‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 40 sur 65 · DES VEINES · texte numérisé non relu

DES VEINES

bout inférieur ou cardiaque repn^sentait, dam uneët&ndue d'an ]

^emî, un cordon pleio, du diamHre d^une pet i ta ptumê, aymnl tod fait Tappareoce d'un tissu âbrem blanc; immédiate tuent ao-deâsous, Il veine reprenait son calibre ntirmal (!).

On vott par laquelle ditTérence il y a dans lé mécanisme de Toiilktération pour le bout KUpérieur et Je bout inrérieur. On voit aussi que k caillot supérieur peut être décollé par la suppuTation, même aprèi avoir ftcquis son organisation fibrineuse. Il resterait à savoir, dan& les Cnas oii Toblitératiou a suivi sou cours régulier, ce que devient le caiUol, et ce que d1^vient la veine elle-mt^me. On a dit que le caillot se résorbe^ et que la veine tiritt par se transformer en C4)rdon fîbreui. Cela s«>mhle une pure réminiscence de ce qu'on croyait avoir observé sur les arlèrcâ, et demanderait également à êtn^ déruonlré. Je ne sache pas en efTel tpn des eipt^riences aient été suivies jusqu'à celte époque ; et les autnpsîcf faites après les Uj^atures pratiquées sur Thomnie pour la guérîsoD (tef varices, ont fourni jusqu'à présent des témoignages tout contraires. M. Briquet a rapporté dans sa ttièse trois observations qui doivent tniHiver place ici.

t" Homme de 11 ans; varices à la jambe droite ; ligature de la veiuetiphène au niveau du genou; mort/« sixième jour* -^ La velue liée a*ollre ni cpaissLSsement ni exsudation album ineuse; les vaigseaui variqueai subjacents au Ql st>n( remplis d*un îsaog tmtr coagulé.

2** Ancien militaire ; ligature de la ^aphène au niveau du geoou; mort

tes, à parois épaisses et grisâtres, entourées d'un tissu dur, blanchâtre, qui leur adhère et en rend la dissection difficile ; elles étaient bouchéêê par des caillots organisés analogues à delà chair de muscle.

M. Briquet semhle croire que le cordon imperméable formé par la veine liée, ne contenait plus de caillot; cardans ses remarques générales, après avoir reconnu que les veines en contiennent encore au hout d'un mois, il ajoute : Je ne sais pas précisément à quelle époque le caillot est complètement absorbé et la veine oblitérée (i). Mais Texamen a été trop superficiel pour juger la question ; et la disparition du caillot reste encore en litige.

Mais ce qui ressort nettement de ces expériences et de ces autopsies, c'est qu'une veine divisée par la ligature est à jamais incapable de reprendre en ce point sa continuité et ses fonction«f. 11 importe fort peu que des autorités d'ailleurs considérables aient allégué le contraire ; je l'ai bien répété moi-même : le contraire a été allégué sans preuve, et voilà tout. Je n'ai trouvé qu'un seul fait, emprunté à la clinique de M. Velpeau, qui semble au premier abord apporter la preuve désirée. On avait pa^sé sous la veine saphène plui'icnrs épingles serrées par-dessus la peau par une ligature circulaire. Du7«au 8« jour on les enleva; les points étranglés étaient réduits à l'état ai escarres. Huit jours après, mort. La saphène contenait un sang fluide et grumeleux, et roblitération n'était pas complète, même dans les endroits où les ligatures avaient été ap' pliquées (2). 11 est trop évident, d'après ce récit même, que la veine n'avait pas été coupée ; et dès lors le fait se rapporte à la compression, non à la ligature.

