‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 48 sur 65 · SI · texte numérisé non relu

SI

46e DU SANG,

cas, le sang est plus aqueux, moi m colore; il ctl dair^ m\ùn Vetpressmn Yulgaîny. Si au contraire los globules suiabuiidenl^ srjîi que ta fihrtDe n'aiigmeiile pm vn pmpjrtioQ, soH qu'elle resle staliotmaire. ou même qu^elle diminue, !e sang devient épais et noir, et h's maladîts développées dans ces conditions auront une physiunomie partie n Hère.

J'ai dejoL dit que M, And rai attrit>ue Iï plétliore à la suralxjndance des globules; pour lui cet état du sang est la cause, le fait primitif au éeià duquel nom ne pouvons remonter^ et auquel nom sonifnes en droit de rappot' ter tous les attires. Ainsi, chez 31 sujctscAé?^ lesqueU h pléthore étnlt îfU' mfaQiértsée^ il a trouvé les globules variant de 13' à 154, moyenne, III; la moyenne de la fibrine s'arrétant à 2,7. Je remarqueiai d'abord que riUtisti'e observateur, sYcartant ici de sa sévérité ordttiaii^, a confondu dans ses moyennes deux ordres de sujets trës-difTéreiils : ceux qui^ n'éprouvant aucun accident j se Irouvaîenl encore dans la limite phtsiologique, et ceux qui, Tajanl dépassée, se trouvaient réellement malades Les premiers étaient des hommes de forte constitution, d'un tempëfameni sanguin prouoncé, si Ton veut ; les seconds seulement devali^nt passer pour pléthoriques. Car si Fou admettait qu'on peut avoir une piéthon irès-carad^rùde^ sans accidents, il faudrait un autre mot pour la pléthore avec accidents, et le même état du sang ne saurait rendre compte à la fois de Tune et de Tautre. MVL Becquerel et Bodier ont analysé le sang de sii hommes qui éprouvaient ces accidents; la moyenne des globules n'était que de I38« Une femme saignée pour la même cause en offrit 131, S* Or, û Ton se rappelle que pour ces deux expérimentateurs, la raoîenne norindle est cheï Thomnie de 141, on comprendra comment ils ont dû repouîîser la théorie de M, Andral pour reveitïr à Tancienur iéé& d'une poljféinie.

Je confesse que ces deux opinions me laissent fort indécis. D'une part, la polyéinie n'est rien moins que prouvée; d'autre part, les coud usions de M. Andrai rencontrent des objections bit^n difSciles à résoudre, Y aurait-il quelque autre modincalton à accuser dans Tétat du sang? ta fibrine ici semble rester muette; MM. Bucquerel et Rodier l'ont vue varier de 1 à 3,5; moyenne^ 2,4. Au contraire, leurs analyses révèlent un léger escès d'albumine, et des recherches ultérieures ont conhrmé pour eut ce premier résultat (1). Au total, j'incllnei'ais volontiers à penser qtie rabondançe des globules et de Talbumine, sans être la cause réelle de la pléthorci en est au moins une très^réelle prédisposition, LW-

(I) Betherehet, etc., 1S44p p, 44 ; — et Gas«ff0 médicate^ 1846^ p. Cl 5*

ficacité de la saignée iei n'est pas contestable, et elle s'explique également bien dans la double hypothèse d'un excès de sang ou d*un excès de globales et d*albumine; mais il faut se rappeler que chez certains sujets, la prédisposition est si forte que la saignée ne laisse qu'une trêve plus ou moins longue entre des récidives qui tendent même à se rapprocher. Je me souviens d'avoir vu une femme d*une trentaine d'années, d'une corpulence monstrueuse, qui dès Tâge de seize ans s^était fait saigner d'abord deux fois par an, et qui en était arrivée à avoir besoin d'une saignée tous les huit jours, sous peine d'accidents qui allaient jusqu'à la congestion cérébrale.

La congestion cérébrale semble se rattacher d'assez près à la pléthore ; et les troubles que celle-ci amène dans les fonctions de l'encéphale et des organes des sens ont été généralement expliqués par cette prétendue congestion, laquelle d'ailleurs n'a jamais été anatomiquement constatée. Or, il est remarquable que dans 15 cas de cette affection^ la composition du sang se soit montrée plus indifférente encore que dans la pléthore. On peut en juger par le résumé suivant :

L'eau a varié de 740,1 à 820,& moyenne 784,2

Les solides da sérum de 80,2 à 104,8 — 91,2

Les globules de 88,8 à 152,3 — 121,9

Uflbrtoede I.« à 3,7 — 2,7

Ainsi, d'une manière générale, les globules se sont montrés plutôt diminués qu'accrus; et la seule augmentation constante a porté sur l'aliHimine (1).

