‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2 (volume 2)Chapitre 47 sur 51 · DB LÀ JAMBE. 8Î · texte numérisé non relu

DB LÀ JAMBE. 8Î

nilUe des maUéoles. Toutefois, ce n'est pas ainsi qu'on la considère généralement ; et les chirurgiens même, suivant en cela Teiemple du vulgaire* ont pour habitude d'évaluer à l'œil la longueur de la jambe, en avant, depuis la saillie inférieure de la rotule jusqu'au pli du coudepied; en arrière, depuis l'origine du mollet jusqu'au talon. De là résuite cette étrange inconséquence dans les termes, lorsque Lassus, par exemple, décrivant une luxation incomplète du tibia en arrière, annonçait que la jambe en avant était raccourcie de plus de 5 centimètres. J'ai dît à quoi tenait ce phénomène en parlant de l'articulation fémoro-tibiale ; et J'ajouterai ici que, pour savoir s'il y a allongement ou raccourcissement de la jambe, il faut la mesurer du coudyle interne du fémur au sommet de la malléole tibiale.

La jambe , considérée en masse, forme un cône irrégulier dont le sommet tronqué est tourné en bas; ce qui en rend ta compression avec le bandage roulé assez difficile. La contraction des jumeaux, pendant la marche surtout, tend à distendre les tours de bande supérieurs et à relâcher ceux de la partie moyenne; ceux-ci descendent alors sans aucun obstacle, et entraînent les autres avec eux. Les bas lacés même, qui produiraient un étranglement par en haut si on les serrait suffisamment, se plissent presque toujours au-dessus des malléoles, au point de fiiiiguer la peau et même de l'excorier.

La jambe présente à Textérieur trois faces : une postérieure, limitée par le bord interne du tibia et le bord postérieur du péroné; deux autres regardent en avant, mais elles peuvent plus justement être appelées interne et externe ; elles sont séparées par la crête saillante du tibia. Enfin la face externe comprend deux régions musculaires distinctes : l'une qu'on peut appeler antérieure, l'autre externe ou péronière; de b quatre régions secondaires pour la dissection de k jambe.

Dans tout le contour de la jambe, les premières couches, savoir, la peau, le tissu cellulo-adipeux sous-cutané, le bscia superficiel et l'aponévrose, se succèdent régulièrement comme k la cuisse. La région interne ne présente au-dessous de ces couches que le périoste et la face interne du tibia ; il ne nous reste donc que trois régions à décrire.

Bégion antérieure.— Elle est coosiituée par quatre muscles : i* le jambier antérieur en dedans, près du tibia ; puis, en allant de dedans en dehors ; 2« l'extenseur propre du gros orteil ; 5* l'extenseur commun des

821 DES MëMBHËS INFÉRIEURS.

erteils; k^ le péronier antériear. Ces quatre muscles sont enfermél dans une gaine osséo-fibreuse extrêmement forte, formée en ftrant par Taponévrose d'enveloppe , adhérente au bord antérieur du tibia et au bord antérieur du péroné ; dans le reste de son contour, par les fiiees correspondantes des deux os et par le ligament interosseux. Il est â remarquer que les quatre muscles de cette région sont altemativemeat plus grands et plus petits, plus superficiels et plus profonds; ainsi le jambier antérieur, très large supérieurement, est partout recouvert par TaponéTrose d'enveloppe; l'extenseur du gros orteil, plus petit, ne monte que jusqu'au tiers supérieur de la jambe, et est caché en grande partie par le précédent et le suivant, excepté en bas où il apparaît un peu à la surface ; l'extenseur commun remonte aussi haut que le jambier antérieur, et est comme lut immédiatement sous l'aponévrose ; le péronier antérieur, qui n'occupe que le tiers inférieur de la région, est caché en partie sous le précédent, et n'est en contact avec Taponévrose que par une partie de sa face externe.

Région externe ou péronière. — Elle ne se compose que de deux muscles, appelés péroniers latéraux, enfermés dans une gaîne commune asseï forte, constituée par l'aponévrose d'une part, et de l'autre par la foce externe du péroné. Le court péronier latéral est placé en avant, côte I côte avec l'extenseur commun des orteils et le péronier antérieur ; le long péronier est plus en dehors, en rapport inférieurement avec le précédent, supérieurement avec l'extenseur commun des orteils. Mais tout à fait en bas, les deux muscles de cette région se séparent complètement de ceux de la région précédente, et leurs tendons sont enfermés dans une coulisse commune creusée derrière la malléole externe.

Région postérieure. — Les muscles forment ici deux cooèbes bien distinctes, séparées d'abord par les nerfe et les valsseaox, et de plus par un feuillet de l'aponévrose qui leur forme deux grandes gaînes spéciales.

La couché superficielle est réduite inférieurement à un tendon unique qui se dessine sur le milieu de la région, et qui porte le nom de tendon d^ Achille. Supérieurement, elle comprend : 1^ les deux muscles jumeaux, situés immédiatement sous l'aponévrose ; S" le tendon du plantaire grêle quand il existe, et le muscle solédre, formant en réalité un second plan musculaire placé au-dessous du premier; le muscle soléaire est en rapport en dehors avec le long péronier latéral, qu'il recouvre même un peu ; on sait d'ailleurs que ce muscle et les jumeaux sont les trois ventres inuscuhiires qui concourent 1 former le tendon d*Aebilte.

