‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 35 sur 76 · DU PÉRINÉE CHEZ UA. FEMME · texte numérisé non relu

DU PÉRINÉE CHEZ UA. FEMME

Dans ce sexe , on trouve bien les mêmes parties que chez l’homme ; mais elles présentent , pour la plupart , des caractères qu’on ne doit pas passer sous silence. En outre, le périnée de la femme renferme tous les organes externes de la génération, et non pas simplement l’urètre.

Voici les dimensions moyennes que nous avons obtenues sur un grand nombre de sujets :

Du haut des pubis au clitoris , deux pouces et demi ;

De la commissure antérieure de la vulve à l’anus , troispouces et demi ;

Du clitoris à la commissure postérieure de l ouverture vulvaire du vagin, un pouce et demi;

De la commissure postérieure de la vulve à la pointe du

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coccyx, trois pouces; en sorte que, du coccyx à l’anus, on trouve dix-huit lignes environ ;

De l’anus à la vulve, quinze lignes, et le reste pour l’ouverture du rectum.

Les mesures transversales ne nous offriront d’intérêt que sur le squelette. Mais passons d abord en revue les différentes parties molles.

i°. La peau. Elle est un peu moins mobile et moins fine que chez l’homme, et l’on y rencontre moins de poils, surtout en arrière; en se repliant pour former les grandes lèvres, elle perd ses caractères cutanés pour revêtir ceux des membranes muqueuses : en sorte que, sur la face interne de ces replis, les poils n’existent plus , et que la sécrétion sébacée, plus abondante, est de nature un peu différente; assez souvent même, le produit de cette sécrétion s’altère, contracte de l’âcreté, irrite les parties entre lesquelles il s’accumule , et peut donner lieu, chez les personnes peu soigneuses, à un écoulement qui paraît en avoir imposé plus d’une fois , en faisant croire à l’existence d une blennorragie. Au reste, les grandes lèvres forment deux espèces de crêtes, fermes et arrondies avant la puberté , plus ou moins molles , flasques et allongées chez les femmes mariées, crêtes qui laissent entre elles et la cuisse une rainure, dans le fond de laquelle on sent la branche isehio-pubienne. Entre la moitié supérieure de leur face interne et les nymphes, se voit un espace triangulaire qui se réunit avec un espace semblable du côté opposé, au-dessus du clitoris ; les petites lèvres elles-mêmes ne sont qu’un repli tégumentaire, beaucoup plus allongé, toute proportion gardée, chez les très-jeunes filles qu après la puberté ; mais chez ces dernières, elles peuvent acquérir accidentellement une longueur assez considérable pour gêner la copulation et obliger à en faire la résection. Suivant Perron elLesueur , c’est un prolongement

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d’environ sept à huit pouces de la nymphe, qu’on observe chez les femmes houzwâanases ou boschismanes , dans le midi du cap de Bonne-Espérance, qui constitue ce qu on appelle le tablier des Hottentotes. Il est vrai que Le Vaillant n’est pas du même avis; que le jésuite Tackard avait décrit ce tablier comme un simple repli de la peau, et que Salzmann en a nié l’existence, en avançant que le tablier factice que portent habituellement ces femmes en avait imposé aux voyageurs. Quoi qu’il en soit de ces relations diverses , toujours est-il certain que la Vénus hottentote , dont W. F Içurens & donné le dessin dans le Journal complémentaire du Dictionnaire des Sciences médicales , présentait ce singulier prolongement des petites lèvres, et que, chez les femmes d’Asie et d’Afrique, ces organes ont très-souvent une longueur gênante : ce qui fait que, dans ces contrées, on est fréquemment obligé d’en enlever une portion pour faciliter le coït. Au périnée proprement dit, la peau reprend les caractères qu’elle avait chez l’homme, et présente également un raphé sur la ligne médiane.

2°. La couche sous-cutanée devient très-épaisse sur les grandes et les petites lèvres, datis lesquelles son mélange avec les vaisseaux , les filets nerveux et la graisse , forme une couche épaisse, élastique, assez serrée, comme érectile, et dans laquelle se développent assez souvent des inflammations phlegmoneuses , accompagnées de vives douleurs , inflammations qui marchent avec une grande rapidité vers la suppuration, et que, pour cela, on doit traiter énergiquement, soit en appliquant dès le principe des sangsues en grand nombre , soit en ouvrant de bonne heure, si le pus est formé, à moins qu’on ne veuille s’exposer à un décollement considérable et très -prompt.

