ÂGES
Diamètre Iransverse.
•2 a 'lans. o
lig.
Rayon postérieur oblique.
2 lig,
à 21.^ ïà3
Ravon post.^ Rayon anlédirect. rieur direct.
1 lig.
àl 1.
A travers les différences qui se rencontrent dans ces deux tableaux , on saisit cependant suflisamment celte sorte de loi du développementdela prostate, qu'il se fait plutôt sur les côtés que selon l'axe antéro-postérieur. Elle s'accroîtrait également fort peu en longueur, si l'on s'en rapporte aux chiftVes de Deschamps ; il a trouvé pour la longueur de la portion prostatique de l'urè» tre, chez les sujets entre trois et huit ans, neuf à dix lignes; entre huit et seize ans , onze à douze lignes ; entre seize et quatorze ans, treize à quinze lignes ^1); mais il faut n'accepter ces chiffres qu'avec une certaine méfiance. J'ai dit, par exemple eu traitant de l'urètre , quelle longueur moyenne j'avais trouvée à sa portion prostatique.
Il no faut pas croire d'ailleurs que la prostate dans le jeune âge soit beaucoup plus dilatable que chez un adulte. Sur un enfant de quatre ans, Deschamps a essayé de la dilater, sans incision
(I) DMchampi ; t. I", ^. 59. — H. Bell , TWw tncuj. ; Pârii.
S28 ANATOJIIE CHIRURGICALE.
préalable, avec le gorgeret et le petit doigt, puis avec le doigt indicateur et une petite tenette ; quoiqu'il eût pris toutes les précautions imaginables^ le col de la vessie était déchiré dans la longueur de trois à quatre lignes , et la pointe de la prostate également déchirée. Sur un sujet de sept à huit ans, on introduisit seulement le gorgeret dans tonte l'étendue du col; celui-ci fut fendu dans toute sa longueur , et la pointe de la prostate désoiganisée. Chez un autre sujet du même âge , on essaya d'extraire une pierre de huit lignes de diamètre; la prostate avait encore souffert davantage. Ce que jai rill des procédés ordinaires de la taille périnéale serait donc tout aussi applicable aux cnfans qu'aux adultes , si , par les raisons déjà alléguées et par d'autres considérations anatomiques qui regardent la disposition de la vessie , cette taille pour le premier âge ne me paraissait devoir être absolument rejetée.
Nous avons vu quelles étaient les dimensions de la prostate dans l'âge adulte ; il restait à faire les mêmes recherches sur lu prostate des vieillards ; 31. IMercier s'est chargé de cette tâche, et il est arrivé aux résultats suivans (1).
Dans la grande majorité des cas, la prostate chez le vieillard est le siège d'une hypertrophie plus ou moins considérable. Sou tissu est d'un blanc mat, quelquefois jaunâtre, dnr, presque lardacé , mais jamais M. Mercier ne l'a trouvé squirrheux ; et le prétendu squirrhe de la prostate , si souvent accusé par les auteurs, doit être au moins une affection très rare. Malgré sa dureté , le tissu prostatique chez les vieillards est très friable et très facile à pénétrer, ce qui impose au chirurgien qui pratique le cathétérisme la plus grande circonspection. M. 3Iercier n'a pas songé à examiner sa dilatabilité sous le rapport de l'extraction des calculs ; il paraît , d'après les expériences de Dcschanips , qu'elle ne diffère pas beaucoup de ce qu'elle est dans l'âge adulte.
