‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 138 sur 340 · RECHERCHE DES PIGMENTS BILIAIRES · texte numérisé non relu

RECHERCHE DES PIGMENTS BILIAIRES

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du sang (de l’hémoglobine), on la précipite par l’acétate basique de plomb, on rassemble le précipité sur un filtre, on le lave, on le fait digérer avec du carbonate de soude, pour enlever le pigment, et on se sert du liquide filtré pour produire la réaction (. Hoppe-Seyler ).

2. On agite avec du chloroforme une grande quantité de l’urine acidifiée, en ajoutant le liquide par petitesporlions successives ; on laisse le chloroforme se déposer parfaitement limpide, on décante l’urine qui surnage, on porte sur un filtre humide le chloroforme, qui est ordinairement sous forme de petits globules, puis on arrose avec de l’eau, et le chloroforme traverse alors le filtre, après avoir repris la forme liquide. Si même il n’y avait que des traces de bilirubine, le chloroforme présente une couleur jaune, parfaitement distincte. On en laisse évaporer un échantillon sur un petit verre de montre, et 1 on examine le résidu au microscope) si l’on trouve des cristaux de bilirubine, on peut produire avec eux, sous le microscope, la réaction de G nie lin, que 1 on obtient alors dans toute sa beauté.

Pour produire la réaction, on verse dans un petit verre un échantillon de la solution chloroformique, et on ajoute par-dessus de l’acide azotique contenant de 1 acide azoteux. La réaction se manifeste maintenant de haut en bas, le vert occupe la partie supérieure, et le jaune l’inférieure. Cette méthode donne un résultat négatif, lorsqu’il n’y a pas de bilirubine , parce que,

de tous les pigments biliaires Connus, elle est seule facilement soluble dans le chloroforme.

Dans le cas où l'urine ne renferme pas de bilirubine, les méthodes sui-

vanles doivent etre recommandées pour la recherche des autres pigments biliaires. 1 °

,. 3‘ °iV?elanSeJ1 Unne avec V acide chlorhydrique et de Y acide acétique S il se produit une couleur verte bien nette, qui passe au brun après neutralisation avec de 1 ammoniaque, on peut conclure à la présence de la biliprasine. La plupart des urines ictériques se comportent ainsi.

4. Un mélangé l’urine à essayer avec du chlorure de baryum, on rassemble

illlre’ 011 * la>e un pe,‘ avoc de reau et°" ie fait b°i,iiiir axec de 1 alcool et un peu d acide chlorhydrique ; la solution prend une

belle coloration verte ( Schérer ). 1

alcaline 1 * essay^’ avec im lait (le chaux, jusqu’à réaction

alcaline, et on i assemble sur un filtre à plis le précipité, qui est jaunâtre

s jyaunpigment; on introduit une partie du précipité encore humid^

dans m. tube d essai, on ajoute de Y alcool absolu et assez d'acide sulfurique

etendu pour que le liquide ait, après agitation, une réaction nettement acide

0. i se un peu déposer le précipité, on filtre etbn chauffe le hqU de filü é

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quantité %„E“Se ZTÏZSm? * " ''“V aj#U'é faible. ’ quantité du pigment n’est pas trop

COMPOSITION DES COUPS

B. Dans le sang et clans les autres liquides screux .

Le sérum sanguin des ictériques est fréquemment coloré fortement en jaune par des pigments biliaires. Pour rechercher ceux-ci, on peut produire directement la réaction de Gmèlin avec le sérum, qui se sépare après la coagulation du sang, et après l’avoir préalablement étendu d’eau. Il n’est pas convenable de coaguler d’abord le sérum et d’essayer ensuite le liquide filtré, parce que la majeure partie du pigmentse précipite avec le coagulum albumineux. S’il s’agissait de déterminer la bilirubine seule, ce qui, il est vrai, réussira rarement, on agiterait avec du chloroforme et l’on procéderait comme il est indiqué au n° 2.

Les pigments biliaires sont recherchés et découverts d’une manière analogue dans d’autres liquides séreux, ainsi que dans la salive et les matières vomies. On a indiqué précédemment avec détails comment on les recherche dans les calculs biliaires.

matières colorantes de l’urine.

