‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 5 sur 65 · DU CORPS HUMAIN EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU CORPS HUMAIN EN GÉNÉRAL

Le cori>8 humain, considéré dans son ensemble et d'une manière générale^ n*a pas jusqu*à présent fixé suffisamment Tattention des anatomistes. La plupart n'en ont rien dit, d*autres se sont contentés de considérations banales et sans portée scientifique ; et c'est aux recherches entreprises sous le point de vue des beaux-arts, de l'hygiène et de la médecine légale, qu'il faut recourir le plus souvent pour combler cette lacune de nos traités d'anatomie. On verra cependant à quels résultats intéressants a déjà conduit cette étude, dont Timportance n'avait pas même été soupçonnée dans nos écoles.

Nous examinerons le corps humain d'abord à Tétat adulte, sous le triple rapport de ses formes extérieures, de sa stature, et du volume qu'il peut acquérir ; puis nous suivrons ses variations dans la série des âges, et enfin dans son développement embryonnaire.

S l«r. — De la forme extérieure du eorps.

Au premier coup d'œil jeté sur le corps humain, on s'aperçoit, malgré la variété de ses formes, que plusieurs de ses parties sont calquées les I. 1

unes sur les autres, de manière à ae répéter pltis ou moins exactement ; en un moi} qu*ii est constitué par U réunioa de parties plus ou moins symétriques, La symétrie est particulièrement remarquable entre sa moitié droite et sa moitié gaucbe ; elle eibte encore^ bien que moins é Y] dente j entre la moitié supérieure et la moitié inférieure ; enfin quelques écrîTains en ont cherché des traces enti e la moitié antérieure et la moitil postérieure^ mais elles sont si fugitives et si incertaines que nous ne nous en occuperons pas.

Le dualisme latéral e^t surtout prononcé à Textérieur; et divers points du corps présentent sur la ligne médtane de^ indices qui semblent accuser la réunion des deux moitiés séparées dans Forigine. Cette idée théorique acquiert pins de consistance par rcxamen de certains vices de conforma* Uon, consistant dans des scissions sur cette ligne médiane ; et pour le système osseux, par exemple. M, Serres Ta presque iait monter à Fétat d'*ëvidence. Nous rechercherons plus tard jusqu^'à quel point elle est fondée; il nous sufEt à présent de constater cette division du corps en deux moitiés latérales, séparées, surtout li rextérieur^ par une ligne médiane.

Cette ligne médiane a été longtemps pour les chirurgiens Tobjet d'une crainte particulière ; déjà Paul d'Ëgine évitait le raphé pdrinéal ; on lit dans Rhazès, que le raphé est tràs-mortel, permcahile; et pendant près de dix siècles, cet étrange aphorisme a été accepté sans contradiction (i ), Loin de là, de nos jours on regarde en général la ligne médiane

toute particulière à ce qu^il ne s'en forme pas une seconde ; et que le plus sûr est de porter un bandage double pour soutenir le canal inguinal sain. Mais, dans une foule de circonstances, les deux moitiés latérales du corps paraissent jouir jusqu*à un certain point d*une vie propre et indépendante. La ligne médiane sert de barrière à certaines maladies ; le plus ordinaireDMit la migraine se borne à un côté de la tête ; le zona qui ceint complètement une moitié du tronc, s'arrête brusquement aux limites de l'autre moitié. Enfin le plus souvent, soit peut-être dans leur nutrition, soit dans leurs maladies, ces deux moitiés diffèrent et sont en quelque sorte en antagonisme l'une avec Fautre.

