‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 17 sur 76 · PA.ROI POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

PA.ROI POSTÉRIEURE

Sur la ligne médiane , cette paroi présente la portion lombaire du rachis qui la divise en deux parties égales , et qui fait saillie plus considérable chez la femme que chez l’homme. Après une longue abstinence, dans le marasme, et chez les sujets maigres en général, la paroi antérieure du ventre se rapproche tellement de cette saillie, que ces parties finissent presque par se toucher, ou du moins elles sont alors si peu éloignées, qu’il est facile de sentir la colonne vertébrale, en pressant sous la région ombilicale , et de croire à l’existence d’une tumeur morbide dans la cavité abdominale. Les organes qui séparent les vertèbres lombaires du péritoine, sont nombreux et importans. On trouve :

i°. Les piliers du diaphragme qui descendent jusque sur la quatrième de ces vertèbres à droite , et sur la troisième seulement à gauche. Ces sortes de tendons se continuent en bas avec le ligament prévertébral, et sont immédiatement attachés sur les vertèbres jusqu’à la première lombaire; ce qui fait que le muscle auquel ils servent de point fixe , s’abaisse moins dans la portion postérieure qu’on ne pourrait le croire au premier abord;

2°. L aorte qui descend à peu près en ligne directe sur le

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côté gauche du rachis, en se rapprochant légèrement de la ligne médiane jusqu’au devant du fibro-cartilage qui réunit la quatrième vertèbre lombaire avec la cinquième, où cette artère se bifurque pour former les iliaques primitives. Dans ce trajet, l’aorte donne par sa partie antérieure : le tronc cœliaque , la mésentérique supérieure et la mésentérique inférieure; par ses côtés, les artères rénales, surrénales et spermatiques; enfin, les branches lombaires et sacrée moyenne sortent de sa partie postérieure. Assez long-tems cachée par les fibres charnues des piliers du diaphragme, elle s’en isole de manière à n’être découverte dans le ventre qu’au devant de la seconde vertèbre ; alors ses rapports sont les suivans : en avant , elle est d’abord recouverte , au-dessus de l’origine du tronc cœliaque’, par le ganglion semi-lunaire du nerf grand - sympathique ; entre ce tronc et l’artère mésentérique , par le plexus solaire ; plus bas , par le plexus aortique ou le faisceau qui va former le plexus mésentérique inférieur , par des ganglions lymphatiques. Son côté gauche est en rapport avec le grand -sympathique qui s’en rapproche surtout en arrivant près de l’angle sacro-vertébral. A droite, elle est séparée de la veine cave, en haut, par le pilier correspondant du diaphragme; ensuite ces deux vaisseaux se touchent, ou ne sont séparés que par une couche fibro-celluleuse plus ou moins forte. Le canal thoracique est d’abord placé derrière elle, vis-à-vis de la troisième vertèbre; en remontant, il se porte un peu à droite, et pénètre dans la poitrine par la même ouverture qui donne passage à l’artère , laquelle est encore en rapport, par sa partie antérieure, avec l’œsophage, et par ses côtés avec les muscles psoas. Enfin, en arrière , elle n’est séparée des vertèbres que par du tissu cellulaire lamelleux peu abondant et par le ligament prévertébral. L'artère-aorte est ensuite recouverte d’une manière