L'hypertrophie envahi» la prostate, tantôt en entier, tantôt seulement dans certaines portions ; le plus souvent même ces deux modes se trouvent réunis. Lorsque l'hypertrophie' est le plus uniforme, la face antérieure de l'organe est assez régulièrement arrondie, seulement un léger sillon la parcourt de haut en bas sur la ligne médiane ; la face postérieure, au contraire, est creusée d'un sillon assez profond dont les bords latéraux s'efTacent insensiblement, mais qui, toutefois, ne se prolonge pas sur la portion transversale de la prostate. Celle portion transversale est très petite chez l'adulte ; elle acquiert chez le vieillard un volume
(1) Mercier, Recherches analumiquei sur la protlate dei vieillard»; BulUtitis de la Société anatomique, 1836, p. 12. ^ - -^ -^ »"*i •' i »'i
considérable, et c'est peut-être pour ne l'avoir étudiée que chez de vieux sujets qu'on lui a donné le nom impropre de troisième lobe. Les lobes latéraux, qu'on ferait mieux aussi d'appeler portions latérales , aujjmentent également dans tous les sens, mais surtout du côté de la vessie; ce qui accroît la saillie de la prostate dans cet organe et la profondeur du bas-fond vésical.
La portion antérieure et la portion postérieure de la prostate, intermédiaires aux masses latérales, restent donc eu arrière dans ce large développement , et la loi que j'ai posée tout à l'heure trouve à s'appliquer jusque dans le dernier âge. Déjà Deschamps avait remarqué que, tandis que l'épaisseur des parties latérales et la hauteur totale de la prostate augmentaient de 2 et même 3 lignes chez les vieillards, l'épaisseur de la partie antérieure et de la partie postérieure demeurait stationnaire. Il assignait à la partie antérieure deux lignes et demie d'épaisseur, à la partie postérieure, trois lignes ; ce qui contrarie déjà beaucoup les chiffres posés par M. Senn. Mais M. Mercier va beaucoup plus loin ; selon lui, la réunion antérieure des deux lobes de la prostate varie entre 4 et 7 lignes chez les vieillards , tandis que, même sur des prostates extrêmement volumineuses, il n'a jamais rencontré que deux ou trois lignes au plus d'épaisseur en arrière. Il est fâcheux que chacun de ces auteurs ait négligé de nous dire et le nombre et l'iîge précis des sujets qu'ils ont disséqués, et même la méthode de dissection qu'ils ont suivie ; on aurait ainsi un fil conducteur pour se retrouver dans ce chaos d'assertions contradictoires. J'ai examiné, par exemple, plusieurs prostates hypertrophiées, disséquées avec le plus grand soiu par M. Anuissat ; la portion postérieure y est réellement fort mince , mais la portion antérieure l'est bien plus encore, les lobes n'étantlà réunies que par des tissus fibreux ou musculaires ; et je crains que M. ÎMercier n'ait été séduitpar quelques cas exceptionnels, lorsqu'il attribue à cette portion plus d'épaisseur qu'à l'autre.
Au reste, un fait sur lequel tout le monde est d'accord, c'est que l'hypertrophie de la prostate augmente à la fois et la longueur et le calibre du canal qui la traverse. M. Mercier veut que cette dilatation se fasse uniquen\cnt d'avant en arrière ; d'un côté à l'autre, dit-il , le canal a ses parois contigués et est connue aplati transversalement. Je ne saurais non plus admettre cette assertion comme règle générale.
L'hypertrophie de la portion transversale, ou troisième lobe, augmente singulièrement la sailliedela valvule pylorique ; aussi, pour franchir cet obstacle, est-il besoin de relever fortement le bec de la sonde, ou même de recourir à une sonde d'une forte courbure.
tW ANATOMIB CHIRURGICALE.
Les moyennes épaisseurs de la prostate à l'état d'hypertrophie sont difficiles à donner, tant les cas particulieis diffèrent. Voici des mesures prises par M. Mercier sur une prostate unique, mais qui pouvait passer pour un type de l'hypertrophie uniforme.
Hauteur des lobes latéraux 18 ligues.
