II. il
en avant ? Je me boraerai à poser cette question et i signaler la possibilité de semblables méprises .
Quand la tête du radius se luxe incomplètement, soit en arrière, soit en avant, elle est en même temps arrêtée sur le bord posiéneor ou le bord antérieur de la cavité sigmoîde, couséqueniineiit un peu plus en dehors que dans sa position naturelle ; ainsi les deux diamèira de Tav a ut-bras à ce niveau sout augmentés à la fois. Dans les luxations complètes au contraire , si la tête est portée en arrière, elle peut s'arrêter contre le bord externe de l'olécraoe, de manière à élargir encore quelque peu le diamètre transversal de l'avaiit-bras, ou bien se porter plus en dedans^ en sorte que ce dia.iiètre redevienne égal ou tnéoe inférieur à celui de Favant-bras sain ; mais en avant, rien n*empêdie la tête luxée d'être attirée eu dedans par TelTort des muscles, et le mètre transversal est toujours diminué.
$ 4. — DéveloppcaftCBt ém
L'extrémité inférieure de Thumérus demeure entièrement cartilapneuse pendant toute la vie intra-utérine ; un peu après la naissance seetemeut, l'ossification commence à s'en emparer. Suivant Béclard, ven l'âge d'un an, un point o^taque dans le cartilage annonce russification âû condyle ; à deux ans, il y a dans cet endroit un noyau osseux qui n «'accroissant forme aussi le bord externe de la trochlée; vers douze ans. un point osseus se montre dans le bord ititerne. A sept à huit ans, il se développe une épi^)hyse pour l'épitrochiée ; vers Seize ans, une autre pour l'épicondyle, qui ne tarde pas à se souder au corps de Tos. C'est aussi à cette époque que le bord interne de la poulie se réunit au bord externe et au condyle, puis tous ensemble au reste de l'os ; l'épitrochiée seule ne 8*y réunit que vers l'âge de dix-huit ans [1).
De là résultent des conséquences qui ne sont pas sans intérêt poork chirurgien. D'abord i'épiphyse pourrait se décoller jusqu'à l'âge de seixe ans ; mais nous avons vu que ces disjonctions sont plus rares que les fractures mêmes, et s'accomi)agnent le plus souvent d'un petit arrache* ment du tissu osseux. Le seul exemple que j'en connaisse avait eu lies sur un garçon de treize ans; l'épiphyse avait entraîné avec elle une lame
osseuse de la partie postérieure et externe de l'os, de répalsseor de
(I) Béclard, Mémoire sur l'ostéoiej loc, cU.f p. 112.
Tongle sealemeDt, mais avec 12 à 13 millimètres d*étendue ca travers, et 6 à 7 de largeur d*a\'ant en arrière (1).
La disjonclion de Tépiphyse serait aisément confondue avec une fractare sus-condyiienne; voici des iioi ions propres à les distinguer. La ligne qui sépare Tépiphyse de l'os est à peu près transversale en avant, en arrière elle décrit une courbe ti'ès sensible à concavité supérieure. Elle commence en dedans immédiatement au-dessus du sommet de Tépitrochlée, en dehors au dessus de Tépicondyle, passe en avant immédiatement aa-dessus du cartilage qui recouvre le condyle, et remonte un peu andessus de celui de la trocblée; en arrière, elle est pareillement un peu audessus de ce cartilage, et coupe en traver» la partie inférieure de la cavité olécrftnienne. On voit dès lors que la disjonction pourrait se produire sans lésion de la synoviale, mais à la condition de ne pas oiïrir de déplacement sensible ; et, même en cas de déplacement, les ligaments latéraux de Farticulation peuvent demeurer intacts. Dan.s le cas ciié plus haut, Tapophyse conservait ses rapports avec les os de l'avant -bras, au moyen des ligaments latéraui ; la capsule antérieure et postérieure, avec la synoviale correspondante, était décbirée au lieu même de la disjonction, puis plus bas vis-à-vis Tioterligne articulaire. Les fractures suscondyliennes pourraient siéger au même niveau et offrir par suite les mêmes caractères ; mais elles sont généralement situées plus haut, et ne communiquent point avec Tariicle.
L'épitrochtée, se soudant la dernière, pourrait être aussi décollée isolément plus tard que le reste de Tépipbyse, et peut-être faut-il rapporter à une simple disjonction les fractures de cette apophyse observées à Page de huit à douze ans ; il est remarquable en effet que ces fractures sont beaucoup plus rares à l'âge adulte, bien que Tépitrochlée soit alors plus longue et comparativement plus mince et plus aiguë. J'ai déjà fait remarquer que le moiudre développement de l'épitrochlée dans le jeune âge, fait qu'elle est plus rapprochée de l'olécrâne que l'épicondyie, circoo- Hance dont il but tenir compte dans la i^echerche des signes de la luxation en arrière. Sur un enfant de dix ans, j'ai trouvé daos une luxation de ce genre l'épitrocblée plus rapprochée de l'olécrâne d'Hiviroo 9 millimètraa ; le» deux Uibérosités buméraies étant d'ailleurs disiantes l'une de l'auire d'environ 5 centimèti'es et demi.
Les extrémilés supérieures du cubitus et du radius sont cartilagineuses à la naissance^ et 8'os.>ifieut par les progrès de l'ossiiicatioo du corps de
(I) GtempiMi, JaiÊmal eompiémtnL des sdânees médécales, U I, p. 323,
fiii DES MEMBRES SUPÉRIEURS,
l'os lui-même et non comme de véritables épiphyses. Cependant Tcrs Tâge de six ans, selon Meckel, il se développe trois points d*ossîficatioa vers le sommet de l'olécrâne ; Béclard n*en admet qu'un seul, dont il reporte l'apparition à l'âge de dix ans, et qui se souderait avec le reste de l'os vers quinze à seize ans. La tête du radius offre aussi vers Tâge de sepl, huit ou neuf ans, un point osseux unique fort mince, et qui n*a encore qœ 2 millimètres d'épaisseur vers l'âge de treize ans, époque où il se réunit à l'os. Chose remarquable, les fractures de l'olécrâne paraissent aussi fréquentes chez les enfants que dans les autres âges, et l'on ne peut pai ici accuser le décollement de l'épiphyse. Au total, je répète que les épi* physes paraissent mieux résister à la disjonction que les os à la fracture; et le chirurgien peut déposer à peu près toute crainte de ce côté dans k réduction des luxations du coude chez les enfants. J'ai réduit une laxatioo incomplète de l'a vaut-bras en arrière chez un enfant de dix ans, à Taidede tractions directes portées un moment jusqu'à 150 kilogrammes, et dées par l'impulsion du genou sur l'olécrâne ; les épiphyses ont ment résisté.