Comment se fait-il cependant que sur le vivant on ait cru voir, on ait TU même réellement la circulation rétablie dans la veine? J'avais déjà mis en lumière, dans la première édition de ce livre, une expérience perdue de Jones montrant avec quelle rapidité des anastomoses directes peuvent s'établir entre les deux bouts d'une veine liée. Ayant placé deux ligatures, Tune sur l'artère, l'autre sur la veine crurale d'un gros chien, il trouva au 37« jour l'artère oblitérée dans une longueur de 18 lignes; la veine dans une plus grande étendue encore ; mais les portions supérieure et inférieure de ce dernier vaisseau communiquaient librement par des branches qui se rendaient de

(1) Briquet, Sur la phlébeetasie, ihéit inaug.,p. 67 et 60. — Les Archives n'ont point reproduit ces observations.

(3) Velpeaa, Leçons orales de eliniquê chirurgicale, 1. 1, p. 443.

340 Jt%TM I r ^DES VEINES.

ruDÊ àTautre (l). Un fait du même '^enie, cfc peut-être plus remaniuaïlê encurc, a été publié par M H. RenauLl et Buiile; . Sur ce chevat doot nmi avons parlé, et qui fat aiilopsifl 30 jours après tu Ugatiiiiï ût^ dmi jugulaires, on a vu que le caillot ijnperknir n'uJTrail d^'adhérencei complètes que dans Tétt^nduc de 2 à '3 lignes. Deux veiues coUatérates uiii^ »ant au-dessus avalent agi comme les coUalérales artérielles et entJt*t^D le cours du sang. flJab tandis qu'autrefolâ elles apporlaieat le sang à 11 jugulfliiv, leur foûction s'était transfonuee; c'étaient elles qui maintenant le recevaient du bout supérieur Ëllc& le conduisaient à un inm veinem développé tuut anlour de la wine liée, au niveau de la ligatUfCj et dont les vatsseaui, gros comme de peiites plumes^ anastomo^ antit eui en formant ujie mullilude de losanges, équivalaient au moins par leurs diamètres réunis au Jiamèlre de la veine elle-même. Deux autm veiries, partant de ce léseau^ rejoi;^naient le bout inférieur iInftlcdiât^ ment Eiu-des§ous de son oblitération ; et c'est ainsi que la eirculalioa s*^ tait rélïiblie-

Tout ceci ne concerne que les veines secondaÎTQS ; lês lésions éc$ gros troncs n'ont poird attiré raltention des e^ipérimenlateurs ^ et çoiii Ht sommes réduits auï faitji observés sur ri^onime même; il ^ aura capeil* dant nn grand inlérêt À les étudier.

Il faut d'abord établir nnc première dîslinctton eulreles petites plaies^ qup la eoîripression suffît géitëraloment à obturer et à guérir^ et les plaiâi canâidérabltrS, où rbémorragie n'est guère nioim redoutable que pour

STRUCTURE ET PROPRIÉTËS. 341

Toutefois le petit nombre des faits connus semble donner raison à la doctrine d'À. Pare. M. Vallée a vu un cas de section presque complète de la jugulaire interne; le blessé, loin de tout secours, périt presque imroé* diatement; les deux, bouts de la plaie s'étaient écartés de 3 centimètres (i). M. Tâcheron^ au contraire, a rapporté l'histoire d'une plaie fort petite de la raôme veine, qui eût guéri spontanément s'il n'était survenu des complications plus graves. Une femme avait reçu un coup de poignard qui, pénétrante la partie gauche du cou, était allé blesser la paroi postérieure de la jugulaire interne droite. Il s'écoula plus de trois livres de sang, et la blessée avait perdu connaissance. Elle revint à elle toutefois, et ne succomba que le 15« jour. On trouva à la veine une perforation arron* die de 2 lignes de diamètre, bouchée à l'intérieur pai^un caillot fibrineux jaunâtre, qui obturait tout le calibre du vaisseau et se prolongeait jusque dans la veine-cave supérieure et l'oreillette (2). Ainsi la plaie de la veine aurait guéri dans ce cas par oblitération du vaisseau ; mais du pus trouvé à l'intérieur du caillot semblait attester que ce dernier était le résultat de la phlébite.

