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région cervicale entre la sixième et la septième vertèbre. Ainsi , sur les sujets même de Weber, le plus grand mouvement au bas de la région dorsale se trouvait , chez l'un entre la première et la seconde vertèbres lombaires ; chez le second entre la douzième dorsale et la première lombaire ; chez le troisième enfin entre la onzième et la douzième dorsales. Tout-à-fait en bas , ce fut toujours l'articulation de la quatrième et de la cinquième lombaires qui se montra la plus mobile , et après elle rarticulation de la dernière vertèbre avec le sacrum.
Mais en définitive il y a trois points principaux où se concentrent les mouvemens de flexion de la colonne ; ces points sont compris , le premier entre la troisième et la septième vertèbres cervicales, le second entre la onzième vertèbre dorsale et la deuxième lombaire ; le dernier entre la quatrième lombaire et le sacrum. Quand on considère un homme nu courbé en arrière , on remarque que la colonne vertébrale n'est pas infléchie d'une manière uniforme au haut des lombes et près du sacrum , mais qu'elle y forme des angles obtus ; les artistes ont de temps immémorial assez bien observé la nature sous ce rapport. J'ajouterai que cette triple flexion se révèle à la face antérieure du corps par trois plis cutanés plus ou moins marqués selon les sujets ; l'un au cou , qu'on appelle chez les femmes le collier de Venus ; les deux autres à l'abdomen. La position de ce ph change comme la mobilité des vertèbres, qui passe d'une articulation à l'autre, sans dépasser toutefois les limites indiqués. Weber, quia particulièrement insisté sur les deux points de flexion inférieurs , recommande aux chirurgiens d'y porter leur attention à l'égard de l'origine des déviations qui tirent leur source d'une attitude oblique du corps devenue habituelle. Je leur ai trouvé une autre importance encore en pathologie ; conmie c'est là que les ligamens sont le moins serrés , c'est dans ces points aussi qu'ont lieu presque exclusivement les luxations des vertèbres , soit simples , soit compliquées de fractures articulaires de ces os.
Flexion latérale. La flexion à droite ou à gauche était le plus considérable aux vertèbres du cou,notammentaux six supéiieure ; elle diminuait beaucoup entre la septième cervicale et la première dorsale , devenait très faible entre les six ou sept dorsales supérieures , puis allait en croissant jusqu'au sacrum , eu restant cependant toujours moindre aux lombes qu'au cou. Les points où elle était leplus manifeste serapprochent donc de ceux de la flexion antéro-postérieure , cependant sans siéger toujours constanunent dans les mômes articulations.
Torsion de la colonne sur son axe. Ce mouvement est encore le plus étendu dans les vertèbres cervicales ; de la septièuie cervicale
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jusqu'au niveau de la septième à la neiivièrae dorsales , il «t presque nul ; il y a là ensuite trois ou quatre vertèbres entre lesquelles la torsion est très prononcée ; mais de la onzième ou douzième dorsale jusqu'à la fin de la région lombaire, elle est si peu marquée qu'à peine en peut-on constater l'existence.
Il résulte de tout ceci :
1° Que les vertèbres du cou en général, et particulièrement de la troisième à la septième , sont les plus mobiles de toutes. Il va sans dire que l'articulation de l'atlas avec l'axis est hors de ligne et doit être considérée à part ;
3° Que les vertèbres dorsales qui supportent les vraies cptes ont très peu de mouvement ; les autres jouissent de mouvemens de flexion médiocres, mais la torsion y est très prononcée ;
3" Au contraire les vertèbres lombaires ont la flexion en tous sens très marquée , et la torsion à peu près nulle.
A cet égard je crois avoir fait remarquer le premier un désaccord bien singulier entre l'état physiologique et l'état pathologique de la colonne épinière. Ce sont précisément les points où la rotation des vertèbres est presque nulle à l'état normal, qui offrent cette rotation la plus prononcée dans les déviations de la taille ; c'est au centre de la région lombaire et vers la moitié supérieure de la région dorsale que les courbures sont le plus considérables, et en même temps cette rotation. Je reviendrai sur ce singulier phénomène.
