‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 60 sur 76 · Le Squelette · texte numérisé non relu

Le Squelette

11 comprend naturellement la malléole tibiale , puisque c’est elle qui forme la base de la région ; il comprendrait bien aussi la face interne de l’astragale et une partie de celle du calcanéum j mais, dans ce sens, ces parties, rentrant plus spécialement dans la composition du pied , nous ne ferons que les indiquer ici. Pour l’éminence malléolaire , il convient de noter qu elle se prolonge assez pour cacher l’articulation tibio-astragaîienne sur son côté interne, qui est ainsi parfaitement protégé contre l’action des corps extérieurs; qu’étant, d’ailleurs, oblique en dedans, appliquée d’une manière assez serrée contre le premier os du tarse , assez mince relativement au volume du tibia , et très-solidement fixée par sa pointe à la petite tubérosité du calcanéum , ainsi qu’à la portion rugueuse de la face tibiale de l’astragale, elle peut se briser dans un renversement forcé du pied sur son bord interne, plutôt que de permettre la luxation. Notons, enfin, que la gouttière creusée sur son bord postérieur, et qui est continuée audessous de sa pointe par le ligament latéral interne , forme une véritable poulie de renvoi pour le tendon du jambier postérieur, et que ce musclé est alors très-bien disposé pour soulever la jambe, en se contractant, et détacher le talon du sol. Le fond de cette gouttière, au reste, est tapissé par une couche fibreuse très-serrée , dont la surface libre est assez souvent

revêtue d’un véritable cartilage , et qui met la synoviale articulaire en sûreté pendant Faction des muscles.

SECTION II

REGION MALLEOLAIRE externe.

Son nom indique suffisamment sa forme et ses limites. En avant, elle est séparée du dos du pied par une excavation en général très-profonde, et qui correspond à l’excavation astragalo-caÊlcariienne; en bas et en arrière, elle est séparée du talon par la fin delà gouttière pérohéo-calcanienne, et par laquelle on pénétrerait facilement dans l’articulation; enfin, entre Ces deux dépressions , et au-dessous de la malléole , on suit un relief formé d’abord par les tendons péroniers latéraux, ensuite par la tubérosité qui existe sur la face externe du calcanéum.

PARTIES CONSTITUANTES

i°. La Peau.

Mince, glabre, et renfermant peu de follicules sébacés, elle est plus souple et beaucoup plus extensible que sur la malléole interne; en sorte quelle permet la réunion immédiate des plaies , pourvu que la perte de substance ne soit pas trop considérable ; ainsi que la formation de collections , d’épanchemens, d’abcès, etc., et qu’elle ne se déchire pas avec la même facilité dans les tractions que le pied peut exercer sur elle, lorsqu’il se renverse en dedans.

2°. La Couche sous-cutanée.

Souple et lamelleuse sur la malléole même, elle n’est fila menteuse qü’en arrière; encore, eette disposition est-elle beaucoup moins marquée qu’aux environs de la malléole iu

terne ; des cellules graisseuses s’y rencontrent en assez grand nombre ; en un mot , elle conserve à peu près tous les caractères qu’elle offrait dans la région jambière antérieure; en conséquence, elle peut fournir à l’inflammation phlegmoneuse , et permettre au pus ou autres fluides épanchés d’y arriver des régions environnantes ou de s’en échapper, pour fuser au pourtour, quand ils s’y sont primitivement accumulés.

3°. L’Aponévrose.

Des bords antérieur et postérieur , ainsi que de la pointe de la malléole, où cette lame est, pour ainsi dire, confondue avec les ligamens , on la voit diverger sous forme de bandelettes plus ou moins distinctes , et se porter sur le devant et la face externe du calcanéum, de manière quelle ne paraît faire évidemment partie de l’aponévrose jambière que toutà-fait en arrière et en haut. C’est dans ce sens, aussi, qu elle forme une gaîne pour les tendons péroniers latéraux, gaîne, unique jusqu’au bas de la malléole, mais qu’une cloison, qui se fixe sur la crête externe du calcanéum, divise bientôt en deux coulisses particulières ; en sorte qu’on peut la comparer à celles qui renferment les tendons du jambier postérieur et du fléchisseur commun des orteils. Avant sa bifurcation , ce canal osso -fibreux est extrêmement fort et solide ; ensuite , il s’affaiblit assez rapidement, et finit par se convertir en tissu cellulaire, au moins pour ce qui concerne le court péronier latéral.

