l’on chauffe doucement l'acide hippurique, il fond, sans abandonner d’eau, en un liquide huileux, qui, par le refroidissement, se prend en une masse cristalline laiteuse; lorsqu’on chauffe plus fortement, il se produit un sublimé cristallin d’acide benzoïque et de benzoate d’ammoniaque, en même temps il se forme des gouttes huileuses rouges, qui répandent une odeur aromatique particulière, rappelant celle de l’urine fraîche, qui se solidifient par le refroidissement, sont insolubles dans l’eau, mais se dissolvent dans l’alcool et dans l’ammoniaque. Lorsqu’on chauffe encore plus fort, il se dégage une odeur intense analogue à celle de l’acide cyanhydrique et de l’essence d’amandes amères, et il reste un charbon poreux complète-
COMPOSITION DES CORPS
ment combustible. Si un ne dépasse pas la température de 250", il se forme de 1 acide benzoïque, coloré en rouge par un corps étranger, et des traces d’acide cyanhydrique et de benzonitrile : CullBAz.
2. Mélangé avec de 1 hydrate de chaux en excès et soumis à h distillation sèche, 1 acide hippurique donne de la benzine et de l’ammoniaque. Il reste dans le résidu du carbonate de chaux.
5. Si I on lait bouillir pendant quelque temps (pendant au moins une demi-heure) l’acide hippurique avec de Yacide azotique, de l 'acide chlorhydrique ou de Yacide oxalique, de Yacide benzoïque se sépare après le refroidissement. ; on trouve dans la dissolution du glycocolle combiné avec l’acide employé.
Dans les liquides alcalins, par exemple dans l’urine en putréfaction, l’acide hippurique éprouve une décomposition analogue sous l’influence des ferments; il se forme de Yacide benzoïque, tandis que le glycocolle produit se dédouble en ammoniaque et en acide acétique.
4. Si l’on dissout l'acide hippurique dans Yacide azotique, et si l’on fait passer dans la dissolution un courant de bioxyde d'azote, il se dégage de l’azote, et il reste dans le liquide de Yacide benzoglycholique : C18II8Ü8.
5. Si l’on fait bouillir de l’acide hippurique avec de Yacide azotique concentré, si l’on évapore à sec, si l’on introduit le résidu dans un petit tube de verre, et si l’on chauffe, il se dégage l’odeur caractéristique de la nitrobenzine.
L’acide hippurique forme, avec les bases, des sels cristallisables, parmi lesquels les sels alcalins et alcalino-terreux sont solubles dans l’eau. Les combinaisons de l’acide hippurique avec les oxydes des métaux lourds sont difficilement solubles. Si l’on mélange la solution d’un hippurate avec de Yacide chlorhydrique en excès, l’acide hippurique se sépare plus ou moins rapidement, suivant la concentration de la dissolution, sous forme de longues aiguilles cristallines.
L 'hippurate d argent se dissout dans l’eau bouillante, et, par le refroidissement, se précipite de la solution en aiguilles blanches soyeuses. L'hippurate de fer est un précipité brun clair, amorphe, insoluble dans l’eau. Chauffés au rouge, les hippurates laissent des carbonates, des oxydes ou des métaux.
Vhippurate de chaux est représenté par Funlce, Atlas, pi. VIII, fig. 2, et par Robin et Verdeil, Allas, pl. XXI, fig. 2 et o; pl. XXII, fig. i. (Dans l’urine du cheval, l’acide hippurique est combiné avec la chaux.)
Préparation. — De l’urine fraîche de cheval ou de vache (il faut toujours en prendre au moins 4 à 6 litres) est mélangée avec un excès de lait de chaux et bouillie pendant quelques minutes. On filtre le liquide bouillant, et la solution claire, contenant de l’hippurate de chaux, est réduite aussi rapidement que possible au sixième ou au huitième de son volume primitif, ou même au dixième, si l’urine était très-aqueuse; le liquide est ensuite sursaturé par Yacide chlorhydrique. On rassemble sur une toile l’acide hippurique ainsi précipité avec une couleur rougeâtre ou jaunâtre, on le pi esse,
ACIDE HIPPURIQUE.
on 1g fait bouillir de nouveau avec un lait de chaux, on filtre, on précipite par l’acide chlorhydrique et l’on obtient maintenant un acide qui n’est plus que faiblement coloré et que l’on rassemble sur un filtre. Pour le purifier complètement, on le dissout dans l’eau bouillante, on ajoute pendant l’ébullition du charbon animal bien cuit, on fait bouillir encore quelques minutes et l'on filtre le liquide bouillant. Par le refroidissement du liquide filtré, l’acide hippurique se sépare en longues aiguilles parfaitement blanches, demi-transparentes et bien formées. En évaporant l’eau-mère, on peut encore obtenir des cristaux. — L’urine putréfiée ne fournit pas d’acide hippurique, mais de l’acide benzoïque.