3°. \1 aponévrose présente, de plus que chez l’homme, une 2. 23

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large ouverture qui circonscrit la vulve , et cette aponévrose qui soutient le périnée de la femme, est quelquefois assez forte pour résister long-tems pendant l’accouchement, en empêchant la dilatation de la vulve; elle est quelquefois assez forte pour gêner lintroduction de la main dans le rectum ou le vagin , surtout chez les femmes qui accouchent pour la première fois.

4°. Les muscles sont les mêmes, quant à l’ischio-eoccygien, à l’ischio-caverneux et au releveur de l’anus; mais le sphincter de l’anus et le bulbo-caverneux sont un peu difrens. Le premier de ceux-ci, en effet, est disposé de telle sorte que l’extrémité antérieure de ses deux moitiés latérales s’entre - croise très - évidemment dans beaucoup de sujets, et se continue sans interruption avec le muscle transverse du périnée, qui alors ne semble en être qu’une dépendance. Cette disposition, que nous avons rencontrée un grand nombre de fois, a été parfaitement représentée dans l’une des superbes planches de Tiedemann sur les artères. Le second forme un nouveau sphincter moulé sur la vulve qu’il embrasse, et de manière que ses deux portions sont renfermées dans les deux grandes lèvres ; de manière aussi qu’en se contractant, la courbe quelles font tend à disparaître, et qu’ alors l’ouverture vulvaire du vagin est plus ou moins rétrécie. Il est des femmes qui ont la faculté de le contracter à volonté, et chez lesquelles ce muscle est extrêmement fort : de sorte que, dans les ébats amoureux, leur volonté, plus que les jouissances quelles éprouvent, déterminent la compression du pénis de l’homme, qui peut être trompé de cette manière.

5°. Les artères , toutes proportions gardées, sont moins grosses que dans le sexe opposé; l’hémorrhoïdale inférieure ou externe est à peu près comme chez l’homme ; il en est de

meme de la transverse du périnée, qui est beaueoup moins volumineuse. L’artère superficielle se distribue dans les grandes lèvres, et son calibre est trop peu considérable pour que sa blessure puisse produire une hémorragie dangereuse. Enfin , le tronc de la honteuse lui-même est tellement petit, qu’il ne mérite aucune attention en approchant du sommet de l’arcade du pubis : aussi en pratiquant la taille par les méthodes latérale, transversale ou latéralisée, chez la femme , ce n’est pas l’hémorragie qui est à craindre, à moins qu’on ne porte le bistouri jusqu’au tronc principal, qui se trouve trop éloigné de la ligne médiane pour qu’on soit jamais forcé d’aller jusqu a lui; mais , il existe d’autres raisons anatomiques qui ne permettent pas de tailler de cette manière chez les femmes.

6°. Les veines; 70. les lymphatiques ; 8°. les nerfs , n’offrent rien de particulier qui ne se devine par la disposition des artères.

90. L’ urètre est très-remarquable par sa brièveté, son extensibilité et même sa structure; sa longueur est de dix, onze, douze, treize, quatorze lignes; il est conique, et susceptible d’une dilatation très-grande : d’où il suit que des calculs très - volumineux peuvent le traverser spontanément , et s’échapper ainsi de la vessie. Heister , Midleton , Colles , Molineux , Jelloly , A. Cooper , ont rapporté des observations où l’on voit que des pierres de deux , trois et quatre onces ont franchi ce canal par son action organique seule. C’est d’après cette propriété bien connue du canal de l’urètre , que Tolet d’abord, que Bromfield ensuite, et beaucoup d’autres, proposèrent de le dilater artificiellement, plutôt que d’inciser les parties , pour extraire ces corps étrangers ; et l’on peut dire maintenant que, si jamais les instrumens lithontripîeurs de MM. Amussat , Leroy , Civiale , etc., deviennent d’une

