CHAPITRE XI
DU SYSTÈME LYMPHATIQUE* § l«r. — Di«po«i(ioB ir^B^rAle.
Le système lymphatique', réparti par tout le corps, excepté dans Tintérieur du crAne, où l'on n'a pu encore le démontrer, se compose de vaisseaux et de ganglions placés sur le trajet de ces vaisseaux.
Les vaisseaux lymphatiques sont partout répartis en deux plans distincts^ Tun superficiel, l'autre profond. Les premiers se voient d*abord dans la texture de la peau, principalement sous Tépiderme, où ils forment un réseau extrêmement ténu et abondant (1) ; et des troncs plus considérables parcourent le tissu cellulaire sous-cutané^ où ils sont répartis d*une manière à peu près uniforme^ plus nombreux toutefois au côté interne des membres. De cette disposition du réseau lymphatique immédiatement sous répiderme, résulte une conséquence fort importante pour les vaccinateurs; c*est qiril suffit' de traverser Vépiderme avec la lancette pour obtenir Pabsorplion du vaccin; bien plus, si l'on pénètre plus profondément^ on pique les capillaires sanguins^ d'où peut suivre un écoulement de sang assez abondant pour entraîner la portion de virus déposée. Mieux vaut donc pour le succès de l'opération ne pas aTler jusqu'au sang.
Les lymphatiques profonds occupent les intervalles des organes ; mais ils se réunissent en faisceaux autour des vaisseaux sanguins dont ils suivent
;i ) Breschet, Le »yttèm$ lymphatique eanMéré soue lee rapporit anat,, p/iyitohg. et pathologique^ p. SS.
exactemetit la direction, il est remflrquabk qye les vaisseaus lympli liquts superficiels, tout en ajanl entre eui de fréquentes anàstomciw pifcoureiu generaU'ineut de longs trâ]i>js sans se conri>fidre pour form des troncs plus considérables; disposition dlrange, comparée a celle d rameau I veiueui. Il faut noter au»^i qiîe les lymphatiques proronds fc presque ertlièrenient indëpendants di^s superlïciels, avec lesquels ib a' frent que de liès-rarei anastomoses. M. Hichet eiplique pir là ce f clinique^ que les inflamuialion» des lymphatiques prufunds se iromniifl iréi'fafemsnt aux superficiels tt récipToquement. L'explication semble effet tuule naturelie; pir jnallieur M, Vulpeau petise que le plu9 fo^mê au contraire^ ceUe du pian superficiel ne tarde pas à s'étendre au plan^ fmtdyHréciproquemerU [1]. Il y aurait donc lieu de s'arcorder sur \û4 d'abord avant de reipliquer^ chose dintcile d'ailleurfl^ attendu que« m gré tout ce qu'on en a écrit , T histoire de rangio-leucitË prt*fonde im pose encore que sur des hypothèses, à
Enfin , après avoir traversé un plus ou moins grand nombre de gangl places sur leur pasi^age, tous les Ijmptiatiques aboutissent à deuil troncs, le canal thoracique et la grande veine lymphatique droite. *i
Les ganglion^i petits organes dont le volume varie depuis 1 iniUr et dumi jusqu'à 27 millirnètres de diamètre, dWdinaire réunis en m plus ou moins considérable, alTeclenl de préférence certaines régions, tête ou en trouve deu^i ou trois petits derrière roreilie, un ou deux di rarcade xygomalique ; on en place aussi quelques uns sur le muscJÉ cinatenr; mats Blandin les regarde comme des glandes qui versent lakiijche le produit de leur sécrétion. Ces ganglions suni peu impur! et ne reçoivrnt qu'une petite portion des vaisseaui Ijujpbatiques du d et de la fuee. Les plus notables sont répandus sur toute lafaceextei la glande parotide, et plus proft^m dément derrière cette glande; ceuKi se confondent avec ceui du cou. Ln6n on en trouve consta dans la snbsiance même de la parotide un ou plusieurs petits.
