DES CHEVEUX ET DES POILS
que non-seulement Fintërieur, mais la pellicule même de la cicatrice sont sensibles.
Le tissu inodulaire jouit d*une force rétraclile énorme. On s*en aperçoit dès qu'il conunence à se former ; pour peu que la peau ambiante soit mobile, il Tattire vers le centre de la plaie ; et j*ai tu une perte de substance de plus de trois pouces d*étendue à la fesse, se rétrécir par cette attraction de la peau jusqu^à moins d'un pouce de diamètre. Blandin a observé que les cicatrices que la rhinoplastie indienne laisse au front, sont tout aussi rétrécies, soit qu*on cherche à rapporter la peau par des moyens artificiels, soit qu*on laisse cette tâche à la cicatrice même (1). Cette force de rétraction joue un grand rôle dans les dififormités qui surviennent à la suite des grandes pertes de substance, et notamment des brûlures ; souvent la division des brides inodulaires ne suffit pas, il faut enlever la cicatrice tout entière et la remplacer par une portion de téguments normaux.
Les cicatrices se déchirent dans les premiers temps avec une grande facilité; l'inflammation les détruit avec une rapidité étonnante. Mais lorsqu'elles sont anciennes, elles ont acquis une solidité bien plus forie ; j'ai vu dans un cas de blépharoplastie, Diefienbach placer sur des cicatrices plusieurs aiguilles sans aucun inconvénient.
I 4* — Des cbeveax et des poils.
J'aurai peu de chose à dire des poils, dont les cheveux ne forment qu'une variété. Us prennent naissance dans le tissu cellulaire souscutané, renfermés à cette origine dans un follicule, dont la longueur va jusqu'à 1 1 millimètres pour les cheveux^ et dans lequel s'ouvrent une ou plusieurs glandes sébacées.
Nous avons vu que Faccumulation de la matière sébacée dans les follicules constitue les tannes ; M. Mahon avait pensé qu'une affection analogue pour le résultat^anatomique, quoique bien différente dans sa nature, déterminait la teigne faveuse. Si en effet on examine avec soin un tubercule faveux, on trouve qu'il offre une dépression à son centre, par laquelle passent un ou deux cheveux et qui est Torifice du follicule ; la forme arrondie du tubercule est la même que celle du follicule, et la matière que contient le tubercule a la même couleur que la matière des follicules (2). Selon le même observateur, la teigne annu-
(1) De Vautoplattie^ thèse de concours, p. 182.
(2) Mahon jeune. Recherches sur le siège et la nature des teignes.
laire n'est qu'une forme d€ la teigne faveuse ; ]a teigne tondante est encore
une afrection âês cryptes sébacés ; mais la matière qu'ils contiennent alors a perdu toute onctuosité; elle se réduit parle frottement en poussière . très-iine« et les cheTaui privés de l'enduit huileux qui contribuait à leur éclat et à Leur souplesse, se brisent à leur naissance^ et ne peuvent quVec peine s'élever à la hauteur de quelques lignes.
Dans la teigne-ami an tacée, il semble qu'il y ait une sëerétîon âuractite du feuillet épiderniique qui tapisse le canal du cheveu ainsi que le IbUi* cuîe sébacé* La maladie produit alors chez l^'homme ce qui existe à Tétat normal chez les oiseaux, où la plume sortant de la peau est envelo^^pée d'un tube épidermiqtie protecteur, nécessaire ici pour envelopper les barbes de la lige et les empêcher de heurter dans leur marche ascendante contre les parois du canal pileux. Le cheveu sort donc dans cette teigne accompagné non-seulement de la gaîne de son canal propre f^itl TenTêloppe, mais encore entraînant la paroi épi dermique du follicule.
Les micrographes modernes ont été plus loin. C'est bien en elTet le follicule pileux qui est particulièrement attaqué dans la teigne ^ mais le mal vient du dehors : c'est une sorte de cryptogame qui, après avoir établi son siège sur le cuir cbev élu , pénètre dans ces follicules, et même quelquefois jusque dans la substance du cheveu lui-même. Le traitement consiste dès lors à détrntre le cryptogame, mais surtout à le poursuivre jusqu'au fond du follicule; ei delà la haute uUUlé de répilalion (1),