4°. Les Muscles.

La racine du muscle pédieux , renfermée dans le fond de l’excavation calcanéo-astragalienne , est la seule partie charnue qu’on rencontre dans cette région, qui est traversée, comme on vient de le voir, par les tendons des muscles péroniers latéraux. D'abord placés sur la face externe du

DES MEMBRES PELVIENS.

péroné , dans la région antérieure de la jambe , en descendant, ces derniers cordons se contournent graduellement en arrière ; en sorte que le quart inférieur et externe de cet os reste complètement à nu sous la peau; la coulisse qui les renferme ne paraît être qu’une suite du canal aponévrotique qui les maintenait isolés des autres faisceaux charnus à la jambe; canal , dont les fibres transversales se seraient rapprochées , serrées les unes contre les autres, pour revêtir les caractères des coulisses tendineuses. Cette gaîne est , par conséquent , formée, en arrière, par l’aponévrose, et, en avant, par la face postérieure du péroné; ensuite, par la face externe du ligament péronéo -tibial postérieur inférieur, puis par ceux qui réunissent la malléole externe aux os du pied. La cloison intermédiaire à ces deux tendons , d’abord très-mince , s’épaissit ensuite de telle sorte qu’il est difficile de concevoir que le grand péronier latéral, qui est en arrière, puisse la rompre pour passer dans le canal du court péronier. Cependant, il existe quelques faits qui sembleraient devoir faire admettre, non -seulement, cette espèce de déplacement, mais encore, que la gaîne elle-même a pu se déchirer aussi, et permettre aux deux tendons de remonter sur la face externe de la malléole. Ce serait, d’ailleurs, un accident assez grave, car, outre les douleurs et l’inflammation qui pourraient en résulter, l’action des deux muscles péroniers serait intervertie; au lieu d’être extenseur du pied, à la manière du jambier postérieur, le court péronier ne serait plus qu un fléchisseur, et l’action de l’autre serait presque réduite à l’ abduction du pied. Quant à la membrane synoviale qui les enveloppe, comme elle leur est d’abord commune , quoique celle de l’un se perde bientôt sur le dos du pied, sa blessure n’en est pas moins dangereuse, attendu que celle de l’autre trans porte promptement la phlegmasie dans la région plantaire*

ÉE5 MEMBRES PELVIENS.

5°. Les Artères.

La malléolaire externe , la branche postérieure de la péronière en arrière, quand elle existe, la branche antérieure du même tronc en avant, et quelques autres rameaux de la tibiale antérieure, se rencontrent dans cette région 5 mais, ce ne sont qu’autant d’artérioles qui ne méritent aucune attention dans la pratique des opérations.

6°. Les Veines.

Les unes accompagnent les artères qui viennent d’être indiquées et ne sont pas plus importantes; une seule est digne d’être notée , c’est la sapbène externe , venant du dos du pied comme la saphène interne ; elle serpente aussi dans la couche sous-cutanée, et passe derrière la malléole, pour arriver dans la gouttière péronéo-calcanienne. Quoique assez, volumineuse chez certains sujets , pour qu’on puisse pratiquer sur elle la phlébotomie, on l’ouvre rarement, néanmoins, parce que cette opération est ordinairement plus facile sur la saphène interne, attendu que celle-ci est habituellement plus grosse, et quelle repose immédiatement suides os , tandis que la première appuie sur l’aponévrose, et même quelquefois sur la face postérieure de la coulisse tendineuse. Elle est, d’ailleurs, également avoisinée par un nerf qui se trouve presque toujours en avant.

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