‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 81 sur 340 · ALBUMINE DU SÉRUM · texte numérisé non relu

ALBUMINE DU SÉRUM

ment opalescentes avec une fluorescence blanchâtre. La rotation spécifique de la solution aqueuse neutre est — 56° pour la lumière jaune.

Si, à l’aide d’une lampe à alcool ou à gaz, on chauffe une solution d’albumine du sérum contenue dans un tube d’essai, elle commence à se troubler bien au-dessous du point d’ébullition de l’eau, et le trouble se manifeste d’abord à la surface du liquide, puis il se propage peu h peu vers la partie inférieure ; bientôt après, l’albumine se transformant sous l’influence de la chaleur en la modification insoluble, ou en d’autres termes se coagulant, on voit apparaître un précipité floconneux (un coagulum) qui est blanc, ou plus ou moins coloré, suivant le degré de pureté de la solution. Si la solution était très-concentrée, elle se prend tout entière en une masse compacte; si, au contraire, elle était très-étendue, il ne se produit qu’un trouble plus ou moins fort, et celui-ci n’apparait même que vers le point d’ébullition du liquide. Mais lorsque, après une longue ébullition, on abandonne le liquide trouble au repos, il se dépose quelquefois un coagulum bien apparent. Si la solution a une réaction alcaline, la chaleur ne donne souvent lieu qu’à un trouble très-faible, et la majeure partie de l’albumine reste en dissolution. Mais si, avant de chauffer, on ajoute une quantité suffisante d’acide acétique pour neutraliser l’alcali, et si on chauffe, l’albumine se sépare complètement et en gros flocons. Il faut cependant avoir soin d’éviter d’ajouter un excès d’acide, parce que autrement la coagulation ne se produit pas du tout, l’albumine restant alors dissoute, même à l’ébullition, en présence de l’acide acétique libre. Le coagulum formé par ébullition est insoluble dansl’eau, dans l’alcool, dans l’éther, et à froid dans les acides étendus. A chaud, après une longue ébullition, il est dissous par l’acide acétique et notamment par l’acide chlorhydrique, qui donne lieu à une colora tion bleu rouge.

La coagulation de l’albumine du sérum du sang et des transsudations a lieu à -h 72 ou -f- 75°, mais le point de coagulation des solutions est abaissé par une addition d’acide phosphorique très-étendu, d’acide acétique, de chlorure de sodium et d’autres sels alcalins neutres, il est, au contraire, élevé par le carbonate de soude ajouté en petite quantité. C’est pour cela que dans une urine albumineuse l’albumine se coagule le plus souvent entre 60 et 70", si ce liquide a une réaction acide.

L'acide azotique modérément étendu, ajouté en quantité pas trop faible, produit constamment dans les solutions d’albumine du sérum un précipité blanc d’azotate d’albumine, qui est soluble dans une grande quantité d’aride azotique et dans un excès d’eau.

Les acides pyi-o- et métaphosphorique , Y acide sulfurique et Y acide chlorhydrique, les acides picrique et vhénique, pas trop étendus et employés en quantité pas trop faible, donnent également des précipités. Le précipité produit par l’acide chlorhydrique concentré se redissout dans un excès du réactif.

L’acide carbonique, les acides acétique, tartrique et lactique, ne précipitent pas les solutions aqueuses de l’albumine du sérum. A une haute

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température et à l’état concentré, ces acides, l’acide carbonique excepté, augmentent le pouvoir lévogyre (ils le portent de — 56“ à — 71“) des solutions d’albumine et y produisent un trouble blanchâtre. L’acide phostphorique tribasique se comporte d’une manière analogue.

L alcool, ajouté en quantité pas trop faible, précipite les solutions d’albumine du sérum ; le précipité, séparé immédiatement de l’alcool, se redissout dans l’eau. Lorsqu’il reste longtemps en contact avec l’alcool, il finit par se transformer entièrement en la modification insoluble.

L éther agité avec les solutions de l’albumine du sérum ne les précipite pas.

L’ammoniaque caustique diminue le pouvoir lévogyre des solutions de l’albumine du sérum; l’albuminate résultant de Baction de cet alcali, est précipité, lorsqu’on neutralise exactement la solution.

Les solutions très-concentrées de l’albumine du sérum, versées goutte à goutte dans une lessive de potasse concentrée, se prennent en une gelée d’albuminate de potasse, qui, dissoute dans l’eau, peut être précipitée par Y acide acétique.

Les tannins précipitent les solutions aqueuses de l’albumine du sérum.