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médiate, dans toute son étendue, en avant et sur ses parties latérales, par le péritoine; dans la région épigastrique , par le cardia, la veine splénique, le petit épiploon, la portion droite de l’estomac et le lobe gauche du foie : d’où il suit qu’un cancer des portions supérieures ou inférieures de l’estomac, qu’une tumeur squirrheuse du petit lobe hépatique , peuvent comprimer la mère-artère, et produire de grands désordres dans la circulation ; que les tumeurs anévrysmales de l’aorte dans la région épigastrique, déterminent à leur tour des envies de vomir , des vomissemens même , et peuvent ainsi suspendre les fonctions digestives. Elle est d’abord croisée entre les artères coeliaque et mésentérique supérieure par le pancréas ; au-dessous de cette dernière artère (la mésentérique supérieure), par la portion inférieure du duodénum; puis on trouve entre elle et la paroi antérieure du ventre le inésocolon transverse, le mésentère, l’arc du colon, une grande partie de l’intestin grêle et le grand épiploon. C’est dans cette région surtout que l’on peut facilement sentir ses pulsations chez les sujets maigres , attendu que le paquet intestinal se déjette alors sur les côtés de la colonne vertébrale, que le colon , entraîné par l’estomac, se relève , que les parois du ventre sont très flexibles , et que le rachis est fortement convexe; en sorte que l’aorte, dans certaines circonstances, pourrait bien n’être séparée de la paroi ombilicale que par le péritoine et l’épiploon, et que, dans la blessure de ce gros tronc, il seroit possible, à la rigueur, de suspendre un instant l’hémorragie, en pressant fortement sur le côté gauche de la tige rachidienne à travers la paroi abdominale, après avoir eu le soin de relâcher les muscles par la flexion antérieure du tronc. On sent bien qu’un pareil moyen n’aurait d’autre but que de reculer la mort de quelques momens seulement; mais il est des circonstances où les dernières paroles d’un mou-

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rant sont assez importantes, pour qu’on attache le plus grand prix à la moindre prolongation de son existence.

Dans la région hypogastrique, cette artère n’est cachée que par la masse des intestins grêles et le grand épiploon.

En outre, des ganglions nombreux l’entourent depuis le tronc cœliaque jusqu’à la saillie sacro -vertébrale , et peuvent la comprimer très-fortement, lorsqu’ils deviennent le siège de gonflemens scrofuleux, cancéreux ou autres. On pense bien que le pancréas squirrheux peut produire le même effet. Quand l’aorte devient anévrysmatique , il est assez remarquable devoir la tumeur se porter quelquefois en arrière, en déterminant l’absorption du corps des vertèbres, plutôt que de faire saillie en avant et sur les côtés , où il n’y a que des parties molles. De cette manière , un anévrysme peut produire la paraplégie , faire soupçonner une carie vertébrale , et même en imposer pour un dépôt par congestion , s’il parvient à proéminer dans la région lombaire , ainsi que le docteur Harrisson en rapporte un exemple curieux (i).

D’après ce qui vient d’être dit, on voit que, pour découvrir le tronc de l’artère-aorte, en divisant les parois de l’abdomen, le point le plus facile pour l’atteindre serait celui qui correspond à la troisième vertèbre lombaire. Pour cela, il conviendrait de faire une incision, de plusieurs pouces, parallèlement à la ligne blanche , sur le côté gauche de l’ombilic , de repousser les intestins grêles sur le côté droit , d’inciser ensuite le péritoine sur le côté gauche du rachis , au-dessus de l’artère mésentérique inférieure : alors on aurait à séparer une gaine fibro-celluleuse assez forte , mais que la sonde cannelée peut déchirer cependant. De grandes précautions devraient être prises dans ce moment, afin de ménager la veine cave qui

(i',OuYrage cité, tome 2, page 27.

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est enveloppée dans la même gaîne celluleuse. C’est pour cette raison qu’il convient de passer l’aiguille à anévrysme de droite à gauche , ou de la ligne médiane vers le côté. Sur le cadavre, cette opération ne présente aucune difficulté; mais pendant la vie, si on en juge par ce qui se passe chez les animaux, les efforts convulsifs des muscles du ventre chasseraient avec force les viscères par la plaie, et rendraient ainsi cette ligature très -difficile, quand même elle ne serait pas déjà extrêmement dangereuse par elle-même et par la plaie du péritoine. A. Cooper l’a pratiquée néanmoins , et , quoique le succès n’ait pas été complet , on ne peut que louer son audace. Cette tentative, en effet, n’a point été perdue pour la science ; elle a montré que la circulation ne cessait pas complètement dans les membres pelviens , après l’oblitération de cette artère, et qu’on ne devait pas perdre l’espoir de sauver par la suite quelques sujets à l’aide de cette opération. Un assez grand nombre de faits d’ailleurs viennent maintenant à l’appui de cette opinion. Ainsi , des expériences faites sur des chiens prouvent que la ligature de l’aorte abdominale n’est pas mortelle chez eux. Nous avons nousmême disséqué un chat auquel M. Pinel-Grandchamps avait lié cette artère cinq mois auparavant, sans que cet animal eût cessé de se bien porter jusqu’au moment où il fut tué. L’aorte était convertie en un ligament solide et peu volumineux, entre les deux artères mésentériques.

