HO
ALLANTOÏNE.
Composition centésimale : carbone 30.58, hydrogène 5.80, azote 35.44. oxygène 30.58.
Formule : C8IIGAz40G.
État naturel : Elle a été trouvée dans l’eau de l’amnios de la vache, dans l’urine des veaux à la mamelle, dans celle des chiens à la suite de troubles raspiratoires, dans l’urine des enfants nouveau-nés, dans l’urine de l’homme, après ingestion d’acide tannique (?).
L’allantoïne forme des cristaux prismatiques, appartenant au système rhornboédrique (fig. 75), qui sont limpides, brillants el incolores; elle est insipide, sans réaction sur les couleurs végétales, soluble dans l’alcool bouillant, dans lequel elle cristallise par le refroidissement, insoluble dans l’éther. Elle se dissout aussi à chaud dans les solutions des alcalis caustiques et carbonatés, dans lesquelles elle cristallise sans altération par refroidissement. Chauffée, elle brûle sans résidu.
1. Les alcalis concentrés décomposent ’allantoïne, avec absorption d’eau, en %cide oxalique et ammoniaque.
2. L'aciile azotique bouillant la dédouble en urée et acide allantoique.
o. L'acide sulfurique concentré bouillant en dégage de V acide carbonique ît de 1 oxyde de carbone, et donne du sulfate d' ammoniaque .
4. Si, à une solution saturée bouillante d’allantoïne, on ajoute de l 'azotate l'argent et de l’ ammoniaque , il se précipite une combinaison d’allantoïne et J 'oxyde d'argent, qui se sépare en flocons blancs, offrant au microscope la 'orme de globules transparents, parfaitement sphériques. L’allanloïne n’est pas précipitée de ses dissolutions par le sublimé, mais, comme l’urée, elle ~st précipitée par Y azotate de bioxyde de mercure. Comme l’urée, elle se combine en plusieurs proportions avec le bioxyde de mercure.
L’allantoïne peul aussi se combiner directement avec Xoxyde de cuivre,
[ oa y de de cadmium, 1 oxyde de plomb et 1 oxyde de zinc. Les combinaisons sont cristallisables.
Fig. 75. — Allantolne pure préparée avec l’acide urique.
COMPOSITION DES COUPS
5. Une solution d’allantoïne, mélangée avec lui ferment et abandonnée à la température de oO0, se décompose avec formation d’urée, à'oxalatcet de carbonate d ammoniaque et d’un acide probablement nouveau, non encore bien étudié. '
Recherche. — On extrait l’allantoïne de l’urine des jeunes veaux de la ' manière suivante : On évapore le liquide au bain-marie à consistance
.sirupeuse, peu épaisse, et on l’abandonne au repos pendant plusieurs jours. Les cristaux, qui se sont séparés pendant ce temps, sont lavés avec de l’eau froide, puis chauffés à l’ébullition avec un peu d’eau ; on ajoute un peu de charbon animal, on chauffe encore quelque temps, on filtre le liquide bouillant et on mélange le liquide filtré avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique, afin d’empêcher la séparation du phosphate de magnésie. Par le refroidissement, l’allantoïne se dépose en cristaux minces, réunis en pinceaux, qui offrent des faces terminales très-rarement Fig. 76. - Allan toine de Furine du veau reconnaissables (fig. 70). Mais, si on com-
(on voit en outre, autour des cristaux . ' ° ) ’
d’allantoïne réunis en un pinceau double, bine 1 allan toine avec l'oxyde d’argent, et
de la creaiine, de la créaimine de l’u- si on pen sépare au moyen de l’hvdrogène
rate et du phosphate de magnésie). f r J ^ »
Sulfure, elle cristallise en gros prismes,
réguliers, bien formés.
L’analyse élémentaire du corps préparé pur, ou l’analyse de la combinaison argenlique sont absolument nécessaires, si l’on veut déterminer l’allanloïne avec une certitude complète, parce que ses réactions ne sont pas suffisamment caractérisées pour servir de base à une conclusion posi-
tive.
ALLOXANE.
Composition centésimale : carbone 33.80, hydrogène 1.41, azote 10.72. oxygène 45.07.
Formule : C8II2Az208.
État naturel : Ce produit d’oxydation de l’acide urique a été trouvé une fois dans un mucus intestinal diarrhéique, et probablement aussi dans l’urine d’un malade atteint d’une affection du cœur.
L’alloxane cristallise par le refroidissement de ses dissolutions aqueuses préparées à chaud en gros octaèdres rbombiques, incolores, limpides et contenant 8 équiv. d’eau de cristallisation; des solutions préparées à froid elle se sépare en petits cristaux avec 2 équiv d’eau de cristallisation, bile est facilement soluble dans l’eau et dans l’alcool. La solution aqueuse a une réaction acide et une saveur piquante; elle colore la peau en rouge
ALLOXANE.
d’une manière persistante et elle lui communique une odeur repoussante.
