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Oxygène
Azote
Acide carbonique libre.
Acide carbonique combiné
analyse du sang.
'lels sont les volumes des gaz secs et ramenés à 0° et à la pression de 700, qui sont contenus dans 18,8 c. c. de sang; si maintenant on calcule ce que 100 c. c. de sang auraient donné, on trouve :
Oxygène 9.33 c. c
Azote 125 »
Acide carbonique libre 51.50 »
Acide carbonique combiné 5.50 »
DOSAGE DE 1,’oXYGÈNE DU SANG.
[1. Procédé de CL Bernard. — Ce procédé repose, sur ce fait, observé par Cl. Bernard, que l’oxyde de carbone mis en contact avec le sang déplace instantanément tout l’oxygène des globules.
Le sang (15 à 20 c. c.), tiré de la veine ou de l’artère au moyen d’une seringue munie d’une canule courbe, est introduit rapidement dans une cloche graduée placée sur le mercure et contenant 20 à 25 c. c. d’oxyde de carbone. La cloche est ensuite entourée d’un manchon en verre renfermant de l’eau à 50 ou 55° ; on agite doucement, et au bout de 6 à 8 heures, tout l’oxygène a été déplacé par l’oxyde de carbone. On fait alors passer le mélange gazeux dans une éprouvette sèche, en se servant de la pipette de Doyère; on absorbe l’oxyde de carbone en excès en introduisant dans l’éprouvette une petite balle de coke imbibée de chlorure de cuivre ammoniacal, on enlève l’acide carbonique avec un petit morceau de potasse • fondue légèrement humecté, et l’on dose l’oxygène en l’absorbant au moyen d’une balle de phosphore; le gaz qui reste est de l’azote.
Pour connaître le volume de l’oxygène contenu dans la quantité de sang analysée, il suffit maintenant de retrancher le volume de l’azote de celui «lu mélange d’oxygène et d’azote qui reste après l’absorption de l’oxyde de carbone et de l’acide carbonique. La lecture des volumes gazeux doit nécessairement être accompagnée des corrections relatives à la tempéralure et à la pression (Voy. page 405). i
Eslor et Saint-Pierre ont proposé, pour le dosage de l’oxygène du sang d’après Cl. Bernard, un petit appareil qui permet d’effectuer toutes les opérations avec une seule et même cloche graduée et, par suite, d’éviter de transvaser les gaz pour en faire l’analyse.
Cet appareil se compose d’une cloche ayant la forme d’un tube en U renversé ; une branche est destinée à recevoir le sang, l’autre les réactifs. Sa capacité totale est d’environ 40 c. c. Chaque branche, ayant par conséquent 20 c. c. de capacité, est divisée en 100 parties. Le zéro est au sommet de la cloche et les divisions ne commencent qu’à partir de 10 c. c. La cloche étant pleine de mercure, on y fait passer assez d’oxyde de carbone pour remplir 10 à U c. c. de graduation de chaque côté, et on introduit dans une des branches environ 15 c. c. de sang, dont on lit le volume exact sur la graduation. On élève la température de l’appareil à 50 ou 55°, et on lui
ANALYSE DES GAZ DU SANG
imprime un ballottement modéré pendant sept à huit minutes. Au bout d’une heure, on amène le niveau intérieur du mercure de la branche qui ne contient pas de sang à coïncider avec le niveau extérieur de la cuve. Dans ces conditions, la pression est évidemment égale à la pression atmosphérique, aussi bien dans une branche que dans l’autre. On fait alors la lecture de chaque côté, et l’on obtient le volume gazeux total en additionnant les indications de ces deux lectures.
Après avoir noté la température et la pression, on introduit successivement dans la branche qui ne contient pas le sang, les réactifs destinés à absorber l’oxyde de carbone en excès, l’acide carbonique et l’oxygène, et l’on calcule le volume de ce dernier comme il a été dit précédemment.
Ce procédé est rapide, mais pour différentes causes, il ne peut donner que des résultats approximatifs.
2. Dosage de l'oxygène du sang par les ligueurs titrées, d'après Schützenberger et Rissler. — Cette méthode est basée sur la facilité avec laquelle Y hydrosulfite de soude absorbe l’oxygène et sur la décoloration qu’il fait subir à une solution de carmin d’indigo ou de sulfate de cuivre ammoniacal.