Au cou lesgangiions sont fort nonibreui. Les uns sont superlici plupart rangés te long de la base de la radchoire en un long cordon cil liire qui reçoit tous les lymphatiques superficiels du front, des yeu^ la face; le reste est irrégulièrement disposé au-dessous du muscle peam sur le trajit de k jugulaire eiterne et de Sts branches; à ceux-ci at lissent les lymphatiques de la i égion temporale, tes ganglions profo^ non moins nombi eui mais d'un plus petit volume^ eavironnent la jugul
(1) Hichet, inat* médito-chir^ryiealê^ p. ITO. <^ Velpeau* Mémoire $^ maiadiiM du i^itèmf iymphaiiqu*; Àrchiv. gén. d« tnéd., IS36, l, Vill.ptfi
et rarlère carotide ; ils forment une sorte de cordon noaeox qui «'étend depuis Tapophyse mastoïde jusqu'à l*orifice supérieur de la poitrine. Cest à eux qu'arrivent les lymphatiques profonds de la langue, du palaiSy du nei^ des orbites, du pharynx et des muscles de la face.
Les parois de la poitrine n'offrent que quelques ganglions clair-semés de chaque côté de la colonne vertébrale, autour des articulations des côteSy sur le trajet des artères mammaires internes, et entre les deux couches des muscles intercostaux. Us ne sont pas moins rares aux parois de Tabdomen. Mais dans Tintérieur de ces cavités, aussi bien que dans le bassin, il y en a des amas très-considérables ; tels sont les ganglions bronchiques et pulmonaires, ceux qui environnent le thymus et les gros vaisseaux de la base du cœur ; ceux qui entourent l'aorte et Tœsophage ; les ganglions lombaires, mésentériques^ etc. ; les ganglions sacrés, les hypogastriques placés autour des vaisseaux iliaques internes, les iliaques externes qui accompagnent Tartère et la veine du même nom. Us reçoivent les vaisseaux lymphatiques des viscères qui les avoisinent de plus près.
Us sont fort rares à la partie périphérique des membres. Presque jamais on n'en rencontre à l'avant-bras; de même on n'en trouve qu'un à la jambe, placé entre le Ubia et le péroné, en avant et à la partie inférieure du ligament interosseux. — Au pli du coude il y en a un d^ordinaire près de Tépitrochlée^ rarement deux, ou trois au plus; et du coude à Taisselle on en trouve 5 à 7 situés profondément le long de l'artère humérale. On en trouve 3 ou 4 petits dans le creux poplité, autour de Tarière du même nom. Us sont plus gros et plus nombreux dans le creux de Taisselle, autour des vaisseaux de cette région ; comme aussi au pli de Taine où ils forment même deux plans, Tun sous la peau, l'autre sous Tapouévrose en dedans de Tarière fémorale. U n'y en a pas le long de la partie inférieure de cette arière ; seulement les ganglions superficiels de Taine descendent quelquefois jusque vers le milieu de la cuisse.
Aux ganglions axillaires aboutissent les lymphatiques : i* du membre thoracique tout entier; 2* de la partie postérieure du cou et du dos ; 3* de la paroi antérieure du thorax et de la moitié supérieure des parois de Tabdomen. Aux ganglions inguinaux se rendent : I* ceux de tout le niembre inférieur; 2* les lymphatiques superficiels du périnée, des fesses et des lombes ; 3* ceux du scrotum et de la verge chez Thomme, des grandes lèvres et du clitoris chez la femme; ils vont spécialement aux ganglions inguinaux superficiels ; 4* enfin les vaisseaux lymphatiques de la moitié inférieure des parois de Fabdomen.
8S2 DU SYSTEME iYMPiïATIQtlE.
. Comme ou le voil, il eiiste à l'eMérieur cinq ^^rnnds centres gangUminaires» au?[queis aboutisscnl ions les l|mphatiqu(?5 de la snperlîciio do corps; le pri^nier au cou pour les WinphaUqui.'ë d>- latrie; ief antra aui aines et aux aisselles. La Si^paraliua du eorps en deux tuoittés laLéra?- Jei? est ausïii marquée à reildrieur dans ce sY^tème que dans les tibsÊdux sanguins ; mais de plus, il y a comraa un ittdiee de 1b division m deux mojliéïi, l'une supt'iieure, l'aulre inféneurê, sëparéi?s par l'omliîlic. ML'tLez k part en eHVt les gringlions du cou spi(^daleniont destinés aoi lymphatiquos de la tèle, tous les valsseam supL^rôei^U dti la moilk^ supérii'urt: du corps vont aux ganglions de Paussi^lle ; aux ganglic^ns de l'aine ceux de la mot lié infériiiure. Par le trajet connu des vaisseimi, on |>eili jusqu'à Lin certain point prévoir quels sant las ganglion» qui s'eogotferant suivant le siège de la maladie.