A l’air l’alloxane se colore peu à peu en rouge ; elle n’est pas volatile, et, chauffée sur une lame de platine, elle bride sans résidu. Si on la chauffe avec précaution dans un tube d’essai sec, elle prend une coloration foncée, et il se forme une petite quantité d’un sublimé blanc, farineux, rouge vers la partie inférieure.
1. Si l’on fait bouillir les solutions aqueuses saturées de l’alloxane, il se produit une décomposition ; il se dégage de l'acide carbonique , de V acide parabanique reste en dissolution, et de Y alloxanthine se sépare en cristaux par le refroidissement de la liqueur. Si l’on ajoute de l’eau de baryte à la solution bouillie, il se forme un précipité coloré en violet foncé, qui devient incolore si l’on lait bouillir de nouveau.
Les solutions aqueuses de l’alloxane éprouvent une décomposition analogue lorsqu’on les abandonne pendant longtemps à elles-mêmes.
2. Si l’on mélange une solution d’alloxane saturée à froid avec une quantité d acide sulfureux suffisante pour que le liquide exhale l’odeur de cet acide, puis si l’on ajoute de Y ammoniaque et si l’on fait bouillir, il se sépare par le refroidissement des cristaux de thionurate d'ammoniaque.
5. L'acicle chlorhydrique concentré et Y acide sulfurique étendu transforment 1 alloxane en acide carbonique et en alloxanthine.
4. Les alcalis en solution aqueuse la convertissent d’abord en acide alloxanique , et lorsque 1 action continue en urée et acide mésoxalique.
5. L alloxane se dissout à chaud dans Y ammoniaque caustique; la solution acquiert une couleur jaune et se prend parle refroidissement en une gelée de mycomélate d'ammoniaque.
0. Si, à un échantillon d’une solution aqueuse d’alloxane, on ajoute une goutte d acide cyanhydrique et ensuite de Y ammoniaque, il se forme immédiatement, si la quantité de l’alloxane n’est pas trop faible, au bout de quelque temps si la solution est étendue, un précipité blanc cristallin d oxaluramule. Le frottement des parois du tube d’essai avec une baguette de verre favorise la séparation du précipité. Au moyen de celte réaction très-sensible et très-caractéristique on peut découvrir de très-faibles quantités d’alloxane.
7. Le protochlorure d’étàin précipite immédiatement des solutions d’alloxane des cristaux d alloxanthine. Le zinc et Y acide chlorhydrique agissent de la même manière.
8. Si, dans la solution de l’alloxane on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré, le liquide devient trouble, par suite d’un dépôt de soufre, et il donne alors avec Y eau de baryte un précipité bleu violet. Après un lon^ repos il se sépare des cristaux d' alloxanthine.
9. Si l’on fait tomber goutte à goutte une solution aqueuse d’alloxane dans une solution bouillante d 'acétate neutre de plomb, on obtient un précipité floconneux de mésoxalate de plomb, qui se transforme bientôt en une poudre cristalline, tandis que l’urée reste en dissolution. Si inversement on verse une solution d’acétate neutre de plomb dans la solution d’alloxane, il
COMPOSITION DES COUPS
se forme un précipité rouge-rose peu abondant; une addition d’alcool en augmente la quantité.
10. Si l’on dissout de l’alloxane dans une solution chaude de sulfite acide de potassium, il se sépare par le refroidissement de gros cristaux de sulfite acide d’alloxane et de potassium.
I l . Les sels de protoxyde de fer produisent dans les solutions d'alloxane une coloration bleu indigo foncé.
Les agents oxydants transforment l’alloxaneen acide par abani que et urée; Y acide azotique étendu donne tout d’abord de Y acide parabanique ; le peroxyde de plomb la transforme en acide carbonique et urée.
Recherche. — Elle repose sur les réactions précédentes, parmi lesquelles la sixième (acide cyanhydrique et ammoniaque) est la plus sensible. Comme l’alloxane se décompose avec une extrême facilité et que l’on doit supposer qu’elle n’existe qu’en petite quantité dans les matières animales examinées, on ne peut pas songer à préparer ce corps à l’état pur. Liebig a obtenu par dialyse du mucus intestinal étendu d’eau, un liquide convenable pour produire les réactions. La coloration rouge pourpre que l’alloxane prend peu à peu à l’air et la couleur également rouge pourpre qui se manifeste sur l’alloxanthine (qui se forme si facilement aux dépens de l’alloxane), en présence de l’ammoniaque libre, fournissent de précieuses indications.
CRÉATINE.
Composition centésimale (cristallisée) : carbone 52.22, hydrogène 7.58, azote 28.19, oxygène 52.21.