La couleur de l’urine est très-variable. À l’état normal, elle est jaune; pendant les maladies, on voit apparaître les colorations les plus variées, pouvant aller jusqu’au noir brun et qui naturellement doivent être occasionnées par la présence de certaines matières colorantes, et, dans tous les cas, celles-ci doivent être recherchées parmi les substances dites extractives. Seulement, jusqu’à présent, nos connaissances sur ces pigments sont extrêmement défectueuses, et on ne connaît pas notamment la substance qui est la cause de la couleur jaune de 1 urine normale. 11 est vrai que de nombreuses recherches ont été effectuées sur les matières coloi antes del uiine, et que des corps de nature très-différente ont été décrits et nommés , mais, d’un côté, les résultats obtenus ne s’accordent pas entre eux, et, d’un autre côté, on n’a nulle part la preuve que les substances extraites par les méthodes, ordinairement très-compliquées, se trouvaient bien toutes formées dans l’urine primitive; et fréquemment la méthode de recherche elle-même rend le contraire tout à fait probable. 11 n’est pas mieux démontré que les substances décrites sont des individus chimiques et non des mélanges; ce sont pour la plupart des corps visqueux, toujours amorphes, de couleur foncée, qu’il est impossible de purifier. C’est pourquoi nous prelerons ne décrire ici que quelques substances bien caractérisées, en renvoyant, poulies autres, aux grands ouvrages de chimie physiologique.

liNDICAN.

INDICAN. UROXANTHINE.

Composition non encore déterminée avec certitude.

Formule probable : C3îJl3,Az054.

État naturel : On trouve l’indican dans l’urine normale, en petite quantité ; dans l’urine pathologique, souvent en grande quantité, notamment dans le cancer du foie; il est aussi abondant dans l’urine de chien. Il communique à l’urine une coloration jaune intense.

Tel qu’on l’a obtenu jusqu’à présent (mais non parfaitement pur), l’indican forme un sirop brun clair, d’une saveur très-amère et nauséeuse, qui se dissout en toutes proportions dans l’eau et, dans l’alcool, ainsi que dans l’éther. Les dissolutions sont précipitées par Y acétate basique de plomb et par Y ammoniaque.

Les réactions suivantes sont surtout caractéristiques :

1. Si Ton traite l’indican par Y acide chlorhydrique à la température ordinaire, ou si on le fait bouillir avec des acides étendus, il se dédouble en indigo bleu , qui se dépose sous forme d’une poudre bleue, et en indiglucine, qui est en dissolution ; celte dernière, à saveur sucrée, réduit facilement le bioxyde de cuivre, mais n’est pas fermentescible. Généralement il se forme en même temps de Y indigo rouge ( urrhodine ), de la leucine et des acides gras volatils.

2. Sous l’influence des ferments, surtout pendant la putréfaction de l’urine, notamment de l’urine albumineuse, l’indican éprouve une transformation analogue; il se forme aussi, en même temps, un peu d’ indigo blanc . Ainsi s’explique l’apparition, à la surface des urines en putréfaction, de pellicules, quelquefois bleues et d’un éclat rouge métallique, et qui ne sont rien autre chose que l’indigo bleu cristallisé.

5. Si Ton fait bouillir des solutions alcalines d’indican, elles brunissent comme des solutions sucrées et elles réduisent les sels de bioxyde de cuivre.

Recherche. — Elle est basée sur la manière dont se comporte l’indican quand on le fait bouillir avec des acides, et sur sa préparation. On extrait 1 indican de l’urine qui en renferme de grandes quantités en procédant comme il suit : on précipite le liquide par Yacétate basique de plomb , on filtre, on mélange le liquide filtré avec de Yammoniaque, on rassemble le précipité sur un filtre, on le lave, on le suspend dans l 'alcool et on le décompose par un courant d 'hydrogène sulfuré ; on filtre pour séparer le sulfure de plomb et on évapore la solution alcoolique d’abord au bainmarie, puis dans le vide en présence d’acide sulfurique.

Dans les urines riches en indican on peut du reste reconnaître facilement cette matière de la manière suivante : on fait bouillir l’urine avec de 1 acide chlorhydrique ou de Yacide azotique , et il se produit immédiatement

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mi précipite pulvérulent d’indigo bleu, qui se dépose lentement. Il faut éviter, d ajouter un excès d’acide azotique, parce que l’indigo formé s’oxyde et la coloration bleue disparaît.