On possède en outre quelques exemples de plaies simultanées de la carotide et de la jugulaire interne, par des coups de pointe de sabre ou d'épée, et où l'hémorragie s'est arrêtée presque par les seuls efforts de la nature. Breschet en a rapporté un, dans lequel la compression extérieure sufQt pour empêcher l'issue du sang; et Larrey en a vu deux autres oîi la compression n'eut même pas besoin d'être continuée; seu* lement il subsista une communication entre l'artère et la veine (3).

Ainsi les grandes plaies de la jugulaire exigent impérieusement un secours prorapt et assuré. Ju^qu'à présent, c'est à la ligature qu'on a eu recours, et l'on ne s'en est pas trop mal trouvé.

Simmons le premier, en 4791, ayant blessé cette veine en enlevant une tumeur du cou, y appliqua trois ligatures, qui se détachèrent sans hémor-

à 93. — Je ne dis rien d'une histoire aUribnée par plnsleurs à M. A. Séverin, touchant un charlatan qui, eo enlevant une tumeur écrouelleuae du cou, aurait ouvert la Jugulaire et vu périr sa malade dans ropération même. Fabrice de Hilden, à qui le fait appartient, dit seulement qu'il y eut une hémorragie, mais sans en affirmer l'origine, attendu qu'il n'assUtait pas à ropération. Voir cent. III, obs. 35, et cent. IV, obs. 1. (1> Vallée, Gai. méditaU, i837,.p. 269.

(2) Tâcheron, Archiv, gën. dêviUdecinê^ 1837, t. XIII, p. 162.

(3) Breschet, Mémoire sur la anévrysmês ; Mém. de l'Acad. de méd., t. Vil ; — Laney, Citntquf ehirurgieale, t. Ill, p. 149 et sulv.

casde

342 DES VEINES

rftgie, et )a guërison était compléta au bout de deux mais (1). La ligaturt réussit pareilkmcnL à V. MqH en 1828, à Steven^ ea 183D, k Gibsfjo et à Morgan en 1832 (2), k M. Gély de Naulcs en ISSÏ [3), à M. Alei. Mi>ll en iB$3 (4), et enfin M, Sëdillot y a eu recours dinix fois avec un égal succès (3). En regard de cette série de succès, je n'ai à opposer qu'un ca» de mort rapporté très-brièvement par Sanson ; à ia ctiiUe de la ligature» < avait été faite à rHôlel-Dieu, il survint une Immorragie mortelle (6).

Faut-il en conclure que la ligature de la veine jugulaire interne n^a plus de graviiê que celle de k carotide? Je me garderais bien de TaH mer. Dans iom les cas dont j'ai en sous les yeux les détails, il avait fallu lier le bout supérieur et i inférieur, doubïc chance pour rhèmorragie consécutive* A k vérité, si importante qne soit cette veine, elle peut êtn luppléée à k fols par la jugulaire externe du même côté et la jugulain interne de l'autre ; et chei les sujets qui ont guéri, il ne parait pas qu'il en Suit régullé ^ucun IroubU? des f^jnciions céiébrales»

Je ne connais qn*uD seul cas de plaie de la veine sous-ckvière au dessus de la clavicule. L'artère était intéressée en même temps; aprc une hémorragie foudroyante qui amena la syncope^ Larrey se content de réunir k plaie des téguments, et k blessé en réchappa, La plaie éta probablement étroite, ayant été produite par un coup de pointe d sabre, lîlandin a vu ausst cette veicie blessée d'un coup de slykt au-dtt sous de k clavicule ; k compression toute seule ùi les fraii du itm ment (7)* '

M. Coste de Marseiltej enlevant un cancer de t'aisselkj fut obligé i lier les deuK bouts de k veine aKttlaire divisée. Les ligatures tomb du 16*^ au 20« jour, et la guérispa s'acbeva sans le moindre œdème <

(1) Stinmons, Medkâl Facts and O^ftrret'ioiij, vol. VHL p. 23. — Eoûi avauL eu fait, en cite un de SimfiOQ d'Édimhourg. Mais ouire que la terne eu obbLérée, tl me parail réauUer de J'obEervaUon que c't'iail simplement k juf iUî eiternâ. Voir Eisaii d* médecint tT Edimbourg^ l. V, p. 5?î.