Formule : C8H9Azs04 + 2110.
État naturel : On la trouve dans le liquide des muscles striés et lisses des animaux de toutes les classes, dans le liquide des cellules fibreuses contractiles, dans le sang, dans le liquide amniotique, le cerveau, dans le tissu de l’utérus gravide, dans l’urine du chien et de l’homme. La créatine que l’on trouve dans l’urine n’est qu’un produit de décomposition de la créatinine.
La créatine pure forme des cristaux incolores, parfaitement transparents, très-hrillants et qui appartiennent au système clinorhombique. Ce sont ordinairement des groupes dont la disposition rappelle celle de 1 acétate neutre de plomb (fig. 77 ; voyez aussi Robin et 1 erdeil , Atlas , pl. XXII, fig. 2 et 5, pl. XXIII, fig. 1 et 2, pl. XXV, fig. 1 et 2, pl. XXVI, fig. 1, 2, et 5, pl. XXV 11, fig. 2; Funke, Atlas, pl. IV, fig. 4). A 100° ils deviennent opaques, males et perdent leur eau de cristallisation (2 équiv.).
La créatine se dissout facilement dans 1 eau bouillante; parle refroidissement de la dissolution saturée elle se sépare en fines aiguilles, et dans la solution étendue elle se dépose peu à peu en gros cristaux. Elle est pour ainsi dire insoluble dans l’alcool, mais elle s y dissout d autant plus tacile-
CRÉATINE.
meut que celui-ci renferme plus d’eau; elle est insoluble dans l’éther. La solution aqueuse n’exerce aucune action sur les couleurs végétales ; elle a
une saveur un peu amere, et elle se décompose très-facilement avec formation de moisissures à sa surface; chauffée pendant longtemps, elle se transforme en créatinine. La créât ine se combine avec les acides pour donner des sels cristallisables, facilement solubles et décomposables.
1 . Si l’on fait bouillir pendant longtemps la créatine avec de la baryte caustique, "elle se dédouble en urée et sarkosine; en prolongeant l’action du réactif, l’urée se décompose en acide carbonique et ammoniaque.
2. Chauffée avec des acides forts, la créatine se change en créatinine, en 4H0 = C8H7Az302.
Fig. 77. — Créaline.
edant 4 équiv. d’eau : C8HuAz30° —
5. Une solution de chlorure de zinc ne précipite pas les solutions de créatine pure.
4. Si l’on fait bouillir une solution de créatine avec un excès de bioxyde de mercure, il se dégage de l’acide carbonique, du mercurè métallique se déposé, et il reste dans la dissolution de Yoxalcite de méthylur amine.
La créatine n est pas du tout décomposée par le peroxyde de plomb, trèslentement par le permenganate de potasse.
Recherche. — La créatine peut être extraite de la chair par la méthode suivante indiquée par Stâdeler ; la substance finement hachée et brovéc avec de la poudre de verre (il ne faut pas prendre moins de 8 à 12 kilo°r s! 1 on emploie de la viande de bœuf) est triturée avec une fois et demie son volume d alcool, chauffée doucement au bain-marie et ensuite exprimée à aide d une presse. On distille pour séparer l’alcool du liquide obtenu et en évitant d ajouter un excès du réactif, on précipite par Y acétate baLue
!>0m 0 lf,ul(Je elen(îu d eau et filtré, si c’est nécessaire. On filtre- on
«S1' Ve PL0mb duIiquide flItréau moyen d’un courant d’hydrogène
f iee au bain-marie, dans une capsule aussi plate que possible on évapore avec beaucoup de précaution le liquide filtré à Consistance s’iru peuse peu épaisse. On abandonne ensuite le liquide à cristallisation.
n pu n il. par cristallisation dans l’eau la créatine, qui quelquefois np «p séparé qu au bout dun longtemps. I.a chair de poulet et ceüe de Z “ sont les plus avantageuses pour cette préparation. 0
Jàt3SldanS l artiCl° 5UiVam (CBÉ4I,™E) <ie ‘Action do la
I, 'analyse élémentaire et la transformation de la créai;,,» »„ ■ ,• •
peuvent seules donner une réponse décisive. ercatt unie
GORtJP-BESANEZ. ANALYSE ZOOCIIIMIQOE.
226 COMPOSITION DES COUPS
[Sarkosine (méthylglycocolle), C0H7Az04. — La sarkosine, qui prend naissance en même temps que l’urée quand on traite la crénline.par une solution de baryte bouillante (voyez plus haut, 1), cristallise en tables rectangulaires (fig! 78, moitié supérieure), ou en prismes rhomboédriques droits; elle n’exerce aucune réaction sur
les réactifs colorés, et possède une saveur douce faiblement métallique.
