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considère réunis et dans leurs connexions naturelles : ainsi , qu'on sépare le bras de Tavantbras; le coude restera sans importance; les considérations* relatives à la saignée, à la formation de Fanëvrysme dans cette région, ne seront plus applicables ; si le bras cessait de tenir à Tépaule, l'aisselle n'existerait plus; enfin, c'est aux environs des principales brisures des membres , que se pratiquent les opérations les plus graves et les plus brillantes de la chirurgie; mais ces lignes pouvaient être établies de diverses manières; on aurait pu les rapprocher ou les éloigner davantage, leur donner des directions différentes, etc.; chacun aura sur ce point son opinion particulière, je ne me le suis point dissimulé; celles que j'ai tracées m'ont semblé remplir assez bien les indications principales; j'y attache d'ailleurs fort peu d'importance; et si l'on me démontre qu'il était possible d'en choisir, qui eussent été d'une utilité plus générale, je serai le premier à modifier les miennes.
L'ordre à suivre dans les descriptions m'a causé plus d'embarras encore , attendu qu'il se rattache davantage au fond de la question. Je trouvais d'abord plus naturel, plus physiologique de commencer l'examen d'une région par son squelette, et de le finir par l'enveloppe cutanée; mais ce
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livre étant particulièrement destiné aux élèves qui étudient ou opèrent sur le cadavre, j'ai pensé qu'il leur serait plus commode , en suivant la méthode inverse. La première est toute synthétique, et ne peut servir qu'à ceux qui connaissent déjà, ou qui travaillent dans le silence du cabinet. La seconde, véritablement analytique , au contraire, me semble remplir parfaitement le but de l'élève et de l'opérateur ; en montrant les divers organes dans l'ordre où ils se présentent sous le tranchant du scalpel ou du bistouri, elle permet de
les mieux étudier; elle est plus chirurgicale et
plus anatomique.
Quant au plan fondamental et à la nature de l'ouvrage, j'avais à choisir entre plusieurs méthodes qui se présentaient naturellement à mon esprit ; j'aurais pu me borner à énumérer dans chaque région, et couche par couche, sans distinction de tissu ou d'organes , les parties qui la composent ; mais alors il eût été difficile de faire sentir et de bien préciser leurs rapports. En prenant successivement chaque système en particulier, il ne m'a pas toujours été possible de suivre exactement l'ordre de superposition des plans organiques ; mais j'ai tiouvé qu'il était plus facile d'indiquer les particularités principales et les rapports déterminés de chaque organe avec
xxTÎij ' ATAirr-niovos.
ceux qui l'entourent. J'ai cru m'apercevoir aussi que^ par cette méthode, les descriptions chargeraient moins la mémoire , et seraient mieux entendues ; cependant, quoique un peu moins sèche' et moins aride, présentée sous ce point de vue, que sous le précédent , Tanatomie n eût point encore atteint son but principal d'utilité ; elle n'eût point été chirurgicale; enfin , j'aurais pu décrire d'abord chaque système, et placer à la suite les remarques chirui^i cales qui le concernent^ comme l'ont fait plusieurs chirurgiens anglais j et notamment MM, Anderson^ de New-Yorck, et Harisson , de Dublin ; comme l'ont fait Law-renccy Scarpa, M, Boyer^ etc., en parlant des hernies; mais alors ce serait faire de l'anatomie descriptive d'une part, et de la chirurgie de l'autre. Comme toutes ces manières de voir conduisent plus ou moins directement à la fin que je me proposais, en s'en écartant dans un autre sens , j'ai tenté de les fondre, et d'élaguer ce qu'elles avaient d'étranger à mon sujet, en mWforçant de réunir l'anatomie chirurgicale à celle des régions , et l'anatomie chirurgicale par système d'organes, à l'anatomie topographique et des rapports, sans qu'on puisse établir de distinction entre elles.
En résumé, je n'ai point eu l'intention de &ire
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un traité d'anatomie , pour remplacer ceux que nous possédons , pas plus qu'un livre de chirurgie ou d'opérations, mais bien de rassembler dans chaque point du corps de l'homme les connaissances qui découlent naturellement de la disposition des parties qu'on y rencontre; de proposer, une anatomie, à l'aide de laquelle le chirurgien puisse toujours pre voir, avant de pratiquer une opération quelconque, tous lés accidens qui peuvent la suivre immédiatement, et toutes les précautions qu'elle exige relativement aux organes qui doivent être ménagés ou divisés; à l'aide de laquelle, un point du corps étant donné, il soit possible de dire, à quelques lignes près, quels sont les fibrilles, les artères, les veines, les nerfs, les muscles, etc., que l'instrument doit intéresser ; et c'est pour remplir encore plus complètement cette vue, que j'aurais voulu décrire du point central à la périphérie, sur des coupes faites à diverses hauteurs des membres cf du tronc, tous les objets qui se présentent à la vue. Je voulais aussi traverser le corps dans un grand nombre de directions et de points différens, avec des tiges métalliques^ afin d'indiquer, en les laissant en place, la nature et le lieu des organes ainsi transpercés ; mais j'ai craint de donner trop de
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volume à l'ouvrage, et j'ai remis ce projet à un autre tems.
C'est surtout dans l'anatomie des rapports, que des dessins bien faits seraient d'un grand secours ; par un simple coup-d'œil, en effet, sur une région exactement représentée, l'esprit saisit, embrasse beaucoup mieux ce qu'il a besoin de savoir qu'à l'aide d'une longue description; et, à défaut de cadavres, je crois que rien ne peut remplacer les planches. Celles qui accompagnent ce traité ont toutes été dessinées d'après nature par M. Chazal^ l'un de nos artistes les plus distingués, le même qui s'est chargé d'^exécuter les beaux dessins de M. Maygrier SUT les accouchemens. J'avais d'abord eu l'idée de profiter de son habile pinceau, et de faire représenter un bien plus grand nombre de régions sous des points de vue différens; mais je me suis bientôt aperçu qu'elles eussent porté l'ouvrage beaucoup au-dessus du prix qui convient au plus grand nombre des lecteurs auxquels je ladresse.
Au reste , pour que cet ouvrage fût ce qu'il devrait être, il faudrait de nombreuses recherches encore, et plus de tems que je n'ai pu en consacrer à sa rédaction ; je lui reconnais moi-même un grand nombre de défauts^
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et la critique m'en dévoilera bien d'autres que je n'ai pas vus. Je me suis hâte de le publier pour l'hiver, afin que les élèves puissent s'en servir pendant le semestre qui va s'ouvrir ; dans le but aussi d'exciter d'autres travaux de ce genre ^ et d'attirer l'attention des chirurgiens et des anatomistes sur un sujet qui doit être fécond en résultats pratiques. J'ai fait tout ce qu'il était en moi pour le rendre utile et pour ne rien avancer qui ne fût exact; si on y remarquait cependant de trop nombreuses taches, je ne puis répondre que par le désir bien sincère de les faire disparaître par la suite, et qu'en assurant de ma reconnaissance les personnes qui voudront bien me les faire connaître. Je réclamerai d'ailleurs quelque indulgence, en priant de ne pas oublier qu'il m'a fallu tracer le chemin, et quon ne fait point de Vanatomie par la seule force de la pensée. ♦
Paris, le i*"' noveiubre iSsS.
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