DE LA JAHBB. sn

\m touché profonde ne Tonne qn^un plan unique, composé de dehors en dedini des mnscles suivanis : 1" le «ratid fléchisseur du gros orteil; inséré ans dent tiers postérieurs du péroné ; 2** le jambier postérieur, placé an milieu sur le ligament interosseux, et recouvert en partie par le précédent et le suitant ; 8* le grand fléchisseur des orteils, caché en dehors sur b bce postérieure du tibia ; il se fixe en haut à la ligne obliqtie et à la lace postérieure do tibia, au-dessous du muscle poplité, dont les dernières fibres appartiennent en conséquence à la couche profonde des jDOScles postérieurs de la jambe.

Les ûrtèrts de la jambe sont fournies par la poplitée, que l'on trouve même en haot dans une très petite étendue; car immédiatement audessous de Tarcade fibreuse du soléaire, elle donne la tiàiale antérieure^ et un peu plus bas ses branches terminales, qui sont la tibiale posti^ rieure et la pérùiUere. 1** La tibiale antérieure, aussitôt après son origine« se dirige en avant, traverse Textrémlté supérieure du muscle jambier postérieur et le ligament interosseux; arrivée ainsi en avant, elle descend sur le ligament interosseux d*abord, entre les muscles jambier aniérieur et extenseur commun des orials, puis entre le jambier antérieur et Textenseur propre du gros orteil, dans la direction d'une ligne qui, du milieu de Tespace compris entre la tête du péroné et la tubérosite du tibia, irait aboutir au milieu de l'espace intermalléolaire. Elle se rapproche donc, en descendant, à la fois de l'aponévrose et du tibia, sur la face externe duquel elle est même couchée inférieurement. Dans toute cette région, elle ne donne qu'une seule branche notable, qui s'en sépare «o moment oà elle traverse le ligament interosseux ; c*est la récurrente du genou^ qui traverse le muscle jambier et l'aponévrose pour se perdre dans la r^pon du genou. 2* La tibiale postérieure garde k peu près h direction de la popliiée, et descend entre Taponévrose profonde et les muscles profonds de la région postérieure, suivant le trajet d'une ligne qui» du milieu du creux du jarret, irait se tenuiner entre le tendoh d'Achille et la malléole interne. Elle ne fournit que des rameaux insignifiaals» k l'exeeption de ïartère mUricière du iibia^ dont le nom indique la destination. 3** La péronière^ la plus petite des trois, se dirige d'abortl un peu obliquement en dehors, puis descend le long do bord et de la fjMe interne dn péroné» jusque près de la maUfoie esieme, sens donner aucun rameau notable.

Les veûiet profondes suivent le trajet des artères. Mais I pertir de lu terminaison et la popliiée, elles sont doubles pour chaque artère» ainai qu'au bras, ei oéaninoiDS encore vetomineusesi Les veinée euperiMellée

èU DES MEIIBaSS INFÉRIEURS.

soot ; 1* la saphène interne^ qui, de la partie anlériettre de la "*»>^i^ ioteroe, monte sur la face interne, puis le long du bord posiériear d« tibia, de manière à se trouver plus haut derrière sa tnbérostté interne; elle reçoit la plus grande partie des veinules sous-cutanées de la janabe, et envoie, au tiers moyen de cette région^ une branche de comnaonka* tion à la veine tibîale antérieure, et plusieurs antres à la tibiale poetérieure; il n'est pas rare de la voir remplacée à la jambe par un réseao veineux ; ^ la saphène extetme ou postérieure^ qui monte à peu prèi verticalement sur la ligne médiane de la région postérieure de la jambOi

Les nerfe sont assez nombreux. Les troncs principaux sont les deox nerfs poplités, dont Tinterne, au-dessous de Tarcade fibreuse do sdéaire, prend le nom de nerf tibial postérieur^ et l'externe, un peu an-deasoui de la tête du péroné, se divise en deux branches, qui sont le tikial on/érieur et le péronier. Le tibial postérieur descend dans la région poat^ rieure de la jambe, à peu près sur la ligue médiane, entre le tamàê soléaire et les muscles de la couche profonde, en dehors de l'artère tibiale postérieure; dans ce trajet, il envoie des rameaux aux muscles jumeaus, soléaire, poplité, plantaire grêle, et k tous ceux de la couche profonde. Un de ses filets s'accole à l'artère tibiale postérieure ; un autre travene en haut le ligament interosseux et s'anastomose avec le tibial antérieur. Le tibial antérieur traverse l'extrémité supérieure des muscles grand péronier et extenseur commun des orteils, en contournant le péroné; puis se dirige bientôt vers l'aitère tibiale antérieure, dont il est le satellite. Il se trouve à son côte externe supérieurement, et il passe eneniin au-devant d'elle, de manière à se trouver à son côté interne inférienre* menL II envoie un rameau vers l'articulation du genou, et des filets mnU tiples au long péronier latéral, à l'extenseur commun des orteils, è l'eitenseur propre du gros orteil et au jambier antérieur. Enfin, le tserf péronier ou mttsculo -cutané descend un peu obliquement en dedans et en avant, entre les muscles loi^ péronier latéral et extenseur oommon; puis entre celui-ci et le court péronier latéral, auxquels il donne des filets, ainsi qu'au péronier antérieur. Vers le milieu de la jambe, il se porte loos l'aponévrose, et la traverse enfin vers le tiers inférieur en donnant das filets aux téguments.

ijoutes d'autres petits nerb moins importants, savoir : 1"* le nerf saphène interne^ qui accompagne la veine du même nom depab Tartieulation du genou jusqu'à la malléole interne ; 2° le nerf saphène externe^ lésuliant de l'union de deux rameaux, l'un du poplité niterne, l'autre de l'exteme; cas deux rameaux descendent sous l'aponévrose k la régioa

Page 1