PARTIES CONSTITUANTES DE LA LANGUE
i<>. La Membrane d* enveloppe.
Sur la £aice dorsale , elle est très»épabse , et couverte d'un grand nombre de petits reliefs appelés papilles^ en arrière, ces papilles sont larges, aplaties , présentent un pertuis dans leur centre, et constituent des organes de sécrétion, de véritables cryptes, qui se réunissent autour de Texcavation nommée trou borgne. Au milieu, ain'^i qu'à la pointe et sur les bords, où la membrane est beaucoup plus fine, ces papilles deviennent, au contraire, coniques ou fongiformes^ elles sont alors petites, érectiles, et forment des organes de sensation. L'examen de ces petits corps mérite la plus grande attention dans les maladies aiguës, et n est pas sans importance dans les affections chroniques. Les nuances de leur couleur et la saillie qu'elles forment varient presqu'à l'infini dans les divers dérangemens de la santé; mais on peut dire en général que, si elles sont pâles et peu det^eloppées ^ si la langue est lisse ou plus ou moins chargée, les organes de la digestion ,' et l'estomac en particulier, supporteront sans danger les médicamens évacuans ou excitans , sils semblent d'ailleurs indiqués; tandis que, si elles étaient rouges, relevées sur la muqueuse, qu'elles parussent tendres^ il faudrait y aller avec beaucoup de précaution. La texture seiTée de cette membrane sur le dos de la langue, et son peu d'extensibilité font quil s'y manifestte souvent des gerçures, et que les tumei^s qu'on y ren^rque sont presque toujours dui'es et d'un petit yolume, Tout>à-iait en arrière,
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elle s'amincit, et forme trois replis, deux sur les côtés , qui vont envelopper les piliers glossiens du voile palatin; l'autre , sur la ligne médiane, qui unit la langue à 1 epiglotte. A la face inférieure, elle est souple, mince, peu adhérente, et d'une couleur brunâtre, teinte que lui donnent par transparence les veines ranines, qu'elle recouvre immédiatement. £n se réfléchissant sur la paroi inférieure de la bouche, la membrane muqueuse forme une espèce de crête frangée, dans laquelle se trouvent quelques vésicules adipeuses. C'est à l'endroit on cette crête vient s'unir avec celle du côté opposé que se trouve, près du frein,* l'orifice du canal de }Farthon : les petits conduits de la glande sous >- linguale s'ouvrent un peu plus en arrière^
a®. Le Tissu cellulaire.
n est souple, très-fin, et excessivement divisé dans Tint^valle des fibres charnues. C'est à la laxité de l'élément celluleux qu'on doit recourir pour expliquer la rapidité avec la- ^ quelle la langue se gonfle quelquefois, et l'énorme volume qu'elle peut acquérir.
%^, Le Tissu propre ou charnu. -**
Ce tissu est composé de fibres extrêmement déliées et diversement entre-croisées, mais dont la majeure partie .,. se dirige d'avant en arrière : ce qui fait que les incisions doivent être faites dans, ce sens, et que les tumeurs cancéreuses du bout de la langue doivent être emportées dans un lambeau triangulaire dont la base soit en avant, afin de pouvoir réunir ensuite les deux côtés de la division parallèlement à la direction des faisceaux musculaires. Ces fibres sont fournies par le lingual, le génio-glosse, l'hyo-glosse, le styloglosse et différens autres plans, dont MM. Bauer^ Blandin et GerdjrsQ sont occupés avec avantage, dans ces derniers tems.
4<*. Les Artères.
La langue en renferme un grand nombre qui sont toutes données par la carotide externe; mais les seules qui méritent notre attention sont la dorsale de la langue, la palatine inférieure, qui se distribuent aux environs des tonsilles et dans le tissu de ces organes , et surtout la ranine. Cette dernière est placée à la face inférieure, d*abord entre les muscles byo-glosse, génio-glosse et lingual, qui la rendent assez profonde en arrière; ensuite elle devient très-superficielle en approchant de la pointe, où la membrane muqueuse la recouvre presque seule : ce qui Texpose à l'action des instrumens dans l'opération du filet chez les enfans. Cest pour éviter sa division, dans ce cas, quon doit porter la pointe des ciseaux en bas plutôt que vers la plaque de la sonde cannelée, avec laquelle on relève la langue en distendant son frein. Il faut remarquer que cette branche est assez volumineuse pour donner lieu à une hémorragie inquiétante, et qu en outre, la marche tortueuse, la mollesse et la mobilité des tissus qui l'enveloppent, font qu'après sa section, elle se rétracte beaucoup, et devient par-là très -difficile à lier. D'un autre côté, l'humidité naturelle des parties, en s'ôpposant à l'action astrictive de l'air sur les tissus divisés, rend encore l'hémorragie plus grave. Il suit de cette réunion de circonstances que la cautérisation avec le fer chaud, ou la compression avec des pinces , un ualet à patin , etc. , sont les seuls moyens que l'art puisse mettre en usage dans la blessure des artères ranines.