Paris etM. Piorry ont trouvé l’aorte abdominale tellement rétrécie, quelle ne permettait pas d’y introduire une plume de corbeau, et les sujets étaient morts par suite de maladies différentes. Le docteur Th . Gooclisson l’a trouvée complètement oblitérée sur le cadavre d’une femme d’une quarantaine d’années, apporté dans l’amphithéâtre de la Pitié en 1818 (i); (i) Anderson, System of surgical auatomy , etc. , page i56.

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et nous avons également relaté un cas (1) dans lequel elle était entièrement remplie de matière concrète et solide au-dessus des iliaques primitives, chez une femme que nous avons suivie jour par jour pendant l’affection cancéreuse qui l’a fait mourir. Ne peut-on pas conclure de ces observations et de quelques autres, que l’oblitération de l’aorte n’entraîne pas nécessairement la gangrène du membre inférieur, et que, partant, sa ligature devrait être tentée dans les circonstances qui ne laissent pas d’autre ressource? En appliquant le fil audessus de l’artère mésentérique inférieure, au reste, on se ménage une très-puissante anastomose , puisqu’elle s’abouche directement avec la mésentérique supérieure. Il en existe d’ailleurs un grand nombre d’autres , pour rapporter le sang dans les parties inférieures. Ainsi, les communications des artères lombaires entre elles, de même qu’avec l’ilio-lombaire, l’iliaque antérieure, la fessière, les intercostales, les branches latérales de l’épigastrique et des diaphragmatiques, celles de l’épigastrique avec la mammaire interne, les intercostales inférieures et les sous-diaphragmatiques encore, etc. , forment autant de voies qui s’opposeront à ce que la circulation soit suspendue dans les parties qui sont au-dessous de la ligature.

3°. La veine cave , qui se trouve à droite et sur un plan antérieur à celui qu’occupe l’aorte en sortant du diaphragme, et qui se place plus en arrière au-dessous du foie. Ces deux vaisseaux sont séparés d’abord par le lobule de Spigel ; ensuite ils se rapprochent, comme nous l’avons dit, et bientôt ils sont en contact. En avant , la veine est en rapport, supérieurement, avec le foie qui la renferme dans la gouttière

(2) M :.moire sur un cas remarquable de maladie cancéreuse , etc., chez Béchet, 1825*

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postérieure , et de manière quelle reçoit là plusieurs veines d’un certain calibre, entre autres, les hépatiques, avant de traverser lé diaphragme; de manière aussi que les abcès au foie pourraient s’y vider, s’il n’était pas dans la nature des vaisseaux de résister considérablement à l’inflammation qui les entoure, par l’épaississement de leur paroi. Au reste, si jamais il arrivait qu’une collection purulente se vidât dans la veine cave inférieure , comme James prétend en avoir des observations , il est évident que la mort s’ensuivrait immédiatement. Cette veine est ensuite recouverte par la veine porte, les canaux excréteurs de la bile, l’extrémité droite du pancréas, la portion perpendiculaire de l’intestin duodénum, l’artère rénale, le petit épiploon, le pylore, le mésocolon, l’artère testiculaire droite, les petits intestins et le grand épiploon. En arrière, elle est d’abord éloignée de la colonne vertébrale par toute l’épaisseur du pilier diaphragmatique droit, puis elle repose sur la portion droite du ganglion sémi-lunaire , enfin, sur le rachis. A droite, elle est en contact avec le foie, la capsule surrénale, le rein et le péritoine» C’est l’aorte qui la côtoie vers la ligne médiane. Il suit de ces rapports que l’induration du foie, du pancréas, que la désorganisation cancéreuse du pylore et des ganglions mésentériques, ainsi que les anévrysmes de 1 aorte peuvent empêcher le sang de remonter par la veine cave jusqu’au cœur, et produire ainsi l’hydropisie, comme l’a soutenu Monro , et comme M. Bouiilaud l a fait voir encore tout récemment.

