‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 330 sur 340 · ANALYSE QUALITATIVE DES CENDRES · texte numérisé non relu

ANALYSE QUALITATIVE DES CENDRES

Cette analyse peut être convenablement exécutée de la manière suivante :

1. Dans un petit gobelet de verre ou dans un petit ballon, on introduit une portion de la cendre finement pulvérisée et bien mélangée; on verse de l’eau et on chauffe à l’ébullition. On filtre, afin de séparer la partie insoluble dans l’eau, et à la lampe on évapore sur une lame de platine une couple de gouttes du liquide filtré. S’il ne reste pas de résidu, c’est l’indice de l’absence d’éléments solubles dans l’eau; la cendre ne contient pas, par conséquent, de carbonates, de phosphates, de sulfates et de chlorures alcalins.

On passe alors aux essais indiqués sous le n° IL

Si, au contraire, il reste un résidu, cela indique que la cendre renferme des éléments solubles dans l’eau. On essaye la solution aqueuse avec les pa-

ANALYSE QUALITATIVE

piers réactifs. Si la réaction est alcaline , c’est l’indice de la présence de phosphates basiques ou de carbonates alcalins (ou des deux genres de sels). Si elle est neutre, la solution 11e contient pas beaucoup de carbonates et de phosphates alcalins.

1. On concentre à un petit volume un échantillon de la solution aqueuse, et 011 ajoute de l’acide chlorhydrique.

S'il se produit une effervescence et s’il se dégage un gaz incolore et inodore, qui trouble l’eau de chaux, c’est l'indice de la présence de V acide carbonique.

S’il se dégage de Yhydrogène sulfuré et si le gaz noircit un morceau de papier à filtrer imbibé d’une solution de plomb, la solution renferme dp soufre combiné à un alcali métallique, et qui s’est formé aux dépens de sulfates alcalins, sous l’influence de l’action réductrice du charbon pendant la carbonisation de la substance.

S’il ne se manifeste pas d’effervescence, l’acide carbonique est absent.

2. A un deuxième échantillon de la solution aqueuse, que l’on a faiblement acidifié avec de l’acide chlorhydrique, 011 ajoute du chlorure do baryum; s’il produit un précipité blanc, finement pulvérulent, se déposant rapidement au fond du vase, insoluble dans l’eau et dans les acides chlorhydrique et azotique, on est en présence de sulfates alcalins.

Rn produisant cette réaction, il faut faire attention à ce que la solution ne contienne pas trop d’acide chlorhydrique, parce que le chlorure de baryum, difficilement soluble dans l’acide chlorhydrique, forme lui-même un précipité dans les liqueurs fortement acidifiées par l’acide chlorhydrique. Mais s’il se forme un pareil précipité, en ajoutant de l’eau et agitant, il disparait immédiatement, ce qui permet de le distinguer facilement du sulfate de baryte. Si l’addition du chlorure de baryum 11e produit ni précipité, ni trouble, même au bout de plusieurs heures, il n’y a pas de sulfates alcalins dans la solution aqueuse.

3. A un troisième échantillon de la solution aqueuse on ajoute quelques gouttes d’acide azotique, jusqu’à réaction acide persistante, puis une solution d’azotate d'argent; si l’on voit apparaître un précipité de chlorure d’argeut, blanc, caséeux, se colorant promptement en violet à la lumière, insoluble dans l’acide azotique, soluble dans un excès d’ammoniaque, c’est 1 indice de la présence de chlorures métalliques.

Si, même au bout d’un long temps, il ne se manifeste ni trouble ni précipité, la solution essayée ne contient pas de chlorures métalliques.

4. A un quatrième échantillon de la solution aqueuse on ajoute un mélange bien limpide de sulfate de magnésie, de chlorure d’ammonium et d ammoniaque caustique. L’apparition d’un précipité blanc, cristallin, de phosphate ammoniaco-magnésien, facilement soluble dans les acides minéraux et dans l’acide ac tique, indique la présence de phosphates alcalins. Dans les solutions étendues, le précipité 11e prend naissance qu’au bout de quelque temps, et sa formation est favorisée par l’agitation. Par conséquent, si le liquide reste clair pendant le premier moment, on agite avec précau-

ANALYSE DE LA CENDRE DES SUBSTANCES ANIMALES

lion et on laisse reposer pendant quelques heures. On peut encore essayer la dissolution par le molybdate d'ammoniaque (Voy. § 21, page 60).

5. On évapore presque à siccilé, dans une capsule de platine ou de porcelaine, le reste de la solution aqueuse, ou un nouvel échantillon plus considérable; on plonge la pointe d’un fil de platine dans le liquide concentré et on l’introduit dans une flamme non éclairante d’alcool ou de gaz. Si celle-ci se colore en jaune intense, c’est l’indice delà présence de la soude.

On observe ensuite la même flamme à travers un verre de cobalt bleu; si elle disparaît complètement, il n’y a que de la soude; si, au contraire, elle paraît maintenant violet rouge, il y a aussi de la potasse.

Pour s’assurer complètement de la présence de la potasse, on mélange la solution aqueuse concentrée avec du chlorure de platine, jusqu’à ce qu’elle offre une coloration jaune intense; on évapore à sec au bain-marie et l’on épuise le résidu par l’alcool. S’il y a de la potasse, il ne reste non dissous que du chlorure de potassium et de platine jaune, tandis que le chlorure de platine ajouté en excès se dissout dans l’alcool.

On recherche le lithium, dont on a trouvé quelquefois des traces dans les cendres animales, au moyen du spectroscope.

