Recherche des éléments normaux
a. Recherche de la caséine. . , , . „ r
La caséine est caractérisée par les réactions indiquées dans le g 4b. Les réactions pourront être produites dans le lait renfermant cette substance, . c’est-à-dire dans le lait véritable.
Pour rechercher la caséine dans le lait, il Suffit de chauffer ce liquide à 40° avec quelques gouttes d’acide acétique, d’acide tartrique ou un peu de présure : la caséine se sépare alors, avec la majeure partie de la matière o-rasse, sous forme d’un coagulum en gros flocons. On filtre, en se servant d’un filtre à plis préalablement mouillé,- et l’on obtient ainsi, dans le liquide filtré, le petit-lait, tandis que le coagulum reste sur le filtre. Si on lave bien avec de l’eau, et si on épuise avec un mélange d’alcool et d’éther, il reste de la caséine pure insoluble, et en évaporant 1 extrait éthéro-alcoolique on obtient la matière grasse du lait.
h. Recherche de V albumine.
La méthode la plus élégante et la -plus sûre pour rechercher l’albumine consiste à opérer comme il est dit p. 541, en se servant de l’appareil de W. Zahn (fig. 4) décrit p. 15 et 14.
c. Recherche du sucre de lait.
Pour rechercher le sucre de lait on peut se servir du liquide séparé du coagulum de caséine (a). On l’agite avec de l’éther jusqu’à élimination complète delà matière grasse; puis on le chauffe à l’ébullition pqur séparer l'albumine dissoute, on filtre et on évapore le liquide filtré à consistance d’un sirop peu épais : le sucre de lait se dépose alors peu à peu à l’état cristallin, et l’on étudie ses propriétés d’après le § 64. On peut aussi mélanger le liquide filtré concentré avec un excès d’acide tartrique, chauffer à l'ébullition, filtrer et évaporer le liquide filtré à cristallisation.
d. Recherche des matières grasses.
On peut obtenir celles-ci en épuisant par un mélange d’alcool et d’éther le coagulum de caséine obtenu en a, on procède de la manière suivante :
On mélange le lait, environ 15 ou 20 c. c., avec à peu près 10 c. c. d’une lessive de soude moyennement concentrée, et l’on agite avec précaution et à plusieurs reprises avec 2 ou 5 volumes d’éther. Lorsque la couche d’éther séparée est devenue limpide, on la décante à l’aide d’une pipette, et l’on évapore ou on distille l’éther au bain-marie. Le résidu représente la graisse du lait, masse généralement un peu colorée, ayant une saveur douce. Lorsqu’on n’a pas soin de mélanger de la soude avec le lait, on ne peut pas lui enlever sa matière grasse, tant qu’il est frais, parce que la membrane des globules empêche la graisse de se dissoudre. Mais si l’on ajoute une lessive de soude, la membrane est dissoute, et l’éther peut agir sur la ma-
041 ANALYSE DU LAIT
lit ic giasse. Du reste, si 1 on abandonne le lait à lui-même seulement pendant trente-six heures, la membrane des globules se dissout d’elle-même
peu à peu, et alors l’éther enlève à ce liquide 90 pour 100 de sa matière grasse.
e. Recherche de Y urée.
Depuis quelque temps on considère l’urée comme un élément normal des laits de femme et de vache, parce qu’on en rencontre, mais pas constamment, de petites quantités dans ces deux sortes de laits. Pour découvrir l’urée dans le lait, on peut procéder de différentes manières. La méthode la plus simple et la plus sûre serait la suivante.
Avec quelques gouttes d acide acétique on chauffe une grande quantité de lait a 40 , jusqu a ce que la caséine se soit coagulée en gros llocons; on filtre sur un filtre à plis, on lave le coagulum sur le filtre avec de l’eau! on évapore le liquide filtré et l’eau de lavage à un petit volume et l’on mélange avec plusieurs volumes d’alcool très-rectifié. Lorsque le précipité s’est bien séparé, on filtre de nouveau, on lave avecde l’alcool, on évapore à siccité au bain-marie le liquide filtré, on épuise complètement le résidu sec avec de l alcool absolu, on filtre, on expulse 1 alcool par évaporation, on reprend Par i eau, ou mélange la solution aqueuse avec de l’eau de baryte pour éliminer complètement tous les phosphates, on filtre, on enlève la baryte en excès en faisant passer dans la liqueur un courant d’acide carbonique, on évapore au bain-marie à consistance sirupeuse, et maintenant on cherche à obtenir sous le microscope les cristallisations caractéristiques de l’azotate d urée, que 1 on étudie avec soin d après les indications contenues dans le § 105 (p. 210 et 211). Si la quantité de l’urée est trop faible on peut aussi constater sa présence en la précipitant avec l’azotate de bioxyde de mercure. On fdtre pour séparer le précipité d’azotate d’urée et de mercure, on le suspend dans l’eau et on le décompose par l’hydrogène sulfuré. Si l’on fdtre, pour séparer le sulfure de mercure précipité, et si l’on évapore au bain-marie, on obtient de nouveau des cristaux d’azotate d urée en ajoutant quelques gouttes d’acide azotique et refroidissant bien.
f. Recherche des sels inorganiques.
Ceux-ci ne peuvent être recherchés que dans la cendre du lait. On évapore à siccité environ 10 à 20 c. c. de lait, et l’on carbonise le résidu dans un creuset de porcelaine, en ayant bien soin de ne pas trop élever la température. Lorsque le charbon ne se boursoufle plus et qu’il est devenu poreux, on le broie sous l’eau, après son refroidissement, on le lessive à l’eau chaude, et maintenant, dans la solution aqueuse filtrée, on recherche, d’après les règles de l’analyse minérale, le chlore, l’acide sulfurique (qui généralement ne s’y trouve qu’à l’état de traces), l’acide phosphorique, la potasse et la soude.
Le charbon épuisé par l’eau contient encore les éléments de la cendre insolubles dans ce liquide, c’est pourquoi on le fait bouillir avec de l’acide chlorhydrique étendu ; on filtre, et dans le liquide filtré on recherche les phosphates alcalino-terreux, d’après les §§ 24 et 25.