4°. Entre les deux vaisseaux qui viennent d’être examinés, le canal thoracique , une chaîne de ganglions lymphatiques, et surtout du tissu cellulaire. Ce dernier élément offre ici la même disposition que dans l’écartement postérieur du médiastin , avec lequel il se continue par le moyen des hiatus aortiques et de l’œsophage, par l'intervalle qui existe entre les

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fibres du diaphragme. C’est par le moyen de ce tissu que les fluides formés au devant du rachis , dans le thorax, suivent le même trajet dans le ventre, et viennent se rendre jusque dans le bassin. Ses lamelles étant très-souples et très-extensibles, elles permettent aux glandes lymphatiques d’acquérir promptement un gros volume, et de communiquer leur altération à celles qui les avoisinent; et, comme toutes ces glandes sont liées parle moyen des vaisseaux qui en forment une chaîne non interrompue jusqu’au sommet du thorax, il devient facile d’expliquer comment ont été produits les nombreux encéphaloïdes qu’on rencontre au devant de la colonne vertébrale entre les lames du péritoine, depuis le sacrum jusqu’au cou, à la suite des cancers du testicule.

5°. Les nerfs grands -sympathiques , remarquables ici par leur position plus antérieure , et par l’irrégularité de leur forme, remarquables surtout par les grandes réunions plexiformes qu’on rencontre au devant des piliers du diaphragme et de l’aorte. C’est en effet là que les grands splanchniques se dégagent des fibres charnues pour s’agglomérer en anse , et produire le ganglion semi-lunaire, que les petits splanchniques viennent s’éparpiller au devant des artères émulgentes, et que tous s’anastomosent, se mêlent un grand nombre de fois les uns aux autres, ainsi qu’avec des filets du pneumo-gastrique, pour produire le plexus solaire, et tous les faisceaux qui en partent, pour former enfin ce centre nerveux auquel les anciens médecins, depuis V an~ hefmont , ont fait jouer un si grand rôle , et qui est seul capable d’expliquer les douleurs suffocantes qu’éprouvent certains malades dans cette région, et les dangers qui suivent lea coups portés sur l’épigastre.

- De chaque côté, la paroi postérieure de l’intérieur de l’abdomen présente également le péritoine, des muscles, des

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vaisseaux, des nerfs, des ganglions lymphatiques, du tissu cellulaire; on y remarque aussi le rein et ses dépendances, toujours derrière le péritoine.

