‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 135 sur 340 · TAU1UNE · texte numérisé non relu

TAU1UNE

Composition centésimale : carbone 19.20, hydrogène 5.00, azote 1 1 .20, soufre 25.00, oxygène 58.40.

Formule: CMI'AzS-0G.

État naturel : Elle se trouve dans le canal intestinal et dans les excréments comme produit de décomposition des acides biliaires. Il paraît qu elle se rencontre à l’état normal dans les muscles d un grand nombre de poissons, dans différents organes des plagiostomes, dans les muscles des mollusques, dans les reins et les poumons de différents mammifères, dans la chair du cheval ; à l’état pathologique elle existe dans le sang et les exsudations, dans l’urine (ictère et maladies du foie?). C’est un produit de la décomposition des acides biliaires par les acides, les alcalis et la putréfaction.

TAURINE.

La taurine forme des prismes à six laces, incolores, parfaitement transparents avec surfaces miroitantes et pointements obliques à 4 ou 6 faces. La forme fondamentale est un prisme rhombique droit (fig. 85 ; voyez aussi Funke, Atlas, pl. V, fig. 1).

Les cristaux de taurine sont durs, ils craquent entre les dents, leur saveur est un peu fraîche, ils sont inaltérables à l’air, se dissolvent facilement dans l’eau, difficilement dans l’esprit-de-vin (dans 575 parties), et sont tout à fait insolubles dans l’alcool absolu et dans l’éther. La solution aqueuse n’exerce aucune réaction sur les couleurs végétales, et elle n’est précipitée ni par les sels métalliques ni par Yacide tannique. Les acides minéraux dissolvent la taurine à l’ébullition, mais elle se sépare inaltérée de ces dissolutions; elle ne peut se combiner ni avec les acides, ni avec les bases ou les sels.

Les réactions suivantes sont particulièrement propres pour reconnaître la taurine :

1. Si l’on chauffe les cristaux de la taurine sur une lame de platine, ils se gonflent, brunissent, fondent en dégageant de Y acide sulfureux et des vapeurs empyreumatiques, et laissent un charbon difficilement combustible.

2. Si l’on calcine de la taurine avec du carbonate de sodium, et si l’on arrose la masse calcinée avec des acides, il se dégage une grande quantité d' hydrogène sulfuré.

5. Si l’on dissout de la taurine dans la potasse caustique, et si l’on concentre la solution par ébullition, tout l’azote se dégage sous forme d’ammoniaque, et il reste dans le résidu du sulfite et de Y acétate de potasse.

Ces phénomènes reposent sur la grande richesse de la taurine en soufre, qui est si intimement combiné qu’il ne p'eut pas être découvert par voie humide.

L'acide hypoazotique transforme la taurine en acide iséthionique , azote et eau.

Recherche. — La recherche delà taurine repose sur sa préparation. Lorsqu il s’agit de savoir si une bile fournit de la taurine, c’est-à-dire si elle renferme de l’acide taurocholique, on l’abandonne à elle-même à une température moyenne, en ayant soin de remplacer l’eau qui s’évapore, jusqu’à ce que sa réaction faiblement alcaline soit devenue nettement acide et que l’acide acétique précipite le liquide. On la précipite ensuite complètement par ce dernier acide, on filtre et on évapore à sec au bain-marie le liquide filtré. Le résidu traité par l’alcool laisse la taurine non dissoute. Si la quantité de la taurine présente est trop faible pour que l’on puisse faire des

™ . COMPOSITION DES CORPS

expériences comparatives , on peut avoir recours au microscope; dans le cas contraire il ne faut pas perdre de vue les réactions qui indiquent la présence du soufre. On recherche avant tout comment les cristaux se comportent quand on les chauffe sur une lame de platine, on en fond une partie avec du carbonate de soude, et on en fait bouillir une autre avec de la potasse caustique. L’examen microscopique et l’analyse élémentaire donnent des résultats tout à fait certains.

Si 1 on recherche la taurine dans des excréments ou des matières analogues, on évapore à sec, on épuise complètement par l’eau froide, on évapore 1 extrait aqueux et l’on mélange avec de l’alcool. S’il y a de la taurine, on doit la trouver dans le résidu.

CYSTINE.

Composition centésimale; carbone 27.75, hydrogène 5.78, azote 11.57 , soufre 26.45, oxygène 26.45.

Formule : C6H7AzS204.

État naturel ; La cystine se rencontre dans des calculs rénaux et vésicaux très-rares, dans l’urine pathologique, où elle se'trouve dissoute ou sous forme de sédiments. Elle a en outre été rencontrée dans les reins du bœuf et dans le foie d’un ivrogne mort du typhus.