Si 1 urine ne renferme que de petites quantités d’indican, on se sert des méthodes suivantes :

a. On précipite le liquide avec de Yacétate basique de plomb, puis par 1 ammoniaque, on rassemble le précipité sur un filtre, on l’arrose avec de 1 acide chlorhydrique concentré et on abandonne le tout pendant quelques heures. L indigo formé passe en majeure partie à travers le filtre, et il se dépose peu à peu dans le liquide filtré ( Hoppe-Seyler ).

b. Dans un tube à essai on mélange 20 ou 40 gouttes de l’urine à essayer avec 5 ou 4 centimètres cubes d’acide chlorhydrique très-fumant. S’il y a de l’indican, le mélange se colore en violet rouge ou en bleu intense. En ajoutant 2 ou 5 gouttes d'acide azotique, on augmente beaucoup la sensibilité delà réaction ; il se produit alors, avec des traces d’indican, non pas immédiatement, mais au bout de quelques minutes, une belle coloration violette, qui d’abord tire plus sur le bleu, et plus tard sur le rouge, mais lorsque l’action se prolonge elle est remplacée par une coloration jaune ( Heller) .

INDIGO DLEU. INDIGOTINE.

Composition centésimale : carbone 73.28, hydrogène 5.81. azote 10.09, oxygène 11.95.

Formule: C'GIFAzO2.

État naturel. — On n’a pas constaté d’une manière positive si l’indigo bleu se trouve tout formé dans l’organisme. Mais on le rencontre fréquemment dans l’urine putréfiée, comme produit de décomposition de l’indi* can.

L’indigo bleu pur se présente sous forme d’une poudre amorphe bleu foncé, ou de petits cristaux microscopiques : aiguilles groupées en étoiles ou lamelles. Réuni en masse volumineuse, l’indigo bleu laisse une trace rouge cuivré d’un brillant métallique. Chauffé, il se volatilise en donnant des vapeurs violet foncé et fournit un sublimé de lamelles cristallines pourpre à éclat cuivré.

11 est inodore et insipide, insoluble dans l’eau, très-peu soluble dons l’alcool et dans l’éther. Ces derniers dissolvants, en absorbant des traces d’indigo, se colorent en violet. 11 ne se dissout pas non plus dans les alcalis et les acides étendus. L’indigo bleu se dissout à froid dans l’acide sulfurique concentré avec une couleur d’abord jaune, puis verte et enfin d un beau bleu foncé. La solution contient de Y acide sulfindigo tique. L’acide azotique décolore immédiatement ces dissolutions.

Si l’on étend avec de l’eau la solution de l’indigo bleu dans l’acide sulfurique, il se sépare de Yacide sidfophénicique sous forme d’une masse floconneuse, tandis que Yacide sul/indi gotique reste en dissolution.

PYOCYANINE.

Les solutions de l’acide sulfindigotique donnent au spectroscope, entre les lignes C et D du spectre solaire, une bande d’absorption foncée, qui déborde la ligne D, lorsque les liquides sont peu concentrés. ( Hoppe - Seyler) .

Si l’on agite de l’indigo bleu avec de l’eau, de la soude et un peu de sucre de raisin, en empêchant l’accès de l’air, le liquide se colore d’abord en vert, puis en jaune pâle, et il contient maintenant de Y indigo blanc. Le sulfate de fer, Y acide phosphoreux, Y acide urique, Y urine en putréfaction et d’autres corps réducteurs agissent comme le sucre de raisin. Si l’on agite avec do l’air'le liquide devenu jaune, il se sépare immédiatement de l’indigo bleu.

L acide azotique, ainsi que Y acide chromique étendu décomposent l’indigo bleu avec formation de produits divers.

Recherche. — Lorsqu’une urine riche en indican commence à se putréfier, elle dépose d’elle-même des pellicules d’un beau bleu à éclat métallique, ou bien cl'e devient bleue lorsqu’on l’agite avec de l’air. Si l’on mélange une pareille urine avec de l’acide chlorhydrique ou de l’acide azotique, de l’indigo bleu se précipite avec l’acide urique. On a indiqué suffisamment dans les lignes précédentes comme on peut reconnaître l’indigo bleu dan$ ces dépôts ou dans ces pellicules. Les expériences les plus importantes sont la sublimation, l’examen de l’action du sucre de raisin et des alcalis, et de l’acide sulfurique concentré. La manière dont se comporte au spectroscope la solution sulfurique mérite également d’être recommandée.