5°. Les Veines.
Plus nombreuses, plus grosses que les artères, les veines communiquent directement avec celles des amygdales et du pharynx; ce qui explique les résultats avantageux qu'obte-
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rëpiglotte. Cette plaque, quelquefois peu marquée , donne attache à des fibres charnues qui entrent dans la composition des muscles propres de cet organe, et en forme véritablement la partie solide.
Sous la membrane muqueuse, entre la langue et los maxillaire inférieur , se trouvent la glande sous-linguale en avant , et un prolongement de la sous-maxillaire en arrière. Ces deux organes forment ici une sàilUe allongée,. susceptible de varier considérablement; mais il faut remarquer que souvent les ganglions lymphatiques s'élèvent assez en se gonflant, pour en imposer sur ce. point, et faire croire à une maladie d#s ^glandes salivaires. Si la première était affectée de cancer ou de toute 4Utre maladie qiii en exigeât Textirpation, on devrait commencer par la détacher. du côté de Vos, en la soulevant avec une érigne; il serait alors très-facile de Tenlever sans courir aucun risque, pourvu qu'on ne fît pas d'échappée ^ avec l'instrument, vers les artères ranine et sublinguale. Quand le canal de la. seconde se. dilate de. manière à. produire la grenouillette ^ cette tumeur, étant s.outenue. en dehors par la mâchoire , repousse en haut la langue, et peut tellement rétrécir l'isthme du gosier, que la suffocation devienne à craindre. L'ouvrage de Burhs renferme un exemple remarquable de ce genre. « Un homme, qm portait depuis long-tems une tumeur sous la langue , était venu pour consulter M. Cline^ et attendait dans son antichambre. Tout à coup ce médecin entend le bruit d'une chute et des gémissemens étouffés ; il sort de son cabinet, et voit le malade étendu par terre et sur le point d'être suffoqué. Soupçonnant un corps étranger dans la trachée-artère, il se disposait à pratiquer la bronchotomie, lorsqu'il aperçut la langue du malade poussée fortement en arrière par une grenouillette qui, de plus, faisait saillie au dehors. 11 plongea dans la
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tumeur une lancette, et donna issue à une grande quantité de pus et de lymphe. >
Ck>nune ces tumeurs, en grossissant, déjettent assez loiiu les vaisseaux et les nerfs de la langue, on peut, sans' danger, faire Texcision dune portion très -étendue de leur paroi.
Suivant Marochetti^ les lysses ou pustules, qui, au dire des paysans et même des médecins grecs, entr'autres du docteur Xaràhos ^ se développent sous la langue, du trobième au neuvième jour après la morsure d'un animal enragé, auraient leur siège dans le tubercule où viennent s'ouvrir les canaux excréteurs des glandes sous-maxillaires et sublinguales.- Ce^ pustules ne seraient, d'après ce chirurgien, qu'une dilatation opérée dans l'extrémité de ces conduits, par l'accumulation du virus rabique. & cette opinion se confirmait, et qu'on f&t assez heureux pour empêcher l'hydrophobie de se manifester par l'ablation de ces pustules, l'opération ne serait ni difficile ni dangereuse ; la disposition anatomique des parties permettrait en effet de pénétrer assez profondément dans ce point, sans courir le risque de blesser les artères. Cependant il nous semble qu'il vaudrait mieux saisir la vésicule avec une érigne ou des pinces, et l'enlever avec des ciseaux courbes sur leur plat, que d'employer le rasoir ou le bistouri.
l'isthme du Gosxim.
Cette ouverture est formée : en bas, par la face dorsale de la langue; en haut, par le voile du palais et la luette, et par les piliers du voile, sur les côtés.
