RÉGION LOMBAIRE
Cette région est limitée, supérieurement, par la portion dorsale du thorax; inférieurement, par la partie postérieure du cercle hypogastrique, et, sur les côtés, par les lignes scapulo-coxales. Elle est plus longue dans sa partie moyenne que sur les parties latérales, à cause du rapprochement de la crête iliaque et de la dernière côte. Dans la station verticale, elle offre une concavité peu marquée chez l’enfant, plus prononcée chez les femmes , surtout chez celles qui , par coquetterie ou autrement, ont contracté l’habitude de se tenir le bassin fortement déjeté en arrière, pour rendre la poitrine plus saillante; elle augmente considérablement chez les femmes qui approchent du terme de leur grossesse, et toutes les fois que, pour soutenir un fardeau, nous sommes obligés de reporter l’axe du corps en arrière. Lorsqu’on se couche sur le dos, cette concavité s’efface; elle disparaît encore, quand on fléchit le tronc en avant, etc. Comme ces variations dans la courbure de la région lombaire ont pour résultat immédiat, de rapprocher ou d’éloigner plus ou moins l’axe du tronc de celui du ventre, il en résulte qu’ elles ont une grande influence sur le mécanisme de l’accouchement et de la formation des hernies.
Sur la ligne médiane , on voit une rainure dont la profondeur augmenté à mesure qu’elle se rapproche du sacrum, et
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dans le milieu de laquelle il est facile de sentir la crête formée par les épines des vertèbres. Cette gouttière, qui continue celle du dos , est plus marquée dans la position verticale, et chez les sujets musculeux ou qui ont de l’embonpoint : alors la crête paraît plus enfoncée. Dans l’enfance et chez les vieillards , lorsqu’on incline la poitrine sur le bassin, et chez les personnes maigres, au contraire, la rainure existe à peine, et les apophyses vertébrales font une saillie très-prononcée.
En dehors de cette gouttière , se remarquent deux reliefs toujours en rapport avec l’embonpoint du sujet et le volume du muscle sacro-spinal, lesquels sont susceptibles des mêmes variations que la gouttière médiane, dans les diverses attitudes, etc.
En haut et en dehors , près du flanc , on sent assez facilement la douzième côte, et l’on voit inférieurement la saillie postérieure de la crête iliaque.
t°. La Peau.
C’est le point du corps où elle est le plus épaisse ; du reste, sa disposition est semblable à celle du dos , dont elle ne diffère que par quelques rides transversales , dues aux mouvemens de flexion et d’extension du tronc.
2°. La Couche sous-cutanée.
Formée par des lamelles, des filamens, des cellules adipeuses et des vaisseaux artériels et veineux sur les côtés , elle est serrée et comme fibreuse sur la ligne médiane, où elle réunit la peau d’une manière intime au ligament sur-épineux, tandis qu’en dehors , les tégumens et l’aponévrose n’ont que des adhérences faciles à rompre : d’où il suit que , pendant la
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formation des abcès froids ou des phlegmons, quels qu’ils soient, les fluides ne se rassemblent jamais dans la rainure moyenne de la région; que, dans les cas où deux foyers existeraient en même tems sur les deux cotés, ils ne communiqueraient point ensemble , mais s’étendraient, au contraire, vers les régions des flancs , attendu que la résistance de la peau et du feuillet fibreux très-fort qui recouvre les muscles, oblige les matières à se porter dans les points propres à permettre leur accumulation.
3°. L’Aponévrose.
La première lame qu’on rencontre est la principale. Attachée au quart postérieur de la crête iliaque , au sacrum et aux apophyses épineuses des vertèbres lombaires , elle donne naissance par sa face externe à l’aponévrose du grand dorsal ; celle du petit dentelé postérieur inférieur s’en détache aussi dans le même sens. En dehors, elle s’enfonce dans l’excavation du flanc , et concourt à former le fascia du muscle transverse ; destinée à convertir en canal les gouttières des vertèbres , elle maintient solidement en arrière les muscles long dorsal et sacro-lombaire. Son épaisseur est considérable, et les fibres qui la composent s’entre-croisent dans toutes sortes de directions : aussi est-il extrêmement rare quelle se déchire pendant les efforts musculaires. Son extensibilité est très-bornée : ce qui est très-avantageux à l’action des muscles quelle renferme, en les tenant fortement pressés lorsqu’ils se contractent.