Les pigments décrits sous les noms d ’uroglaucine, d urokyanine et de bleu d’urine étaient très-probablement de l’indigo bleu plus ou moins impur, dont la solubilité avait été modifiée par la nature des substances qui s’y trouvaient mélangées. L ’urrhodine de Heller est probablement identique 'avec Y indigo rouge encore peu étudié et par conséquent mal caractérisé.

PYOCYANINE.

Composition inconnue.

État naturel: Elle se rencontre dans le pus coloré en bleu, et dans la sueur bleue (?). Le support du pigment dans le pus est une espèce de vibrion analogue au 1 ibrio lineola Ehrenb., qui se développe sur les plaies purulentes et les pièces de pansement.

La pyocyanine pure se présente sous forme d’aiguilles et de lamelles microscopiques bleues. Chauffée , elle fond , puis se décompose. La pyocyanine est soluble dans I eau, 1 alcool et le chloroforme, ainsi que dans l’éther mais un peu plus difficilement. La solution dans le chloroforme, d abord bleue, devient peu à peu verte, mais elle reprend sa couleur bleue lorsqu on la Iraile par l’éther, tandis que l’éther absorbe un pigment jaune, la pgoxanthine.

COMPOSITION DES CORPS

lj0S !'°I,It'ons bleues do la pyocyanine sont rougies parles acides comme le tournesol et les alcalis font renaître la couleur bleue.

l)ans les acides étendus, elle conserve longtemps sa coloration rou^c mais elle est détruite parles acides concentrés, ainsi que par le chlore & t \ acide azotique fumant, L essence de térébenthine ozonisée ami de la même manière.

La pyocyanine n est précipitée de ses solutions alcooliques et aqueuses ni par Y alun, ni par Y acétate neutre de plomb. '

Si une solution de pyocyanine contient du pus non encore décomposé, elle perd peu a peu sa couleur lorsqu on la conserve en vase clos, mais elle redevient bleue lorsqu’on.l’agite avec de l’air.

Si l’on traite une pareille solution avec du sulfure de sodium en dehors de l’accès de l’air, elle se décolore également. Mais elle reprend sa couleur bleue par agitation avec de l’air.

* Recherche. — Elle est basée sur sa préparation. On épuise par l’eau les pièces de pansement bleues, on agite avec le chloroforme, qui dissout la matière colorante bleue. La solution chloroformique est traitée par de l’eau acidulée avec de l’acide sulfurique, qui enlève la matière colorante au chloroforme. La solution acide, qui maintenant est rouge, est exactement neutralisée par l’eau de baryte, jusqu’à ce que la couleur bleue reparaisse, et agitée de nouveau avec le chloroforme, qui redissout le pigment. Ce dernier cristallise lorsqu’on évapore la solution chloroformique.

Mélanine. — Cette substance se rencontre dans la choroïde de l’œil, dans les poumons, les ganglions bronchiques, dans le réseau muqueux de Malpighi, chez le nègre, dans les Uuneurs mélaniques, dans l’encre d’un grand nombre de céphalopodes; enfin on trouve quelquefois, sous forme de sédiments urinaires, des pigments noirs qui sont imparfaitement connus. Ces matières colorantes se présentent toujours en très-petits granules microscopiques qui, à un fort grossissement, paraissent souvent anguleux et sous forme de bâtonnets.

Ces pigments, bien certainement très-diiférents les uns des autres, et de composition variable, sont en général très-riches en carbone, contiennent de l’azote, et, paraît-il, aussi du fer, ce qui rend probable leur production aux dépens de l'héraafine. Ils sont insolubles dans l’eau, l’alcool, l’éther, l'acide acétique et les acides minéraux étendus, difficilement et incomplètement solubles dans les alcalis, ils ne sont pas blanchis parle chlore, mais les acides minéraux concentrés les décomposent.

Rouge de cochenille. — Cette matière colorante se trouve contenue en grande quantité dans la cochenille (Coccus cacti ), insecte de la famille des aphidiens, et ses réactions offrent en général de la ressemblance avec celles des pigments végétaux. Pu reste, elle n’a pas encore été suffisamment étudiée. Son élément principal est V acide carminique.

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