Ce défaut de torsion dans les vertèbres lombaires à l'état normal s'explique assez bien par la direction de leurs apophyses articulaires, celles de chaque vertèbre supérieure étant enclavées dans celles de la vertèbre située au dessous, et leurs surfaces regardant en dedans ou en dehors , de telle sorte que les layons prolongés qu'on tirerait de l'axe d'une verlèbre vers sa périphérie se trouveraient à peu près parallèles à ces surfaces, tandis qu'Us tomberaient presque perpendiculairement sur les surfaces articulaires des vertèbres dorsales et surtout des cervicales. Les apo- ■pliyscs articulaires dans ces deux régions peuvent donc tourner l'une sur l'autre de la même manière que deux cylindres concentriques dont l'un est renfermé en partie dans l'autre, tandis que les vertèbres loujbairrs ne le peuvent pas plus que deux roues dont les dents .s'enjjrènent uuiluellenient.
IVoù vient cependant la pres(|ue immobilité des vertèbres dorsales supérieiire.s.' On jKMit répondre : d'abord de l'unbriqueinent et de l'obliquité de leurs lon{;ues apophyses épineuses, ensuitedelenr jonclion avec les vraies côtes, mais principalement de leur mode; d'union avec les vertèbres voisines, .le laisserai de côté totil ce qui concerne le» ligamens de structure ordinaire et
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même le» ligamenj jaunes, pour ne m'oeeufier que des fibr*-cartilages qui jouent ici le rôle le plus important.
Chaque plaque interposée entre deux vertèbres se compose de lamelles fibreuses , concentriques et perpendiculaires , qu'on peut se représenter sous l'aspect d'un grand nombre de tubes peu élevés , perpendiculaires , emboités les uns dans les autres et acjliérens, dont les bords s'attachent en haut et en bas aux faces des deux, vertèbres qui les regardent. Chaque tube se compose de fibres obliques , ayant souvent dans les divers tubes une direction alternativement en sens inverse (Weber). Lorsqu'on incline en avant la colonne vertébrale d'un cadavre , la masse ligamenteuse se courbe entre les bords voisins des vertèbres et semble jusqu'à un certain point en sourdre ; le contraire a lieu quand on étend la colonne.
Ces plaques ligamenteuses paraissent être en état dç compression permanente et de résistance élastique , soit pendant la vie, soit même après la mort ; car lorsqu'on partage verticalement la colonne vertébrale en deux moitiés latérales , la masse ligamenteuse fait d'elle-même saillie au dessus de la tranche ; cette saillie €st d'autant plus considérable que les vertèbres avaient entre elles plus de mobilité.
La hauteur de ces plaques varie dans les divers points de la colonne. Weber l'a vue constamment diminuer beaucoup depuis les vertèbres les plus inférieures jusqu'à celles de la moitié supérieure du dos. Le point où elle est le moins considérable est la région située entre la troisième et la sixième vertèbre dorsale ; de là jusque vers la quatrième vertèbre cervicale , elle augmente un peu ; puis entre la seconde et la troisième , elle diminue de nouveau. Les vertèbres les moins flexibles ont les plaques les plus minces ; à la vérité les vertèbres du cou ne les ont pas à beaucoup près aussi épaisses que celles des lombes; mais leurs faces articulaires sont très petites et leurs corps eux-mêmes très bas, tandis que les lombaires, avec des corps très hauts et très larges, devaient avoir des plaques beaucoup plus hautes, même pour un moindre degré de mobilité.
Cette hauteur n'est pas non plus ^ale dans toute l'étendue de chacune dos plaques. Leur portion postérieure est plus mince que l'antérieure , la moyenne au contraire plus épaisse, ce qui tient à ce que les faces ariiculaires du corps d'un grand nombre de vertèbres sont en réalité concaves. Mais ce qui explique la plus grande épaisseur de la partie antérieure , c'est que les courbures de la colonne dont la convexité regarde en avant , comme aux lombes et au cou, avaient besoin pour jouir de leur mobilité d'être principalement formées par les fibro-cartilages ; tandis que
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la courbure dorsale qui regarde par sa convexité en arrière , et qui avait besoin avant toutde solidité , est constituée principalement par les vertèbres elles-mêmes. En effet, les corps de plusieurs vertèbres dorsales , surtout à la hauteur de la septième ou de la huitième , sont plus épais en arrière qu'en avant , les fibrocartilages conservant à peu près une épaisseur uniforme. Au contraire , les vettèbres lombaires ont à peu près partout une épaisseur égale; et si la cinquième, douée d'une conformation spéciale, a le devant de son corps sensiblement plus épais que la dernière, et contribue ainsi un peu à la convexité de la courbure lombaire, la différence de hauteur entre ses deux faces est seulement comme 8,7:7, tandis que la proportion entre la hauteur des parties antérieure et postérieure du fîbro-cartilage sacro-vertébral est de 7 : 3.