Le développement plus prononcé de la partie droite se trabit par Tinstinct qui nous pousse à nous servir plutôt des membres de ce côté que de ceux du côté opposé. Sans doute Texercice qui en résulte contribue à leur donner cet excès de force ; mais il existeit dès Torigine, et c*est en vain qu*on s'obstinerait à regarder comme cause Thabitude qui n'est ici que l'effet. 11 y a d'ailleurs une assez grande proportion de gaucbers, et même quelques ambidextres. Ainsi, sur 182 individus du sexe masculin que j'ai examinés sous ce rapport au bureau central, afin de voir si la prédominance de l'un des côtés du corps influait sur la production des hernies,

j'ai trouvé

160 droiUers parfaits,

15 gauchers,

2 ambidextres parfaits.

Des cinq autres, deux étaient ambidextres, mais se sentaient un peu plus de sûreté dans la main gauche que dans la droite; les trois derniers éteient droitiers ; seulement l'un éteit plus fort de la jambe gauche; un second, se ser?ant de la main droite pour toutes les autres fonctions, ne lançait les pierres qu'avec la gauche; et le troisième préférait l'épante gauche pour porter des fardeaux. On peut apprécier par ces chiffres, sans doute un peu restreints, les variétés qu'ofljre le développement réciproque des moiUés droite et gauche du corps. Dans le plus petit nombre des cas, ce développement est égal ; dans un petit nombre encore, la différence est peu sensible, certaines parties à gauche l'emportant sur celles de droite, et vice versft ; une fois sur douze, la moitié gauche est plus développée ; et dans l'immense nuyorité des cas, c'est le côté droit qui l'emporte. Sur 33 femmes, je n'ai trouvé ni gauchère, ni ambidextre.

Si cette prédominance est originelle et non acquise, on voit combien est futile le précepte que la plupart des écrivains en chirurgie ont mis au début de leurs ouvrages. Il faut que le chirurgien soit ambidextre, est un

non-aens répété sans rêûeiioQ depuis Céisé jusqu'à nous. Heureui celui qui lient de la nature uiiê main gauche aussi 3Ûre et Terme que la droite ; mais lorsqu^'on n'a pas cet arantage, il ^st impossible de l'acquérir, Od parvient bien h. faire eiécuter à la main gauche certaines opérations,

telles que la saigfnée, rabâîssemeut ou TËitradion du crislalltn ; mais toujours avec moins de sécurité potir le chirurgien, et plus de danger pour le malade. Pour donner à la main gauche Th^bileté qu^elle n^'a pas, il Taudrait l'eiercer cxclusiTcment, aui dépens de la droite, et finir peotétre par avoir dem mauvais ouliU au lieu d'un bon- Les individus amputes du bras droit, acquièrent à la vérité la force et l'adresse qui leur manquaient dans la main gauche ; mais c'est que tout Texercice se fait dé* sormais avec cette main, et qu'elle attire à elle les matériaux de nutrition autrefois destinés aux deux bras. La conséquence de ceci e^t, qu^au lieu de se fatiguer la main gauche à des opérations pour lesquelles elle sera toujours peu habile* il faut ramener les procédés opératoires dans le domaine de la main droite ; et c^est ce que f ai lâ.ché de faire pour toutes les opérations qui se pratiquent sur les yent.

Celte inégalité de vigueur dans les deux moitiés du corps ne saurait exister sa^ns quelque différence dans le volume* On sait qu'en général le bras droit est plus gros que le bras gauche; la main droite plus longue et plus forte. L'examen d'une assez grande quantité de crânes m'a forte-

sitioDS fâcheuses à diverses maladies, ou des difformités réelles. A la symétrie imparfaite du rachis, se rapportent évidemment^ comme M. Serres l'a fait remarquer, la cause première de certaines incurvations de la colonne épinière, et la raison de la fréquence des incurvations à droite, opposée à la rareté des incurvations à gauche ; proportion bien remarquable, car il avance que sur 100 déviations^ à peine en trouvc-t-on une qui ait lieu à gauche (I). En effet, sur un nombre assez considérable de déviations du rachis pour lesquelles j*ai été consulté, je n'en ai encore vu qu'une du côté gauche ; et d'après des renseignements que j'ai pris près de plusieurs orthopédistes, la proportion des courbures gauches ne dépasserait pas 2 à 3 pour 100. Enfin, ne serait-on pas tenté de rapporter à la prédominance plus constante du côté droit chez les femmes, leur prédisposition plus marquée aux déviations du rachis?