application générale, ce sera principalement chez les femmes. N’étant enveloppé que par une couche érectile peu épaisse , et non par une prostate, l’urètre n’est véritablement ici qu’un simple prolongement de la vessie ; il est légèrement concave sur sa face antérieure, de manière qu’une sonde presque droite le parcourt très-facilement* mais, pendant la grossesse, il est tellement relevé contre la partie postérieure de la symphyse pubienne, qu’il devient pour ainsi dire perpendiculaire, et qu’ alors, ce n’est qu’à l’aide d’une algalie fortement courbée qu’on pourra arriver dans la poche urinaire; il est même assez fortement aplati dans ces cas, pour qu’une sonde arrondie ait paru depuis long-tems, aux Anglais, moins convenable qu’une sonde plate. Son intérieur ne présente point de crête urétrale, point d’excavation prostatique, ni de repli valvulaire ; en haut, il est séparé de l’arcade pubienne par un intervalle de quatre à cinq lignes, et reste à la même distance de la face inférieure du clitoris : en sorte qu’il existe, entre ce dernier organe et le méat urinaire , une fossette triangulaire , limitée , sur les cotés , par les petites lèvres.

De cette excavation au col vésical, en passant par-dessous les pubis, on trouve : i° la membrane muqueuse; 2° une couche celluleuse dense, renfermant quelques vaisseaux et le prolongement du muscle constricteur du vagin; 3° la partie supérieure de l’aponévrose périnéale, dans les lames de laquelle se rencontre la terminaison de l’artère honteuse interne; 4° du tissu cellulaire souple, extensible, et plus près du canal de l’urètre, une couche de tissu érectile f 5° enfin, la partie antérieure du col de la vessie. Telles sont les parties que les chirurgiens divisaient du tems de Celse ,

pour extraire les calculs de la vessie chez les femmes

Mulieri nero inter urinœ iter et os pubis incidendum est sic , ut utroque loco plaga transversa sit : neque terreri convenit ,

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si plus ex muliebri corpore sanguinis profilât (1); et tel est le chemin que M. Lisfranc a récemment proposé de suivre dans la même opération. Pour faire ressortir les avantages de sa méthode, ce chirurgien habile fait remarquer que l’arcade pubienne , au milieu de sa hauteur , présente environ deux pouces quatre ou cinq lignes transversalement, et que le canal de l’urètre peut être abaissé jusque-là, en pressant avec une sonde sur sa paroi inférieure, après avoir coupé, par une incision en demi-cercle , toutes les couches qui séparent le vestibule du col de la vessie, et que, par conséquent, il est possible d’extraire, par cette ouverture, les calculs les plus volumineux , sans danger. Il est effectivement vrai qu’on ménage sûrement le vagin ; que l’artère honteuse , qui sera souvent divisée, n’est pas assez volumineuse pour faire craindre une hémorragie fâcheuse ; qu’on laisse le canal de l’urètre entier , en sorte qu’on n’a pas à redouter l’incontinence d’urine, et que cette opération n’est pas très -difficile à pratiquer sur le cadavre; mais, il faut détacher complètement les parties molles de l’arcade pubienne; en sorte que le lambeau sémi-lunaire qui renferme l’urètre, étant seul mobile, tend naturellement à s’éloigner de l’arcade osseuse. Si l’on divise la vessie parallèlement à ses fibres, derrière les pubis, il sera difficile de profiter de la grande étendue de la plaie extérieure; si, au contraire, le col vésical est coupé en travers , la rétraction naturelle des faisceaux charnus doit faire craindre la persistance d’une fistule urinaire ; et , dans tous les cas , il est très - probable qu’assez souvent l’urine suinterait en plus ou moins grande quantité dans le tissu cellulaire très-lâche qui existe entre les pubis et le col de la poche urinaire.

(1) De re medicâ, lib, vu, cap. ni, sect. ix, page 437, édit, de Yatart.

