‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 31 sur 65 · DES TENDONS · texte numérisé non relu

DES TENDONS

les tendons dont elles sont la suite. Ainsi la rupture musculaire n'a lieu que quand le muscle est tendu et allongé; la rupture des tendons, que quand le muscle est raccourci et contracté. Delpech avait déjà entrevu cette sorte d'antagonisme, que je croyais avoir été le premier à signaler, et que j'avais déduit directement de mes expériences (1).

J'ai déjà dit quelque chose, à l'occasion des tissus fibreux, de la cicatrisation des tendons et de sa rapidité ou de sa lenteur, selon qu'ils sont ou non entourés d'une gaîne ceiluleuse. Lorsque la gaine existe, et qu'on tient les bouts de la division en contact, M. Stromeyer a trouvé la réunion opérée dès le 5« jour; et elle se consolide tellement vite que, lorsqu'on juge à propos de l'étendre, comme dans le procédé de ce chirurgien pour le pied bot^ il est trop tard d'attendre au 10** jour (2).

Lorsqu'on laisse au contraire les bouts du tendon séparés^ ils ne s'en réunissent pas moins par une substance intermédiaire, et L. Nannoni avait vu que les deux bouts sont plus gonflés que la cicatrice même (3). Mais ce travail de cicatrisation a été beaucoup mieux étudié par M. Bouvier, qui a bien voulu me faire voir ses pièces et me communiquer ses résultats. En voici le résumé.

Le tendon d'Achille étant divisé sur des chiens, du 2« au 3* jour on trouve la gaine ceiluleuse du tendon épaissie, formant une espèce de canal ouvert seulement dans le point où le couteau a pénétré ; la face interne de ce canal est fortement colorée en rouge ainsi que les bouts du tendon qu'il embrasse; tantôt il est vide^ quelquefois rempli par du sang coagulé. — Au 9* jour, la gaine de plus en plus épaisse forme déjà un lien assez solide entre les bouts du tendon ; le canal est rétréci et son ouverture fermée. Du 12« au 18« jour, la nouvelle substance se présente sous la forme d'un cordon de même volume que le tendon, et qui commence à prendre la structure fibreuse. Au 24« jour^ le canal a totalement disparu ; le cordon intermédiaire est manifestement fibreux^ mais grisâtre et d'un tout autre aspect que le tissu tendiueux auquel il adhère solidement. Dans quelques cas, il est plus grêle vers son milieu, et il se renfle au contraire beaucoup à ses extrémités. M. Bouvier pensait d'abord que ce renflement tenait à l'expansion du tissu tendineux lui-même ; mais en fendant longitudinalement une de ses préparations, nous nous

(1) héipech. Précis dê$ maladies ehirurg,,U I, p. 1S4.

(2) Voyez Gautis médicale, 1S93, p. 673, et Archives générales de médecinêi 1834, t. V, p. 194.

(3) L. Nannoni, De similarium partium humanum corpus constituentium regeneratione; latine reddita A Mawo Sariio Ruinmit, Mediolaoi, 1782.

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sommes assurés que te tendon lui-même était à peine accru en épaif

presque toute la tumeur était formée par un engorgement drctili| la gaîne^ qui euveloppaii chaque extrémitti du tendon absulument d le cal provisoire enveloppé les fragments osseu%. Cos renflements i tent pas toujours, et ils tendent d'ailleurs à disparaître avec le II en sorte que les phénomènes de cette réunion des tendons ont If grande analogie avec ceur du cal osseui, et qu'on peut les ramcQi mêmes lois. ^

I ^. — DéTclopp^niaiit. '

Le tissu musculaire, comme tous les antres, se présente d'abor k forme d'un fluide muqur^ui ou gélatineux. Les muscles volo sont les premiers à se développer, puis les muscles involontaires les trois premiers mois, ce ne sont encore que des couches vis<} oOrant une teinte jaunâtre à peine perceptible* Dès le troisième m aperçoit très- visible me ni les tendons des muscles fléchisseurs et leurs des doigts et des orteils; dans le 4^ et le ^^ mois, tes musi viennent peu à peu plus rouges, plus fibreux et plus faciles à dis de leurs tendons. On voit par là que la position demi- fléchie def bres, cheï le fœtus, ne lient pas plus que chez l'adulte ou le i h la rétraction plus forte des fléchisseurs, puisque les membres a cette position avant que les muscles soient organisés. Les tendon veloppent en même temps que les muscles^ et ne résultent dot d'une sorte de dessicculion de la fibre musculaire (\),

A la naissance, les muscles sont grêles, pâles, peu prononcés; lume des membres vient principalement du tissu adipeux sous^ toutefois Tiâpaisseur des fibres cbaniues est, comparativement h i fibres tendineuses, plus considérable que chex Thomme adulte. Ils rent progressivement plus de volume^ plus de sang les pénètre donne une teinte plus rouge ; toutefois Bichat a noté que, tant (j rroissement dure, c*est spécialement sur la longueur et non sur seurdes mtïscles que porte Ténergie de la nutrition, ils contienni de gélatine et bien moins de fibrine qu'ils n'en auront plus taileurs contractions sont-elles peu puissantes^ et les fractures sont rapport beaucoup plus aisées à contenir et à maintenir que dans plus avancés. Après Tépoque de raccroissement, les muscles ^ct^\ plm d'épaisseur et de fermeté ; alors aussi ils présentent^ soit ^

(1) Isennamm^ Du développement des mutrltM tl def îtndont c^s li/i| maint extrait dans les Àîch. gétt^ ût meU* t. IV, p. 2^â,

réduction des luxations, soit pour la contention des fractures obliques, des résistances plus difficiles à Taincre. A partir de 40 ans, ils deviennent flasques ; ches le vieillard, cette flaccidité est portée au plus haut point, et s'accompagne d'une densité coriace de la fibre qui prend aussi une teinte jaun&tre; ce n'est point là la transformation adipeuse, car la combustion ou Tébullition n'en retire point d'huile animale ; c'est du tissu fibrineux qui se contracte encore, bien qu'avec moins d'énergie.

Le vieillard, sous le rapport de la contractilité musculaire, se rapproche donc de l'enfant, circonstance utile à se rappeler pour le traitement des luxations et des fractures, et pour la pratique des amputations dans la continuité.

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