i°. Les muscles sont les psoas : le petit n’existe pas toujours, et le grand peut être considéré comme formé de deux, portions appliquées, lune, sur le côté du corps des vertèbres; l’autre, sur le devant des lames des apophyses transverses; portions entre lesquelles sortent les nerfs du plexus lombaire. Séparé du muscle ilio-costal par le feuillet antérieur de l’aponévrose du transverse, le grand psoas est recouvert par une lame fibro-celluleuse qui s’est détachée du fascia iliaca , pour se prolonger jusqu’ati devant de l’apophyse transverse de la derniere vertèbre dorsale, où il revêt la forme ligamenteuse, et là se trouvent en effet deux arcades fibreuses : la première , qui bride l’origine du grand psoas, et donne insertion à quelques fibres du diaphragme ; la seconde , qui s’étend de la saillie transverse de la même vertèbre au bord inférieur et au sommet de la dernière côte , pour constituer le ligament cintré , qui reçoit la portion latérale du muscle principal de la respiration par son bord supérieur , et par en bas , l’aponévrose épanouie sur la face antérieure du muscle carré des lombes. Entre ce ligament et les côtes, il existe un petit espace rempli de tissu cellulaire, et par lequel les couches lamelleuses sous-pleurales communiquent avec la masse cellulaire sous-cutanée du flanc. L’autre arcade permet aux mêmes tissus qui couvrent le rachis dans la poitrine et dans le ventre, de se réunir et de se transmettre leurs maladies. Inférieurement , les muscles psoas s’écartent de la cinquième vertèbre , et vont limiter en dedans la fosse iliaque, où nous les reverrons. Comme leur action se porte principalement sur les cuisses , il en résulte qu’à la suite de courses prolongées, ou de marches forcées, des douleurs se font sentir dans la région

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lombaire, et qu’un psoïtis est quelquefois la suite de ces fatigues. A droite, le psoas est recouvert par la veine cave; à gauche, l’aorte ne s’avance pas jusque sur lui; le bord interne de ces muscles est longé par le grand-sympathique des deux côtés. Quand le petit psoas existe, il est au devant de l’autre, et n’est remarquable que par son tendon, mais dans la fosse iliaque seulement.

2°. Les artères et veines lombaires ont déjà été indiquées à l’occasion de la région des lombes. Les premières , nées de la partie postérieure de l’aorte , croisent la gouttière du corps de chaque vertèbre, et s’enfoncent dans une espèce de canal fermé , moitié par l’os , et moitié par les muscles psoas , ou par de petites arcades fibreuses (i), qui les tiennent solidement fixées contre les vertèbres ; en sorte que ces artères seraient facilement déchirées, si, pour lier l’aorte, on cherchait à soulever ce tronc au-delà de quelques lignes. Elles sont croisées, au reste, par le nerf grand-sympathique, le génitocrural, le plexus lombaire; et, quand elles se dégagent de dessous le grand psoas , elles ont déjà donné leurs branches postérieures : c’est alors seulement quelles rampent entre le péritoine et le carré des lombes.

Les secondes se comportent comme les artères, dont elles diffèrent par leur volume, qui est plus considérable. Gomme toutes vont se rendre dans la veine cave, il en résulte que celles du côté gauche sont forcées de passer sous le corps de 1 aorte même : aussi les artères lombaires droites croisent-elles la face postérieure de la veine cave. Il est extrêmement rare de voir ces rapports varier; cependant on a rencontré la veine cave à gauche de l’aorte, depuis les iliaques primitives jusqu’aux veines émulgentes: là, elle offrait une grande dila-

(i) Tiedraann, Tabules arteriarum, etc.

tation; ensuite elle passait par- devant l’artère, et se portait, comme à l’ordinaire, dans la rainure du foie (i); immédiatement appliqués, en formant des arcs de cercles, sur le corps des vertèbres, les vaisseaux lombaires se trouvent à l’abri de toute compression de la part des muscles et des autres organes environnans.

3°. Les ganglions lymphatiques rentrent presque tous dans la chaîne qui existe sur la ligne médiane; on peut d’ailleurs leur faire les mêmes applications chirurgicales.

4°. Les nerfs du plexus lombaire méritent ici quelque attention : on sait que, pour former ce plexus, les branches antérieures des nerfs lombaires s’anastomosent entre elles et avec le dernier intercostal, au devant des apophyses transverses des vertèbres , et que toutes ces branches ainsi mêlées sont cachées par le psoas; en sorte que, dans l’inflammation de ce muscle, le plexus lombaire peut être fortement affecté. Le nerf génito-crural traverse les fibres charnues de derrière en devant, et, se trouvant de cette manière appliqué sur les vertèbres , il peut être comprimé par les tumeurs qui se développent dans labdomen. Les branches ilio-scrotale et inguin o -cutanée se portent presque transversalement en dehors, entre les muscles carré des lombes et psoas, et se jettent bientôt dans la région latérale du ventre; enfin, restent les nerfs obturateur et crural , que nous verrons dans les fosses iliaques.