Je dis jusqu'à uu certain point ; c'est qu'en efTet, dans la eone omMli^ cale par exemple^ il serait dilficile parfois de dire si un furoncle déterniiuera Tengorgement des ganglions de raîoe nu de ralsselle ; et il Sr pourrait même que Tengorgement s'étendit aux deux rëgioos à la fois^ La ^('paration sur la ligne médiane vertieale' n'existe pas non plut d*anë manière absolue ; j'ai vu, sur une pièce préparî'e par U^ Jar^avay, un lyin* pbatique partir fiu càié droit du gi^ind pour «e rendre <\ TaUie i^ucht; déjà M. Huguier avait conslaté une di^positicm analogue ; H ^vant touf les deux, M. Hicord avait vu dey traînées raugv*s de l^m pinte qui partaient d'un c6lé de la verge pour aller aboutira un ganglion enflamiue
STRUCTORB ET PROPRltTfiS. 383
4t TUê par M* Velpeau, 730 accusaient des phlegmasies^ des suppurations du système tëgumentaire et cellulaire qui avaient précédé l'apparition de leurs tumeurs ; chex 95 autres, la maladie était si ancienne qu'on ne put avoir aucun renseignement positif; enfin les 95 dentiers étaient des enftuats nés dans la misère et dont les parents avaient eu si peu de soin qu'on peut tiardiment supposer Tune de ces causes éloignées, bien que les malades les aient niées (1). Ainsi la dentition, les exulcérations auriculaires et mastoïdiennes, les teignes, les croûtes de la tête, les ophthaimies, le coryza, le muguet expliquent la prédilection des écrouelles pour le cou et la base de la mâchoire.
Le siège des ganglions lymphatiques autour de certains organes a rendu quelquefois très-obscur le diagnostic de leurs tumeurs. On sait quelle obscurité environne parfois le diagnostic des bubons profonds de l'aine; autour de Tartère carotide, ils peuvent simuler un anénisme ; plus d'une fois on a cru enlever la glande sous-maxillaire, tandis qu'on n'avait affaire qu'à des ganglions lymphatiques ; et suivant Burns, les ganglions de la parotide seraient presque toujours le si^e primitif des diverses tumeurs que l'on considère mal à propos comme développées dans la substance même de cette glande (2). 11 ne faut pas cependant s'exagérer ces idi^ ; quel que soit le point de départ du cancer^ les glandes soit parotides^ soit sous-maxillaires ne tardent pas à y participer; j'ai eu occasion deux fuis^ dans des cancers de la partie supérieure du cou, d'enlever les deux glandes sous-maxillaires confondues dans la même dégénérescence que les ganglions qui les entouraient ; et enfin les cancers primilils de la parotide sont parfaitement^constatés aujourd'hui.
§ 8. — SlrBctare et propriéiés.
On n'attribue aux vaisseaux lymphatiques que deux tuniques^ une externe celluleuse^ une interne d'aspect séreux. Bfais celle-ci présente une quantité de replis valvulaires bien supérieure à celle des veines ; les valvules y sont ordinairement deux à deux, plus rarement isolées, et d'autant plus nombreuses que le calibre des vaisseaux diminue davantage. Entre chacune de ces valvules se voient des dilatations, en sorte que les plus petits vaisseaux, étranglés de distance en distance^ affectent la forme d'un chapelet. Meckel pense que les dilatations partielles qui surviennent
(1) Yelpeao, Maladies du système lympKaHque, deuxième Uémoïre ; Àrchiv. féi. de médeems^ 1836, t. X, p. 12.
(3) ll«:keJ, Manuel d^anatomie^ t. Il, p. S48.