Par ce qui vient d'être dit, on voit qu'il est difficile de mesurer exactement pour quelle part les fibro-cartilages entrent dans la hauteur totale de la colonne vertébrale. Sur un cadavre de femme, dont la hauteur totale était de 66 pouces 6 lignes , la hauteur totale de la colonne mesurée en ligne droite de l'atlas au sacrum était de 20 pouces 6 lignes; mais en suivant toutes les couibures de la face antérieure , on arrivait à 27 pouces une ligne et demie. Or la hauteur collective de toutes les plaques ligamenteuses était en avant de 4 pouces 5 lignes trois quarts ; dans leur centre, 5 pouces et denri ; en arrière, seulement 2 pouces 7 lignes et demie.
Que l'on juge combien ces variétés dans une même colonne apporteraient de difficulté au médecin légiste qui chercherait à déterminer la taille d'un individu par la mcnsuiation des vertèbres privées de leurs libro-cartilages. Ajoutez que celte proportion de la hauteur des iibro-cartilages à celle des vertèbres varie encore suivant les individus ; Charles Wenzel avait pensé qu'en général ces plaques étaient plus épaisses chez la fcnune que chez l'homme, ^^eber, en mesurant deux sujets de sexe différent , est arrivé à un résultat tout contraire. Ainsi les six fdno-cartilages des louibes formaient les trente-sept centièmes de la hauteur totale de la région chez l'honune, et seulement les trente-trois centièmes chez la femme. On trouverait probablement plus de différence encore pour la perte que les courbures normales font éprouver à la hauteur totale de la colonne ; sur le cadavre de femme mesuré par ^Veber, celte perle était de six pouces sept lignes et demie sur un total de vingt-sept pouces une ligne et »lemie ; c'est-à-dire près du quart ; ce qui ne se rencontrerait pas sans doute chez tous les sujets. Mais d'ailleurs nous avons suffisamment fait voir ailleurs que , par-
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vînt-ou même à déterminer rigoureusement la hauteur de la colonne, il n'y a nul rapportexacl entre celte hauteur et la longueur des membres , et l'on n'en saurait rien déduire pour la stature.
11 résulte de toutes ces recherches que les fibro-cartilages sont les parties de la disposition desquelles dépend principalement la mobilité des vertèbres. Un segment de la colonne est d'autant plus mobile dans ses parties , 1" qu'il contient à hauteur égale plus de plaques ligamenteuses, ou ce qui revient au même, que les corps des vertèbres sont moins hauts ; 2° que ces plaques sont plus hautes ; 3° que les surfaces articulaires des corps des vertèbres sont moins larges.
Leur texture les met à l'abri de l'ossitication ; du moins Weber en a vainement cherché quelques traces chez un homme de quatre-vingt-douze ans et chez une femme plus qu'octogénaire. Mais ils sont soumis à d'autres altérations assez nombreuses, et dont la nature n'a pas été suflisamment étutliée. Quelquefois ces altérations n'influent point sur la direction de la colonne, parce que la nature faisant croître davantage les bords des vertèbres qui se touchent alors, soude par leur circonféience les deux vertèbres voisines, et empêche ainsi l'affaissement du fibrocartilage et la déviation qui en serait la conséquence. Mais le plus souvent l'aflaissement a lieu ; les deux corps des vertèbres voisines se rapprochant en avant, leurs apophyses épineuses s'écartent en arrière et paraissent plus saillantes ; c'est une variété qui n'est pas très rare de la maladie de Pott.