Le voile du palais est un prolongement de tou^ les tisssas mous des parois supérieure de la bouche, et. inférieure des foisses nasales; mais, de plus, il renferme un certain nombre de muscles. qui déterminent ses mouvemens. On y trouve par conséquent : d'abord une membrane muqueuse, épaisse,
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peu extensible) facile à déchirer, en général plus colorée que celle de riritérieur du nez et de la bouche^ et doublée d une couche de dssu cellulaire filamenteux et dense, dans laquelle se remarquent un grand nombre de follicules très-gros; ensuite une autre couche lamelleuse qui réunit cette dernière aux muscles. C'est dans la première de ces couches que se font les infiltrations purulentes, œdémateuses, etc., et ce sont ces follicules qui paraissent jouer le principal rôle dans les maladies excessivement variées du voile du palais. Dans ce^ Urnes,, se raniifient des vaisseaux et des nerfs qui n'x)nt ici rien^ d'important sous le rapport chirurgical. 11 convient de remarqua seulement que les capillaires veineux y sont surtout trèsabondans: ce qui permettrait d expliquer peut-être les résultats prompts et avantageux que beaucoup de personnes obtiennent en touchant avec le nitrate d'argent la membrane muqueuse dans certaines inflammations.
Nous avons traité un hoftime qui ressentit tout à coup une douleur très -vive dans le haut de la boitche; nous aper» ^ eûmes une rougeur violacée , large comme une pièce de deux francs-, sur la face antérieure du voile du palais; tout le reste du gosier était dans l'état naturel. Nous touchâmes cette tache atec un crayon de nitrate d'argent; une heure après il n'y avait plus de douleurs , et le lendemain la rougeur était disparue.
Les muscles viennent enfin; ce sont : les péristaphylins internes , qui entraînent le voile vers les fosses nasales ; les externes , qui rélargissent en le tirant horizontalement , à cause du crochet de l'apophyse ptérygoïde qui les réflécliit en for- Afant une poulie ; les pharyngo et glosso^staphylins , qui l'abaissent ver& la base de la langue; «nfin'^ le palato-staphylin, qui appartient spécialeiUenrt à la luette. Comme loUvS ces muscles , à l'exception de \azygos uçuiœ^ sont placés mit les
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côtés, il est facile d'expliquer comment se fait récartement qui a lieu entre les deux moitiés du roile du palais, dans les cas où cet organe est divisé; mais il n*est pas aussi facile de se rendre compte de leur rapprochement spontané, dans quelques mouvemens conyul^ifs du pharynx, comme cela se Toit souvent, par exemple, quand on pratique la staphyloraphUé Nous avons eu occasion d'observer ce phénomène d'une manière très-prononcée, sur une dame, opérée dans les derniers jours de juin par M. le professeur Roux. Nous vîmes en effet, et M. Roux nous le fit remarquer à plusieurs reprises, les deux lèvres de la division se porter Vune vers l'autre, et se mettre en contail, pendant que ce chirurgien habile cherchait à les saisir aveô des pinces ou des aiguilles. Les lois connues de la contraction musculaire ne nous semblent pas expliquer ce fait d'une manière satisfaisante. ^ Le voile, comme la voûte du palais, semble formé par le rapprochement de deux parties latérales. Or, si ce rapprochement ne s'effectue pas, il en résultera une division congéniale, qui pourra exister seule, et former ainsi une espèce de bec-de-liêvre simple en arrière de la bouche; ou bien être accompagnée d'un écartement plus ou moins grand de la suture palatine, se prolonger plus ou moins en avant, et coïncider avec un bec-de-Uèvre véritable, simple ou double. C'est pour cette infirmité, regardée jusqu'à nos jours comme incurable, qpae M. Roux a inventé la staphyloraphie. Cette opération, simple et -facile en elle-même, mais déHcate et longue, à cause de la profondeur des organes sur l^quels on doit agir, a déjà été pratiquée près de vingt fois par le èélèbré chirurgien de la Charité, sinon toujours avec un succès complet, du moins avec une amélioration sensible dans les circonstances qui ne pouvaient permettre une réunion parfaite. Au premier abord, on pourrait craindre
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que les fils ne coupassent les parties molles qu'ils, doivent embrasser; mais Tobservation a montré qu'il n'en est rien, et cela s'explique par la texture serrée de la membrane muqueuse> et surtout de son tissu cellulaire, qui est presque fibreux; par celle du péristaphjlin. externe, qui forme aponévrose dans ce lieu, et par celle enfin du palato-staphylin, dont tout le corps se trouve compris dans l'anse de la suture. L'attache du voile du palais au bord postérieur de la voûte, quand elle participe au vice de conformation, peut gêner la réunion des parties molles; dans ce cas, M. Roux fait une incision transversale, sépare cette membrane de chaque côté, en longeant le bord postérieur du plancher des narines; après quoi rien ne s'oppose au rapprochement immédiat des deux lèvres rafraîchies. Cette opération est, sans contredit, une des plus belles conquêtes de la chirurgie du dix-neuvième siècle.