Diamètre transversal 22
Diamètre antéro-postérieur 17 1/2
Epaisseur de la portion antérieure 5
— de la portion postérieure 2 lj2
Diamètre antéro-postérieur de l'urètre 10
Epaisseur de la portion transversale 8
Dislance de la valvule pylorique à la portion membraneuse de l'urètre 19
La portion transversale de la prostate est la plus sujette à s'hypertrophier isolément ; et tantôt elle ne fait qu'augmenter la saillie de la valvule pylorique ; tantôt elle produit à la partie postérieure du col une tumeur qui , à l'état rudiinentaire, a été décrite par Lieutaud sous le nom de luette vésicale , mais qui , plus volumineuse, peut acquérir le volume d'une noix, d'un œuf, et obturer l'orifice supérieur de l'urètre à la manière d'une soupape. Quelquefois il y a plusieurs de ces tumeurs ; et tantôt elles sont pédiculées, tantôt à large base, et leur tissu ne diffère pas de celui de la prostate.
Les lobes latéraux peuvent aussi se développer à part ; mais , chose assez remarquable, M. Mercier n'a jamais vu d'hypertrophie isolée du lobegauche. Au reste ce point touche à l'anatomie pathologique ; je me bornerai donc à reproduire la principale conclusion à laquelle M. Mercier a été conduit, et par le raisonnement et par des observations, savoir : que les dysuries produites par le développement de la prostate, le sont par des hypertrophies partielles, tandis que l'hypertrophie générale s'accompagne plutôt d'incontinence d'urine.
3° Déceloppement de la vessie. L'origine de la vessie urinaire dans l'embryon est encore un sujet de discussion pour les anatomistes. Quelques uns la font venir de l'allantoïde ; et celle-ci serait le réservoir de l'urine que l'ouraquo y anjèncrait de la vessie ; mais l'existence constante de l'allantoide est déjà fort douteuse, et il n'est pas mieux démontré, lorsqu'elle existe, qu'elle cominu nique avec l'ouraque. D'autres croient qu'il existe un long canal étendu de l'intérieur de l'abdomen jusque dans le cordon ombilical ; <e canal , d'abord uniformément étroit, s'élargirait à sa partie inférieure pour former la vessie, tandis que la partie supérieure, ne prenant pas le même développement, cou-
DO BASSIN. sub-
stituerait l'ouraque. Mais cette théorie semble contredite par lé vice de conformation le plus fréquent de la vessie, savoir, Ve:i^ trophie, dans lequel toute la réf;ioii antérieure de cet organe man-' que; ou du moins faudrait-il admettre, selon les idées de M. Serres , que le canal d'origine se forme lui-même par la réunion de deux moitiés latérales, et que c'est l'absence de soudure à la partie antérieure de ces deux nioitiés qui empêche la paroi abdominale de se réunir et qui produit l'extrophie. Comme l'ouraque est soumis au même arrêt de développement et qu'il traverse i'ombilic , il en résulte que l'anneau ombilical et la cicatrice qui l'obture se trouvent compris en partie dans la solution de continuité de la paroi ventrale ; aussi est-ce en vain que chez la plupart des individus ainsi conformés on cherche sur l'abdomen la cicatrice ombilicale.
Lorsque le fœtus se développe naturellement, ou trouve donc le sommet de la vessie continu avec un canal qu'on peut suivre jusque dans le cordon ombilical, et qui est d'autant plus cons^r, dérable que le sujet est plus jeune. A l'époque de la naissance , l'ouraque est déjà fort atrophié ; cependant Meckel est parvenu à y introduire par la vessie du mercure , (flii s'étendait phis ou moins loin dans le cordon ombilical. D'après cette disposition, rien u'estplus simple que la formation d'une fistule urinaireparrom-r, bilic; il suflit pour cela que l'ouraque ne se soit point oblitéré.