La même disparité peut se retrouver dans les os des membres. Dans^ un examen médico-légal, fait par MM. Laurent, Noble et Vitry, du squelette d'un adulte, la mensuration des deux clavicules et des deux humérus fit voir une différence de quatre lignes pour chacun de ces os au profit de ceux du côté droit (2). Nous trouverons plus tard l'application de ces faits importants ; ajoutons seulement qu'une pareille atrophie originelle, qui n'est encore pour le membre supérieur qu'un défaut (kcile à dissimuler, devient au membre inférieur la cause d'une claudication qui échappe à toutes les ressources de l'art, et qui, si on ne la corrige par des moyens mécaniques, entraîne presque inévitablement une déviation de la colonne épinière.

Là ne se borne point l'influence de ce moindre développement du côté gauche. Cest par là que s'expliquent de nombreux vices de conformation, répartis de telle sorte, que ceux qui accusent une plus grande vitalité, comme l'adjonction d'organes surnuméraires, se trouvent de préférence sur le côté droit, tandis que tout ce qui révèle une action moins énergique, les atrophies partielles ou même totales, les défauts de réunion, etc., sont l'apanage du côté gauche. Le bec-de-lièvre se rencontre plus souvent à gauche qu'à droite. Sur 91 pieds-bots, M. V. Duval en a compté 60 à gauche ; les luxations congénialcs du fémur siègent pareiUe-

(t) Serres, Recherches d'anat. transcendante et pathologique, dans les Mém. de Vlnstitut, 1832, t. XI, p. 748. ~ V. aussi Cours d*anat.génér.,^hr M. Serres, recDeUli par la Gaxetie des hôpit,, dans les numéros du 22 déc. 1835, des 5, 19, 21, 26 et 28 Janv., et des 11 et 25 fév. 1836.

(2) Orûla, Méd. légale, t IV, p. 353.

Q AiNATOMIE CHIRURGICALE.

mâni à gaucbe de préfëreGce (t), et cette règle générale s'appltqil plupart des cas particuliers.

Enfin, ce n'est pas seulement durant la vie embryonnaire, que 1 blesse relatiTe du côté gauche enlraiae des conséquences fâcheusei lasanld ou le bien4lre de rindividu; la pathologie donne ici les m râultats que ranatomie et la physiologie- Le côté gauche, à pal fariëtéB de grandeur^ d'étroUesse et de volume qu'il présente, esi soumis aux influences morbides que le cdlé droit. Le Taricocèle exemple, est tellement fréquent à gauche , que sur i^O opérations | quées pour cette affecUon, Breschet ne TaTait rencontré à droite q seule fuis (2). Les bubons vénériens se montrent plus fréquemment I che; sur 100 malades affectés de ce sympidme, il seulement les por à droite (3). L'orchite blennorrhagique affecte lu même préfèrent ^t est devenu vulgaire à Th^pital des vénériens.

Toutefois il ne faut pas outrer ces inductions et les regarder 04 Lûujours infailtîbles. D'abord, si l'on n'a affaire qu'à des chiffres trc nombreui^ on peut très^bien rencontrer des séries qui donnent é sultats tout contraires. Ainsi M, Desruelles, sur 62 orchites simj trouvé le côté droit plus souvent atteint que le gauche dans la prop de 2 à 1 {A). Ti'op souvent aussî^ en se fiant à de vagues souvenii écrivains ont donné comme des faits des opinions assez légcrcmenl seSj et que la rigueur des chiffres est venue démentir* J'ai en professer à Dupuytren que les varices alTcctaient la jambe gauo préférence à Taulre; et les anatomistes eïplîquaient le fait par la pression queFS iliaque exerçait sur la veine iliaque primitive. M, R a trouvé cependant la phlébeclasie seule ou bien plus considérable, à droite, 13 fois seulement à gauche (o}. Ainsi encore pour les ulcèn jambes^ regardés comnrte si fréquents à la jambe gaucbe, Pareni>D telctadonné des chifi'res qui^ tout en appuyant Topinion reçue, lui cependant beaucoup de son Exagération, Sur 310 cas d'ulcèreSj ij trouvé 270 seulement à la jambe gaucbe, 240 à la Jambe droit