La plupart des sels métalliques (de cuivre, de plomb, de mercure, etc.) précipitent l’albumine du sérum, et dans le précipité on trouve la combinaison d’un sel basique avec l’albumine, ou un mélange de deux combinaisons différentes, dont l’une est la combinaison de l’acide avec l’albumine, l’autre celle de la base avec l'albumine. C’est sur l’insolubilité de la plupart de ces combinaisons que repose l’action de l’albumine administrée comme antidote dans les empoisonnements par les sels métalliques (par le sublimé, par exemple).

Ce qui a été dit précédemment relativement aux caractères des corps albuminoïdes desséchés, s’applique exactement à l’albumine du sérum coagulée et desséchée.

La dialyse est le procédé qui fournit l’albumine du sérum relativement la plus pure. On verse dans le dialyseur (voyez § 7) du sérum sanguin ou des exsudations séreuses albumineuses, et on laisse la diffusion s’opérer avec l’eau extérieure, que l’on change de temps à autre, jusqu’à ce que celle-ci ' ne donne plus que faiblement la réaction du chlore. La solution d’albumine, maintenant presque exempte de sels, qui est restée dans le dialyseur, est évaporée à sec dans le vide en présence d’acide sulfurique, ou à une température ne dépassant pas -h 40°. L’albumine du sérum ainsi préparée se dissout dans l’eau en donnant un liquide opalescent.

B. — ALBUMINE DE l’œüF.

Cette modification de l’albumine se trouve contenue dans le blanc de P œuf des oiseaux. C’est une dissolution concentrée d’albumine renfermée, comme l’humeur vitrée de l’œil, dans des cellules dont les parois sont constituées par un tissu extrêmement délicat. Si l’on étend le blanc d’œuf avec

PARALBUMINE. yi

do l’eau, et si on le mélange intimement avec celle-ci (par agitation, etc.), il se précipite au fond du liquide une masse blanche floconneuse, qui n est autre chose que la membrane formant les parois des cellules que 1 on vient

de nommer.

Les solutions aqueuses de l’albumine de l’œuf ont un pouvoir rotatoire spécifique de — 55°, 5 pour la lumière jaune , elles dévient par suite moins fortement la lumière polarisée que celles de l’albumine du sérum.

Les solutions de l’albumine de l’œuf ne sont pas précipitées par une petite quantité à' acide chlorhydrique •, ajouté en excès, cet acide donne un coagulum difficilement soluble dans l’acide chlorhydrique concentré, et qui ne se dissout aussi qu’avec difficulté dans l’eau et dans les solutions salines neutres.

L'éther agité avec les solutions de l’albumine de 1 œuf les précipite, tandis que les solutions de l’albumine du sérum ne sont pas précipitées par ce réactif.

Dans les solutions acides de l’albumine de l’œuf, la dextrine et la gomme arabique donnent des précipités, mais celle-ci n’agit que lorsqu elle est ajoutée en petite quantité.

Si on injecte les solutions de l’albumine de l’œuf dans les veines, ou sous la peau des chiens ou des lapins, cette albumine passe inaltérée dans l’urine, tandis que l’albumine du sérum ne passe pas.

Pour les autres réactions, les solutions de l’albumine de 1 œuf se comportent comme celles de l’albumine du sérum.

On doit aussi regarder les corps suivants comme des modifications de l’albumine.

G. — PARALBUMINE.

Elle a été trouvée dans le liquide de l’bydropisie ovarienne.

La paralbumine en solution aqueuse est précipitée par l’alcool en flocons granuleux ; ceux-ci se redissolvent dans de l’eau à 55° au bout de quelques heures, et ils donnent les mêmes réactions que lé corps qui se trouvait primitivement en dissolution.

Si l’on fait bouillir une solution contenant de la paralbumine, elle se trouble légèrement ; en ajoutant avec précaution de l 'acide acétique au liquide bouillant, il se trouble fortement, et il se forme des flocons, mais le liquide reste trouble, et il ne peut pas être clarifié par filtration. A froid l’acide acétique est sans action.

L’acide azotique donne dans la solution un abondant précipité insoluble dans un excès d’acide; V acide chlorhydrique produit un trouble, seulement s’il est ajouté en excès, Y acide carbonique donne des flocons abondants, le ferrocyanure de potassium un abondant précipité dans la liqueur rendue acide par une addition d’acide acétique ou chlorhydrique. L’acide chromique , 1 e bichlorure de mercure , Y acétate de plomb basique et la teinture de noix de galle donnent naissance à d’abondants précipités.

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