Je ne cacherai pas cependant que tous les anatomistes ne pensent pas de même à cet égard. Sénac avait trouvé l'ouraque composé de quatre filamens dans le fœtus de 5 à 6 mois ; Portai a suivi ces filets jusqu'au col de la vessie ; ils se réunissent en un ligament qui n'aurait d'autre office que de suspendre la vessie. Ce ligament étant entouré par le tissu cellulaire sous-péritonéal , c'est dans ce tissu que s'amasseraient quelquefois des collections de liquide sans communication avec la vessie, comme Portai en a vu et disséqué; et la fistule urinaire à l'ombihc serait le résultat d'une hernie de la muqueuse vésicale dans l'épaisseur du ligament (1). La première théorie paraît au moins plus vraisemblable.
La vessie, dans les premiers temps de la vie, a ime autre forme et d'autres rapports que dans l'âge adulte. Ainsi elle est cylindroide, fort alongée de bas en haut; elle n'est pas contenue dans le bassin, trop étroit pour la recevoir; mais elle se prolonge jusqu'à peu de distance de l'ombilic. Sa capacité est très grande, et lorsqu'elle est pleine^d'urine elle fait une saillie très apparente vers la partie moyenne et inférieure du ventre. Portai a appelé
(l) Portai , Mémoire sur la $tructure et les usages de l'ouraque ehei Vhempu , dans iet Mim. surplus, maladies, X. l", p. 12.
38î ANATOMIE CHIRURGICALE.
Vattention des chirurgiens sur cette position de la vessie au dessus des os pubis ; évidemment pour extraire un calcul , chez de jeunes sujets, la taille hypogastrique mériterait la préférence (1). Portai ajoute, comme une autre l'aison, que la vessie est chez eux très éloignée du périnée. Le coi vésicalu'en est pas beaucoup plus éloigné, proportioanellemeut , que chez les adultes; mais l'étroitesse du bassin, jointe à la petitesse de la prostate, lait que le bas-fond n'existe pas pour ainsi dire. Enfin le péritoine descend très bas derrière la vessie dans le premier âge , ce qui ajoute encore aux dangers de la tadle périnéale ; mais je reviendrai sur ce sujet à l'article du rectum.
§ VII. RÉGION DE l'anus.
1" Limites.
Cette région est limitée eu avant par le périnée, en arrière par le coccyx, sur les côtés par les tubérosités sciatiques ; et entre ces tubérosités et le coccyx par les ligamens sacro-sciatiques, recouverts en partie par le bord inférieur du grand fessier.
l'^Anatomie des plans.
L'anus, placé sur la partie moyenne et antérieure de la région, présente dans son contour une structure spéciale qui sera étudiée à part ; et la succession des couches que nous allons décrire ne concerne que les parties latérales et postérieure. Là, le scalpel détaclie tour à tour :
1° La peau, doublée de son pannicule adipeux ;
2° Le fascia sous-cutané superficiel ;
3" Le fascia sous-cutané profond ; mais en arrière sur la ligne médiane, et en avant tout autour de l'anus, ce fascia est remplacé par le sphincter anal externe ;
4° Au dessous du sphincter et du fascia profond est une couche de gi:aisse , peu épaisse eu arrière et sur la ligne médiane , mais qui va en augmentant sur les côtés , où elle remplit toute la profondeur de la fosse ischio-rectale ;
5" L'aponévrose inférieure du releveur de l'anus, qui porte au périnée le nom d' aponévrose moyenne; mais l'aponévrose superficielle a ses limites, comme il a été dit, en avant de l'anus et sur la ligne qui sépare les deux régions ;
6° Le releveur de l'anus, qui prend eu arrière le nom d'ischio— coccygien , et s'entrelace autour du rectum avec les fibres du sphincter profond ;
7° L'aponévrose supérieure de ce muscle, ou fascia pelvia ;
(l) Portai, Ob$. turla tituaiion det vitaèrei , de; uiOmo rocuoiJ, l. I*>, p. 114.
DU DASSIN. 388
8° Sur les côtés , le tissu cellulaire sous-péritoiiéal et le péritoine ; mais en arrière on trouve une couche épaisse de tissu adipeux placé entre le rectum et la concavité du sacrum et du coccyx , et qui remonte fort haut dans le petit bassin.
