DE LA. CAVITÉ ABDOMINALE
C’est la plus grande cavité du corps. Prise dans son ensemble , sa forme est ovalaire , mais de manière que la grosse extrémité de l’ovale regarde en bas chez la femme bien conformée, tandis que c’est l’inverse chez l’homme, et surtout chez l’enfant; sa coupe transversale est réniforme : ce qui tient à la saillie que la colonne vertébrale fait en arrière ; son axe vertical est le plus long, et s’incline légèrement à droite le plus ordinairement : ce qui explique la fréquence plus grande des hernies de ce côté ( Béclard , M. /. Cloquet J. La longuèur de cet axe varie suivant l’âge, le sexe et une foule d’autres circonstances. Ainsi, dans l’enfance, chez la femme en général , chez les hydropiques , pendant la grossesse , l’expiration, etc., il est plus long, proportion gardée, que, dans l’âge adulte, chez l’homme, pendant l’inspiration
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Le diamètre transversal suit, pour les variétés, la cavité générale elle-même. L’antéro-postérieur est beaucoup plus court sur la ligne médiane que sur les côtés, et généralement plus étendu en bas qu’en haut. Cette cavité se termine inférieurement par le petit bassin ou excavation pelvienne, qui en forme comme une espèce d’appendice, que nous examinerons à part.
Nous allons successivement parcourir dans l’intérieur de l’abdomen : i° la paroi supérieure ou diaphragmatique, 2° la paroi antérieure, 3° les parois latérales , 4° la paroi postérieure.
SECTION PREMIÈRE
TAROI SUPÉRIEURE.
Formée en totalité par le muscle diaphragme, elle représente une espèce de voûte , qui se prolonge sur toutes les autres parois, et dont la profondeur est extrêmement variable , mais de manière que ses variétés ne portent que sur les dimensions verticales de l’abdomen et de l’intérieur du thorax. Cette voûte, considérée d’avant en arrière et sur la ligne médiane, se prolonge très-loin sur le rachis, et remonte peu dans la poitrine; elle est inclinée, par conséquent, en bas et en avant ; sur les côtés , elle remonte beaucoup plus haut , mais elle s’arrête à la dernière côte. Elle est toujours plus elevée à droite qu’a gauche , à cause de la présence du foie, dans le premier sens. Pendant les fortes expirations dans l’enfance, ou lorsque le ventre est fortement distendu par la grossesse, une ascite ou quelque autre maladie, le diaphragme peut remonter jusqu’à la sixième côte; et l’on conçoit qu’ alors les plaies pénétrantes de poitrine seraient plutôt dangereuses ici par la lésion des viscères contenus dans l’abdomen , que par celle des organes du thorax. On
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Vt>it aussi que, dans ce cas, les poumons, repoussés jusqu’au» dessus de la région costale, ne permettent pas d’entendre la respiration dans la moitié inférieure de la cavité qui les renferme. L’hydro thorax, l’empyème et tout autre épanchement thoracique, au contraire, peuvent augmenter plus ou moins le volume du ventre, en abaissant sa paroi supérieure. Les excavations latérales du diaphragme forment, à proprement parler, les hypocondres , tandis que la partie postérieure de ce muscle correspond aux régions épigastrique et ombilicale. Le péritoine le tapisse complètement dans l’hypocondre gauche , et cette membrane ne lui adhère pas d’une manière intime ni même très-serrée. A droite, il supporte le foie par le moyen des replis séreux latéraux , nommés ligamens triangulaires , et par l’union circulaire appelée ligament coronaire ; mais, de telle sorte que le diaphragme et l’organe formateur de la bile sont immédiatement en contact dans l’étendue de quatre ou cinq pouces transversalement, et d’un pouce ou deux d’avant en arrière, c’est-à-dire que, dans cet espace, ils sont simplement unis par du tissu cellulaire , dont l’abondance fait que l’inflammation doit s’y manifester plus souvent qu’ailleurs. Or , ce point supportant la base du poumon droit , il en résulte que ce dernier organe, le diaphragme et le foie peuvent contracter très-promptement des adhérences assez fortes pour que des abcès, primitivement formés dans le tissu hépatique, se vident par les bronches. Dans ces maladies, si l union des poumons n’était pas assez intime, il est clair que le pus s’épancherait dans la poitrine.
C’est sur l’aponévrose centrale que la membrane séreuse est le plus adhérente, et tellement, qu’il est très-difficile de len séparer; tandis que, sur tous les autres points, elle ne tient aux fibres charnues que par une couche celluleuse assez extensible, et qui se continue avec le tissu cellulaire de
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la poitrine par une foule de points , tels que les ouvertures qui donnent passage aux vaisseaux , aux nerfs , à l’œsophage ; ensuite, par l’écartement des faisceaux musculeux qui viennent se fixer près de l’appendice xiphoïde. Cette couche d’ailleurs n’est qu’une portion du feuillet celluleux général , qui double le péritoine et les plèvres.
Les élémens qui entrent dans la composition du diaphragme ne peuvent être l objet que d’un petit nombre de remarques chirurgicales.