Le bord Ubre du voile palatin se prolonge dans soix milieu par une éminence conique , dont la longueur varie considérablement. Ce petit corps, qui s'attache d'autre part à l'épine postérieure des fosses nasales, porte le nom dé luette, et n'existe pas chez les animaux, si ce n'est chez les singes qiii en offrent un rudiment.. Il renferme les mêmes élémens que le voile du palais, et sa figure est calquée sur celle du muscle azygos uçulœyqai en détermine la rétraction et en partie l'élévation. La membrane muqueuse en forme la plus grande partie; elle le constitue même en totaUté, avec des folUcules, dans la moitié inférieure de sa portion fibre. Ces folUcules sont tellement gros et nombreux^ qu'il en résulte une couche épaisse qui donne à la luette une apparence glanduleuse très-prononcée. M. Lisfranc dit qu'il en existe trois surtout très-volumineux à l'extrémité de l'origane. C'est à leur gonflement, à l'inflammation du tissu cellulaire qui leà renferme, ou à l'infiltration des lames de la muqueuse,
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cpi*est dû ce que Ton appelle vulgairement la chute de la luette. De quelque nature que soit cet allongement, sans être très*coQsidérable, il peut gêner beaucoup , et produire une toux incommode, par rirritation qu*il entretient dans le gosier en titillant la langue. Dans tous ces cas, s'il n'y a pas encore' d'induration, et que la maladie ne soit pas très-ancienne, la cautérisation avec le nitrate d'argent est un moyen qui manque rarement de guérir. Mais tk Cette méthode échouait , la résection serait alors la seule ressource qui présentât quelques chances de succès. C'est dans cette circonstance que l'emploi des ciseaux inventés par Percy^ c'est-à-dire qui présentent à l'extrémité de l'une des lames un petit prolongement transversal, pour empêcher l'organe d'échapper sous linstrument qui le presse, nous semble ce qu'il y a de mieux. On peut néanmoins parvenir au même but en saisissant le bout de la luette avec une érigne ou des pinces, pour la couper ensuite avec des cis«aux mousses droits ou courbes. Quand le gonflement de fa luette est très-marqué , on j^ut en enlever la plus grande partie sans inconvénient; plusieurs fois même on a cru l'avoir réséquée jusqu'à sa ra^ cine; mais comme on n'avait réellement emporté que ce qui était .au-dessous du muscle palato-staphylin, le dégorgement qui suit ime pareille opération a permis aux tissus de reprendre leur position respective; et la luette paraissant alors presque aussi longue que dans l'état naturel, quelques chirurgiens ont pensé qu'elle s'était régénérée.
Sur chaque côté de la luette, le bord du voile du palais forme une arcade qui se bifurque en descendant, pour donner naissance aux piliers, et constituer ainsi les parties latérales de l'isthme pharyngien. La branche ou le pilier antérieur de cette bifurcation renferme le muscle glosso -pharyngien, et vient se perdre sur les cotés de la langue. La postérieure
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descend dans la paroi latérale du pharynx, et semble aller sû fixer sur le corps de Tos hyoïde : celle-ci renferme le muscle pharyng[o«>staphylin. Ces deux piliers laissent par conséquent entre eux un espace triangul^e dont la base est en bas, et dans lequel sont placées les tonsilles. Ces derniers organes sont composés d'un grand nombre de cryptes miiqueux, qui sont serrés les uns contre les autres , et entre lesquels cependant la muqueuse s*ipterpose, en leur adhérant d'une manière assez intime. Les amygdales s'enflamment de deux manières différentes, c'est-à-dire, que l'état phlegmasique peut se manifestera la surface du tissu muqueux, et produit, pour l'ordinaire, des fausses membranes de différentes espèces, qui en ont mainte* fois imposé pour des ulcères, et même pour.de la gangrène; ou bien c'est dans le tissu cellulaire inter-folliculaire et sous^ muqueux que les phénomènes inflammatoires ont principale'* ment leur siège. Dans ce dernier cas, ils tendent à former uii abcès, et constituent un yéritable phlegmon; en se reproduis sant un grand nombre de fois, ils'déterminent sourent aussi l'induration, et, dans les deux circonstances, rinstniment tranchant devient quelquefoisi utile. En conséquence, il convient de préciser davantage les rapports de la glande en ques-" tion, dans sa partie externe surtout. Cest dans ce lieu en ëSet qu'elle avoisine l'artère carotide interne, dont elle n'est séparée, dans 1 état naturel , que par le constricteur du pharynx, du tissu cellulaire, des filets nerveux et un plei^us veineux assez com* pliqué. En général, Tartère est à huit ou dix lignes en arrière et en dehors de la glande; ce qui fait qu'en plongeant le bistouri entre les piliers du voile du palais, il serait d'autant plus facile d'atteindre les vaisseaux, qu'en se gonflant, la ton* sille pourrait s'en être beaucoup rapprochée. Pour éviter cet accident tenible, puisqu'il doit 'être à peu près constamment mortel, il faudrait avoir soin de diriger la pointe delmstru**