(2) Gitiaon, The amerkan Journal af th* mcd. Sciences, vol XII 1, p, aOê p Morgan, même journal, vùL XVJU, p. AW. C^ dernier càbà été reproduit ^ le nom de t'ofiéraleur i GaMeite médHitU, 1811, p. 2^1,

f3 Revuê médieo-chirurgi€aW de Paris, t, XYl, p, 24&, cl I. XVII, p. 3tÛé<

(4) The américain medicai Momklu, novemb. IS&6^ <

{h] Sëdillot, Tratié de médecine opératoire, t^hbt U tl, p> 1U3. <

0) SanBOD, thèse cUéf, p. 23B,

(î) Larrejf, toco citato, p, im i — Blanùm, Des accidenit qui p€U^?ent mrwé

pm^dant Iti ttpér. chirurgicale^^ Ihè^e de concours, (S4J, \u 1 il. ^ M. Uth^

qui Muasey de Pi e^'- York a Ué la veine ioua-clavlère; je n'ai pas pu rttral

oetleobservalLon.

main oo de l'avint-bras (i). Mais la veine cëphalique était restée intacte et servait de tronc supplémentaire ; les conditions étaient donc encore favorables. Passons aux troncs veineux des membres inférieurs.

Larrey a eo à traiter un militaire à qui un coup d'épce avait blessé la veine iliaque externe. Une forte compression avait arrêté Thémorragie; il en résulta seulement un anévrisme variqueux. Baroni a vu de même une lésion traumatique de Tarière et de la veine crurale, immédiatement audessous de l'arcade crurale, aboutir à un anévrisme du même genre ; et Brescbet en a rapporté deux exemples, dans lesquels les deux vaisseaux avaient été atteints par un coup de trancbet, une fois à deux pouces audessous de l'arcade, l'autre fois à Tunion du tiers moyen de la cuisse avec le tiers inférieur (2). Ici la veine sapbène interne suppléait la veine crurale ; pour les cas de Larrey et de Baroni, il n'y avait que des anastomoses fort éloignées. Mais d'une part les plaies étaient étroites; et d'autre part, une plaie simultanée de Tartëre n*aiderait-elle pas k limiter Tbémorragie, en versant dans les tissus un sang plus plastique?

11 n*en est plus ainsi lorsqu'une large plaie a intéressé la veine crurale au-dessus de la sapbène, et que la compression est insurûsante. La ligature est Tunique ressource ; mais quelle cbance peut-elle offrir? J*ai déjà cité les premiers faits de Roux et de Dupuytren, fort peu encourageants; puis celui de M. Gensoul, avec un résultat trop incomplet pour en porter un jugement définitif. Voici trois autres observations de ligature de cette veine, dont les deux premières au moins sont de nature à encourager un peu les cbirurgiens.

En 1821, Larrey fut appelé pour un soldat qui venait d'avoir la veine sapbène coupée en travers par un coup de sabre à son embouchure dans la crurale. La compression étant impuissante contre Tbémorragie, Larrey se décida à lier la sapbène d'une part, et le tronc de la crurale de l'autre. Il n'y eut d*accideDt d'aucune espèce ; le 9« jour la plaie était presque cicatrisée; le 13* jour, les deux ligatures tombèrent, et quelques semaines après la guérison était parfaite (3).

Cette absence complète d'accidents et particulièrement d'œdème, tiendrait-elle au soin qu'on avait pris d'établir un bandage compressif sur toute l'extrémité? Dans le cas suivant, le bandage fut omis; l'œdème survint, mais sans gravité et sans persistance.