[I) Duval, Traité prai. dupied-hût; Malgalgne, Traiîé des luscai., p» 2ï8, (1) Mal g R igné, Déi tum4urs du cùrdon 9pern\âL, thèBe de conc, 1848, p, t (3) DesroellcB, Secùnd mémoire t%r les résuttaU tQmparatifs obtenus pi divfTi mùd€M de traitement mercuritî et sans mercure, etc^ et dans ]^ Méi d£méd.f de chirurg. eî de pharm, miliL, U WYU, p, JSO* {^} Op. eli,, p. Ï42 et îâ*,

(5) Dissert. sur la phlébectaiie, thèse Inaug.; Paris, 1824. p. IT. iê) Hichêrchex sur ta cause de$ ulcères aux jatn^iSt Ànn. d^h)fg, pu&l* iBâO, t/lV, p. 239.

M. Serres a allégQé que la fistule lacrymale est plus fréquente à gauche qu'à droite,ce qu'il attribue à Tétroitesse relative du canal nasal gauche ; la chose est possible, mais demande encore à être démontrée. Le même auteur avance que sur 20 coxalgies on en rencontre au moins 48 à gauche. Or en relevant, dans la thèse de M. Maisonneuve, toutes les coxalgies dont le siège est indiqué, j'en ai trouvé 34 à gauche, 26 à droite. La différence existe, mais réduite à de bien moindres proportions.

Au contraire, les lésions chirurgicales par causes extérieures, ou encore celles qui exigent des efforts musculaires pour se produire, sont généralement plus fréquentes dans la moitié droite du corps. Dupuytren m'avait communiqué deux tableaux inédits, l'un des fractures reçues à l'Hôtel-Dieu en l'an XII, l'autre dressé par M. Bourgery pour 1818; en y joignant un troisième relevé des fractures entrées en janvier 1830, que je dois à M. Brun, on arrive à un total de 284 fractures précisées, sur lesquelles 166 affectaient le côté droit, 1 18 le côté gauche.

Cela est plus marqué encore pour les hernies. Monnikoff, à Amsterdam, sur 1359 hernies inguinales simples, en avait observé à droite 922, à gauche 437. Mathey, à Anvers, en trouvait 126 d'un côté sur 71 de Fautre (1). La société des bandages, à Londres, M. J. Cloquet, à Paris, sont arrivés à des résultats analogues. Moi-même, au bureau central, sur 136 hernies inguinales ou crurales simples, chez les hommes, j'en ai trouvé 87 à droite, 49 à gauche; et sur 194 hommes atteints de hernies multiples, 97 avaient eu la première hernie du côté droit, 61 du côté gauche ; chez les autres, leur apparition avait été simultanée. Je sais bien qu'on a essayé d'expliquer autrement ces diverses proportions des hernies selon les côtés du corps; mais après avoir fait de ce sujet une étude spéciale, je suis demeuré convaincu que la prédominance du côté droit du corps était encore la cause prédisposante la moins sujette à objections ; et par exemple, ayant pu étudier chez 17 gauchers le mode de développement des hernies primitives, j'ai trouvé qu'il s'en était montré 10 à gauche» et 7 seulement à droite. Mais ici encore il faut se rappeler l'incertitude des séries trop peu nombreuses ; ainsi je pense que les luxations suivent la loi des fractures et sont plus communes du côté droit; cependant, à côté d^une série de 89 luxations à rHôtel-Dieu, dont 50 siégeaient à droite, j'en ai rencontré une autre de 83 à Saint-Louis, dont 48 à gauche (2). Pour les hernies mêmes, j'ai recueilli sur des femmes une série de 111 hernies

(1) Richter, Traité des kermei, trad. par Rougemont, 1. 1, p. 15 et 16.