5°. Le rein . Placé sur le devant des deux dernières côtes et du carré des lombes, en dehors du muscle psoas, recouvert par le colon et le péritoine, cet organe est , par conséquent, un de ceux qui se trouvent situés le plus profondément dans l’abdomen; en sorte que les instrumens vulnérans ne pourraient arriver k sa face antérieure, qu’après avoir traversé le foie, la rate ou

(i) Harrisson, yol. 2 , page 23.

l intestin colon et deux fois le péritoine ; mais on pourrait 1 atteindre en arrière , sans percer la membrane séreuse de l’abdomen, en traversant l’un des deux derniers espaces intercostaux, à trois pouces en dehors de la ligne médiane, et, dans ce cas, le diaphragme serait aussi perforé; ou bien en pénétrant par la région des flancs. A cette occasion , il convient de remarquer que le rein descend plus bas à droite, et qu’il est un peu plus près du rachis qu’à gauche. Au reste, il se prolonge des deux côtés, au moins à deux ou trois pouces' au-dessous de la douzième côte, et déborde constamment de plus d’un pouce le muscle ilio -costal, de manière à reposer plus ou moins immédiatement sur l’aponévrose du transverse , suiyant l’état d’embonpoint des sujets. C’est, par conséquent, le bo rd convexe de la glande urinaire qui en est la partie la plus superficielle et la plus exposée aux blessures; cest elle aussi qui renferme les vaisseaux les moins volumineux. Dans les autres points, au contraire, les plaies seraient rendues beaucoup plus dangereuses, à cause de l’hémorragie.

La structure de cet organe est remarquable par le volume de ses artères et de ses veines ; cependant, les inflammations phlegmo neuses y sont assez rares, attendu, sans doute, qu’il renferme peu de tissu cellulaire. D’une texture dense et serrée, il est enveloppé par une membrane fibreuse qui s’oppose à son gonflement jusqu’à un certain point. Il n’est pas très-rare néanmoins de le voir acquérir de très- grandes dimensions dans quelques maladies locales encore peu connues; presque toujours alors c’est aux dépens de l’épaisseur de ses parois que son volume augmente ; le plus souvent ce sont ses calices qui se confondent avec le bassinet, et tout le rein ne forme bientôt plus qu’une poche qui s’amincit par degrés, à mesure qu elle se dilate, comme cela se voit quelquefois chez les individus affectés de diabètes , comme cela se remarque aussi

sur des sujets chez lesquels on ne l’avait jamais soupçonne. Il peut se faire, dans ce cas, que le rein s’enflamme, et que son intérieur se transforme en une collection purulente, susceptible de se faire jour dans l’excavation du flanc. Plus d’une fois on a vu des abcès du rein se vider par-là , et des calculs néphrétiques s’échapper par l’ouverture : de là l’idée de la néphrotomie, soit pour extraire des calculs , soit pour évacuer un foyer purulent, soit enfin pour donner issue à de la sérosité. Mais s’il est vrai, d’un côté, que cette opération soit, à la rigueur, moins difficile qu’on ne l’a prétendu, il ne l’est pas moins quelle est à peu près inapplicable: car, d’une part, il est rare qu’on ait des signes certains de ces maladies; et, de l’autre, quand même on réussirait à pénétrer jusqu a l’organe malade, on ne ferait disparaître qu’un effet du mal , et la cause n’en persisterait pas moins.