La seconde lame aponévrotique naît du sommet des apophyses transverses des vertèbres de la région par autant de languettes , qui s’élargissent et se confondent avant leur sortie d’entre les muscles sacro -spinal et ilio-costal. Ces espèces de dentelures fibreuses circonscrivent un certain
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nombre <T arcades très- bien disposées pour laisser pénétrer dans la gaine de la masse charnue des gouttières vertébrales , les matières morbifiques engendrées dans l’abdomen. En arrivant dans la région latérale, cette aponévrose s’unit, se confond complètement avec la précédente ; en haut , elle s’attache à la dernière côte, et s’adosse à la troisième lame. Celle-ci , beaucoup moins épaisse que les deux autres, se continue supérieurement avec le ligament cintré du diaphragme, et avec le ligament ilio- lombaire en bas; simplement celluleuse entre le muscle psoas et la base des apophyses transverses , eile n’est véritablement distincte qu’au devant du carré des lombes , en dehors duquel cette couche se confond avec le feuillet moyen.
4°. Les Muscles.
a. Le sacro-spinal est le plus volumineux et le plus fort ; tous les faisceaux qui entrent dans sa composition au dos, sont pour ainsi dire confondus ici , et c’est à juste titre qu’on l’appelle masse commune. Il comprend donc les muscles sacro-lombaire , long dorsal , transversaire épineux , et se trouve renfermé dans une gaine complète, formée, en arrière, par le feuillet postérieur de l’aponévrose , en avant, par le feuillet moyen et la face postérieure des apophyses transverses, et, en dedans, par les apophyses épineuses. Ce faisceau peut être regardé comme une longue et forte puissance, qui agit sur la colonne vertébrale en général comme sur un levier du troisième genre , et sur chaque vertèbre en particulier comme sur un levier du premier genre. Sa portion externe s’insérant aussi sur ces côtes , près de leur talon , il en résulte qu’il agit également sur les os, qui allongent alors considérablement le levier transversal du rachis. Dans la station verticale, pendant la marche , la course, la danse, l’ac-
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tion de porter des fardeaux, ce muscle est presque seul chargé de maintenir l’équilibre du tronc : aussi , ressent-on bientôt alors de la fatigue, une sorte de douleur gravative dans les lombes; il semblerait même que les souffrances qui se manifestent quelquefois dans cette région, à la suite de longues courses ou d’efforts, ne sont dues qu’à l’irritation ou à la rupture des fibres charnues. Le rhumatisme appelé lumbago paraît y avoir aussi son siège assez souvent : ce qui fait que , dans cette maladie , les moindres mouvemens du tronc et ceux que nécessite la respiration , sont très-douloureux.
b. Le carré des lombes ou ilio-costal appartient en entier à cette région; il en est le muscle propre, et se trouve, d’une part, entre la dernière côte, la crête iliaque et le ligament ilio-lombaire ; de l’autre , entre l’origine de l’aponévrose du muscle lombo-abdominal et les apophyses transverses, sur le devant desquelles il s’applique. Recouvert par une lame fibreuse mince, il est séparé du rein et du colon par une couche cellulo -graisseuse plus ou moins épaisse. En conséquence , le carré des lombes est engaîné en avant , comme le sacro-spinal l’est en arrière , et disposé de manière qu’il agit principalement en fixant la poitrine, pour maintenir l’équilibre dans la station, ou bien pour contre-balancer l’action des scalènes, pendant l’inspiration.
c. Les inter-transe ers aires des lombes , plus forts que ceux de la région cervicale, sont placés entre les deux masses précédentes , et traversés par les branches postérieures des nerfs et des artères lombaires.
d. Les inter-épineux sont presque confondus avec le sacrospinal , et les muscles psoas appartiennent à la cavité du ventre.
5°. Les Artères.
Les dernières intercostales, les quatre ou cinq lombaires.
