‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 244 sur 340 · DÉTERMINATION DES TACHES DE SANG DANS LES EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES · texte numérisé non relu

DÉTERMINATION DES TACHES DE SANG DANS LES EXPERTISES MÉDICO-LÉGALES

Comme appendice à l’analyse du sang, nous allons indiquer les meilleures méthodes pratiques à suivre, lorsqu’on a à résoudre la question de savoir si des taches, qui se trouvent sur des vêtements et du linge, sur des "rmes ou d’autres objets métalliques, sur du bois, de la pierre, etc., sont produites par du sang ou d’autres matières colorantes, question qui, à cause de son importance légale, est fréquemment posée au médecin et au chimiste.

La solution de celte question peut être obtenue par différentes voies, mais il se présente quelquefois des difficultés particulières, qu’il est presque impossible de surmonter. C’est ce qui a lieu, par exemple, lorsque les taches ne sont qu’à l’état de traces et déjà très-anciennes, lorsqu’elles ont été lavées ou souillées par une autre substance, lorsqu’elles se trouvent sur des surfaces métalliques couvertes de rouille ou sur des pierres couvertes de terre, etc.

DETERMINATION DES TACHES DE SANG

La détermination peut être effectuée : 1° par Y examen microscopique et 2° par les méthodes chimiques.

4. A l’aide du microscope, on constate la présence des éléments histologiques propres au sang (globules). Cette constatation est décisive pour la nature des taches et dans certaines circonstances, elle peut même servir à faire reconnaître si le sang examiné est ou n’est pas du sang humain, lorsque les globules sont très-différents de ceux du sang humain par leur forme et leur grandeur. Mais l’examen microscopique n’a qu’une application restreinte, il ne peut conduire au but, que si les corpuscules sont encore reconnaissables ou s’ils peuvent être rendus de nouveau visibles, ce à quoi on arrive difficilement avec des taches anciennes, minces et desséchées.

Nous devons aussi faire remarquer que l’observateur familiarisé avec le maniement du microscope et les éléments histologiques du sang est seul à l’abri des erreurs qui peuvent si facilement se produire dans l’examen microscopique.

[Voici, d’après une instruction publiée récemment par la Société de médecine légalecomment il convient de procéder à la recherche des globules rouges, des globules blancs et de la fibrine.

L’intérêt majeur de l’expert est de trouver et de pouvoir observer les globules rouges dans un étal de conservation aussi complet que possible pour déterminer leur lorme et leur diamètre, et s’assurer ainsi que l’on a bien affaire à du sang humain. C’est pour cela qu’il est nécessaire de bien connaître le mode d’action des divers réactils sur les globules. Ceux-ci sont rendus sphériques par l’eau, qui dissout ensuite très-rapidement leur matière colorante en les rendant invisibles ; il faudra donc bien se garder de laver les taches avec de l’eau, et surtout avec de l'eau chaude, avant de procéder à l’examen microscopique. Un certain nombre de substances : les acides sulfurique, chlorhydrique, acétique et gallique, la potasse et la soude même en solutions étendues, le chloroforme, l’éther, les acides biliaires, etc., altèrent les globules au point de les rendre méconnaissables et de les faire disparaître. Il faut éviter de mettre ces substances en contact avec les taches à examiner. Au contraire, 1 alcool, 1 acide chromique, le bichromate de potasse, l’acide picrique conservent les globules, mais en altérant leur forme. La chaleur agit différemment sur les globules suivant le degré auquel on les soumet : la congélation et la chaleur entre 50 et 00° les détruisent. L’électricité exerce la même action.

Si, dans une expertise, on arrive assez à temps pour constater du sang encore liquide, on en met une goutte entre deux lames de verre pour l’examiner le plus tôt possible. Si 1 examen ne peut être lait que quelques heures ou un jour plus tard, il faut sceller la plaque de verre mince avec une solution alcoolique de cire à cacheter ou avec du bitume de Judee, pour s’opposer à l’évaporation du sang. Lorsqu’on a affaire a du sang humain, on constate au microscope la présence de globules discoïdes biconcaves, légèrement déprimés au centre. Isolés les uns des autres et vus de face ils présentent un point central obscur qui devient clair lorsqu’on abaisse o jectif. Réunis, ils s’empilent comme des pièces de monnaie, et vus ainsi de profil, i s permettent de bien observer la double dépression de leurs faces. Leur couleur est louge a un faible grossissement, d’un jaune verdâtre à un grossissement plus fort.