(1) Costa, Hevw médico-ehirurgieale, 18&i, t. XYI, p. &4. (3) Urrey, loe. cit. — Baroni, Ga^etit médieaU, 1836, p. 200; — Brescbet, Mémoire cité,

(I) Larrey, ommragi cité, p. 114.

M4 DES VEINES

»,En *8S3^ Roux Ênlevatii imêlumeur au pli de Taîne, bUssa U veim fémorale au-deiâsus de l'aboucliemenl de la saphène, et appliqua sur-k chaTDp dtiux ligalure.« au-dessus et au-dessous de la pLaia, A l'iii^lati mêmt' le niembre se rprroidit et devint violet ; mais le leridomain la ci» leur était jevenue et la eoïnrarion éliJt moiua foncée» Au 3* o<u 4*jon survint un cbdèine considérahle de tout le membre jusqu'à l'aine. Quel ques jours plus tard, chose reniai quatde, un abtrës Hit ouverlsur le piei sans délerminer d'hêmorragiâ. Un mois et demi après, l'opéré élâ iléon pJétemenl guéri, ne présentant plus qu'un peu d'oeiicme du membre (1 Qu'y avait41 déplus rassurant que ces deux beaux succès? Or, en \%^' en enlevant aussi une tumeur au pli de l'alneî j'eus le m^ilbeur, coniQ Rouïj de blesser la veine »ur laquelle je jetai une double lifc&tur Les phénomènes furent d'abord les mé^nes qtie che£ le sujet de Rou: niais vers le 6* jour, une hémorragie se Ht par la plaie. Quand j'arrif^i eUe était arrêtée, et je ne pus qu*en présumer l'origine. Le leudemai Douvelle bémorragie, que le sujet averti arrêta par une eompreasj légère; mais les hémorragies revinrent, il s'efTi-aïa, ouhïi,i de eompriiUi et succomba avant qu'on pût lui porter secours. L'ccdème du iiieiaJ avait un peu diminué, mais il était encore considérable ; du r€Sle« M avait pas T ombre de gangrè ne- Ainsi la ligature de la veine crurale au pli de Taïne, pratiquée Ui Tais, a donné trois morts ; et bien que tes deui guérisons obtenues m liftent tes chirurgiens h | recourir, on voit combien il serait à désire? posséder une ressource moins redoutable. Je ne voudrais donc pas rej^ Popénilion de M. Gensoul d'une façon absolue; surtout quand je la^ pare avec une autre opératir^n qui ne convient, à la vérité, qu'è plaies fuit limitées des grosses veines, mais qui séduit au premier ak et qui a reçu rapprobalinn un peu prématurée peul-êtjede bon tioi de chirurgiens ; je veux parler de la ligature latérale. j

la ligature latérale consiste à saisir avec des pinces ou un iéoaei les deux lèvres de ta solution de continuité, et à les étreiudre avec m étroitement serré, sans oblitérer le canal de ta veine. Le premier es^ a été fait par Travers en IStS. En liant Tartère fémorale pour un vrisme poplilé, il fil une petite plaie h la veine satelltiej et appliqua médialement une ligutnre autour d€ CGumriurf, m pinçant tes ] v(UMeau (2). Tout alla bien d'abord; le H*jour, on retira un Ql

fj) Si^anGn d§ l^ Soe, d§ thirwrgit, des ^7 juillet et 17 août 1153 \ hùpilawïi, i«5», p, 378 Pt 1*3, (2) A Ifgaîurû wat applied ûr&und (jif optning^ bjf nipping up Ifti