L'étude del'hémorrhagie cérébrale vient naturellement après celle de la congestion. MM. Andral et Gavarret ont analysé le sang de 7 malades :

L'eaa a varié de 742,3.à 808,9 moyenne 781, l

Les solides da sémm de 70.3 à 99,4 — 81.8

Les globules de 120,8 à 176,6 — !3&,0

Uflbrinede 1,9 à 8,9 — 2,6

SI les faits n'étaient pas en si petit nombre^ on pourrait remarquer une sorte d'opposition entre les proportions de l'albumine et des globules dans la congestion et l'hémorrhagie cérébrale. Celle-ci, en effet, se présente avec des globules généralement en excès ; et cet excès est frappant surtout chez trois sujets saignés du !•' au 3* jour, oîk les globules montaient à 136, 140, 175. Je voudrai» aussi avoir des cas plus nombreux pour véri-

(1) Andral, AtmaUi de ehimk, t. UUV, p. 801 ; — et Hématologie, p. 46.

fier TeiTeL assez cuHêux des saignées dans ctàé deux afTéCiioi», Lft fUmlod nution dt'% gtubuli^s fut consUnU^; ehtis une femme même <|tti »flfraU ït i |)rop^)rtLoii Id usitée de 175^ à la di-u:iièiné sdigiiik, Irub jofTrs «pK-sii' preiiLièri'j ilsélaieiil icftiibéa à 135. Mais in. Hbrme'esi lom dVititfir à laiol*' quVlle s ni V ail dans les phiegmasii^s. Girii] fuis b saignée roi n^ pétée dâiiâ U congfïstion cérebraU'; trois fuis la fibrine avait dimmué, Uans l^ *tnï cas d'apoplexie où Van eut recoui'S une deutième fais à la Lancette^ dicx i celte irièrnc femme citée pour la surabondance des globules, la Bbîtilt * niDuta de 1,9 à 3,5. t

Mms il e^t une grande classe de maladies ai g ucs^ comprises tous le mm de pyreïîes ou Devras proprement dites, dan» lesquelles ta compostlion du sang semble se rapproiher de celle de la pléthore. Airni^ iéton M. Andral^ la fibrine ro^terait à Tctal nornuil ou irtèmt? subira tt une nu^ table diminution ; les glubules, au ctmlraire, ne * i^carleraient de leiir chiilVe ordinaire que pour s'*aecroitre- M. And rai en a fait cinq groupes, 4ont j'ai détaché dt!jà les Gevres intermitlenUfi^ qui par ï'éM du saitgsé ' rapproehenl des aiïémirs. Restent donc à cuuï^idejer ; 1* fe prùdrémt du fièvrfs conimues ; 2* les flèores cojiUnues non ttfphùides {inftamfruiîmres et biîieust\s de Pi r ici ; > ta fièvre typhoïde; 4' Ui fièvre* éruptive^j i?aviole ^ Vûriûloïde., rougeole et scarlatine.

Voyons d'abord, dans ces afTeclions si diverses en apparence, eomment se Comporte ia ûbrine. Je résumerai ici les cbiCfresde M. Andral.

COMPOSITION DU SANG. 46d

En fkifant même ëtat de ces cas exceptionnels, on ne pent s'empêcber de reconnaître ici un caractère singulier des pyrexies^ qui les sépare nettement des phlegmasies. Dans celles-ci, avec l'intensité de la fièvre augmente la production de la fibrine; dans les antres, si ftirte et si prolongée que soit la fièvre, la fibrine semble rester indiflërente : presque jamais le caillot ne se recouvre de couenne. La première saignée, qni augmente presque à coup sûr la fibrine dans l'inflammation, n'a dans les pyrexies qu'une action incertaine. Sur i2 sujets saignés plusieurs fois par M. Andral dans la fièvre typhoïde, 8 offrirent une diminution de . la fibrine à la 2* saignée ; 3 une augmentation ; chez le dernier, la pro- / portion resta la même. MM. Becquerel et Rodier ont vu pareillement la •saignée répétée • sur 6 malades ; 3 Tols la fibrine ne changea pas, et 3 Tois ! elle diminua d'une manièi*e remarquable. •.La variole offre surtout ici un grand intérêt, à: raison des nombreuses pustules qui s'entourent chacune d'une auréole inflammatoire, et qui eni fin aboutissent inévitablement à la suppuration. Tous ces petits Toyers d'inflammation épars, quelquefois même réunis et confluents, n'allaientils pas attirer la variole du côté des phlegmasies, et accroître les propor» lions de la fibrine ? Ils l'accroissent en réalité, mais si peu qu'il demeure évident que la nature pyrcxique du mal opprime et annule presque la .complication phlegmaaique. Notons d'abord, chose non moins cuiieuse, '.que l'éruption semble diminuer la fibrine, d'abord un peu accrue parla fièvre • d'invasion. Un malade saigné quelques jours avant le début de la • maladie avait eu fibrine 3 ; — pendant la fièvre d'invasion, une seconde saignée donna 3,2 ; une troisième, au début do l'éruption, montra la fibrine ramenée à 3. Un autre, saigné dans la fièvre d'invasion, portait 4,4; au début de l'éruption, seulement 2,0. Mais ces deux malades, soumis derechef à la saignée vers le milieu de l'éruption, remontrèrent la fibrine en progrès ; le premier, de 3 à 3,3 ; le second, de 2,9 à 3,2. Birfln un troisième qui n^avait donné que 2,6 au début de l'éruption, pendant la suppuration arriva à 3,5«

De même, chez leur sujet atteint de rougeole, MM. Becquerel et Rodier.ont vu la fibrine, arrêtée à 2,8 pendant les prodromes, monter à J,S pendant l'éruption.