Les artères sont, 1° la honteuse interne, dans le court trajet qu'elle fait entre les deux liganiens sacro-sciatiques , tout-à-fadt ;\ la limite externe de la région; 2° Y hémorrhoïdale inférieure, branche de la précédente , qui marche transversalement vers l'anus , en arrière des tubéiosités sciatiques ; souvent cette branche est remplacée par plusieurs rameaux d'un calibre insignifiant ; 3° enfin les dernières ramifications de la sacrée moyenne, qui vient de l'aorte ; et des sacrées latérales , petites branches de l'iliaque interne, qui descendent au devant du sacrum et s'anastomosent par arcades vers le sommet du coccyx.
Les veines accompagnent leurs artères ; il y a cependant une exception pour les veines Iicmorrhoïda les, qui entourent, en forme de plexus , l'extrémité du rectum et de l'anus , et qui se jettent dans la petite mésaraïque , et par elle dans la veine-porte.
Les lymphatiques ont la même destination que ceux du périnée.
3' Considérations spéciales.
La peau de cette région est très fine près de l'anus, assez même ])our laisser apercevoir la couleur bleuâtre du sang des veines f[ui se développent quelquefois en ce point ; mais elle s'épanouit à mesure qu'elle s'en éloigne , surtout en dehors , où elle prend peu à peu la densité et la solidité qui distinguent la peau des fesses. Il en résulte une conséquence assez intéressante ; quand un petit abcès s'ouvre tout près de l'anus et forme une fistule complète ou incomplète , il n'y a pas de décollement de la peau ; l'orifice extérieur conduit tout droit à la fistule ; mais pour peu que cet orifice s'écarte plus en dehors , il est rare de ne pas trouver audessus la peau plus ou inoins largement décollée.
La couche de tissu adipeux qui remplit la fosse ischio-rectale, et cette autre couche qui occupe la concavité du sacrum au-dessus du muscle releveur de l'anus, sont fréquemment le siège d'abcès , tantôt idiopalhiques , tantôt symptomatiques d'une carie des os voisins ou d'une crevasse de l'intestin rectum. A en croire les idées généralement répandues sur la résistance des aponévroses , il devrait y avoir de notables différences entre ces abcès d'après leur siège ; les uns siégeant 1 1 .-^o développant dans les couches sous-cutanées, les autres ayant à franchir doux aponévroses et une couche musculeusc pour se faire jour au dehors. Toutefois, ces derniers sunnontent sans trop de dillicuUé ces
,<^|4 ÀNATOHIE CHIRURGICALE.
obstacles ; et bien plus , on a vu quelquefois les premiers , avant de traverser la peau , perforer d'abord les couches plus profondes et passer dans le tissu adipeux supérieur. Ce sont là des caprices de l'inflaniniation qui les accompagne; l'épaisseur de la peau , à la circonférence de cette région , a probablement aussi quelque influence sur ces phénomènes.
Cette résistance des tégumens pioduit quelquefois un phénomène fort singulier, mais dont l'anatomie donne une expUcation fort naturelle. Le pus , arrêté du côté des aponévroses , tend à passer sous la peau ; il est rare qu'il se porte en avant , tant à cause de la position qu'à raison des adhérences du sphincter anal avec l'aponévrose périnéale superûcielle ; il descend donc en arrière , favorisé en ce sens et par son propre poids et par la continuité du tissu adipeux ; décolle la portion du sphincter qui se rend au coccyx , et remonte dans l'autre fosse ischio-rectale , et comme entre le sphincter et l'aponévrose en arrière l'espace est fort étroit, il en résulte ce que l'on appelle un abcès en bis sac ; c'est-à-dire une tumeur double dont la fluctuation se communique d'un côté à l'autre eu traversant une portion rétrécie (1).