STRUCTURE ET PAOPRIÉTËS. 346

nippoit être, la .ligature d« la veine. Le i2% petite bém(yrnigie.J>a «S«au iS* jour^ lei tigalures de l'artère tombent. Le 27% hémorragie i^i foinv nit enviroa douse onces de sang. Le 28.", retour de Ihëmorragie ; il ^ en! eut mèiiwi une plus légère vers le soir. Le 3i« jour, encore une pelitei ftiémorragie r mort le 33*. — Tout le membre était œdéinatié, spéciale-^ ment lajambe etlepied. L*artèrie liée était parfaitemeni obUlérée ; mais en soufflant dans la yetne fémorale pat son extrémité 'so^ridvre', l%iit sortait par une ouverture de ses parois, laquelle communiquait avec ki' plaie extérieure.. Au-dessus, la veine ne contenait rien qui ressemblât à> du sang frais ;. mais sa tunique interne était tapissée d'une matièreadbésive qui occupait également la veine iliaque jusqu'à la bifurcation de la veine-cave. Toutes les tuniques de la veine étaient fortement épais* nes^ et son calibre allait en se rétrécissant en bas du côté de laplaie^ jusqu'à, ce qu*enfin, à trois quarts de pouce au-dessous de celle-ci, Tobli-' tération fût complète. Puis au-dessous.de roblitéralion, la veine re pre^^ nait son aspect naturel «t contenait un caillot de sang.

Travers joint cette observation à ses expériences pour confirmer ses conclusions, que les veines liées n*adhèrent point ; que leurs plaies ne se cicatrisent pas immédiatecnenl dans les circonstances ordinaires^ ce qui expose^ quand le vaisseau blessé est considérable, à des hémorragies qui se montrent longtemps même après Taccident. S'il survient de la suppuration; les bords de la plaie s'ulcèrent ; et le fait qui précède montre, suivant lul^ la tendance de la plaie à s'ulcérer après l'application de Ml ligature (I ). >

Guthrie eut cependant recours au môme moyen ches un individu qoi^ voulant se couper la, gorge, s'était effleuré la carotide et blessé la jugu-H laire interne. Guthrie souleva les. bords de la petite plaie en les traversant avec un ténaciilum, les serra à Taide d'un fil simple de manière à ne pa» détruire la continuité du vaisseau, et coupa les deux chefii du fil près du nœud. Une hémorrfaagie artérielle emporta le blessé le neuvième joun> A la dissection^ la jugulaire fut trouvée libre {pervioug), uau aucune marqmi qui indiquât où la liguture avait été appliquée (2). Cela est éti^nge. 11 est difficile de croire que â^anse de fil ait coupé la portion de veine étnrinte en: procurant l'adhérence de la unique interne ; celle-ci, dans toutes les expérienceSy a paru réfractaire à cette adhérence immédiate. Serait-ce que

Travers, ouvr. cité, p. 243. — U va sans dire qaeBertrand n'a rien compris à cette oiiservation ; al /i^oateqoe Bresebet, quta «nâayé de la repruëuire dans sa tradnetion d'Hodgsoo, t. II. p. 417, n'y a guère «ompris davantage.

(1) Travers, ouvr. €ité, p. 278 et 2S1.

(2) Guthrie, On the diieaset ofarteriês ; London, 1830, p. 328.

