‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 97 sur 340 · PLUMES · texte numérisé non relu

PLUMES

Carbone

Hydrogène

Azote

Oxygène

Soul're

Sa formule rationnelle est inconnue.

On n’a pas encore préparé chimiquement pure une kératine, qui serait l’élément essentiel du tissu corné, et la nature chimique de ce tissu n’est même pas encore suffisamment connue. Dans le tissu corné se rangent différentes parties de l’organisme animal dont la structure histologique ressemble à celle des cornes des ruminants. Toutes ces. parties se composent dans leur première période de développement de cellules à noyaux, qui plus tard se transforment en écailles ou lamelles dépourvues de noyau. La membrane des cellules, leur contenu et le noyau paraissent être, dans le principe, différents au point de vue chimique. A ce groupe de substances appartiennent ['épithélium, Y épiderme, les ongles, les sabots de différents animaux, la corne , les poils, la laine, les plumes, la baleine ci Y écaille.

Comme le montre le tableau précédent, ces matières offrent beaucoup d’analogie dans leur composition ; elles sont toutes azotées, et elles renferment des quantités plus ou moins grandes de soufre. Non-seulement leur composition, mais encore leurs produits de décomposition indiquent qu’elles ont avec les substances albuminoïdes des rapports intimes. Cependant on ne peut pas admettre l’existence d’une seule et même substance fondamentale dans la plupart de ces corps ; leurs réactions chimiques sont en beaucoup de points tout à fait semblables, et dans les cas où elles présentent des divergences, l’âge différent des différentes couches du tissu d’une part, et d’autre part le mélange avec d’autres matières appartenant également au tissu (substance intercellulaire) devraient être pris en considération.

Tous ces tissus sont presque complètement insolubles dans l'eau, l’alcool et l’éther; par l’ébullition avec de l’eau ils sont partiellement ramollis, mais

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ils ne donnent pas de gélatine. Quelques-uns d’entre eux se dissolvent lorsqu’on les fait bouillir dans l’eau sous une pression de plusieurs atmosphères. L’alcool et l’éther leur enlèvent une petite quantité de matière grasse. Quand on les traite à l’ébullition par Yacide sulfurique , ils se décomposent en donnant de la leucine et beaucoup de tyrosine (4 0/0), de Y ammoniaque et des acides gras, parmi lesquels se trouve Yacide propionique. Y' acide azotique les colore en’jaune (acide xanthoprotéique) ; dans Yacide acétique très-concentré ils se gonflent en donnant une gelée, et se dissolvent , à l’exception des poils, qui sont tout à fait insolubles dans ce liquide. Ils se dissolvent facilement dans les alcalis; la solution alcaline mélangée avec de Yacide acétique donne un précipité blanc insoluble dans un excès du précipitant, et la réaction est accompagnée d’un dégagement d 'hydrogène sulfuré. La corne bouillie avec de l’eau dégage de l’hydrogène sulfuré.

Les plumes et les poils donnent une cendre qui contient des quantités assez grandes de silice.

Recherche. — Comme on n’a pas encore pu isoler une kératine bien caractérisée chimiquement, la recherche de cette substance est par suite impossible. L’histologie apprend à reconnaître les tissus appartenant à cette catégorie.

S. — FIBROÏNE.

Composition centésimale : carbone 48.61, hydrogène 6.50, azote 17.54, oxygène 27.55.

Formule empirique : CsoH23Az5Ols.

La fibroïne se trouve dans la soie, dans les fils de la Vierge et dans les éponges.

La fibroïne est une masse blanche, brillante, friable, inodore et insipide, insoluble dans Yeau, Yalcool, V éther, Y acide acétique et Y ammoniaque , et qui est tout à fait différente des corps albuminoïdes, de la fibrine notamment.

Elle est insoluble dans une lessive de potasse faible , mais elle se dissout dans une lessive concentrée et à l’ébullition. Si l’on étend la solution alcaline avec de l’eau, la fibroïne se sépare inaltérée sous forme de flocons.

Les acides azotique, sulfurique et chlorhydrique concentrés la dissolvent également ; de la solution acide étendue avec de l’eau elle est précipitée par la teinture de noix de galle. Bouillie avec de l’acide sulfurique, elle donne, outre la leucine, beaucoup de tyrosine (5 pour 100) et aussi du glycocolle sous l’influence d’un traitement prolongé.

La fibroïne se dissout dans le sulfate de cuivre ammoniacal. Elle offre cela de particulier que, précipitée de ses solutions, elle affecte toujours l’état fibreux comme avant la dissolution.

Préparation. — De la soie ou des fils de la Vierge sont bouillis avec de 1 eau, jusqu à ce que celle-ci ne dissolve plus de matière gommeuse (séri-

COMPOSITION DES CORPS

une), puis Iraités à chaud par de 1 acide acétique concentré, qui enlève 1 albumine; par des lavages à l’eau on élimine l’acide acétique.

Recherche. Le procédé à suivre pour la recherche de la fibroïnese trouve indique par ce qui précède; la fibrome se distingue suffisamment delà fibrine par son insolubilité absolue dans l'acide acétique, par la manière dont c c se comporte en solution alcaline et par ses caractères physiques.

Sencine C-0ll*8Azs()18. — On obtient la séricine en soumettant de la soie à une longue ébullition avec de l’eau dans une marmite de Papin. C'est une masse jaunâtre, analogue à la gélatine, transparente, facilement soluble dans 1 eau froide. Les solutions aqueuses offrent les réactions suivantes :

Elles sont précipitées par Yalcool, Yacide tannique, Yacétate basique de

plomb, l’ azotate de protoxyde de mercure, le b ichlorure d'étain, le chlore et le brome.

La solution acétique donne avec le ferrocyanure de potassium un précipité verdâtre.

Bouillie avec de l’acte sulfurique, la séricine donne de la leucine, de la tyrosine et de la sérine, qui est un acide amidé cristallisable : C6H7Az06.

[L’enduit gommeux du (11 de soie non décreusé est formé par de la séricine D'après les recherches de P. Bolley, il n’y a dans les glandes du ver à soie qu’une seule substance, de la fîbroïne molle, qui, s’échappant sous forme de deux fils séparés, se transforme superficiellement en séricine uniquement sous l’influence de l’air et par suite d’absorption d’oxvgène et d’hydrogène : C3°H23Az5012 (fîbroïne) -f- B2 + O4 = C3oll23Az3016 (séricine). J

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