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ment plus vers le pharynx que du côté de la branche de la mâchoire. Quoique Burns en rapporte un exemple, M. Portai un second , et Béclard un troisième, ce malheur doit être très-rare, et ne peut guère arriver qu*à ceux qui, par distraction ou autrement, oublient totalement Tanatomie de l'arrière-bouche. Dans l'extirpation de la glande devenue squirrheuse, il y a moins de risques encore, attendu que Forgane étant saisi avec des {Muces, il ne paraît guère possible, en le coupant avec des ciseaux, le bistouri ou quel qu'autre instrument, d'aller jusqu'à Tartère; Mais ce qu'il ne faut pas omettre, c'est que, pendant cette opération, le voile du palais, les piliers et la langue s'élèvent et s'abaissent alternativement, en sorte que la glande fait saillie dans un moment, et paraît enfoncée dans l'autre : d'où résulte l'indication d'employer de préférence les ciseaux, parce qu'avec le bistouri, quoique boutonné et conduit par une main habile, on blesserait le plus souvent d'autres organes que celui qu'on veut enlever. Quant à l'hémorragie qui doit suivre cette opération, elle est, dans cetains cas, asse% considérable pour effrayer les chirurgiens qui ne s'expliqueraient pas comment elle peut avoir lieu. Elle tient à ce que les artères palatines supérieures et inférieures forment dans la glande amygdale un réseau très-développé, et à ce que, chez certains sujets, le cercle tonsillaire qui en résulte est quelquefois assez volumineunipour laisser couler une certaine quantité de sang. Ce ihiide provient plus souvent encore de veines noujbreuses et d*un assez gros calibre- qui forment une espèce de plexus ap pliqué en dehors et contre la paroi postérieure du pharynx. C'est dans le même enfoncement qui loge les tonsUles, et sur elles-mêmes, que se développent le plus souvent les ulcères syphilitiques du gosier ; c'est aussi sur elles que les concrétions croupales cQmmçRjCent à se former dans la
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grande majorité des cas : d'où il suit que ces parties doivent être examiiïées avec la plus minutieuse attention, quand on a quelques soupçons de maladies semblables.
SECnON XI.
KÉGION OU CÂWnà PHÀRTirGIEirilK.
Plus large au. milieu qu'à ses extrémités, elle semble formée de deux cônes adossés par leur base, dont le supérieur se recourbe en avant pour se continuer avec les fosses nasales, tandis que l'autre, inférieur, descend presque perpendiculairement.
On peut considérer le pbarjnx en avant, en arrière, de chaque coté, en haut et en bas.
lO. La Partie antérieure.
C'est la plus compliquée. De haut en bas, elle offre d'abord: L'ouverture postérieure des narines, dont les parois supérieure et inférieure s'inclinent assez fortement en bas pour entrer dans le pharynx , en formant une courbe , et non pas tm a9gle droit. Cette disposition explique la facilite avec laquelle les matières qui reviennent de l'estomac s'engagent dans le nez, quand le voile du palais est abaissé, et réciproquement pourquoi les sondes ou autres corps étrangers descendent aisément dans l'arrière-bouche, après avoir traversé les fosses nasales ;
La face postérieure du voile du palais et de la luette. Il importe de remarquer que cette partie prolonge d'un pouce et demi en arrière la voûte palatine : d'où il résulte que les matières qui viennent des fosses nasales dans l'arrière-bouche tombent en arrière du larynx , et sont éloignées , par ce moyen, des voies respiratoires. Il en résulte aussi que les sondes ou autres tubes qu'on voudrait porter dans le larynx, ^'y arriveraient que difficilement par le nez^ tandis que, pour
pëoëti:er dans Testomac, on y parvient plus sûrement par cette route que par la bouche;
L'ouverture buccale postérieui*e, que nous avons examinée dans la région précédente. