Le Squelette
Le squelette du genou comprend la rotule, les extrémités inferieure du fémur et supérieures du tibia et du péroné ; on peut y joindre aussi les nombreux ligamens qui unissent ces parties.
a. La rotule représente en grande partie l’olécrane, du moins, pour ses fonctions; mais, elle en diffère par sa mobilité et par son union au tibia , quoique cependant on ait vu une fois l’olécrane rester mobile sur le cubitus , comme la rotule sur l’os principal de la jambe (i). Développée dans l’é-
(1) F. Meckel, Manuel d’Anat. , etc.
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paisseur du tendon des muscles extenseurs de ce membre, à deux ou trois pouces au-dessus de la tubérosité du tibia, elle coupe ce large faisceau fibreux , de manière que sa portion inférieure constitue le ligament rotulien; ligament, qui remplit, néanmoins, toujours les fonctions du tendon, en transmettant au tibia Faction des muscles de la cuisse sur la rotule. Il suit de cette disposition , que la rotule ne change pas de rapports avec l’os de la jambe , dans les divers mouvemens de l’articulation fémoro-tibiale, et que, dans la flexion complète, elle se trouve placée tout à- fait au-dessous des condyles du fémur, tandis que, dans l’extension , elle remonte très-haut sur la poulie articulaire de ces mêmes condyles. Dans le premier cas, sa face postérieure est tellement enfoncée dans l’intervalle des surfaces articulaires , et ces surfaces elles-mêmes ont une telle largeur en travers, que tout déplacement de la rotule serait de cette manière rendu impossible, quand même la tension des muscles ne s’y opposerait pas d’un autre côté; mais, alors, il n’en est pas de même de la fracture de cet os ; en effet , placé entre son ligament et le tendon du triceps, qui s’insèrent à angle sur ses bords supérieur et inférieur , et reposant par sa face anguleuse sur la face inférieure de la rainure inter-condylienne,on conçoit qu’une chute sur le genou, jointe à une contraction violente des muscles pour retenir le tronc, peut alors en déterminer la division transversale. Dans le second, au contraire , les fractures sont à peu près impossibles , par l’action seule des muscles , et les chocs externes les produiront difficilement aussi, à cause de la plus grande mobilité de l’os; mais , les luxations, dans cette position , paraissent, au premier abord, assez faciles , quoiqu en réalité elles soient cependant très-rares. A l’extérieur, la rotule étant plus relevée en dedans qu’en dehors , et paraissant par-là même plus dispo-
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sée à glisser vers le premier côté, on pourrait croire quelle doit se déplacer plus souvent dans le premier sens que dans le second; cependant, on observe le contraire, et la raison s’en trouve dans la disposition anatomique des parties. Le bord interne de la rotule , en effet , fait une saillie beaucoup plus considérable que F externe, et donne, conséquemment , plus de prise à l’action des corps extérieurs; la facette antérieure du condyle interne du fémur est aussi plus relevée que celle de l’externe, ce qui rend plus difficile le glissement de la rotule de ce côté. La crête qui sépare en deux la face postérieure de ce petit os, étant plus rapprochée du bord externe de la gouttière condylienne que de l’interne, il doit être plus facile de le chasser en dehors qu’en dedans. Enfin, chez beaucoup de sujets, l’un des genoux est tellement rentré vers l’autre, qu’en abaissant une ligne du point d’origine du muscle droit antérieur sur la tubérosité du tibia, elle passerait en dehors de la rotule. Or, on ne peut nier que, pendant leur contraction, les muscles ne tendent toujours à se placer parallèlement à cette ligne ; en sorte que, non-seulement, l’action musculaire peut aider la luxation externe de la rotule poussée, d’ailleurs, dans ce sens par un coup ou un effort quelconque porté sur son bord interne, mais encore, on doit admettre, avec M. /. Cloquet , que cette action peut la déterminer seule, ce qui donnerait l’explication de plusieurs luxations spontanées; luxations qui, d’autre part, semblent dépendre aussi d’un relâchement du ligament rotulien , comme dans le cas relaté par M. Itard (i), ou de l’étroitesse des surfaces articulaires, ainsi que Fa vu M. Boyer (2), ou bien, enfin, de quelqu’ autre anomalie. Quant aux fractures ,
(f) Journal de Corvisart, etc.
(a) Traité des maladies chirurgicales , etc.