Il y a donc^ dans toutes les pyrexies, des circonstances qui font monter la fibrine un peu au-dessus de ses proportions primitives, sans Téle- Ter cependant au degré des grandes phlegmasies ; et quelquefois même la sa^;née favorise cette tendance. Quelle en est la cause encore? Peutêtre, comme dans l'anémie, (aut-il accuser le malaise général, l'insomnie,.

170 DU SAWG,

et dans les âèvres éruptivcs la chaleur Irop aid&DLe. Nous n^'avons t cet égard que des prësomplions^

Mais par contre , dam d'autres cas, la fibrine présente une teii4ancfi loul opposée; elle s'abaisse fort au-dessous de la moyenne normale, «(Surlûul daas les ûèvjvs les plus graves, la ?anole, la fièvre typhoïde; et l,la saignée paraît agir dans le même sens. Celte diminutinn donne la j,iang tiré de la vaine un aspect particulier^ Le sérum et le catUot sont ^incomplètement sépares Tun de Tautr^ d'où il suit quMl semble j at«if peu de sérum par rapport au caillot. Ce dernier est volumiaeui, moo, facile à rumpri^; i)ueli|uerois même la moindre pressiu:i le réduit à un vérilable élatde diCUuence ; il se divise alors en une foule dû gruraeaui qui se mêlent au sérum et le colorent en un ronge plus ou munâ roneé* C'est là ce qu'on décrivait autrefois comme un état de dissolution da sang, et que Ton signalait particulièrement dans les fièvres à caractàre putride ou adînanitque, M. And l'ai aMribue aussi l'adynamie, noo-seolement dans les pyrciLics. mais dans d'autres états morbides^ a la diminution excessive de la Qbrine daus le sang, aUéralîoa tout à fait inverse de celle dos plilegmasies.

Cette idée a certaine ment un c6té juste et vrai ^ à la condition qu'on ne Veïagère point* M, And rai a cité un cas de fièvre typhoïde-ad^namique avec délire, stupeur cou s idêrable^ hémorrhagie passive par la muqueuse de la bouctie et des fosses nasales; la langue et les dents couverte!; de croûtes riotres; h iMuine était réduite à D,Ô* M. Frîrk, sur 10 caa et fièvre t^phoLie, a trouvé pour moyenne de la fibrine 3>08 ; — dans 7 cas de typhus fever^ t,32. M Ed. Becquerel et Rodier ont produit à cet égard quatre laits remarquables. Trois malades avaient été saignés deui fois dans le cours de la fièvre typhoïde; chez le premier^ qui était le plus gravement atteint, la fibrine descendit seulement de 2 à i,l. Chêi les deux antres, elle tomba de 2,7 à 1|3, cl m^me de 3^5 à 0,8: dans ce dernier cas, la fièvre avait bien la forme ad^namtque, mais elle n'int piraj ornais de crainte sérieuse. Un autre sujet qui succomba, luit à s fièvre adjfuamii^uej avait élë .«algné trois fois; et la fibrine* qui marquaiT 2|3 aux deux premièi^s saiguéeir était encore à 2 à la troisième [IK

juaiî

(1) Andral, Hémûtolngîe, p, tî3; et ^nnal» d& ehimie^ L LXXV, p. ÎM ; — Fritk, hç. cit., p. aO; — B^îcqut'rel et llodier, Rech^rchfM^ eiCt, lSf4, p. 69. — J'ai peu cité h& istialy^eis de M. Fnck, p^irce que les chiffres qu'il assigne I la flbrioe loe lai^ijiienl des doutefi^ Sa mo^enoe pour la Qévre lyphoide etX plus éleféfl que celle de ^es devartciersi matt j*ai tru pquTOir ta ni péri Hë mettre en régi de «elie qu'il «îiaotice pour te typhvm fivir.

œMPOsmoN DU sang. 471

L'abaiMemenlde la fibrine coïncide donc assez généralement avec Pëtat adynamique, mais sans en constituer ni la cause essentielle ni le danger.

M. Andral attribue aussi à cet abaissement la disposition hémorrhagique qui se montre dans les pyrexies les plus graves et dans d*autres affections. J*y reviendrai un peu plus bas.

Voyons maintenant quelle est la proportion des globules. On en jugera par le tableau suivant.

Prvpartion des gl^alM.

6 cas do prodromes 125,4 à 167 ,7 moycDDe 140,6

5 Fièvres continues 82,5 à 1S5,1 — 121,8

20 Fièvres typhoïdes 77,4 à 149,6 — 125,1

5 Varioles 98,8 à 127,9 — 117,6

2 Varioloîdes 120,8 à 126,8 — 123,0

7 Rougeoies 116,1 à 146,6 — 132,3

2 Scarlatines 1 36,1 à 146,0 — 142,0

On voit qu^il n'y a rien à conclure en faveur de Faccroissement des globules ; ils sembleraient plutôt tendre à diminuer. A la vérité^ la diminution tient quelquefois à Tépoque où est arrivée la maladie ; ainsi dans la fièvre typhoïde, les globules, qui se soutenaient encore assez bien jusqu'au 10* et même au 12» jour, semblent fléchir décidément à partir du 15«, où ils vacillaient de 108 à 125. dépendant MM. Becquerel et Rodier en ont trouvé aussi le chiiïre ordinairement abaissé.