Pour doser l’oxygène dissous dans le sang et fixé à l’hémoglobine par les liqueurs titrées, on a besoin des réactifs et des appareils suivants :
Solution d'hydrosulfite de soude. — Pour préparer cette liqueur, on commence par faire réagir pendant une demi-heure, à l’abri de l’air, 100 grammes de bisulfite de soude à 30° Baumé sur des copeaux de zinc, puis on étend le produit de la réaction avec 5 litres d'eau, et l’on ajoute immédiatement 50 à 100 grammes d'un lait de chaux contenant par litre 200 grammes de chaux vive; on agite et on décante le liquide clair, après repos, pour le conserver dans des flacons bien remplis et bien bouchés, que l’on renverse sur l’eau.
Solution ammoniacale de cuivre. — On dissout à 4«r,46 de sulfate de cuivre cristallisé et pur dans de l’eau ; on ajoute un excès d’ammoniaque et l’on étend à 1 litre Cette solution sert pour titrer l’hydrosulfite, auquel 1 c. c. cède 0,1 c. c. d’oxv^ène.
Solution de carmin d indigo. — On dissout dans 10 litres d’eau 100 Grammes de carmin d indigo en pâte. On titre cette solution avec le plus grand soin au point de vue de sa valeur en oxygène.
Ce titrage doit être fait dans une atmosphère d’hvdrogène exempte d’oxvCTène On se sert pour cela de l’appareil représenté par la figure 122. Un llacon à trois tubum es, de litre a 1 1 ,o de capacité, porte à l’une des tubulures latérales un tube A par lequel on fait arriver de l'hydrogène; ce tube doit glisser sans trop de frottement dans un bouchon de caoutchouc, afin que l’on puisse l’enfoncer plus ou moins Tins laisser pénétrer 1 air dans l’appareil ; le bouchon de la seconde tubulure latérale est perce de deux trous Dans l’un de ces trous s’engage un entonnoir cylindrfuue à robinet en verre B, dont la douille plonge jusqu’au fond du flacon; sa capacité est ( environ 100 c. c. et il peut être fermé au moyen d’un bouchon rodé en verre • dans le second trou est fixé le tube abducteur de l’hydrogène ; ce tube deuffois îec’ou bé plonge par son extrennte libre dans un tube d’essai C rempli d’eau et fixé au moyen
tou de ce’bouchon^6 1'"ïllr°Sè"e ^ ■« te W ? S
La tubulure médiane du flacon porte à demeure un bouchon percé de deux orifices dans lesquels sont fixées les extrémités effilées de deux burettes de Mohr D et
ANALYSE DI! SANG
E, divisées en dixièmes de centimètres cubes et maintenues par les pinces horizontales a et b. La burette L) reçoit la solution titrée de carmin d'indigo et peut être remplie par le haut comme à l’ordinaire. La burette E, destinée à l’hydrosulfite, se remplit de bas en haut, par aspiration ; l’hydrosulfite doit être renfermé dans un
tlacon disposé de façon que l’on puisse l’introduire dans la burette sans qu’il subisse le contact de l’air.
Détermination du titre des liqueurs. — La burette E étant remplie d’hydrosulfite, on introduit dans le flacon 50 c. c. de solution d’indigo, on expulse complètement l’air par un courant d’hydrogène, on laisse couler l’hydrosulfile jusqu’à ce que le liquide n’offre plus de teinte bleu-verdâtre ou brun-rouge et soit devenu jaune clair.
Cette première opération donne le titre de l’indigo par rapport à l’hydrosulfite. Il faut maintenant déterminer le titre de l’hydrosulfite par rapport à la solution ammoniacale de cuivre, qui a été préparée de manière à ce que 10 c. c.
représentent 1 c. c.
d’oxygène à 0° et 760 millimètres de pression, lorsqu’on passe de l’oxyde cuivrique à l’oxyde cuivreux. A cet effet, on introduit
dans le flacon bien lavé 25 c. c. de cette liqueur, on fait passer un courant d’hydrogène, puis on laisse couler l’hydrosulfite, jusqu’à ce que la teinte bleue ait entièrement disparu et que le liquide soit incolore et transparent comme de l’eau. En ajoutant une ou deux gouttes de plus, il prendra une teinte jaune clair qui annonce la réduction de l’oxyde cuivreux lui-même; on prend la moyenne entre les deux limites (décoloration et coloration en jaune), qui ne diffèrent que de 1 à 2 dixièmes de centimètres cubes *.