1 Instruction pour servir à déterminer les cléments constituants du [Ann. dhyg. publ. et de méd. légale, 1873, t. XL, p. 191.)

sang dans les taches

analyse du sang.

I^os globules rouges de l’homme mesurent 0">“,0073 Ceux des mnmmîfAraa tiques sont plus petits ; ils mesurent, chez le chien, 0" ,0077, h " ^ « S c ;« e cliat, 0-0005 ; chez le cochon, 0-.000 ; d,,, i„ chenal le S,' 0-- S-’ ez 'L mouton, 0 ,00.» ; chez la chèvre, 0mm,046. Chez les oiseaux les rrinl ..il # ont’S-.üaî! mcsurenl0“M2 4 «-*;«*. U. globules elliptiques’ de ?a grcno S

Pour reconnaître les caractères des globules sur des taches desséchées il faut ramo hr celles-ci dans un liquide conservateur des globules. On peut employer dans ce but le sérum iode de Schultze, préparé avec de l’eau d’amnios, à laquelle on ajoute quelques gouttes de teinture d’iode, de manière à lui donner la couleur du vin blanc ou un sérum artificiel lait avec 50 grammes de blanc d’œuf, 270 grammes d’eau dis^ lice et 40 centigrammes de sel marin, ou bien encore un liquide composé de un

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La partie tachée de sang, linge de toile ou de coton, étoffe de laine, papier ou bois est imbibée dans un des liquides précédents sur un verre de montre Les petits Iragments fortement colorés, les petites écailles, qui se soulèvent sur le bois ou le papier, sont mis immédiatement en contact avec le liquide conservateur sur une plaque de verre excavee et recouverte d’un verre' mince, afin que l’imbibition et la macération c u sang dans le liquide puissent se faire pendant plusieurs jours, sans que ce dernier se vaporise. Lorsqu’il s’agit de taches récentes, le ramollissement est assez rapide, mais avec des taches remontant à plusieurs années, il exige un ou deux jours Le ramollissement opéré, on observe au microscope le liquide qui* entoure les Iragments colores ; ce liquide est coloré en jaune autour des particules de sang, et c est la ou a la limite du fragment primitif plus ou moins complètement décoloré que 1 on rencontre les globules rouges. On en trouve peu, parce que la plupart d’entre eux ont ete fragmentés ou détruits par la dessiccation. Lorsque celle-ci ne remonte pas très-loin, lorsque la tache n’a pas été déjà lavée à l’eau, et à l’eau chaude surtout on découvre toujours, en cherchant avec soin et assez longtemps, des globules rouges dans un état de conservation suffisant pour les faire reconnaître. Les globules ainsi obtenus sont tantôt colorés en jaune comme à leur état normal et discoïdes, tantôt globuleux, sphériques comme les globules gonflés par l’eau, tantôt crénelés ou réduits a un contour double et coloré. Leur diamètre est variable : les uns présentent le chilfre normal de 0mm,007, les autres desséchés, ou rendus sphériques ou îcduits à un simple contour, sont plus petits. Ces variations de volume et de forme des globules desséchés d abord, puis imbibés par un liquide, rendent souvent trésdilficile et même impossible la question de savoir s’ils appartiennent au sang de l'homme ou à celui de certains mammifères, chez lesquels le diamètre des globules se rapproche beaucoup du diamètre des globules humains.

Les petits fragments de sang, imbibés comme il vient d’être dit, sont toujours décolorés après un séjour prolongé dans le liquide. En les examinant au microscope, on peut y voir de la fibrine et des globules blancs. On reconnaît la fibrine à ses minces fibrilles, qui se laissent gonfler et prennent un aspect gélatiniforme, quand on les traite par Yacide acétique. Les fibrilles retiennent dans leur réseau les globules blancs dans lesquels le même réactif décèle la présence des noyaux].

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