Reste à indiipier les proportions de Teau et des matériaux solides du sérum. Je me contenterai d'en donner les moyennes.

Eta. Mal. toHd. da séron.

Prodromes 766,3 88,00

Fièvres continues 784,4 90,40

Fièvres typhoïdes 788,2 83,50

Varioles 789,2 90,40

Varioloîdes 783,8 90,70

Rougeoles 784,1 81 ,61

Scarlatines 768,9 86.75

Ainsi, malgré le déchet des globules dans les cas de maladie prolongée, Teau s'est tenue pour le moins à sa proportion normale^ et quelquefois à une proportion notablement moindre. Les matériaux solides du sérum ont notablement augmenté.

MM. Becquerel et Rodier ont trouvé au contraire une notable diminution de l'albumine dans la fièvre typhoïde, avec augmentation d'eau. Mais dans la fièvre continue, Teau restait à sa moyenne normale.

Il semble qu*il y ait peu à conclure de tous ces faits. Une grande con-

cliision reste cependant qu'il ne faut pas oublier: ^est )t différaioe «isenlielie que la composition du san^^ olabïit entre les (ihkgmasifi et lo pyr4?xies, différence que certaines doctrines mëdicâWs oui niée réwilâ^ ment, et qui peut-iHrti n'avait pas t^ncore trouve un cmraelère aussi ^i|;fii«^ flcatir. D'un autre c<^té, l'aliaisst'ïnenl de la tlhrin« risquant de déterminer Tadynamie, A la saignée produisint te ptus iouretti rthalsâement àe la ûbriue, il en résulte une contraificiion nouvelle à remploi des émissions sanguines.

Outre radynamïe, M. Andral professe encore que la diminution (te II fîbrj[ie expose aux bëmurrtiagies ; et it établit ici deux eatégi>ri<^ fortdii* titictes, selon que celte diminution ost relative ou alïsotue. Ainsi» que tei globules dépassent leur propc^rtion normale^ la fit^ritte D3ti servant la sienne^ il y aura diminution purement relative, et par suite dt^s bém^irrhagiea qu'on pourra appi'ter artives : telles sont les épUtasts si Tréqueth tes dans la pbUtioie. Si an contraire Its globules gardent leur prc^Mr^ tion ou même descendent au-di ssous^ la fibrine s'abaissanl encore da- Tantage^ il y aura diminution absolue, et tendance à des hëinorrbagtËi passives, comme dans les Oiivn^s lyjjbtiîdes adynamfqueîi^ le «corbul, k pourpre néniorrbagique. ?Juus avons vu déjà, dans ce cas de fièvre typhoïde où la fibriitc s'était abaissée i 0,0, des hëmorrhag^ies se pTCh duire par la muqueuse de la bouche et des Tosses nasak's. M, Andïil a analysé deux fuîs, à trois mois de distauce, le sang d'iia ^corbutîqiie ; les globules dounèreutsuccessivemenlUOetlll i les matériaux solides du

GOMPOSmON DU SANG. 473

n tant doDc renoncer pour le moment à cette séduisante théorie delà diminution de la fibrine; et je pense que la disposition aux hémorrhagies tienttout autant à la constitution des^aisseauz qu*au sang lui-même. Nous Toyons quelquefoiSy par exemple, des individus qui paraissent doués d*ane malheureuse disposition hémorrbogique constitutionnelle ; ils sont

..Mjets aux épistaxis et au flux hémorrholdal ; la moindre contusion dé-

.. termine des ecchymoses étendues^ et surtout la moindre plaie donne lieu à des hémorrbagies presque intarisëables. Ce ne sont pas généralement

, des sujets pléthoriques ; ils offrent plutôt les traits du tempérament ner- Teux, peau fine et mate, tissu cellulaire SQUs-cu.iané mince et làihe,

. muscles p)B\i développés, sclérotique translucide. M. Dequevauvillers, qui en a observé un certain nombre, a trouvé le sang aussi riche que d'ordini^re, et proqipt à se coaguler (1) ; à part, bien entendu, les cas où des hémorrbagies successives ont déjà produit Taoémie. Alors, il est bien vrai que le sang devient plus fluide, moins coloré; et chaque hémorrhagie qui foecède à une autre, semble en appeler une nouvelle. Certes, les globule ne sont plus là en excès, la flbrine le serait plutôt elle-même ; et quelquefois, quand on a épuisé inutilement tous les moyens pour suspendre ces hémorrbagies traumatiques, on les voit inopinément s*arrê(er d'ellesmêmes pour ne plus revenir ; j*en ai actuellement sous les yeux un remarquable exemple. Ce sont cependant bien des hémorrbagies passives; et je ne suppose pas qu'aucun cbiruigien imagine d'y opposer la saignée. Mais on saigne volontiers dans les hémorrbagies dites actives ; les médecins contre Thémoptysie, par exemple ; les chirurgiens contre la métrorrhagie qui s^accompagne d'excitation générale et même de quelque douleur à l'utérus. Comment agit alors la saignée T je l'ignore ; il importe cependant de n'y pas trop revenir, pour ne pas transformer Phémorrhagie active en une hémorrhagie passive, beaucoup plus difficile à combattre. Je dirai pour mon compte que, dans beaucoup de cas de ce genre, la saignée n'a qu'une utilité très-problématique ; et pour la métrorrhagie, par exemple, j'ai trouvé les bains tièdes conseillés par M. Saignes de Dijon, infiniment préférables (2).