Alors la dégénérescence du fibro-cartilage est à peu près complète: il est réduit en un putrilage où ses élémens sont à peine reconnaissables. Une altération bien diilérente est celle qui, affectant un grand nombre de ces plaques intervertébrales, permet aux vertèbres de se rapprocher d'un côté tandis qu'elles s'écartent de l'autre, et donne naissance à ces courbures multiples qu'on attribue généralement au rachitis et qui portent spécialement le nom de déviation de l'épine. Il semble que cela dépende le plus ordinairement d'un déJaut dénutrition du côté où l'affaissement se produit. J'ai exposé, en parlant du cicveloppement général du tronc, comment une inégalité originelle de la moitié gauche, par exemple, peut amener un pareil résultat; il semble que cette inégalité puisse reconnaître aussi une cause accidentelle. Plus de la moitié des sujets affectés de déviation selon M. Maisonabe , ont éprouvé dans leurs premières années des mouvemens convulsifs qu'on a ordinairement attribués à des coliques, aux efforts de la dentition, aune excessive susceptibilité nerveuse ; et parmi les jeunes personnes qui lui ont été présentées long-temps après cesaccidous. les deux tiers avaient II. 2
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lin œil moindre que l'autre ; il en était de même à'txh. des côtês de la face , de tout un côté do corps , ou de plusieurs parties de sa moitié droite on franche.
Qifahd il y à défaut de niVtridbil, lè^ Vertébrée âfeiVént y |)àrticipùî', mais toàjours beaucoup ïnoiiiS 'ffue tes "fiBio-'cartlli^èS , ceux-ci étant plus soumis à la pression qui résulte du poids du corps , et à laquelle le tissu osseux oppose beaucoup plus de résistance. C'est aussi ce que l'on reinaïque dans la plupart deà déviations. Fant-il ceiiendant rejetet tout-à-fàit rinflùeûcé dtl rachitis npissant dirc'cYerneut sur les os et déterminant leur rWinollisséînent.' non sans doute ; seulement cette cause est moine ■fiéVjnentetpi'on ût le cioit;sùi\''antM. Maisoiiàbe, elle n*ést pas â l'égard deé âuti-'eS coniuïè 1 : 3 ; celle qui consiste dans la lésion des liyâmensinter\'ertébraux, sans aucune altératibn de la Substance osseuse, leur est à peu près comuiè 2 : ï ; et enfui sur 134 dissections d'épiiVes déviées , le même observàteui- n'a pti l'ëconnaître que d'eux fois l'altération limitée aux aùtïés lïg'an'ieiis de la colonUé'; mais ces deux fols elle était rendue tiêû évidente par la faiblesse exircnic de leur tissu, leur blancheur, "^t lii teinté très pâle des ligamens jaunes (ï).
A ces caùlse's 'prédisposantes et détèrminaiites, on en a ajoute ^liï^emS àotrés 'l'pii ù'ont pas été aussii bien justifiées. L'action pi'édominantc des ni'Uscles d'un côté 'du corps ne peut être admise qii'en cas de contractures ou de convulsions, d'autant plus que le côté de la concavité principale dé la cold'anè eSt géiiéiâ^ léfncnt le plus faible. La faiblesse générale des ligamens et des Ynuscles, s.'ms prédominance d'un côté ou de l'autre, a été aus^ alléguée ; et M. Pellelan a établi à cet égard mie théorie fondée sur un ùit pliysiologiquo très rérl , et qui appartient eu con- •séquenceà notre àujet.
Tontes les fois (Qu'une partie du coi'ps doit ex 'cuter des mou- Vcmens sur son ensonihlc, la preinièie condition est la fixité des points auxqtiels s'insèrent les muscles qui vont la mouvoiV. Le bras ne saurait agir par <^èiix de ses uuisclrs qiri s'atlaclient à romo])latr , que l'omoplatie ne soit solidement fixée, et elle ne peut l'être qu'autant (jue ses muscles propies, le trapèze, le rliomboide , l'angulaire , le grand dentelé , liouVeut euxïhèmes un point fixe ailleurs; ce point fixe pour les trois premiers '(^sr la ( olonite vertébrale.
Cliey, tm suj -ta mtiscles forts, à ligamerfs serres , les muscles Y)roprcs à la colomie sufliseui poUr la uiaintenir droite et stable ; un siijet faible n'y anivc pas toujours, mais il obtient
(I) Maiïonabe , ouv. cU.,j>. 51 el »uir.