Elle colore en bleu foncé la solution d’acétate, de cuivre, et forme, avec ce sel, un composé cristallin. Elle se combine avec les divers acides en donnant des sels cristallisables. Lesulfate desarkosine (fig. 78, moitié inférieure) donne des cristaux en forme de pierre à aiguiser qui forment des amas disposés en étoileS.
Pour obtenir la sarkosine, on ajoute peu à peu, à une dissolution bouillante et saturée de créaline, 10 fois son poids de baryte hydratée, et on maintient le mélange en ébullition jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’ammoniaque. En filtrant alors la liqueur, en précipitant par l’acide carbonique l'excès de baryte qu'elle renferme, on obtient, au bout de quelque temps, de beaux cristaux de sarkosine. Celle base n’est pas encore parfaitement pure. Pour la purifier, on la dissout dans un excès d’acide sulfurique étendu, on évapore la liqueur au bainmarie, et on additionne d’alcool le résidu sirupeux de sulfate de sarkosine, en ayant soin de l’agiter continuellement. Le sel se convertit alors en une poudre cristalline qu’on lave à l’alcool et reprend par l’eau froide. La dissolution étant ensuite chauffée avec du carbonate de baryte jusqu’à ce qu'il ne se dégage plus d’acide carbonique, filtrée et évaporée au bain-marie à consistance sirupeuse, dépose, au bout de 24 ou 56 heures, 'des cristaux de sarkosine pure [J. Liebig).]
CRÉATININE.
Composition centésimale: carbone 42.48, hydrogène 6.19, azote o7. 17, oxygène 14.16.
Formule : C8H7Az3Os.
État naturel : C’est un élément normal de l’urine de l’homme, du chien, du cheval et du veau ; la créatinine que l’on rencontre dans le liquide musculaire, dans le sang et dans l’eau de l’amnios est peut-être un produit de décomposition de la crêatine renfermée dans ces liquides.
La créatinine se présente sous forme de prismes brillants et incolores, qui appartiennent au système monoelinomélrique (fig. 79); voyez aussi Robin et Verdeil : Atlas , pl. XXVI, fig. 5, pl. XVVII, fig. 1 et 2, pl. XXY1II, fig. 1, 2 et 5, pl. XXIX, fig. 1 et 2; Funke , Atlas , pl. IV, fig. 5 et 6.
La créatinine est soluble dans l’eau froide, plus facilement dans I eau
CRÉATININE. 2i 7
bouillante ; la solution aqueuse bleuit le papier de tournesol rouge, brunit le curcuma et offre une saveur caustique comme l’ammoniaque étendue, c’est par conséquent une base organique très-forte. Elle se dissout en outre dans l’alcool bouillant, mais dans les solutions concentrées elle cristallise par refroidissement. Elle est très-peu soluble dans I’étlier. Chauffé sur une lame de platine, elle se décompose, brûle complètement et ne laisse pas de résidu.
La solution aqueuse de la créatinine se comporte comme il suit :
1. L'azotate d'argent donne un précipité blanc, cristallin, volumineux, qui est facilement soluble dans l’eau bouillante et qui consiste en une combinaison basique de créatinine et d'azotate d'argent.
2. Le bichlorure de mercure produit un précipité blanc caséeux, qui, au bout de quelques minutes, se transforme en un amas de fines aiguilles incolores.
5. L azotate de bioxyde de mercure ne donne pas immédiatement de précipité dans les solutions étendues de créatinine, mais, si au mélange on
ajoule goutte à goutte du carbonate de soude, jusqu’à ce que le liquide se trouble d une manière persistante, il se précipite des cristaux microscopiques d’une combinaison d 'azotate de créatinine et de bioxyde de
4. Le chlorure de zinc en solution sirupeuse produit immédiatement dans les solutions aqueuses de créatinine un précipité grenu cristallin de chlorure de zinc et de créatinine , qui offre la forme de granules ovoïdes mamelonnés ; au microscope on trouve que ces granules se composent d’aiguilles très-fines groupées concentriquement (fig. 80 ; voyez aussi liobin et Verdeil Atlas, pl. XXVI, fig. 1 ; Funke, Atlas, pl. IV, fig. 6).
5; La créatinine chasse l’ammoniaque des sels ammoniacaux, et elle
forme, avec les sels de cuivre, des combinaisons doubles cristallisables et colorées en un beau bleu.
6. Si l’on abandonne à elle-même pendant quelque temps une solution
alcaline do créatinine, elle se transforme avec absorption d’eau en créatine (C1 * * * * * * 8H7Àz80s -h 2H0 = C8ll°Az304).
La créatinine est décomposée par le permanganate de potasse en oxalate de méthyluramine , acide oxalique et eau.
La créatinine se combine avec les acides pour donner des sels solubles dans l’eau et bien cristallisables.
Le sulfate de créatinine l'orme des tables carrées, transparentes, groupées concentriquement.