Enfin, il reste une dernière classe de maladies, qui semble avoir des jconnexions assez intimes avec la diminution de Talhuminc dans le sang; ce sont les hydropisies. Dans la maladie de Bright, on voit en quelque façon l'albumine fuir par les urines, tandis que l'analyse constate que

(I) DeqDevautlIlers, Pt la dispasititm aux hémorrhagiet et det iignet auxçueù on peui la reeonnaUre; Journal de chirurgie, 1S44, p. 164. {2)Bmm€wMieO'ehirurgiaUe, 1848, t. lY, p. 169.

c'est bien le sang qui l'a perdue, et qnclqueroîâ saut aucune aîtértticm dei autres élrmeuts. M. And rai en cite un cas ou les globules matiUlÊnt à 127,6 ; l'albuminej à moins de 6i. MM. Becquerel el Rodier ont vu étui fois ie& globules à 129, l'albumine à 5S ou mâme ait-de$50us. Dam cei trois cas, la fibrine variait de 1,60 à 2,70 (T), Mais il s'y joint fk^^queiE»* ment une diminution des globules, complicalion anémique, m cette foii sans que la ïibnne augmente ; enfin une compUcatiOD d^ inflammation élève k coup sûr le chiffre de la fibrine.

On retrouve également cette diminution de FalbumiDe dans quelques autres bydroptsies. Ainsi dans celle qui ««uccède qudquefots à la scarlatine, M. Andral a toujours vu T^rine album rneuse; dans un cas où rhydfO|>îfie était survenue chez un sujet sain jusque-là, par un refroidissemenl subii, rurine était pareitlemeot al bu mineuse. Chez une femme qui avait été prise tout à coup d'une infiltration considérable des jambes, avec asdté, MM. Bf^oquercl et Rodier ne trouvèrent que 53 d'albumine; un homme atteint d'une affection du cœur avec une anasarqtie générale, n'en offrait que 00^4. C'est probablement par La diminution deralbunime^qtielessai* gnces surabondantes déterminent quelquefois une hydropisie^. comme j'tn ai cité un exemple; mais ce rapport n*est rien moiu» que constani; et cheE cette femme que des métrorrhagies abondantes avaient réduift à 21,4 de globules el 61^1 de matériaux solides du sërum^ il n'y anU aucune trace d*bydroplsie (%).

En résumé, les premières données de r hématologie tendaient à mm-

PROPRlËTiS DU SANG. 475

Excès des globales ; Pléthore .

-> de la fibrine; Pblegmasies.

J'ai dit ce qui me paraissait démontré à cet égard, et sur quel point un doute légitime commandait de nouvelles recherches. Mais pour tirer tout le fruit possible de ces études laborieuses, il faut que les chimistes nous mettent en possession d'un procédé d'analyse plus simple et plus sûr à la fois.

§ a. — Propriété» du tuiBir*

Le sang, liquide à demi organisé, c^atr coulante, selon Teipression de Bonieu, est doué d'une vitalité spéciale et conséquemment de propriétés qiéciales. Toutefois, il ne saurait se dérober entièrement à l'empire des lois physiques et chimiques ; et c'est de ses propriétés physiques et chimiques que nous nous occuperons d'abord.

Ainsi, dans les artères, il est soumis, comme le serait un liquide inerte, à la force d'impulsion du cœur, de laquelle dépendent essentiellement la force ou la faiblesse, la régularité ou Pirre'gularité du pouls. Lorsqu'il a sa densité ordinaire, cette partie de la circulation s'accomplit sans autres phénomènes appréciables que les bruits normaux du cœur et les battements du cœur et des artères. Mais quand une altération dans sa composition vient à diminuer sa densité, alors se produisent dans les artères ces bruits anormaux que M. Beau a essayé d'expliquer, sans preuve suffisante, par un accroissement en quantité.

M. Andral a étudié les rapports du bruit de souffle dans les carotides avec la diminution des globules dans le sang sur 88 sujets. Dans 32 cas, le bruit était intermittent ; les globules offraient les proportions suivantes :

Dans 3 cas, de 76 à 77

— 13 cas, — SOàlOO

— Scas, — lOOàllS

— 8cas — U5àl26

Dans 56 cas, le bruit était continu et représentait ce que M. Bouillaud a appelé le bruit de diable :

Dans 28 cas, les globules variaient de 21 à 80

— 13 cas, — 80 à 100

— lOcas, — ... 100àli5

— 5ea8, — 115àl25

La nature de la maladie n^y Tall rien ; Gevres çulridÊa^ fièvres émpUris. pneumonies, ihurnaiismesarliculairiss aigus^ maladies chroniqur5,M,AiK dral y a constate le bruit de soufAe des carotides^ avec 1^ cbiffre? &. globutes ci-dessus indiquds. On vittt cependant que, soit pour i&rrequ«iKcv soit pour riniensilé, ce bruit nVst point eti parr^K accord avec la propor^ lion des globules. Rnglc gëndrale :

Lorsque les glubutes descendent au*deâsous de 80, le bruit de soiii!)! s'obsenfu canâlaïunieut ;

Lorsqu'ils s'dlevL'nt au-dessus de 127^ on ne l'observe ptu«.