(2) Malgaigne, Traité des iMxatùms^ p. 10.

» ANATOMIE CHIRTJHGICALE.

inguinales primitires, dont (iO à gauche; Undis que sçet une autre iérie de 6t crurales, il 7 eu avait 36 à dmte (1). •« • .

n y a une autre sorte de symétrie entre la moîtii! supérieure et la moitié inférieure du corps, mais déjà fort éloignée à l'extérieur, et à Tintérieur plus encore. Les anatomistes ont fait d'ingénieux eiï^Lirts pour rapprocher les ùSj les muscles^ les vaisseaux du membre inférieur de ceux du membre supérieur ; et ily a, en elTet^ entre T humérus et le fémur, entre la rotule et Tolé crâne, entre la partie inférieure du tibia et celle du radius des analogies an atomiques qui se retrouvent aussi en pathologie^ et que j^aurai soin de signaler. Quant aux ressemblances forcées que Ton a voulu établir entre le bassin et la tête, aussi bien qu'entre les organes génitaux et certains organes supérieurs, ce sont des subtilités ou il n'y a rien k gagner pour Tart ni pour la science. Il y a bien, à la vérité^ quelques sympathies entre le larynx et les organes génitaux, surtout pour ce qui regarde le développement ; j'ai fait voir que le nez avait avec les derniers des contieiions non moins étroites (!£); et ce rapport avait même déjà frappé les anciens : <& No sa tut ex naso quùnta sit hasta viri. a Mais cela ne suffit pas assurément pour comparer le nez à T urètre et au vagiri^ comme a fait sérieusement MeckeL Cette théorie^ dite des homalogues^ a cependant donné lieu à une tentative assez singulière et qu'il est de notre sujet de faire connaître.

Weber établit en principe que les formes et les dimensions de la tête

entre le déTeloppement du bassin et celui de la tête, mais entre toutes les parties du tronc ; et M. Yelpeau dit même avoir spécialement remarqué, après madame Lachapelle, que plus le haut de la face est saillant, plus le bassin est large ; mais il y a loin de cette vue générale aux particularités annoncées par Weber ; les bassins les plus viciés se rencontrent souvent avec des têtes ordinaires, et M. Yelpeau a vu également les bassins les mieux conformés coïncider avec les crânes les plus difformes.

Mous avons montré les deux moitiés latérales dans une sorte d*opposition pour la vigueur et le développement. Un antagonisme de même nature se remarque entre la moitié supérieure et Tiaférieure, et celle-ci jouit évidemment d*une énergie vitale bien moindre que la première ; non que la plupart des organes qui la composent arrivent à un moindre volume que ceux de la moitié supérieure ; loin de là ; Fabdomen l'emporte en largeur sur la poitrine, la cuisse est plus grosse que le bras. Mais pour ce qui regarde les viscères, les plus essentiels, les plus nobles, si Ton peut ainsi parler, siègent à la partie supérieure ; pour les membres, cet accroissement matériel se fait plus tard que celui des membres supérieurs ; et la texture des organes offre plus souvent des défauts dans son développement primitif ou des vices de conformation, comme plus tard elle opposera moins de résistance aux causes morbides et moins de puissance pour les réparer.