Le chlorhydrate de créatinine cristallise dans l’alcool en prismes courts, transparents, dans l’eau en larges lamelles ; avec le chlorure de platine il donne une combinaison facilement soluble et cristallisant en prismes de couleur aurore : C8li7Az502HCl-t-PlCl2. Cette combinaison laisse après combustion 50,95 de platine. Les solutions de chlorhydrate de créatinine ne sont pas précipitées par le chlorure de zinc. Mais si avant de verser le chlorure de zinc on ajoute une quantité suffisante d’acétate de potasse, on obtient immédiatement un précipité de chlorure de zinc et de créatinine.
Recherche. — La méthode indiquée par Neubauer pour extraire la créatinine de l’urine est la plus convenable : Avec un peu de lait de chaux on neutralise de l’urine humaine fraîche, et on ajoute une quantité de chlorure
de calcium suffisante pour précipiter tout le phosphate de chaux ; on filtre le liquide et on l’évapore à sec au bain-marie. On épuise le résidu par l’alcool absolu, on abandonne le liquide filtré à lui-même pendant quelques heures, on filtre de nouveau, et l’on mélange le liquide clair avec une solution sirupeuse de chlorure de zinc neutre. Au bout de quelque temps les gianules jaunes, ovales et mamelonnés du chlorure de zinc et de créatinine se séparent. On lave le dépôt à l’eau froide, on le dissout dans l’eau bouillante et on en élimine le zinc et l’acide chlorhydrique par 1 hydrate d oxyde de plomb. On décolore la solution filtrée parle charbon animal, on évapore à sec et on traite le résidu (mélange de créatine et de créatinine) par l'alcool bouillant, qui maintient la créatinine en dissolution, tandis que la créatine reste en partie non dissoute et se sépare en partie par le refroidissement. En évaporant la solution alcoolique on obtient la créatinine
1 La créatinine une fois obtenue pure, il n’y a plus de difficultés pour la
reconnaître ; elle est suffisamment caractérisée par ses propriétés fortement
basiques , son aptitude à former des combinaisons doubles avec les sels
métalliques et des sels avec les acides, etc. Elle se distingue de la creatine,
avec laquelle on pourrait la confondre, par les propriétés fortement alca-
lines de sa solution aqueuse concentrée, par sa solubilité dans 1 alcool, par
sa forme cristalline, par son manque d’eau de cristallisation, enfin par son aptitude à se combiner avec le chlorure de zinc. Mais la recherche de cette
base organique repose toujours sur la préparation de là le chlorure de zinc et la décomposition de celle-ci par 1 hydrate d mgàe de plomb S’il s’agit de rechercher la créatinine dans 1 urine ou dans d aut.es liquides ne contenant pas de matières albuminoïdes, on procédé comme
LEUCINE.
a été dit précédemment. Lorsqu’on a affaire à des liquides renfermant de l’albumine, il faut commencer par coaguler celle-ci par ébullition. Si les quantités de créatinine extraites sont trop faibles pour permettre d’exécuter des expériences décisives, on aura recours tà l’examen microscopique. .
Comme la créatinine ne se trouve dans l’urine et dans les muscles qu'en proportion relativement faible, il faut employer pour la préparation et la recherche de grandes quantités de matière. D’après Neubauer, 200 à 500 c. c. d’urine sont cependant suffisants pour la recherche qualitative.
LEUCINE.
Composition centésimale : carbone 54.96, hydrogène 9. 92, -azote 10.68, oxygèno 24.44.
Formule : ClsH«AzO+.
État naturel : Elle se rencontre dans un grand nombre de liquides glandulaires, dans le pancréas (qui en renferme plus (pie les autres organes), la rate, le thymus, le corps thyroïde, les glandes salivaires, les poumons, le foie (surtout lorsque cet organe est malade), les reins, les glandes lymphatiques, le sang des leucémiques, des personnes atteintes d’affections hépatiques, de typhus, dans l’urine pendant les maladies du foie, le typhus et la variole, dans les déjections des cholériques, dans différents organes d’animaux intérieurs. La leucine est un produit de décomposition des matières albuminoïdes par les acides, les alcalis et la putréfaction.
La leucine pure forme des lamelles et des écailles incolores et nacrées qui sont grasses au toucher, insipides et inodores, et qui à 170° se subliment sans décomposition en flocons laineux analogues à l’oxyde de zinc.
Chauffée plus fortement, elle fond et se décompose avec formation d’amylamine et d’acide carbonique. Au microscope elle parait sous forme de masses composées de fines aiguilles, réfractant fortement la lumière, groupées concentriquement et ressemblant quelquefois à des gouttelettes graisseuses arrondies (fig. 81 ; voyez aussi.
Funke, Atlas , pl. IV, fig. 2; Robin et Verdeil , Atlas , pl. XL1I, fig. 1 et pl XLIII, fig. 1).