Mais cntie ces deux chiffres, tantôt il exi&te et tantôt il tnan^ve, de 30 à 100 par exemple, il et; t encore a&scK Trequcat; ii l'est moinià mesure que lechifTie augmente. De même pour son întensltë; dans ^ m de chlorose, le souflk [ïilerjuilienl s'est oîontr^ 8 fois avec des glti*fu!a oscillant entre 1 17 et 77 ; et le souille continu 14 fois, le»gtobules miiml de i 13 à 28 (1).

ComtiteLil expliquer, d'une pirt, que ces bruits étrangei coincideottrajours avec la diminallon des globules/fit^ d*autre part, qu'avec titieii^ tniTiution égale, ils puissent exister ou ne pas exister? Des 6xpéHeiic& fort rcmarquablt^s de M. de Laharpe ont jele sur ces questions diHIdte un jour inattendu, i < j « i

Sur un cadavre de vieillard, tl Hxa â Vartère iliaque ejiterne le bout dû tube d'un cly^^o-pompe, puis il ouvrit la poplitee, et fit passer un cotirmi d'eau dans l'artère* i^e sléthoscop* pincé au Ri î lieu de la cuisse peroenit

i* Que la dennté du liquide joue un très-grand rftle dans la |)rûdnc- ' tkm du bruit de souffle;

19 Que ce bruit est, toutes choses égales d'ailleurs, d^autant pins intense que le courant est plus vir (1).

Si ce ne sont toutes les conditions du problème, ce sont au moins les principales. Nous avons vu, dans rexpëriencc de M. Mirbhall Hall, que le bruit disparaissait quand une saignée nouvelle rai:(ait tomber le pouls, pour revenir dès que le pouls se relevait lui-mômo. Que cependant toutes les variations du bruit sVxpliquent ainsi d'une manière satisfaisante, je suis loin de Taffirmer; et par exemple le soufQe carutidion disparait quelquefob roomeutanément ches les anémiqnes, sans qu*on siche à quoi Taltribuer. Peut-être y a-t-il quelque ondée de sang plus riche en globules que les autres, peut-ôlre quelque niodiflcalion fugitive dans Taction du cœur et des vaisseaux. Mais ce qui reste démontré, c'est que les bruits artériels reconnaissent essentiellement pour cause une moindre densité du sang; et dans les cas particuliers, au lieu de s'occuper exclu» sivemenldes globules, je pense qu'on arriverait plu» près de la vérité en* constatant la diminution de toutes les matières solides du sang, ou tout simplement l'augmentation de l'eau même.

Cette ténuité du sang amène parfois un curieux phénomène : c'est que, le passage à travers les capillaires étant plus fdcile, les battements artériels s'étendent beaucoup plus loin que de coutume. M. Marshall^ Hall a noté, sur un de ses chiens, que ces battements occupaient de petits rameaux qui ne les offraient pas avant les saignées. Ward a observé des battements dans les veines chez une femme récemment accouchée et atteinte d'une pneumonie combattue par de mtmbrcuses saignées. Graves a rencontré deux fois ce pouls veineux chez des lenimes saignées àbon«damment; et Martin-Solon en a communiqué à l'Académie deux cas fort remarquables, où les veines dorsales des mains battaient comme des ar* tares (2).

La densité excessive du sang amène naturellement des résultats tout conUaires, c'est-à-dire qu'il ne peut plus arriver mâme aux artères qu*ii parcourait librement à l'état normal. 11 en est ainsi dans le choléra, où le sang se présente épaissi, semblable à la gelée de groseille, et où M. Lecanu a vu à l'analyse la proportion d'eau descendre à 747, 660, et même une fois à 480, les matières solides montant au chiffre énorme de

(1) De Laharpe, Nouvelle$reeh^ckesturUkruU4êtouf/lêdêgûrlirt$; Artk* génir. de m^dsdne. ISIS, t. III. p. SS. (S) BulUiin d« VÀeadémiê <U méâêdnê, 1644-46, t. X, p. lOf.

478 DU Skm.

520 (1). J'ai vu moi -même, dans ceHainea hernies étranglées

vômissemenls très-abondatiU» les eitiéniit<îs froides, la peau ( pouls absent; et à Taulopsie j'ai trouvé k sang irausforrae er uûirâtre, comme chez les cholériques, en sorle que j*ai donr le nom de choléra hcrnlairt. L^ pronostic est alors des plu^ gi fait tous mes opérés ont succombe. Cependant MM. Th. Matin rand ont léussi, ce qui doit encouragera tenter encore Topera être aussi faut-il bien distinguer les cas où des vomissemer ont diminué l'eau du sang et acrru sa densité, de ceux nù V\ pouls tiendrait seulement à ranaihlisaement de l'action du ca nostlc seruit as^urémËUt muina grave dans un cas que dans Tai