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On sait d’ailleurs combien sont dangereuses chez l’homme les plaies de ce réservoir, quapd, dans la lithotomie, on prolonge Fincision sur ses parois, au-delà de la glande prostate ; de manière qu’« priori , la taille celsiennc , par le procédé beaucoup plus rationnel de M. Lisfranc , semble devoir être suivie d’accidens assez graves pour contre-balancer ses avantages. En effet, en divisant toute la longueur de l’urètre, dans sa paroi supérieure , avec un simple bistouri conduit sur une sonde cannelée , ou bien avec le lithotome caché de Frère Cosme , comme le conseillent MM. Dubois et Dupuytren , on peut obtenir une ouverture d’un pouce, et même de quinze lignes, attendu qu’on la prolonge sans aucune espèce de danger jusqu’au ligament sous-pubien. On peut donc de cette manière extraire des calculs d’un diamètre de six, huit, dix et même douze lignes, en mettant à profit l’extensibilité des parties molles. En outre, quand l’opération est pratiquée avec les précautions convenables , la plaie se cicatrise trèsbien, et l’incontinence la suit moins fréquemment que quelques chirurgiens ne Font avancé. Or, toutes les fois que les pierres auront un volume plus considérable , nous pensons qu’il serait plus dangereux de les extraire par la méthode de M. Lisfranc que par le haut appareil.

Le col de la vessie et l’urètre n’étant point entourés par une glande volumineuse comme chez l’homme, il en résulte que ce canal n’est séparé du vagin que par une couche mince de tissu cellulaire, dense et serré, et qu’on pénètre avec la plus grande facilité dans la vessie par le conduit vulvo-utérin. Il est même assez évident que , si la taille recto -vésicale devait avoir quelque succès chez l’homme, par le procédé de M. Sanson , la lithotomie par le vagin serait bien autrement avantageuse encore, soit qu’on se comportât comme Rousset , F. de Hilfien, Méry , Follet, ou comme MM. Clémot , Flaubert , etc.;

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car ici, point de vésicules séminales, point de canaux déférens ni de conduits éjaculateurs. Le plexus veineux est aussi beaucoup moins considérable; mais les fistules vésico-vaginales sont encore plus difficiles à prévenir que celles du rectum; ce qui tient probablement à ce que la vessie n’est point , comme la prostate , entourée par un corps solide, qui puisse tenir les lèvres de la plaie rapprochées, en contrebalançant l’action des fibres charnues. Après tout, il paraît que, si la vessie était toujours maintenue dans l’état de vacuité par un moyen quelconque, on finirait par guérir ces fistules; du moins, quelques essais tentés à l’hôpital Saint- Louis, par M. J. Cloquet , avec sa sonde à double courant, porteraient à le croire, et la disposition anatomique toute seule l’aurait fait deviner, attendu que, de cette manière, les deux lèvres de la division sont en contact, et non plus dans un état de mobilité continuelle. C’est, en effet, ce contact qui est la condition indispensable pour obtenir une guérison sûre, et M. le professeur Lallemand , de Montpellier, a rendu un véritable service à la science sous ce rapport , en inventant l’espèce de double érigne avec laquelle il vient d’obtenir une belle cure.

Ces rapports du bas-fond de la vessie , de l’urètre et du vagin , font qu’en essayant de diviser le col vésical obliquement en bas et en dehors , soit en agissant comme chez, l’homme , ainsi que le faisait Frère Jacques , soit en portant le lithotome caché, par l’urètre, pour diviser en même tems ce canal» dans le même sens, comme l’a conseillé Frère Cosme , et comme beaucoup de chirurgiens l’ont pratiqué depuis, il est bien difficile d’éviter le vagin, pour peu qù’il soit dilaté. Il y a plus, c’est que chez les femmes mariées d’un certain âge, et, surtout, chez celles qui ont eu des enfans, le devant du vagin est, pour ainsi dire, creusé en goût-

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tière pour recevoir l’urètre, tellement, quen incisant ce dernier, même tout-à-fait en travers, on n’est pas sur de toujours ménager le second, soit qu’on se serve de l’espèce d’énorme lancette poussée d’avant en arrière dans une gaine ou châsse, qui fait qu’on coupe simultanément les deux côtés , comme le voulait Louis ; soit qu’on se serve du même instrument, tranchant d’un côté seulement, tel que l’avait modifié Leblanc , ou de l’urétrotome de Lecat; soit, enfin , qu’on préfère le lithotome caché à double lame qu’emploie M. Dupuytren , dans la taille transversale chez l’homme, et qu’avait proposé Fleurant , de Lyon. Néanmoins, il convient de noter qu’avant la puberté, le vagin est d’un assez petit calibre pour permettre l’application de la plupart de ces procédés, si, d’un autre côté, la division double ou simple de l’urètre n’était redoutable par l’incontinence d’urine qui en est quelquefois la suite. Dans tous les cas , on voit que le procédé de Frère Jacques , ou la méthode latéralisée serait à ces divisions latérales ou obliques du canal excréteur de l’urine, ce que le procédé de M. Lisfranc ou la taille transversale est à l’incision de la paroi supérieure.