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la branche ascendante de l’ilio-lombaire se trouvent cons» tamment dans cette région. Quelques rameaux de l’iliaque antérieure , ainsi que de l’épigastrique , viennent également s’y rendre.
La première abandonne promptement la douzième côte, pour se porter obliquement au muscle transverse, en croisant la face antérieure du carré des lombes; les secondes se dégagent de dessous le psoas, pour se diriger transversalement vers les mêmes parties; la troisième, qui vient de l’une des iliaques, remonte et se perd plus particulièrement dans le tissu cellulaire. Chacune des artères lombaires donne trois branches principales, vis-à-vis de l’espace qui sépare les apophyses transverses : l’une qui pénètre dans le canal rachidien par le trou de conjugaison, et se ramifie dans les membranes et dans la moelle; l’autre, qui se porte en arrière, se divise et se subdivise dans les fibres charnues, et finit par arriver à la couche sous-cutanée : ces deux branches sont d’un trop petit calibre pour faire craindre une hémorragie dans les opérations ou les blessures; la troisième enfin, est le tronc lui- même, qui continue la direction primitivement indiquée ; elle est placée derrière les nerfs grand -symphatique et rachidiens, et fournit des rameaux à la graisse, au tissu cellulaire qui enveloppe le rein, et non pas à la substance de cet organe; elle donne aussi quelques ramuscules au muscle ilio-costal, en dehors duquel elle finit par s’engager, entre les muscles larges de l’abdomen, dans la région du flanc.
D’après cette disposition, il est facile de voir que, dans les opérations pratiquées dans la région lombaire, l’hémorragie ne serait réellement à craindre, que dans le cas où l'instrument aurait pénétré jusqu’au-delà du muscle carré des lombes, et que cet accident suivra bien plus souvent les divisions perpendiculaires que les transversales.
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6<>. Les Veines.
Elles vont se rendre dans la veine cave, sont plus grosses que les artères , et communiquent largement avec le plexus qui s’étend tout le long de la paroi antérieure du canal vertébral : d’où il suit qu’en injectant par les veines iliaques primitives ou par la veine cave , immédiatement au-dessus de sa division, les matières reviennent aussitôt dans les veines supérieures; de manière qu’il est rigoureusement possible de remplir tout le système veineux splanchnique, quoique la seringue ait été placée dans la veine iliaque d’un côté , comme pour injecter celle d’un des membres abdominaux seulement. Ce sont les veines lombaire et ilio-lombaire qui forment, en se ramifiant dans la graisse sous-péritonéale, ce réseau qu’on trouve au-dessous des reins, et que l’on connaît sous le nom de pampiniforme .
7°. Les Lymphatiques.
Ce système est peu abondant ; les vaisseaux superficiels se continuent avec ceux de toutes les régions environnantes. La couche profonde, au contraire, va se rendre principalement dans les ganglions qui siègent sur le côté des vertèbres et derrière le mésentère : en sorte qu’un vésicatoire , un moxa , une inflammation quelconque, dans la région lombaire, pourraient être suivis d’engorgement à l’aisselle, au cou, ainsi que dans la région de l’aine; tandis qu’ùn abcès profond, une désorganisation du tissu cellulaire intermusculaire ou des muscles eux-mêmes, pourraient déterminer l’altération des ganglions du mésentère.
8°. Les Nerfs.
Le plexus lombaire se voit ici en totalité ; mais , comme il est enveloppé dans le muscle psoas, nous renvoyons son examen
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à l’article où nous traiterons de l’intérieur de l’abdomen. Nous ferons seulement remarquer que le dernier nerf intercostal et les deux premières branches musculaires du plexus, se portent sur les cotés , en glissant sur la face antérieure du muscle carré des lombes : en conséquence , les branches postérieures des nerfs rachidiens sont les seules qui se ramifient dans les muscles de cette région, où elles se comportent absolument de la même manière que les branches costales correspondantes ; avec cette différence pourtant , que plusieurs des filets nerveux qui rampent assez long-tems dans la couche sous-cutanée, conservent un certain volume jusqu’à leur terminaison dans la peau.