Les abcès qui siègent dans les fosses ischio-rectales dissèquent rarement le rectum, ou plutôt ne produisent cet efl'et f:kheux que quand ils remontent à travers le muscle releveur et ses aponévroses. Les petites dénudations qui ont lieu au dessous du releveur n'affectent réellement que l'anus , et non pas l'intestin. .Les collections situées au dessus sont sujettes, au contraire, à dénuder l'intestin ; et il faut en accuser bien moins les aponévroses que la laxité du tissu cellulaire qui l'entoure. En efiet, les aponévroses empLcheraient tout au plus l'abcès de se porter vers 'les tégumens ; mais elles lui laissent toute liberté de s'ouvrir .dans l'intestin même. (iCS abcès peuvent remonter d'ailleurs dans ■les régions iliaque et lombaire , par la libre communication du tissu cellulo-adipeux de toutes ces parties ; comme on a vu aussi des abcès développés dans ces deux régions glisser le long du sa- Gvlim,et se faire jour dans le rectum ou aux environs de l'anus. Cette facilité de transmission des liquides reçut une déplorable démonstration dans un cas mentionné par M. Blandin et arrivé
(1) Danyau, De» ahcèt à la marge de l'anus; Thèse de concours , Paris, 18S2, «. 27. M. Danyau pense que les abcès supérieurs passent dans lei fosses ischioreclales en franchissant une $orle d'anneau fibrrux que lc$ deux aponévroses forment au dessus du sphincter, et qui enlouie ta fin de Vinlestin. [Ibid, p. 11). Je n'ai pas \u ces deuv anneaux; les aponévroses ^«'aniincissent beaucoup près du rectum et se ronfondeni avec le lissu cellulaire qui recouvre sa tunique musculeuse ; mais l'entrelaccinent des fibres du releveur dans ce point avec les libres des spbinclers, oppose un obsUcle au uioins aussi pui:)saQt que partout aiileur».
il Y a une dizaine d'années. Un inGrinier maladroit , voulant administrer un lavement, perfora avec la seringue l'extrémité inférieure du rectum , et poussa vigoureusement le piston sans s'apercevoir de son erreur. Il y eut une vaste infiltration des régions iliaque et lombaire, qui se termina par suppuialion, et le sujet succomba ; j'ai vu la pièce pathologique à la Société anato-
Quel que soit le siège de l'abcès, il semble au moins que , dès qu*il est ouvert , on a un sûr moyen de reconnaître ceux qui communiquent avec l'intestin, par l'odeurquele pus doit acquérir par le contact des matières fécales. Il s'en faut beaucoup cependant ; très souvent les abcès simplement contigus à l'intestin présentent une fétidité aussi considérable que les autres ; comme s'il y avait une sorte d'endosmose, ou des liquides, ou des gaz intestinaux.
Enfin quelquefois aussi la profondeur de l'abcès et la solidité de la peau qui le recouvre rendent la fluctuation douteuse ; son voisinage du rectum donne un excellent moyen de diagnostic; en enfonçant l'indicateur droit dans l'intestin, et appliquant le gauche sur la peau , on peut ainsi se renvoyer et saisir la sensation de fluctuation mieux que de toute autre manière.
Lors même que l'abcès est simple, cette crainte de la dénudation du rectum ou d'une perforation de l'intestin qui se terminerait en fistule, a fait donner le sage précepte d'ouvrir une issue au pus dès que la fluctuation est sensible; Platner voulait même qu'on incisât la tumeur avant la période de suppuration. Quand celle-ci est très abondante et très rapprochée de l'intestin, on lui a quelquefois donué issue par l'intérieur de cet organe ; mais la crainte d'une fistule a fait adopter plus généralement l'incision par la peau, à quelque profondeur qu'elle doive pénétrer.
