‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 7 sur 65 · DE LA TAILLE DE L'HOMME · texte numérisé non relu

DE LA TAILLE DE L'HOMME

troisième arrondissement, qni comptent parmi les plus riches, offrent une taille moyenne de 1 m. 69 ; tandis que dans le onzième et le sixième, qui sont des plus pauvres, la taille moyenne ne ya pas à 1 m. 68.

Si j'ai pris la peine d'établir si laborieusement ces données, c'est pour montrer avec quelle réserre il faut conclure, lorsqu'on attribue à la taille plus ou moins élevée une influence quelconque sur la production de certaines maladies ou infirmités. Si Ton en cmit Fournier-Pescay, par exemple, ceux qui ont visité un grand nombre de militaires ou de recrues pour la réforme, ont remarqué que les hommes d'une plus haute stature sont plus fréquemment affectés de hernies que les autres (1) ; remarque intéressante, que nul autre auteur, que je sache, n'avait faite avant lui. J'ai voulu la vérifier, et dans ce but j'ai noté la taille de 78 hommes qui venaient au bureau central chercher des bandages pour leurs hernies, ils se rangeaient suivant leurs tailles de la manière suivante :

De l«32 1

De 1 49 à 1 57 9

De I 60 à 1 61 5

De 1 62 , 18

De 1 65 8

De 1 68 10

De 1 70 6

De 1 73 8

De 1 76 18

De 1 79 8

De 1 81 à 1 87 2

Total 78

En acceptant pour moyenne la taille indiquée par M. d'Hargenvilliers pour toute la France, la prédisposition notée par Fournier-Pescay est tellement frappante, qu'il y a lieu de s'étonner qu'elle n'ait point été notée jusqu'ici. Mais si Ton prend la moyenne parisienne, fût-ce celle des derniers arrondissements, qui atteint à peine 1 m. 68, on ne trouvera dans les tailles supérieures que 32 hemieux sur un total de 78 ; moins de moitié. Ce qui n'empêche pas que l'assertion de Fournier-Pescay n'ait une très-réelle valeur, surtout si Ton considère le petit nombre des hernieux au-dessous de 1 m. 62, lorsque plus de moitié de notre population à 20 ans n'atteint pas cette taille, et l'énorme proportion des hernies sur les sujets de 1 m. 70 et au-dessus, tandis que les hommes d'une si haute stature ne forment pas à 20 ans le onzième de la population mftle de cet

(1) Journal un%v0rt9l des icimees médicalHf décembre 1818, p. 300.

âgé- Et cette prédtspo&itïou des iaîllea élevées a contractËf des heroies n'est-eUe pas cocttirmiie encore par la rareté de celte aQectîon chez Ici femmes, dont la stature moyanne ne dépasse guère 1 m. 5J ?

On peuse'ea général que la croissance est achevée à 20 ans ; c^est même sur cette notion qu'est basée la loi française du recrutement. Toutefois cela n'est pas exactement vrai* Ainsi, par la comparaison de diverses levées d'iiommes, M. Villermé avait été amené à conclure que, dans certaines localités du moins^ où la taille est fort rabaissée, les individus qui n^dltcindront pas au delà de l m* 54 n^y arrivent guère qu'^à 22 ou 23 ans. M. Que tel et a fait voiff par le tableau suivant, que la croissance s'opère encore quelquefois paasé 25 ans. Les chiffres qu'il cite se rapportent à uoe grande levée qui se ût en Belgique vers ISiS; pour chaque âge de Id^ de 25 et de 30 ans, il a réuni des séries de cent individus^ et chaque cbif-^ fre exprime la moyenne de leur taille.

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