La leucine se dissout dans 27 parties d’eau froide et dans 625 parties d’alcool à 0,82, elle est beaucoup plus soluble dans l’eau bouillante et l’esprit-de-vin, insoluble dans l’éther. Par le refroidissement de ses solutions
Fig. 81. l eucine (différentes formes cristallines).
bouillantes dans l’esprit-de-vin elle se précipite en majeure partie. Ses solutions sont sans action sur les couleurs végétales.
1. Les solutions aqueuses de la leucine ne sont pas précipitées par les sels. métalliques, connue les sels de fer , de cuivre , de mercure , d’argent et de plomb.
2. Mais, si l’on mélange une solution de leucine avec de Y acétate neutre de plomb, si l’on chauffe à l’ébullition et si l’on ajoute avec précaution de
Y ammoniaque, il se sépare une combinaison de leucine et d'oxyde de plomb sous forme de lamelles miroitantes.
o. Les acides sulfurique , azotique et chlorhydrique dissolvent la leucine en formant avec elle des combinaisons cristallisables facilement solubles Si l'on mélange une solution concentrée de chlorhydrate de leucine avec une solution concentrée de chlorure de platine, il se sépare du chlorhydrate de platine et de leucine sous forme de grains jaunes, qui sont assez facilement solubles dans l’eau, insolubles dans l’alcool.
A. Si sur une lame de platine on évapore avec précaution de la leucine avec de Y acide azotique, il reste un résidu incolore, qui se dissout à chaud dans un peu de lessive de soude et qui roule comme une goutte d’huile sur la lame de platine chaude, sans la mouiller (Scherer).
5. Si l’on fond de la leucine avec de Y hydrate de potasse, elle donne de
Y acide valérianique , avec formation simultanée d’acide carbonique, d’hydrogène et d’ammoniaque.
6. Lorsqu’on mélange une solution de leucine pure avec un peu de chair ou d’albumine , et qu’on abandonne le tout à une température moyenne, la leucine se décompose.
7. Le permanganate de potasse transforme la leucine en solution alcaline en acide valérianique, acide oxalique, acide carbonique et ammoniaque.
Recherche. — Elle est toujours basée sur sa séparation et sur l’étude de ses propriétés. Ses formes très-caractéristiques sont d’une grande valeur pour la détermination de cette substance : ce sont des masses ovoïdes ou parfaitement rondes, réfractant fortement la lumière, offrant sur ce point beaucoup d’analogie avec les cellules graisseuses, et présentant quelquefois des stries rayonnées. Les figures données par Robin et Verdeil (loc. cit.), sont très-fidèles, quoique un peu trop foncées.
Préparation avec les organes glanduleux. — A l’aide du procédé suivant, il est facile d’extraire la leucine de ces organes, qui ordinairement renferment en même temps de la tyrosine. Les tissus tout à fait frais, après avoir été hachés ou triturés avec des perles de verre, sont broyés avec de l’eau et exprimés. De l’extrait ainsi obtenu on élimine par ébullition les matières albuminoïdes et l’on précipite le liquide filtré par 1 acétate basique de plomb. On filtre pour séparer le précipité plombique, on élimine le plomb du liquide filtré par Y hydrogène sulfuré, ou évapore à consistance d un sirop peu épais le liquide séparé par filtration du sulfure de plomb, et on laisse reposer quelque temps : de la leucine et un peu de tyrosine se
TYItOSINE.
séparent alors sous forme de masses mamelonnées et cle croûtes colorées en jaune. En évaporant encore l’eau-mère on en obtient en général de nouvelles quantités. On purifie le produit brut ainsi obtenu en le dissolvant dans de l’esprit-de-vin bouillant à 60 ou 70°; la tyrosine présente reste non dissoute, tandis que la leucine se sépare par le refroidissement du liquide filtré bouillant. On la purifie par cristallisations répétées dans l’esprit-devin bouillant, mais, bien qu’elle soit parfaitement blanche, elle retient encore opiniâtrement une petite quantité d’une substance sulfurée. Pour la dépouiller de cette dernière, on la dissout dans une lessive de potasse étendue, on ajoute une solution d'oxyde de plomb dans la potasse , et l’on fait bouillir pendant une demi-heure. On filtre pour séparer le sulfure de plomb qui peut se former, on neutralise exactement le liquide filtré avec de P acide sulfurique étendu, on évapore à sec au bain-marie, on pulvérise le résidu, et on le fait bouillir avec de l’esprit-de-vin à 60 ou 70°. Par le refroidissement du liquide filtré bouillant, la leucine se sépare maintenant à l’état pur.
Pour extraire la leucine de l’urine, lorsque ce liquide en renferme, on procède d’une manière analogue.