On obtient très-facilement l’acide hippurique de Y urine humaine, si l’on prend le soir de l’acide benzoïque (environ 50 grammes), et sf l’on traite pour acide hippurique l’urine émise pendant la nuit et le lendemain matin. L’acide benzoïque s’est transformé dans l’organisme en acide hippurique.
Si l’on veut rechercher de petites quantités d’acide hippurique dans V urine humaine, on évapore presque à siccité au bain-marie l’urine encore toute fraîche, on broie le résidu avec de la poudre de sulfate de natu-
rel purifié, on ajoute ensuite un peu d’acide chlorhydrique et d'alcool à 0,83, et l’on épuise complètement par ce dernier. Les extraits alcooliques sont neutralisés avec soin par un peu de lessive de soude et ensuite évaporés. On mélange le résidu avec un peu d’acide oxalique et on évapore de nouveau à sec au bain-marie en agitant. On traite maintenant la masse sèche, jusqu a épuisement, par de l’éther alcoolisé , on distille au bain-marie les extraits éthérés réunis, dans une cornue, on fait bouillir le résidu cristallisé avec un lait de chaux pour séparer l’acide oxalique, on filtre, on lave le résidu sur le filtre avec de l’eau, on évapore à un petit volume le liquide filtré et 1 eau de lavage, on acidifie avec de Y acide chlorhydrique , et on laisse reposer. Immédiatement, ou au bout de quelque temps, suivant la quantité de 1 acide hippurique contenu dans l’urine, les cristaux caractéristiques de cet acide se séparent, et on peut les examiner au microscope et les essayer chimiquement.
Si la quantité de 1 acide est suffisante pour permettre de le purifier, on élimine 1 eau-mère, et on lave les cristaux avec un peu d’éther, afin d’enlever la graisse et l’acide benzoïque qui peuvent être présents.
Recherche. Si 1 acide hippurique a été préparé à l’état pur, il ne peut pas êtie facilement confondu avec un autre acide, à cause de ses réactions caractéristiques. C’est tout au plus si l’on peut songer à une confusion momentanée de Yacide hippurique avec Yacide benzoïque. On procède alors de a manière suivante : on porte sous le microscope une petite quantité de 1 acide séparé; si l’on a affaire à de l’acide benzoïque, on apercevra des cristaux tabulaires superposés ou bien placés a la suite les uns des autres de maniera a prendre une disposition dendritique; si c’est, au contraire,
( e acn e hippurique que l’on a sous les yeux, les cristaux se présenteront ans toutes les circonstances avec la forme indiquée précédemment. On introduit ensuite une autre partie de l’acide en question dans un tube d’essai
GORUP-BEZANF.Z. ANALYSE ZOOCIIIMIQUE. AT
COMPOSITION DUS COUPS
parfaitement sec, et l’on chauffe doucement: dans le cas de la présence de l’acide hippurique, on verra apparaître les gouttes huileuses rouges mentionnées plus haut, ainsi que l’odeur d’acide cyanhydrique, tandis que sur le» parois il se formera un sublimé ; dans les mêmes circonstances, l’acide benzoïque se volatilise sans décomposition, cil dégageant des vapeurs lourdes, blanches, et qui irritent fortement la gorge.
On peut encore se baser, pour la distinction, sur les réactions suivantes : l’acide hippurique est plus difficilement soluble dans 1 éther que 1 acide benzoïque; précipité de ses dissolutions par des acides forts, il se sépare toujours immédiatement en aiguilles, tandis que l’acide benzoïque se déposé en petites écailles ; ce dernier forme d’ailleurs tout d’abord et presque toujours un liquide laiteux. Lorsqu'on évapore rapidement ml liquide acide, qui renferme de l’acide benzoïque, celui-ci produit ordinairement un sublime sur le papier, avec lequel on couvre la capsule, ce que naturellement 1 acide hippurique ne fait pas ; - enfin On peut faire disparaître toute incerli ude, en procédant à la recherche qualitative de l’azote (voyez g 1/ B - Cellem donnera un résultat positif avec l’acide hippurique, et un résultat negatï
avec l’acide benzoïque. . , ,.Aluot»
A cause de la solubilité de l’acide hippurique dans 1 eau, 1 a cool et 1 ellnr
une confusion avec l'acide uriqUé n’est pas possible abstraction faite de différence qui existe dans la forme cristalline et de la manière dont se comporte l’acide urique en présence de l’acide azotique.