JMais il y a surtout une grandti loi physique qui agit sur dépit des actions combinées du cœur et des vaisseaux : c'est I pesatiteur. La main rougit si on la tient pendant*^, ell« pâlit élève le brus ferticalement. Le varicocèlc*, les varices, gonfl station, se vident dès que le sujet est couché. Mous avons vu ci périences de M. Piorry et de M. Marshall Hall, les chiens aboi saignés tomber en syncope, si on leur élevait fortement la tête, eux dè-^ qti'on leur laissait la tète basse ; et le décubîtus hf)riïoni lement pour Thommc le me^illeur mo^en de remédier à la syu

Si la position élevée ou déclive a tant d'influence sur le eou qui va h la tête, elle n'en a pas moins lorsqu*il 8*agit de Temï border à d^au très parties pour arrêter une hémunhagie. M. ! porte que, dans une plaie de l'arcade palmaire profonde, la n été maintenue élevée d'un pied au-dessus de la lête, le sang t avec abondance depuis une demi -heure s'arrêta sur-le-champ, par l'effet de la pesanteur que M. Négrier explique Tulilité très-simpîe qu'il emploie pour mettre (în à IVpistaxis, et qui boucher avec un doigt la narine d*où sort le sang, en élevant culaircment le bras correspondant (3). Supposez le hras droit p colonne de sang projetée dans le tronc hracliio-céphalique se i deux; une partie descend dans le bras, secondée par sa positiû Tautre remonte dans la carotide contre son propre poids. Releii la eolonDe qui s'y rendait, obligée de mouler à son leur, ou pèie déjà sur la colonne voisine, prend encore pour elle U

(J) Leeanu, Thèsi inaug., p, ID& et iuIt. ^g

(2} Voir ReiMê méMeochirurptoaU, J85?, t. XI, p. â3 et 90. (â) Négrier, JVoff jwr un moyen tréi-s^mple (farrêier Ut hémQfrh Ârchiti. gin. deméd^mne^ lft43, t. XIV, p, i«g.

PROraiËTÉS DU SANG. 479

l'impnltioii qui naguère agissait tout (entière sur la colonne carotidîenne; et de là pour celle-ci une difûcuité double d'arriver au niveau des narines. La théorie s'applique un peu moios bien au bras gauche, dont l'élévation parait cependant aussi efficace contre Tépistaxis du même cdté.

Mais c'est surtout dans les cas d'inflammation imminente ou déjà déclarée que Tinfliience d'une bonne ou d'une mauvaise position est imponible à méconnaître. Dès 1835, des recherches statistiques sur les ulcères des jambes traités au Bureau central, m'avaient montré la frivolité des catégories admises par les auteurs; pendant deux ans, je n'en trouvai pas un seul qui ne fût la suite d'une plaie négligée; et aujourd'huiy après vingt-deux ans révolus, je n'en ai pas seulement rencontré une denoii-douiaine venus à la suite ou de varices rompues, ou d'inflammation snppurée, ou d'ulcération directe. C'est donc sous l'influence de la pesanteur que ces plaies s'enflamment, se tuméfient, et finissent par se transformer en ulcères; aussi, lorsqu'on veut en obtenir la guérison, fluit-il se prémunir conti-e l'abord du sang en les entourant de bandelettes compressives; et un moyen beaucoup plus sûr encore est de couchar le malade les jambes élevées.

Q n*est personne qui, ayant eu une petite coupure aux doigts, n'ait senti les battements et la douleur augmenter dès qu'on laisse la main pendante, diminuer au contraire en soutenant la main dans une i^charpe, et mieux encore en l'élevant au-dessus de la têle. M. Piorry, le premier, a tiré parti de ces observations pour le traitement des inflammations trau» matlques ou sponuiuécs. a Dans trois cas d'érysipèle des membres infé» rieurs à la Salpétrière, dit-il, dans trois faits d'engorgement inflammatoire du bras, suite de phlébite, dans le même hôpital et à l'HôtOl-Dieu, ta position très-élevée de ces extrémités au-dessus du niveau du tronc, soutenues d'ailleurs par des oreillers, a eu sur la marche de la maladie rinfluence la plus prompte et la plus heureuse; dans les inflammations des membi-es, suites de plaies d'armes à feu, aux Incurables de la rue de Serres, l'engorgement 8*est dissipé quelquefois en une nuit en suivant cette pratique; dans un cas de fracture de la malléole externe, où les accidents furent terribles, le blessé dut évidemment la conservalion de son membi^ et peut-être de sa vie à celte position. » Depuis lors, Gerdy a repris et généralisé ces idées; il a fait voir surtout l'influence de la position élevée sur les phlegmons diffus des membres, que l'on voit en quelques heures pAlir et s'afiaisser, de telle sorte que la peau, rouge el tendue la veille, se montre fréquemment le lendemain rétractée et sillonnée de

rides tuultîples et prùfondes (i). Tous les chinirgieni coonalssent ces fijtî^ plu&ieuiB ]iis ant mis à pruût; mais j^ ne crâiug pas de dire qu'ails oe savenl pa^ encure asses tout le bénuûcv qu*0o peul tirer de la posiliua^ il que dan^ nos hôpitaux se voietit trop aouTtfQl des lésions du pied etdeU jambe eiilrc tenues de Loiigut^s années, devenues tuêitie inctiiabks dans Je décubitus hoHzuEilal, qui auraient guéri avec Le gecours d'une pasiticiQ mieux entendue.