II. On traite à chaud par l’acide chlorhydrique la portion de la cendre insoluble dans l’eau. En général, cette portion se dissoudra en laissant un peu de sable et de charbon. Si elle offrait une coloration rouge plus ou moins belle, produite par du peroxyde de fer non dissous, il faudrait, jusqu’à dissolution complète de ce dernier, la faire bouillir avec de l’acide chlorhydrique un peu plus fort, en ajoutant une couple de gouttes d’acide azotique.

Si, en traitant par l’acide chlorhydrique la portion insoluble dans l’eau, il se produit une effervescence, et s’il se dégage un gaz inodore et troublant l’eau de chaux, cela indique la présence de carbonates terreux.

1. On mélange jusqu’à réaction alcaline, forte et persistante, la solution chlorhydrique filtrée avec du chlorure d’ammonium et de l’ammoniaque caustique ne contenant pas d’acide carbonique, et on chauffe le liquide jusqu’à ce qu’il commence à bouillir.

a. La liqueur reste claire : le peroxyde de fer, le phosphate de chaux, le phosphate de magnésie sont absents. On passe alors aux essais indiqués en 2.

b. 11 se produit un précipité floconneux. On examine sa couleur. S’il est brun rouge ou jaune brunâtre, cela indique qu’il y a du pexoxydê de fer et, dans tous les cas, qu’il y en a une quantité plus grande que celle qui peut être combinée à l’acide phosphorique. Si an contraire sa couleur est blanc jaunâtre ou blanc pur, il n’y a pas d’autre oxyde de fer que celui qui est combiné à l’acide phosphorique. En tout cas, on filtre pour séparer le précipité et on met de côté le liquide filtré. On dissout le précipité dans aussi peu d’acide chlorhydrique que possible et l’on essaye, comme il suit, la dissolution partagée en plusieurs parts:

a. A un échantillon on ajoute du ferrocyanure de potassium ; il se forme un précipité bleu foncé de bleu de Berlin : peroxyde de fer.

ANALYSE QUALITATIVE

j3. On mélànge un deuxième échantillon de la solution avec une solution d 'acétate de. soude aussi concentrée que possible et on agile bien ; un précipité floconneux blanc jaunâtre prend naissance : phosphate de peroxyde de fer. Si le liquide reste clair, il n’v a que dés traces de phosphate de fer.

7. Au liquide resté clair ou à celui que l’on a séparé par le filtre du plios^ phaln de peroxyde de fer, on ajoute de Yoxalate de potasse ; précipité blanc, cristallin d’oxalate de chaux facilement soluble dans l’acide chlorhydrique: chaux , combinée à l’acide phosphorique (ou au fluor).

3. A un troisième échantillon de la solution on ajoute un excès d'acétate de soude, puis du perchlorure de fer, jusqu’à coloration rougeâtre, et on chauffe à l’ébullition ; tout l’acide phosphorique combiné au peroxyde de fer et tout l’oxyde de fer en excès sont ainsi précipités. On filtre, on fait bouillir le liquide filtré avec du carbonate d' ammoniaque, qui précipite la chaux, on libre de nouveau et on ajoute du phosphate de soude : il se forme immédiatement ou au bout de quelque temps un précipité blanc, cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien : magnésie, combinée avec l’acide phosphorique.

Si, lors de l’essai indiqué en /3, l’acétate de soude a produit un précipité blanc jaunâtre., la présence de l’acide phosphorique est indiquée. Si cependant le liquide est resté clair, .on ajoute comme en f>, à un échantillon du liquide, de l’acétate de soude, puis une goutte de perchlorure de fer (sans chauffer). Si maintenant un précipité blanc jaunâtre prend naissance, il y a de Y acide phosphorique. On peut aussi rechercher ce dernier avec le molybdate d' ammoniaque (Voy. § 21, p. 66).

2. La solution chlorhydrique de la cendre qui 11’a pas été précipitée par le chlorure d’ammonium et l’ammoniaque caustique, ou celle qui a été séparée de ce précipité (b), peut encore contenir de la chaux et de la magnésie, qui nef aient pas combinées à l’acide phosphorique, mais à Y acide carbonique , et qui maintenant se trouvent dans la solution sous forme de chlorures. Si la portion de la cendre insoluble dans l’eau a fait effervescence lors du traitement par l’acide chlorhydrique, on doit supposer la présence de chaux ou de magnésie sous cette forme.

a. Au liquide (qui contient de l’ammoniaque libre et du chlorure d’ammonium) on ajoute de Yoxalate de potasse : s’il se forme un précipité blanc, cristallin d’oxalate de chaux insoluble dans l’acide acétique, cela indique la présence de chaux non combinée à l’acide phosphorique ou au fluor.

b. Au liquide séparé par filtration du précipité d’oxalate de chaux, ou à celui qui n’a pas donné de précipité avec l’oxalate de potasse, 011 ajoute du phosphate de soude-, s’il se forme immédiatement ou au bout de quelque temps un précipité blanc, cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien soluble dans 1 acide acétique, c est 1 indice de la présence de magnésie (non combinée à l’acide phosphorique).

Pour rechercher si la cendre remerme du fluor, on essaye la substance primitive d’après le § 27.

49“ ANALYSE DE LA CENDHE DES SUBSTANCES ANIMALES

I our découvrir les traces de cuivre, de plomb et de manganèse qui se rencontrent quelquefois dans les cendres, on se sert des méthodes décrites dans les §§40, 41 et 42.

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