un DES VEINES,

l'anse aurait glissé^ et que la plate elle-même se serait n^unîe par pi^mière intention? Autre expédietil tout aussi difficile à admellre, A la vérité, Bkndin a appliqué celle ligature atec succès sur k veine axillaire qu'iJ avait blesst^o en eilirpanl un gangliou cancéreux. A. BéranJ n*a pas moia! bien rénssidans uue circonslance toute pareille. M, Richet dit aussi âYoïi vu faire la ligature laldraie de la veiue fémorale; et huit joun aprèë^ k floif était cicQtri&ée sans quHl fût survenu U plus léger aecidêni (l}« Biêl (|u*on pût désirer d'autres délai lii, pour des veines après tout d'uu sî tné diocre calibre, il est permis de supposer que la ligature latérale aura ag en détermiuant la formation de caillais dans toute la largeur du vai^s^u La jugulaire Inlerueest déjà trop volunaueuse pour espérer de Totd itéra ainsi; et alors je ne saurais comprendre comment peut réussir jaUgatur latérale. AI. OUier a oui dire qu'elle avait réussi une fois à M. Bcgin par malheur il n*ajoute pas d'autres détails. Pour moi, je liens d M. Nélatou qu'il a vu quatre fois Roui blesser la jugulaire interne du des opérations pratiquées sur te cou. Trois fois Roui essaya la ligattu latérale^ qui tomba vei's le sixième jour, et fut suivie d'une hémorragi foudroyante qui emporia les trois opéréB ; ctn'â le quatrième, on se cm tenta de tamponner la plaie, et Ton obtint un succès complet (2). '|

Ce dernier cas, joint à ceux que j'ai déjà rapportés plus baut« moufl donc refficacilé que peut avoir ou la compression simple ou le tampnnn ment dans les plaies étroites des plus grosses veines. Que si cependant disposition ou l^'é tendue do la plaie rendait celte restsource inutile, à queJ autre devraitH^n avoir recours? La ligature latérale est à la fois désavou parla théorie et condamnée par la pratique; et pour tes troncs wi veines parallèles supplémentaires, k ligature cireulmre même est tan raeot redoutable^ que je ne taxerais pas de témérité le chirurgien qui déciderait à imiier M. Gensoul.

On a vu qu'après la ligature circulaire, le caillot se forme sp lémenl dans le bout périphérique^ bien que le retour du sang par le I cardiaque ait presque toujours ohligé, dans les plaies des gros troncSi^ le lier en même temps que Taulre. Cela est d'ailleurs conforme marche du sang veineux* qui retourne de la périphérie vers le cceur. 1

(t) Blandin, hce citatoi -^ A. Bérard, Compendium de chirurçie, l. Il* p.l — R i elle t, À n ai . médite -ch iru rgfcnk, p . 1 6 2 .

(ïj Un Ul dans la Ga^tUe lÈu kôpUatu^t isâd, p. BB, une brève raemlon fkitt diaprés une leçon de M. Nélaion ; maifl eetan te jouroal, il n'y lurnll que deux ll$aiurea latérales et ûeu% mon&. H répète que c'est H, ^eU mémt qui m'a Tournl les delà ils oiléi plus haut.

un Uài moins ftcile à comprendre, c'est que, dans la phlébite, Tlnflammation suit généralement la marche centripète du fluide ; et le caillot qui se forme dans la veine enflammée s'allonge de même du côté du cœur. Est-ce encore le reflux du sang qui en fournit les matériaux? La question vaut la peine d*étre examinée. Arnott a signalé aussi dans la marche de la phlébite aiguë un phénomène qui^ pour n'être pas constant , n*en mérite pas moins par sa fréquence une sérieuse attention. Il a vu sur un cheval la phlébite de la jugulaire^ avec l'épaississement des tuniques, le caillot, la rougeur même^ s'arrêter brusquement du côté du cœur, à rentrée d'une petite branche dans la veine. Sur un homme, la phlébite de la crurale et de ses branches s'arrêtait à l'embouchure de la veine iliaque interne. Sur une femme, la phlébite de la veine spermatique gauche avait envahi la veine émulgente, et s'arrêtait à rentrée de celle-ci dans la veinecave. Pourquoi cette rencontre d'un courant veineux nouveau arrêtet-dle la phlébite dans certains cas, et non dans d'autres ? L'auteur n'a pas tenté de l'expliquer (i).

I a. — Développemeat.

A étudier le développement des veines dans le poulet^ on voit que ce sont les premiers vaisseaux qui apparaissent ; et comme, en général, plus les organes sont précoces, moins ils sont sujets aux déformations, on explique par là pourquoi le système veineux présente moins d'anomalies que le système artériel.