Ainsi, en comparant les difformités originelles que le corps humain peut présenter, on est surpris de la large part qui a été faite à la moitié inférieure du corps. Là, sont les imperforations de Tanus, du vagin, de Turètre; le spina-bifida en arrière, Textrophie de la vessie en avant, les luxations congéniales du fémur ; les pieds-bots ont à peine quelques cas rares d'affections analogues dans les membres supérieurs. La proportion des maladies acquises n'est guère moins remarquable. Sans parler de la nombreuse famille des hernies, les inflammations et les ulcérations des organes génitaux dépassent en nombre celles de l'œil, des narines et de la bouche prises ensemble. Les ulcères sont une affection presque spéciale des jambes ; l'ongle incamé ne se voit guère qu'aux pieds ; les plaies des membres inférieurs résistent plus que les autres à la cicatrisation. Les varices se rencontrent à peine dans la moitié supérieure du corps ; Tanévrisme de Tartère poplitée est plus fréquent que tous les autres anévrismes des membres réunis ; cette redoutable affection, que Dupuytren attribuait à une artérite, la gangrène sèche ou sénile, n'a encore été observée qu'aux jambes ; la sciatique n'est pas moins commune entre toutes les névralgies. Les affections articulaires des membres supérieurs, sans

être bien rares, ne sauraient cependant être comparées poar la fréq âui coxaJgies, m% tumeurs blauchesdu genou et du pied ; et la g< aussi une préférence marquée pour l'articulation du gros orteiL quand unâ d la thèse cancéreuse rend les os plus fragiles, lorsque li grès de l'âge s'y font sentir par le ramoUissemeut et Taffaissemenl e«t la suite, c'est encore aux membres lufémeursque ces effets se p cent davantage^ Sans donte^ pour quelques cas, on peut accuser la p décliTe de ces membres, le poids du corps qu'ils ont i supporter^ 1 du sang veineux obligé de remonter contre son propre poids ; tandis ' membres thoraciques \ûs troncs veineux , en redescendant dans 1 trine, forment noe sorte de siphon dont le mtScanisme favorise la p sion du liquide; mais pour la plupart des alîections qui viennent énumt^réesj on ne saurait trouver une raison de leur préférence \ moitié inférieure du corps, cl spécialement pour les membres al naux, que dans la faiblesse vitale et originelle do ces membres.

t 3. — lie 1» alatnre de Vbomina (1).

La stature de rhomme parvenu au terme de sa croissance, varie coup suivant les races, les sexes, les individus. Suivant Tenon, qui avoir écrit sur des données positives, les Lapons» la plus petite milles humaines, auraient communément de 1 m* 30 à l m, 46 ; l moyenne serait chez eux, pour rhomme, de i m. 38* Les Patagons, à Tautre extrémité de récbelle^ auraient communément de l m, m. 03 ï en sorte que la taille normale de Tespèce humaine varierai 1 m. 30 et 2 m. Q3. Au dire du même écrivain, les Laponnes ne si très-peu plus petites que leurs maris ; tandis que les Patagons ont i centimètres de plus que leurs femmes (2).

Dans rCurope civilisée^ ces tailles si hautes ou si réduites se ] tenl encore, mais leulemeut comme des exceptions. On a cru voir * nations o liraient quelques différences sous ce rapport ; et M. Lepelleti

(1) Consalteî i Exiraii des noUs manuscritu relatives à ta iîaUtn poids de i*hQmme, pur Tenon, publié par M* VULermé, dans leâ Annales à de méd. iégak. Parte, 1853» l, X, p* 27. — Mém. si*r la îailU de Vhof France, par M. VHlermé, même journaL Paris, iS29,t. 1, p- asi, — Sur l moyenne dû t'homme dans les Mies et dans les campagnes, efc*, par 1 tfilet, même journal, Paris, isao, tp Hl, p. 14 »

(2) Comme J'ai ramené Ica cbitTres de Tenon et tous ceux qui vont m aystÊme métrique» \[ est bon de rappeler que le mètre vaut 3 pleda 1 1 U( cenliinètre environ 4 lignes et demie. Une plua grande rigueur n'est pas né\

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