Butalanine, CloIlnAz04. — Cet amido-acide, homologue de la leucine, a été trouvé une lois dans le pancréas, à côlé de la leucine. La butalanine se présente sous forme de cristaux blancs, brillants, prismatiques, reconnaissables à l’œil nu; elle a une saveur piquante un peu amère, elle se dissout plus difficilement dans l’esprit-devin que la leucine, et elle donne, avec de l’acide chlorhydrique et l’acide azotique, des combinaisons cristallisables.
TYROSINE.
Composition centésimale: carbone 59.67, hydrogène G.OS, azote 7.75, oxygène 2G.52.
Formule: C^II'hAzO6.
État naturel : Elle se rencontre dans quelques glandes (rate, pancréas), dans le foie malade, dans les affections de ce dernier organe on la trouve aussi dans la veine hépatique et dans la veine-porte, dans la bile des typhiques, dans les crachats des malades atteints d’affections bronchiques croupeuses, dans les écailles cutanées des pellagreux, dans l’urine des personnes atteintes de ramollissement du foie, dans les organes d’animaux inférieurs, notamment chez les arthropodes, où sa présence est assez fréquente.
A 1 état pur, la tyrosine constitue une masse cohérente blanche comme la neige, soyeuse, qui se compose de longues aiguilles superposées, lesquelles sont, à leur tour, formées de petites aiguilles groupées en étoiles (fi". 82, voyez aussi Funke , Atlas, pl. IV, fig. 5). Elle est insipide et inodore, trèsdilficilement soluble dans l’eau froide, assez soluble dans les acides minéraux et les alcalis, mais soluble dans l’alcool et l’éther. De sa solution
Fig. 82. — Tyrosine.
COMPOSITION III5S COUPS
ammoniacale elle se sépare sans altération par évaporation spontanée, mais en cristaux volumineux. Les acides la précipitent de sa solution alcaline. Chauffée sur une lame do platine, elle brûle sans résidu, en répandant une odeur de corne brûlée.
1. Si l’on évapore avec précaution de la tyrosine avec de V acide azotique bouillant, il reste de V azotate de nitrotyrosine sous forme d’un résidu jaune,
qui est coloré en brun rouge foncé par la potasse et l 'ammoniaque. Si l’on chauffe plus fortement après l’addition du dernier réactif, il se développe une coloration brun-noir.
2. Une solution de tyrosine est précipitée à l’ébullition par {'azotate <le bioxyde de mercure neutre en flocons blanc-jaunâtre. Si l’on ajoute ensuite quelques gouttes d acide azotique fumant, mélangé avec beaucoup d’eau, et si on chauffe de nouveau à l’ébullition, le précipité prend une couleur rouge foncé. Si la quantité de la tyrosine est très-faible, le liquide, qui ne fait d’abord que se troubler, se colore en rose pâle, et ce n’est qu’au bout de quelque temps que des flocons rouge foncé se déposent, tandis que le liquide devient incolore (I. Meyer).
5. Si l’on dépose un peu de tyrosine sur un verre de montre, et si on l’humecte avec 1 ou 2 gouttes d'acide sulfurique concentré, elle se dissout avec une coloration rouge' passagère ; si ensuite on abandonne le verre à lui-même pendant une demi-heure après l’avoir couvert, si on étend avec de l’eau, si on sature avec du carbonate de baryte , si on filtre et si on ajoute au liquide filtré une solution de perchlorure de fer neutre , on voit immédiatement apparaître une coloration violette magnifique. Celle réaction-est extrêmement sensible, et elle repose sur la formation de l’acide sulfotyrosique, dont les sels neutres donnent, avec le perchloruré de fer, une coloration violet foncé. Elle porte le nom de réaction de Piria. Sa sensibilité est diminuée par la présence simultanée de la leucine.
Recherche. — La recherche de la tyrosine exige également la préparation de ce corps à l’état pur et l’étude de ses propriétés. On procède exactement comme on l’a dit à propos de la recherche de la leucine. On la sépare de cette dernière en traitant la leucine brute par l’esprit-de-vin bouillant, qui ne dissout pas la tyrosine. On dissout le résidu dans aussi peu d’eau chaude que possible, et l’on abandonne le liquide à cristallisation. Ordinairement, la tyrosine a cristallisé au bout de 24 heures, et elle peut être purifiée par cristallisations répétées dans l’eau bouillante. Lorsque la tyrosine est en quantité prédominante, les extraits concentrés laissent d’abord déposer la leucine, à cause de sa difficile solubilité, c’est ce qui arrive notamment
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avec l’urine. Au microscope on observe les formes cristallines indiquées précédemment.