Nous venons de voir la couche séreuse et le tissu cellulaire.
a. Les fibres charnues peuvent être considérées comme partant de la face interne de la base du thorax , où elles s’entre*croisent avec celles du muscle transversé ; ce qui fait que, lors des contractions simultanées de ces deux membranes charnues, la poitrine s’agrandit perpendiculairement, sans rien perdre de ses dimensions transversales. Comme toutes ces fibres convergent vers l’aponévrose trifoliée , et comme cette aponévrose reçoit par son échancrure postérieure l’épanouissement des piliers, il en résulte que le point fixe du diaphragme se trouve sur le rachis, et que l’abaissement produit par ses contractions porte en même tems les viscères en avant. Il en résulte aussi que les portions latérales sont beaucoup plus mobiles que la partie centrale, et que le foie à droite, l’estomac à gauche, s’élèvent ou s’abaissent d’une manière assez marquée dans les mouvemens respiratoires; tandis que le cœur, qui repose sur la portion épigastrique ou moyenne, ne change presque pas de position. En se rassemblant pour former les piliers, les fibres musculaires circonscrivent deux ouvertures importantes à noter : l’une, à gauche, vis-à-vis de la première vertèbre lombaire, renferme l’aorte et le canal thoracique ; cette ouverture est un
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anneau fibreux, complété par le corps des vertèbres, en arrière, et disposé de telle sorte que le vaisseau ne puisse jamais être comprimé , pendant les contractions du diaphragme; l’autre est plus antérieure, plus près de la ligne médiane, et sur le devant delà onzième vertèbre dorsale. Elle est entièrement charnue , susceptible de se resserrer par conséquent; mais elle renferme les nerfs pneumo-gastriques et l’œsophage, dont les fonctions peuvent être interrompues momentanément, sans compromettre immédiatement l’existence des sujets. Le centre fibreux présente également une ouverture , située à trois travers de doigt environ à droite et en avant de l’ouverture œsophagienne. Elle est formée de fibres qui s’entre-croisent en quatre sens différens, et qui sont pour ainsi dire confondues avec la circonférence de la veine cave qui la traverse; en sorte que cette veine ne peut non plus, en aucune manière, être comprimée pendant les contractions du diaphragme.
b. Les vaisseaux artériels , veineux et lymphatiques ont une disposition fort simple; les deux artères diaphragmatiques, séparées de l’aorte, continuent de marcher entre le péritoine et la face inférieure du muscle; elles sont distribuées de manière que leurs branches antérieures s’anastomosent avec la mammaire interne et l’épigastrique ; que la branche latérale s’abouche avec les intercostales et les lom baires; en sorte qu’elles formeraient une voie de communication importante dans le cas d’oblitération de l’aorte. Elles sont quelquefois assez volumineuses aussi pour donner lieu à une hémorragie abondante dans les plaies pénétrantes qui auraient traversé l’un des hypocondres. Les artères susdiaphragmatiques données par la sous-clavière, ou la mammaire interne, sont trop fines pour qu’on en fasse mention.
c » Les nerfs qui président aux fonctions du diaphragme $
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appartiennent à trois ordres : on trouve d’abord le nerf propre, phrénique, ou respirateur interne, fourni par le plexus cervical, et qui donne l’explication des douleurs, quelquefois très-vives, que les personnes affectées de maladie du foie , ressentent dans le cou et l’épaule correspondante ; comme ce nerf envoie quelques filets dans l’espace celluleux dont il a été parlé plus haut, on peut présumer que les phénomènes dont il s’agit, se manifestent particulièrement alors que la lésion pathologique a son siège sur la surface convexe du foie. On rencontre ensuite des filets de la huitième paire, qui président probablement à la sensibilité du diaphragme , ainsi qu’à celle des poumons , relative à la respiration ; tandis que le précédent paraît se rattacher aux contractions musculaires,* enfin, les faisceaux plexiformes du grand- sympathique, dont le rôle ici n’est pas plus connu que partout ailleurs.
Quelques anatomistes prétendent que le diaphragme est primitivement formé de deux muscles ; cette opinion ne nous paraît pas démontrée pour l’homme ; car, s’il est vrai qu’on ait rencontré quelquefois ce cas sur des fœtus très-jeunes , il est certain aussi que, sur des embryons d’un mois que nous possédons , il n’existe pas. Le passage des viscères abdominaux dans la poitrine, qu’on a observé plusieurs fois chez les enfans nouveau-nés , n’en est pas une preuve incontestable ; car on ne voit pas que dans les faits rapportés par Peyer , Platner , et ceux qu’a rassemblés Morgagni , l’ouverture anormale ait plutôt été trouvée sur la ligne médiane que sur le côté. Nous avons vu nous-même deux exemples de perforation congeniale du diaphragme : dans l’un, l’estomac, une portion du colon transverse et de l’intestin grêle étaient dans la même cavité que le poumon gauche; l’ouverture diaphragmatique était lisse, arrondie, permettait l’introduction de l’extrémité des cinq doigts réunis, et se trouvait dans le
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fond de l’excavation gauche; dans l’autre, dont les pièces furent disséquées par le docteur Meyranx , l’ouverture existait au même point; elle était un peu plus grande, et la rate l’avait traversée. Il est donc probable que ces ouvertures ne sont point des restes de divisions naturelles, mais bien de véritables déchirures dont les bords se sont cicatrisés.
Et d’ailleurs , il n’est pas sans exemple que des organes aient passé du ventre dans la poitrine, à travers le diaphragme, chez l’adulte , en formant une hernie diaphragmatique ; et l’on sait qu’ alors, tantôt la hernie se fait tout à coup par la déchirure des fibres musculaires et des deux lames séreuses qui les tapissent , à l’occasion d’un grand effort; que tantôt, au contraire , elle a lieu d’une manière insensible, et que, dans ce cas, les fibres sont simplement écartées; en sorte que le péritoine et la plèvre , poussés par les parties qui se déplacent , s’emboîtent l’un dans l’autre, et forment ainsi un double sac herniaire. Le fait relaté par J.-L. Petit (i) doit être rapporté à ce genre, ainsi que celui qui a été publié par M. OUivier , d’Angers (2).
SECTION II