VIII. DU RECTUM
Le rectum, dernière portion de l'intestin , s'étend depuis le côté gauche de l'articulation sacro-vertébrale jusqu'à l'anus. Il est un peu incliné de gauche à droite dans sa partie supérieure, apiès quoi il se tient sur la ligne médiane. Béclard professait qu'il se déviait encore un peu à droite dans sa portion périnéale; mais cette déviation n'existe en réalité que dans des cas exceptionnels. 11 n'en mérite pas davantage le nom qui lui a été donné pour sa prétendue rectitude ; mais c'est presque uniquement en avant ou en arrière que se dirigent ses sinuosités.
Le rectum, à partir de son orifice externe, alfecte trois directions principales ; il se porte d'abord en avant et en haut jusqu'à la prostate, puis il se recourbe d'avant en arrière sous la vessie jusqu'à la limite du péritoine ; et enfin il dévie de la ligne médiane pour remonter un peu obliquement à gauche et rejoindre la terminaison de rS iliaque. On peut donc le considérer comme formé de trois portions (1).
La première portion, comprise entre la prostate et l'anus, a un pouce à un pouce et demi de longueur. En montant obliquement sur la prostate, elle est d'abord enveloppée par les deux sphincters et le releveur de l'anus; au dessus de ces muscles, en arrière et sur les côtés, il n'y a plus que du tissu adi})eux; en avant, la prostate est directement adossée au rectum. Au sortir de la prostate, l'urètre s'écarte du rectum sous un angle à sinus inférieur d'environ vingt degrés selon M. Lisfranc ; j'ai toujours trouvé cet angle beaucoup plus largement ouvert ; en outre, l'urètre, dans sa portion prostatique, est éloigné du rectum par l'épaisseur de la prostate même ; il en estbien plus éloipné encore dans sa portion musculeuse ; de telle sorte que le bistouri peut, sans danger, séparer le rectum de tous les tissus ambians jusqu'au niveau de la prostate. Plus haut on arriverait à sa seconde portion ; il serait nécessaire de quitter le bistouri pour séparer le rectum de la prostate ; chose assez facile sur un sujet sain où ces organes ne sont unis que par un tissu cellulaire la-
[*) Sanson, Thite inauf/.; Paris, 1817,