La tyrosine, telle qu’on peut la rencontrer dans les analyses zoochimiques, pourrait à la rigueur être confondue avec la leucine, mais elle se distingue de cette dernière par les propriétés suivantes : elle riest pas sublimable , mais la leucine l’est; elle brûle en dégageant une odeur de poils grillés, elle est difficilement soluble dans l’eau (la leucine sTy dissout assez facilement), insoluble dans l’alcool absolu , et elle se présente toujours en masses soyeuses composées de fines aiguilles groupées concentriquement, qui se font remarquer par leur grand volume lorsqu’elles cristallisent dans l’eau et par la rétraction considérable qu’elles éprouvent en se desséchant. Les caractères microscopiques et chimiques permettent d’arriver à un résultat certain.
CHOLINE OU NÉVRINE.
Composition centésimale: carbone 49.59, hydrogène 17.40, azote 11.57, oxygène 20.44; (détermination effectuée avec le sel double d’or).
Formule : C10H15Az04.
État naturel : Elle a ôté trouvée d’une manière positive dans la bile du bœuf et du porc, dans le cerveau et dans le jaune d’œuf; dans ce dernier, combinée avec la lécithine (voyez celte substance).
C’est une substance résineuse, déliquescente, à réaction fortement alcaline; elle attire l’acide carbonique de l’air et se transforme en un carbonate qui a également une réaction fortement alcaline. La choline n’est pas volatile ; lorsqu’on la chauffe, elle se décompose en dégageant de la tr iméthy lamine .
La choline se mêle en toutes proportions avec l’eau ; si on chauffe à l’ébullition les solutions aqueuses étendues., elles ne s’altèrent pas sensiblement. Mais si on lait bouillir les solutions concentrées, la choline se dédouble en tr iméthy laminé et glycol éthylénique.
La choline se combine avec les acides chlorhydrique , sulfurique , azotique cl oxalique pour former des sels très-solubles, la plupart déliquescents et difficilement cristallisables.
1 . La solution aqueuse du chlorhydrate de choline donne, avec une solution modérément concentrée de chlorure d'or , un précipité cristallin jaune pur de chlorhydrate de chlorure d' or et de choline. Ce sel double est difficilement soluble dans l’eau froide, mais il se dissout dans l’eau bouillante, et et par le refroidissement de cette dissolution il se sépare en petites aiguilles jaunes. Sous le microscope, le sel cristallise en lamelles rhombiques. Calciné, il laisse 45,45 p. 100 d’or.
2. Si à une dissolution concentrée de chlorhydrate de choline on ajoute une dissolution d cchlorure de platine, il ne se forme pas de précipité, mais si I on \erse do 1 alcool, le chlorhydrate de chlorure de choline et de platine, insoluble dans 1 alcool, se sépare en flocons jaunes ; en redissolvant ce sel
COMPOSITION DES CORPS
dans l’eau et abandonnant la liqueur à l’évaporation spontanée, on l’obtient en magnifiques prismes elinorhombiques'de couleur rouge orange. Le sel pur laisse après calcination 31,87 p. 100 de platine.
Recherche. — En présence des connaissances encore assez imparfaites que nous possédons sur celte base, sa recherche ne peut reposer que sur la préparation des combinaisons doubles d’or et de platine, qui sont trèscaractéristiques et très-faciles à obtenir pures.
On extrait la cholinede la bile d’après le procédé suivant, qui est assez compliqué : la bile est bouillie avec de l’eau de baryte et séparée par filtration de la matière colorante, de la cholestérine, du mucus, etc., précipités par la baryte; le liquide filtré est bouilli sans interruption pendant 12 heures avec de l’eau de baryte; la baryte et l’acide cholalique sont ensuite précipités par l'acide sulfurique, le liquide filtré est évaporé au bain-marie, et on ajoute de l’acide sulfurique tant qu’il se dégage de l’acide chlorhydrique. Le résidu est épuisé par l’esprit-de-vin, qui laisse les sulfates, la taurine, etc. non dissous, la solution est évaporée et bouillie avec de l’hydrate d’oxyde de plomb. Le liquide filtré est débarrassé du plomb par l’hydrogène sulfuré et évaporé de nouveau au bain-marie ; le résidu est repris par l’esprit-de-vin, et la solution ainsi obtenue est transformée par addition d’un peu d’acide chlorhydrique et de chlorure d'or ou de platine en la combinaison d'or ou de platine. Par traitement du chlorhydrate avec l’oxyde d’argent humide on obtient la base libre.
On obtient aussi la choline en décomposant par l’eau de baryte le chlorhydrate de lécithine, que l’on peut préparer facilement avec le cerveau et le jaune d’œuf (voyez page 161). le liquide, séparé par filtration du dépôt visqueux qui se forme, est traité par l’acide carbonique, qui précipite la baryle; il est ensuite évaporé et épuisé par l’alcool, et on obtient ainsi une solution de laquelle du chlorure de platine et de choline est immédiatement précipité par le chlorure de platine.