1^ sang circulant est à Tétat liquide^ el relient en distûlution la ûbrine par uneaelion que la chimie est encore impuissante àeipitquer. Mais hort d£ ses vaisseaui, il retdre sous l'empire des lois chiniique:^, dont le premier eOetest la concrétion de la llbrine ; et daiiis certaines circonslatices, c$ phénomène le produit dans les vaisseaux mêmeâ, L'éttide de ia form-iUon descailluls est pour Je ehirtirgian d'une importance qui n'a pas besoia d'être rt^ levée.

Quand on exlrail du sang par la saignée, il t*este d'abord quelque temps liquide; puU une pellicule mince se l'orme à la surtiice^ et la masse i&taie s'épaissit et se prend ; puis en un le caillot se sépare du s^rum sur lequel il surnage. En général la coagulation commence après irois à quatre minutes^ et parait achevée au bout de quinze à vingt mtnutrs ; mais la séparation n^'e^t pas complète ; le caillot retient une grande qaatttité de sérum que la fibrine exprime en quelque façon en se rétractant^ Thackrah a vu cette rétraction continuer encore au delà de trois Jours (3),

Qui? Il es ^ont les causes de cette coagulation du sang à i'âir libre ? Les premières notions sur ce sujet remontent aux temps hippocrajfquei. « Quand on tue une viclime^ dit le livre dts ChaiTii le iong reste liqvâdt tani qu'il eyt ehaud ; il se coagule quand il se refTiddit, Si on l^ùgii€f ii m se coagule point. i^

Là se bornait à peu près toute la science jusque dans la dernière moi^ tiédu siècle dernier; et aujourd'hui encore, pour la trao&rusion, on re* commande géncrakmeni de recevoir le sang tiré de la veine dans ma vase chauffé au bain-marie ou autrement à une tmnpérature de 25 a3(K, et l'on fait chaufier également la seringue* Or^ c'est là un premier exetaple des erreurs pratiques entietenues par de fausses notions sur la coagu*

(ijlhorrj. Hechêrches lur l'influence de la peianieunur le mvtt du m^q : Ârçhiv, ^én, de mëdecinut ^^i^, t. \l\, p. ^27; reproduites avec des additions à la suite «lu Pfûcédé opératuire^ , 18ai^ p. 23D; — Gerdy, De Vinflttenc^ d« lu peian(êUT et ti'une rituaiiQu ba$êvmr la tirculatiQn et sur let maiadm ehirmT* gicaU$; Rtvue médico-chir^t IBI7» t . t, p^ Ît32.

(X) Okuiv. eompL de J. Hunier, t. lit, p. Zd^ sdte«

latîoD du sang; et Ton va voir qu*au lieu de prévenir la coagulation, la chaleur la favorise.

J. Hunier flt tirer trois onces de sang à un jeune garçon, et immëdiar tement après le vase fut place dans de Teau cbauflëe à iSOo Fahr. (55^ 56C.)- Une égale quantité extraite du même sujet fut placée dans de Teau à 48o (8<^ 89 C). La première portion se coagiila complètement en cinq minutes; la seconde commença seulement à vingt minutes, et n'avait pas encore achevé cinq minutes plus tard (I).

Aewion avait déjà tenté des expériences du même genre, mais sur du sang de chien et de lapin, et en le tenant enfermé dans une portion delà jugulaire détachée de l'animal. Scudamore les a reprises avec du sang humain exposé à Tair.

11 laissa d'abord une portion de sang se refroidir spontanément dans une chambre de température moyenne ; elle commença à se coaguler un pen au-dessous de 80® Fahr. (29» 44 C), et arriva beaucoup plus vite à la coagulation complète qu'une autre portion qu'on avait graduellement abaissée à 65^ en immergeant le vase qui la contenait dans Veau froide.

Dans une seconde expérience, une portion de sang fut maintenue à faîde d'un bain-marie aune ti*mpérature de 96^ (36^67 C.) En deux roinctcs et demie, une pellicule s'était formée ; en trois minutes un caillot dense ; après quoi toute la masse se coagula rapidement. Une autre por* UoD exposée à Tair de la chambre, à une température de 53o (1 !<> 67 C), n'offrit de pellicule qu'après quatre minutes et demie ; à quatre minutes et demie, la masse était encore semi-liquide, et la coagulation uniforme ne s'opéra qu'au bout de onze minutes.

Du sang tiré d'un pleurétique, chauCfé au bain-marie à 120o (48o 89 G.) fût entièrement coagulé en sept minutes. Une autre portion maintenue à 98o (36^67 C.) demeura notablement en ret«ird.

Enfin, du sang tiré à un individu bien portant fut divisé en trois parts. La première, abandonnée dans une chambre à une température moyenne, se coagula en cinq minutes. La seconde, chauflée à I20o, fut coagulée en moins de trois minutes. La troisième, soumise à l'influence d'un mélange réfrigérant, descendit à 40o (4» 44 C), et au bout de vingt minutes était encore parfaitement liquide. On la laissa dans le mélange, convenablement renouvelé, et la C(«aguIation marcha si lentement qu'au bout d'une heure dix minutes elle n'était pas encore complète (2).

(n J. Honter, OEuv. eomplèUi, 1 111, p. lOO.

(t) Scttdaniore, Eitay on îhê Blood, 1834, p. 19 et soiv.

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