La portion échancrée durein ou son bord interne est en même tems antérieure ; elle reçoit les artère et veine émulgentes, et donne naissance à l’uretère. Ces trois canaux sont disposés de telle sorte, que l’artère est au milieu et un peu plus élevée que les deux autres, que l’uretère est en arrière et un peu plus bas. La veine émulgente droite est beaucoup plus courte que la gauche, à cause du voisinage de la veine cave qui lui donne naissance ; c’est l’inverse pour l’artère ; celle-ci est quelquefois double, triple, quadruple même, quoiqu’il n’y ait qu’un rein de chaque côté : c’est une disposition qui pourrait être avantageuse, dans le cas où on viendrait à lier l’aorte, si, par hasard, la ligature était placée entre l’origine de ces branches.

La capsule surrénale emboîtant l’extrémité supérieure du rein , et touchant le plexus solaire ou même le ganglion semilunaire, ne présente rien de biemessentiel relativement à notre objet.

L’uretère, conduisant l’urine du rein à la vessie, des-

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tend parallèlement à la colonne vertébrale, au devant du muscle psoas, enveloppé dans une gaîne fournie par le fascia propria , ou tissu cellulaire sous -péritonéal. Ses parois sont très-résistantes , sans être fort épaisses : on a vu son calibre égaler celui de l’intestin grêle, dans le cas où quelque obstacle s’opposait d’une manière plus ou moins absolue au passage du fluide urinaire dans la vessie; un calcul, par exemple, qui se serait arrêté dans T un des points de sa longueur. Il peut se rompre alors aussi , et donner lieu à un épanchement mortel dans le péritoine.

6°. Le tissu cellulaire est ici très-abondant , et offre deux dispositions différentes: d’abord, ses lamelles rapprochées, assez intimement unies sur la face externe du péritoine , forment une espèce de feuillet qui double cette membrane, et n’est qu’une portion du fascia propria ; ensuite, il enveloppe le rein , les muscles psoas , et remplit tous les espaces qui séparent les divers organes qui viennent d’être indiqués ; il forme surtout une couche très - épaisse autour du rein , et c’est le plus souvent ce tissu cellulaire qui s’enflamme dans les phlegmasies profondes des gouttières lombaires du ventre; il s’enflamme aussi par suite de péritonite ; enfin, par contiguïté, sa disposition lamelleuse, sa quantité surtout, et la nature des organes qu’il matelasse, favorisent, plus que toute autre cause, la formation des abcès sous le péritoine , dans le point que nous examinons. C’est lui qui est le siège du mal dans l’inflammation appelée psoïtis. Comme il se continue avec le tissu cellulaire de la partie antérieure du rachis, et, par suite, avec la couche générale de l’abdomen et de la poitrine , il s’ensuit que les fluides peuvent y arriver d’un grand nombre de points. D’un autre côté., quand les foyers y sont formés, le pus peut couler dans la fosse iliaque, ou bien passer sous les tégumens de l’excavation des lombes, et pro-

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duire les symptômes d’un abcès froid , ou d’un dépôt par congestion, sans que, pour cela, il y ait eu d’altération à la colonne vertébrale. Hier encore nous avons fait l’ouverture d’un homme qui a offert tous ces phénomènes. Ce sujet, âgé de vingt-huit ans, fut pris en 1820 de douleurs sourdes et profondes dans le côté droit du thorax et dans l’hypochondre correspondant. Pendant quinze jours, il fut traité à Motel-Dieu : la fièvre cessa, et le malade sortit avec une grosseur dans la partie postérieure du flanc, sous la dernière côte droite. Il entra le 10 août à l’hôpital de la Faculté. Sa tumeur était déjà fluctuante; elle avait le volume du poing; la peau n était pas rouge. On fit une ponction le Ier de septembre, et six à huit onces de pus floconneux et mal lié s’écoulèrent. Le malade est mort le 17 octobre. Nous avons trouvé la peau décollée à quatre pouces de circonférence, la couche sous-cutanée détruite , un trajet de communication avec la poitrine, au devant de la douzième côte, plusieurs autres avec les parties latérales de la paroi postérieure de l’abdomen et une infiltration purulente , depuis la fosse iliaque jusque dans l’écartement postérieur du médiastin et tout le côté droit de la poitrine.

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