Le méat urinaire, beaucoup plus rétréci que le reste du canal, est séparé de l’ouverture vulvaire du vagin par un tubercule plus ou moins renflé, qui mérite attention lorsqu’on veut pratiquer le cathétérisme sans découvrir les femmes; il est facile, en effet, de sentir ce tubercule, en remontant avec la pulpe du doigt médius , de la fourchette vers le vestibule; en sorte que, lorsqu’on l’a reconnu, il suffit, pour pénétrer dans l’urètre, de faire glisser l’algalie, préliminairement tenue comme une plume à écrire, sur l’extrémité du doigt qui la dirige.

i o°. Le vagin est un organe qui n’a point d’analogue dans le périnée de 1 homme; son orifice vulvaire est, en général,

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bordé par quatre tubercules chez les femmes qui ont eu des enfans; ces tubercules sont ordinairement placés sur les extrémités des diamètres vertical et transverse, et portent le nom de caroncules myrtif ormes ; l’antérieur et le postérieur ne sont autre chose que la terminaison des deux colonnes correspondantes de la cavité vaginale; les deux latéraux sont dus à la rétraction des lambeaux de l’hymen; il importe de connaître ces organes, afin de ne pas les prendre pour des végétations syphilitiques. A la naissance et jusqu a la puberté, lorsqu’aucun accident ne l’a détruite, cette ouverture est rétrécie, en arrière, par un repli sémi-lunaire , dont le bord concave est en avant, et qu’on nomme V hymen (i) , ou la valvule vaginale. Cette membrane se déchire ordinairement aux premières approches de l’homme, et souvent même avant la puberté, par suite de quelque mouvement brusque, etc.; mais, d’autres fois, elle est tellement forte et large, quelle ferme en grande partie ou même en totalité le vagin, de manière à rendre difficile, impossible même l’écoulement des menstrues; en sorte qu’on est alors obligé de l’inciser pour remédier aux accidens produits par la rétention du sang accumulé dans le vagin. Il y a plus : on Fa vue assez forte, assez résistante pour s’opposer à la copulation, permettre cependant la fécondation, persister jusqu’à l’époque de l’accouchement, et gêner assez la sortie de l’enfant pour que le chirurgien ait été obligé d’en faire la division, comme Paré F a

pratiquée deux fois. Il suffit d’indiquer des cas semblables pour faire voir que la présence de cette membrane ne prouve pas l’innocence de la femme, de même que son absence ne

(i) Beaucoup d’auteurs disent la membrane de l’hymen ou la membrane hymen. Cette locution est évidemment vicieuse, car c’est comme si 1 on disait la membrane de la membrane, ou la membrane membrane, puisque le mot hymen se traduit littéralement par celui de membrane .

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prouve point contre la pureté de ses mœurs; et l’on peut dire que , si l’exactitude de cette assertion avait été reconnue par les médecins et les magistrats des siècles passés, on eût évité bien des procès scandaleux, qui ne se renouvelleront plus de nos jours. Au reste, l’hymen renferme quelquefois des fibres charnues; d’autres fois, il a l’apparence d’une simple lame cornée; mais, jamais il ne contient de vaisseaux volumineux.

L’intérieur du vagin est remarquable surtout par le nombre de rides qu’on y rencontre; ces rides, dont la nature n’a pas encore été suffisamment examinée, sont de deux ordres , comme on sait : les unes parallèles à la direction du canal ; les autres , se rendant obliquement sur celles-ci.

Les premières, au nombre de deux seulement, l’une antérieure, l’autre postérieure, très-apparentes en approchant de la vessie, disparaissant graduellement, en remontant vers le col utérin , se gonflent souvent pendant la grossesse et même dans l’état de vacuité de l’utérus , au point d’embarrasser parfois les personnes qui n’ont pas réfléchi à cette particularité, ainsi que nous en avons eu la preuve bien des fois dans nos cours d’accouchement en faisant exercer les élèves au toucher. Comme elles semblent dépendre de l’adossement des deux moitiés dont le vagin était primitivement formé , on conçoit qu’ elles peuvent faire une saillie plus ou moins considérable, représenter chacune une espèce de crête , finir même par se toucher, se souder par leur bord libre, et donner ainsi naissance à une véritable cloison ; d’où il suit que les observations de vagin à double canal n’ont rien de bien extraordinaire.

