La Glande mammaire
Sa circonférence est mal circonscrite ; en sorte que ^ lors de son extirpation, il serait facile d'en laisser quelques lobules, quoiqu'on eût l'intention de tout emporter. Sa face antérieure ou superficielle est inégale, bosselée, convexe, et séparée de la peau par une couche de tissu cellulaire et graisseux, d'autant plus épaisse qu'on s'éloigne davantage du mamelon. Sa face profonde est plane et lisse, au contraire, comme tapissée par une feuille fibreuse aponévrotique trèsdistincte ; elle n'est séparée du muscle grand pectoral que par
^n nombre assez peu considérable de lamelles celluleuses; et les rapports de la glande avec ce muscle varient peu, quel que soit l'embonpoint des femmes. Les divers lobules sont séparés par des jetées de tissu fibro-celluleux, qui se durcissent, deviennent fibreuses tout-à-fait, quelquefois cartilagineuses ou osseuses, dans les cancers lardacés. Ces lames, qui s'attachent d'autre part à la peau, divisent l'organe en plusieurs çompartimens , et permettent au pus de se former un grand nombre de locules distinctes : aussi, quand des abcès se manifestent au sein, est-il rare de n'en pas voir plusieurs se faire jour successivement, ou exiger chacun une ouverture différente. Dans les cancers colloïdes y ou]gélatiniformes, hydatiformes des auteurs anglais, ces intersections jouent encore un rôle remarquable. Elles donnent à ces tumeurs la disposition lobulée, qui e» fait un des principaux caractères; mais elles ne se «prolongent point du coté des muscles; elles s'arrêtent en général à la couche lamelleuse qui tapisse la glande en arrière. Dans le tissu graisseux, au contraire, on voit, dans fous les sens, des traînées semblables, qui ne sont autre chose que le .prolongement des intersections précédentés ; prolongemens qui se durcissent , se transforment en tissu fibreux ou squirrheux dans les cancers de cette nature, dont ils semblent former alors les racines , et qu'on doit soigneusement enlever, si l'on veut avoir quelque chance de succès. Comme dans l'état naturel , et surtout dans l'état pathologique , la glande ou la tumeur désorganisatrice descend
plus ou moins au-dessous du grand pectoral et dans les gouttières qui séparent son bord inférieur des côtes , il importe, pour ne pas courir le riisque de diviser ce bord charnu, de disséquer de haut en, bas la partie qu'on veut enlever. Ce muscle exige encore, si Von veut éviter les tiraillemens continuels de la cicatrice, que les incisions soient faites obli-
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cernent à ses fibres, c*èst4*dire de haut en bas, et de dehors en dedans; enfin, pour modérer les douleurs que produiraient ses contractions pendant le traitement de la plaie , suite de l'amputation du sein , il conyient de tenir le bras dans VimmobiUté. Nous devons rappeler, à l'occasion de cette opération, que le mal obligé bien souvent à intéresser le muscle en question et d^aller quelquefois jusqu'aux côtes, dont on peut également emporter une portion, ainsi que de la plèvre même, comme le prouve une belle opération de ce genre pratiquée par M. Riclierand. Dans tous ces cas, plusieurs faisceaux du grand pectoral restant intacts au-dessus de la cicatrice, après la guérison , il en résulte que le membre correspondant reprend la liberté de ses mouvemens d'une manière beaucoup plus complète qu'on ne le croirait au premier abord.
8?. Les Vaif seaux lactifères.
Naissant par un grand nombre de radicules , çonune tous les canaux excréteurs , dans les petits lobules de la glande ; quelques-uns venant aussi de la couche graisseuse , suivant Hallery les conduits lactés ou vaisseaux galactophores Tiennent tous s'ouvrir à la surface du mamelon, en formant une espèce d'arrosoir. Plusieurs d'entre eux sont tellement rapprochés de la peau , et leur volume est quelquefois si considérable chez certaines fenunes qui allaitent, qu'une très-légère incision ou toute autre blessure peut les ouvrir aux environs de l'auréole : ainsi divisés , U peut en résulter une fistule, qui n'existerait toutefois que pendant la lactation. Ces canaux paraissent être le siège spécial de la maladie connue sous le nom de poil ou d'engorgement du sein chez les femmes en couches. Il semble réellement, dans ces cas, que le laiit se soit coagulé dans leur intérieur, et qu'alors, deve-
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nant corps étranger^ il irrité par sa présence, et produise ainsi Finflammation du tissu cellulaire environnant. C'est d après cette idée qu on a conseillé les linimens ammoniacés, dans 1 mtenlion de redonner à la. matière laiteuse sa fluidité naturelle; médication toute chimique à la vérité, mais qui produit véritablement des effets étonnans, quand elle est mise- en usage par un médecin habile et prudent.
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