Les trt>ncs veineux centraux^ comme les artères, sont d'abord tous doubles et symétriques ; ils deviennent simples par le même mécanisme que les artères, et en vertu de la même loi de conjugaison. Cette loi semble même s'exercer avec plus d'énergie sur les veines du tronc que sur les artères correspondantes; on trouve bien plus rarement les veines-caves doubles que l'aorte ; et dans le cordon ombilical^ les deux veines que l'on observe encore chez quelques mammifères sont réunies en une seule chez le fœtus hqgiain, tandis que les deux artères restent presque toujours isolées (2).

(1) Arnott, A pathologieal Imquiry into thê teeondary effeets of infiamm, of Èkê Vmns; Medic(hchir, TransactionSf vol. XY, p. 1.

(3) Voyes le Mémoire déjà cité de M. Serrea : lot de symétrie et de conjugai» iomduejfitimeianguin. \\ explique ta penlslaDce des deux artères ombilicales par l'Interposition de la veine entre elles. Mais rinterposition des deux aortes et des deux veines-caves inférieures n*empéche pas la loi de conjugaison de les rénnlr, et quelquefois les deux artères du cordon elles-mêmes se confondent en «M seule.

a+8 DES VEINES.

Les troîics prineip^iux des membres ^nt ausai le résultat dé deui ^ primïtiTes ; mais il ^si remarquable ']ii'iel la lot de cuujug^imin atl tli mains puls^nle sur cet urdre de vaisseaux que $ur les artères, et eafto qu'elle ait ogravec plus d'énergie âam U'% mombrês infL^rieurâ que dai^ tes supérieurs, Aiosi, à la jambe et à TavatiUbras^ J& conjugai&ofi a maa* (|ué ; les veines sonl rcsit^es doubles, à peine accolées à de longs iuterv&Uef par kâ ino^culations que nous avons signalées. A la cuisse elle aëlé complète; il n'y a qu'une veine ealeUile ei q tienne veine sous-cutanëe, tandis qu'au bras pour chaque plan il y en a deui. C'est mus doute à celte réumoa des deui veines primltivfig en une qu^il faut rapporter Tépâisseur \Am considérable des parois des veines du membre inférieun

Il y a une e^^ipéce de tissu pariiCLiUor qui se raita<:he au syttème veinetUi et dont la formation ne s'esipllque bien que par cette force decotijugaiaoti; c'est le tissu spongieux nu caverneux. «Quand on jHte les yeixsaurlt plêxuâ véstcal, dit Ribes^ on apeiçmt un Jacisde vaisseaux atiastomosés de mille manières; mais on observe souvent des biancbea i|ui se croisent oi sautoir, unies du côte par lequel elles &e correspondent ; on les voit adbé^ rer, s'ouvrir Tune dans Tantre et communiqutT entre elles, non comme dans les anastomoses ordinaires, niais à la manière des anévrismes vari* queux H J'ai démontré un dos premiers que les tisâus caverneux sont coinposi^s essentielle ment de veinoî* qui se croisent dans tous les sens possibles, qui adhèrent, s'ouvrent les unes dans les autres du c6té par lequel elles

lies. Je crois que ces lissugne

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-menter de calibre, elles en dimîDuent quelquefois. Ainsi nous àYoos ira déjà, •on perlast des âges^ que les -varices sont moins communes chei les vieillards que chei les adultes. Les yieillards ont bien pour la plupart les veinés des membres inférieurs assez saillantes, puisque sur près de 400 vieillards examinés par M. Briquet, il en a trouvé au plus une trentaihe chez lesquels elles n'étaient pas visibles; mais elles ne sont pas tortueuses, et •ont à peu près dans la même proportion que celles des membres supérieurs. Les varices qu'on rencontre dans la vieillesse remontent à Page adulte, et même, loin d'augmenter, elles restent stationnaires ou vont en diminuant.

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