Les secondes, molles et souples pendant la grossesse, beaucoup plus denses , et produisant quand on les explore , chez les femmes qui ne sont pas enceintes, la sensation que

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l’on éprouve en passant le doigt sur la voûte palatine d’un ruminant, laissent entre elles des rainures, dans le fond desquelles se cachent souvent les ulcérations syphilitiques; en sorte qu’il faut quelquefois un examen attentif pour reconnaître ces maladies dans ce sexe.

Les rapports du vagin avec la vessie font que, pendant l’accouchement , si le bassin est étroit , si les efforts sont violens et le travail long, la tête de l’enfant peut contondre la cloison vésico-vaginale , de manière à déterminer la formation d’une escarre, qui sera suivie d’une fistule. Si l’on se décidait à pratiquer la taille, ou simplement la ponction par le vagin, il serait bien de se rappeler que le péritoine s’arrête, en général, au niveau de ce canal avec le col de la matrice, et que, rarement, cette membrane se prolonge entre lui et la vessie, de sorte que, sous ce rapport, on peut le diviser sans crainte.

En arrière, ses rapports avec le rectum sont aussi fort importans. Ces deux organes ne sont d’abord séparés que par une couche celluleuse, qui s’amincit et devient graduellement plus serrée, à mesure qu’on descend; et, de cet adossement simple , résulte la cloison recto - vaginale ; cloison sur la partie concave de laquelle porte très-fortement la tête de l’enfant, quand elle traverse un bassin dont le sacrum est trop fortement courbé, et qui se déchire assez souvent pendant le travail , de manière que l’accouchement se termine par l'anus; ou bien, il se forme simplement une escarre, dont la chute produit une fistule recto-vaginale. Comme l’intestin se recourbe en arrière , à partir de la fape antérieure du coccyx, de manière à présenter une convexité en avant, et comme le canal vulvo-utérin , au contraire , descend régulièrement dans la direction de l’axe du détroit pelvien inférieur , il en résulte qu’ils s’éloignent l’un de

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Fautre , et qu’il existe entre eux un triangle limité par la face postérieure du vagin en avant, par la face antérieure du rectum en arrière, et, en bas, par la peau, qui s’étend de l’anus à la vulve. Ce triangle est rempli par de la graisse , du tissu cellulaire filamenteux et lamelleux, par quelques fibres des muscles transverse et sphincter, constricteur du vagin et releveur de l’anus , par des rameaux de l’artère transverse et par une portion de la couche érectile qui entoure le vagin inférieurement. C’est la base de cet espace qui s’allonge considérablement lorsque la tête du fœtus s’apprête à franchir le détroit inférieur; toutes les couches renfermées dans ce triangle s’aplatissent, cèdent, se distendent, et bientôt le périnée de la femme est long de trois , quatre , et même cinq pouces; assez long pour que l’enfant puisse le déchirer , et le traverser sans rompre la commissure postérieure de la vulve , ni la partie antérieure de l’anus. On possède déjà plusieurs observations de ce genre; et, chose remarquable, ces énormes déchirures se guérissent habituellement très - bien , promptement , et d’une manière solide.

Nous fûmes appelé, au printemps de 1824, près de

Mad. B , qui était, depuis douze heures, dans le travail

de la parturition; en arrivant, nous trouvâmes la sage-femme soutenant, le périnée de toutes ses forces, avec ses deux mains superposées , sur lesquelles étaient encore appliquées la main d’une garde et celle du mari. Cet échafaudage enlevé , nous vîmes que tout le crâne du fœtus avait déjà franchi le périmée, dont le bord antérieur était intact ; nous crûmes que la tête était dans l’anus; mais, aussitôt après la sortie de l’enfant, il fut facile de se convaincre que cette ouverture était entière : vingt jours après, cette dame était entièrement guérie. Elle est accouchée de nouveau dans le mois

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d’août 1825 sans aucun accident et sans secours; car nous n’arrivâmes près d’elle qu’après la sortie de l’enfant. Maintenant elle se porte parfaitement bien.