[' Il ne faut jamais employer l’hydrosultîte qui a séjourné plus d’une heure dans la bu-
Fig. 122
ANALYSE DES GAZ DU SANG
Supposons maintenant que l’on ait trouvé que 4,0 c. c. d'hydrosulfite décolorent 50 c. c. d’indigo, et qu’il ait fallu 15,1 c. c. d’hydrosulfite pour décolorer 25 c. c. de sulfate de cuivre ammoniacal. Comme 10 c. c. de cette dernière liqueur représentent 1 c. c. d’oxygène, 15,1 c. c. d’hydrosulfite correspondent à 2,5 c. c. de ce gaz ; pour trouver à combien d’oxygène correspondent 50 c. c. d’indigo, il suffit donc de poser la proportion :
50 c. c. d’indigo équivalent, par suite, à 0,7015 c. c. d’oxygène, et 1 c. c. d’indigo à 0,0152 c. c..
La valeur en oxygène de 1 c. c. de solution d’indigo, étant ainsi déterminée une fois pour toutes, on se servira de cette liqueur pour titrer les hydrosulfites que l’on emploiera ultérieurement, la réaction finale étant plus facile à saisir.
Pratique de l'analyse.
On introduit dans le flacon (fig. 122) qui nous a servi pour la détermination du titre des liqueurs, 250 c. c. d’eau tiède, préalablement bouillie, puis 50 c. c. d’eau de kaolin à 10 p. 100* et 50 c. c. d’une |solution d’indigo non titrée (et contenant 200 grammes de carmin par litre environ). Les burettes E et D sont remplies jusqu’à leur extrémité libre effilée, la première avec de l’hydrosulfite, la seconde avec de l’indigo titré. Le tube de l’entonnoir B qui fait suite au robinet est aussi rempli préalablement avec de 1 eau bouillie. Les choses étant ainsi disposées, on laisse couler d’une burette indépendante de l’appareil, par la tubulure du tube à hydrogène, une quantité d’hydrosulfite suffisante pour décolorer (pour rendre jaune), le liquide du flacon ; on ajoute même un excès de réactif. On adapte ensuite le tube à hydrogène A, et avant de faire passer le gaz, on agite légèrement le flacon, jusqu’à ce que l’oxygène de l’atmosphère supérieure ait oxydé l’excès d’hydrosulfite et que l’on ait vu apparaître une teinte verdâtre. On expulse alors l’air par un courant rapide d’hydrogène, puis en laissant couler goutte à goutte l’hydrosulfite de la burette E, on amène le liquide à la teinte jaune pur, en évitant un excès d’hydrosulfite. Si l’on avait dépassé ce point, on corrigerait en laissant couler un peu d’indigo titré de la burette 0. Le liquide jaune clair ne doit plus bleuir au conta°ct de 1 atmosphère du flacon. 11 faut, en un mot, pour qu’on puisse procéder au dosage lui-même, que le contenu du flacon ne renferme ni oxygène ni excès d’hydrosulfite. ’ ’
On verse maintenant, au moyen d’une pipette jaugée, dans l’entonnoir L, 5 c. c. du sang à titrer oxymêtriquement ; on lave la pipette à l’eau bouillie, on laisse couler le sang et l’eau de lavage dans le flacon, et on lave entonnoir et la douille avec 10 à 15 c. c. d’eau bouillie, en évitant avec le
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ANALYSE DU SANG
plus grand soin de laisser pénétrer de l’air au-dessous du robinet. Au contact du sang, le liquide trouble du flacon prend une couleur bleue, que l'on détruit par riiydrosulfile, en s’arrêtant quand on est arrivé à une teinte rougeâtre jaune sans mélange de vert. On note la quantité d’hvdrosulfite, employée jusqu’à ce point. Il ne reste plus maintenant qu’à prendre le litre de 1 hydrosu 1 lite ; à cet effet, on laisse couler de la burette I), dans le liquide jaune rougeâtre, 20 c. c. d’indigo titré et on ramène avec l’hydrosulfile à la nuance précédente; on prend note du volume d’hvdrosulfite employé pour obtenir ce résultat.
Exemple du calcul.
5 c. c. de sang de bœuf frais ont exigé 10,4 c. c. d’hydrosulfile ; pour ramener la nuance après addition de 20 c. c. d’indigo, on a employé 2,8 c. c. d’hydrosullite.
Si 2,8 c. c. d’hydrosullite correspondent à 20 c. c. d’indigo, à combien d’indigo correspondront 10,4 c. c. d’hydrosullite ?
L’oxygène de 5 c. c. de sang correspond à 74,28 c. c. d’indigo. Il ne resle plus maintenant qu’à multiplier 74,28 par le nombre 0,0152 qui représente la valeur en oxygène de 1 c. c. d’indigo ;
5 c. c. de sang contiennent donc 1,129 c. c. d’oxygène, et en multipliant ce résultat par 200, on trouve que le sang analysé renferme 225,8 c. c. d’oxygène par litre.]
Appendice.