Les larges abcès développés dans cette région présentent cette circonstance défavorable, que leurs parois externes sont adossées à des os immobiles, et ne sauraient revenir sur elles-mêmes et se mettre en contact avec les parois internes pour combler la cavité. C'est à celte cause que plusieurs chirurgiens ont attribué la fréquence des fistules qui succèdent à ces abcès ; et alors les uns ont conseillé de tamponner le rectuui pour rapprocher la paroi interne de l'abcès de lex terne ; d'autres, afin de réparer la perte de substance du tissu adipeux , prescrivent un régime succulent pour engraisser le malade; il en est enfin qui, accusant la dénudation du rectum, veulent que quand celle dénudation existe, en même temps qu'on ouvre l'abcès on fende largement l'intestni dénudé. Sans nier l'influence de ces diverses causes, la cause spouianée de bon nombre d'abcès étendus avec dénudation, et «c^h^t des su-
iUllo ÀNATOMiE chthuugicale.
jets maigres aussi bien que chez des sujets gras, démontre qu'il y a ici une autre cause , probablement constitutionnelle , qui empêche les abcès de se tarir.
Mais l'organe le plus important de cette région est l'anus. Il se présente sous la forme d'une ouverture très étroite , arrondie , placée au sommet d'une dépression cutanée en forme d'entonnoir. En général , en écartant les fesses le plus possible , on ne met à nu que les limites de la portion cutanée de l'anus ; la muqueuse demeure cachée aux regards. Lorsque le contraire arrive, et que l'écartement des tégumens laisse voir la muqueuse lâche et déplissée à une profondeur d'un demi pouce et plus, c'est ce qu'on nomme spécialement amis infundibuliforme } et cette disposition, sans fournir une démonstration absolue, est au moins une présomption très grave que l'individu se prête à la pédérastie.
La peau , à mesure qu'elle s'approche de l'anus , devient plus fine, plus adhérente au sphincter, et prend aussi une teinte plus foncée. Elle est criblée de follicules qui sécrètent une matière huileuse et odorante; enfin dans l'ouverture anale même elle oftVe un plus ou moins grand nombre de plis longitudinaux. C'est au fond de ces plis que siègent communément \es Jis sures à Vanus; aussi pour les découvrir est-il essentiel de déplisser successivement toute la circonférence de cet orifice.
Cette circonférence de l'anus a une épaisseur verticale variable suivant les sujets , et qui est en général de trois à quatre lignes. Elle est douljlée , près de la peau , par le sphincter externe , muscle plutôt elliptique qu'orbiculaire, et qui, retenu d'ailleurs en arrière par le coccyx, ne peut guère agir sur l'ouverture qu'à la façon d'une boutonnière. Ce nmscle présente près de l'anus une épaisseur de deux lignes. Les incisions , les pertes de substance qu'on lui fait subir , lèsent assez peu les fonctions de l'anus. Son muscle essentiel est le sphincter interne, anneau musculeux très fort qui semble faire suite aux fibres circulaires du rectum. Cet anneau a trois à quatre lignes de haut sur une épaisseur de deux ou trois lignes ; quelques anatomistes modernes lui donnent une hauteur double ; et lui surajoutent encore de nombreux faisceaux décorés chacun d'un nom particulier ; M. Velpeau , d'après M. Thomson , n'eu compte pas uïoins de sept; en sorte qu'avec le sphincter externe, le rectum posséderait huit sphincters inférieurs. Je ne m'arrêterai pas sur ces subtilités auatomi»|uc&.
Toutefois, ces dissections minutieuses ont fait connaître une disposition assez intéressante du releveur de Tanus. Au lieu d'être un muscle rayonné dont les fibres aboutissent toutes au rectujn,
on a fait voir que ces fibres contournent l'intestin, et vont pour la plupart s'entrelacer en arrière sur la ligne médiane pour s'insérer en définitive au coccyx et au sacrum. Il en résulte que ce muscle, au lieu de dilater l'anus, sert au contraire à le rétrécir ; et l'on sait en efïet que pour resserrer plus fortement l'anus, on le retire en même temps en haut par une contraction instinctive qui ne peut appartenir qu'au releveur.