Les parties qui enveloppent le vagin sur les côtés, sont les mêmes que celles qui sont en rapport avec le rectum et la vessie dans l’homme. Enfin, entre la partie postérieure de son ouverture et la commissure périnéale de la vulve, se voient la fosse navicujaire et la fourchette, qui se déchirent, ou disparaissent par dilatation pendant l’accouchement, mais de manière qu’on ne fait guère attention à ces sortes de déchirures que quand elles comprennent également une portion plus ou moins étendue du périnée proprement dit.

Lorsque l’aponévrose périnéale qui perce le vagin , ainsi que les autres couches qui entrent dans la composition de cette région , offrent naturellement moins de résistance que de coutume , ou qu elles sont relâchées par une cause quelconque, il arrive quelquefois que le vagin tend à se renverser comme un doigt de gant , et que le col de la matrice , alors, vient se présenter à la vulve, et c’est là ce qui constitue la descente de l’utérus. Mais, dans cet ét^t, il peut arriver aussi que le museau de tanche s’allonge d’une manière outrée, comme l’ont vu M. le professeur Lallement , de la Salpétrière, et Bichat ; et ces cas ont pu en imposer, lorsque les connaissances anatomiques étaient moins répandues , en faisant croire à l’existence d’un pénis et de l’hermaphrodisme , ainsi qu’il résulte de l’observation de Marguerite Malawi , rapportée par Saviard. Alors que la matrice est des » cendue , il importe , si l’on veut placer un pessaire plat pour la maintenir relevée , de se rappeler que transversalement , on peut donner à ces instrumens assez de largeur pour qu ils appuient sur les ischions , et qu’une fois placés , ils seront retenus dans ce sens par tout le plancher périnéal,

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et notamment par l’aponévrose, qui ri’est qu’un épanouissement du repli falciforme du grand ligament sacro - sciatique; tandis que, d’avant en arrière, la vessie et le rectum empêchent qu’on ne puisse leur donner autant de largeur ; c’est d’après cela que Bruninghausen a proposé de les échancrer sur les deux extrémités de ce diamètre, en leur donnant la forme d’un 8 de chiffre. Au reste , on doit se tenir en garde contre les causes d’erreur, quand ôn examine ces sortes de descentes, attendu qu’il est des polypes qui simulent si exactement la forme du col utérin , qu’on pourrait s’y tromper, et tenter d’en faire la réduction; nous avouerons être tombé nous-mêine une fois dans cette méprise.

A la fin de 1823 , il vint à l’hôpital de la Faculté une femme de quarante ans, qui avait , disait-elle, une descente de matrice, pour laquelle on lui avait fait porter un pessaire pendant deux ans , mais qu’elle avait négligée depuis quinze mois, parce que son pessaire s’était échappé. Chargé par M. Bougon d’examiner cette malade , nous trouvâmes une tumeur eylindroïde ou plutôt conoïde , dépassant la vulve d’environ deux pouces, rentrant facilement, fendue transversalement à son extrémité libre, de manière à présenter deux lèvres inégales et tuberculeuses, dont l’antérieure était un peu plus longue que la postérieure, ayant son collet trèspeu rétréci à quelques lignes seulement au - dessus des grandes lèvres; et ce qui acheva de nous tromper, c’est que cette femme nous assura que ses règles coulaient par la fente que nous venons d’indiquer. Un pessaire à tige et en ivoire fut placé ; la malade repartit pour la campagne , où elle se livra de suite à ses occupations habituelles. Trois jours après, l’un des cordons destinés à soutenir l’instrument se dérangea; le pessaire fut enlevé ; le lendemain , il survint de la fièvre; des douleurs se firent sentir dans le ventre , et cette femme fut

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reconduite à l’hôpital, où elle mourut, le troisième jour de son arrivée , d’une péritonite intense. A l’ouverture du cadavre, nous reconnûmes que la prétendue descente de l’utérus n’était qu’un polype fixé dans le fond de la cavité de cet organe. Nous conservons cette pièce, vraiment remarquable par sa ressemblance avec le col de la matrice.

SECTION V

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