La cystine, telle qu’elle existe dans les calculs formés de cette substance, constitue une masse jaune sale, transparente, irrégulièrement cristallisée; dans les sédiments elle offre une forme cristalline microscopique très-

caraclèrisée : ce sont des tables hexagonales en général très-régulières, parfaitement transparentes , fréquemment superposées et à contours nets; dans l’urine ammoniacale elle cristallise en prismes assez épais, offrant quelquefois une disposition rayonnée. (Fig. 84; voyez aussi Funke , Atlas, pi. 111, fig. G; Robin et Verdeil, pl. XXXU1).

La cystine est inodore et insipide, sans réaction sur les couleurs végétales, insoluble dans l’eau et l’alcool, mais soluble dans les acides minéraux et dans 1 acide oxalique. Elle forme avec ces acides des combinaisons salines facilement décornposables; elle n’est pas dissoute par l 'acide acétique et Y acide tar trique.

Pour reconnaître la cystine on se sert des réactions suivantes:

1. L'acide azotique décompose la cystine à l’ébullition et la transforme en une niasse brun sale.

CYSTINE.

2. Elle est facilement dissoute par les alcalis fixes caustiques et carbonates, ainsi que par l 'ammoniaque caustique , mais non par le carbonate d’ammoniaque. Elle est facilement précipitée de ses solutions acides par le car bonate d' ammoniaque, de ses solutions alcalines par X acide acétique.

5. Si l’on dissout la cystine dans une lessive de potasse, et si l’on fait bouillir avec une dissolution d'oxyde de plomb dans la potasse caustique, il se forme un abondant précipité de sulfure de plomb.

h. Lorsqu’on la chauffe sur une lame de platine, elle ne fond pas, s’cnllamme, et brûle avec une flamme vert bleu, en dégageant une odeur acide piquante, analogue à celle de l’acide cyanhydrique et très-caractéristique. Soumise à la distillation sèche, elle donne une huile d’une odeur infecte, de l’ammoniaque et un charbon poreux.

5. Si l’on fait bouillir de la cystine avec des alcalis, elle dégage de Y ammoniaque et un gaz facilement inflammable brûlant avec une flamme bleue.

6. Lorsqu’on chauffe à l’ébullition de la cystine avec quelques gouttes de lessive de soude sur une lame d’argent, il se forme sur celle-ci une tache noire adhérente de sulfure d’argent.

[7. Si on dissout la cystine ou un calcul de cette substance dans une petite quantité d’une solution alcaline, si on étend le liquide refroidi avec de l’eau et si on ajoute une solution de nitroprussiate de potasse, on obtient une belle coloration violette (J. Millier).]

Recherche. — Pour rechercher la cystine dans les calculs qui renferment ce corps, on les dissout dans la potasse caustique et l’on mélange la solution bouillante avec de l’acide acétique en excès; par le refroidissement lent de la liqueur, la cystine se sépare. On peut aussi dissoudre dans l’ammoniaque le calcul en question et abandonner la solution à l’évaporation spontanée : la cystine cristallise alors en lames épaisses.

La cystine est surtout caractérisée par sa forme cristalline, sa solubilité dans les acides et les alcalis, ainsi que par les phénomènes qu’elle présente quand on la chauffe. Lorsqu’il s'agit de savoir si une concrétion renferme de la cystine, on procède comme il a été indiqué précédemment. Si l’on réussit à obtenir de cette manière des cristaux ressemblant à de la cystine, on étudie leurs propriétés ; on en dissout une partie dans la potasse, on mélange avec une solution d’oxyde de plomb dans la potasse et l’on fait bouillir. S’il y a de la cystine, il se sépare du sulfure de plomb. Si la cystine doit être recherchée dans des sédiments urinaires, on la reconnaîtra à sa forme cristalline, qui devra être étudiée au microscope. Cependant comme l’acide urique cristallise aussi quelquefois sous le microscope en tables hexagonales, 1 examen au microscope seul n’est pas suffisant pour permettre une conclusion positive, et le sédiment doit être étudié avec plus de soin. Si le sédiment se compose d’acide urique, il donne, lorsqu’on le chauffe avec de l’acide azotique, un beau résidu rouge pourpre; si au contraire il se compose de cystine, le résidu offre une couleur brun sale. La cystine peut être séparée par l’eau bouillante des urales qui peuvent y être mélangés ; ce liquide dissout les urates, mais laisse la cystine non dissoute.

COMPOSITION DES COUPS

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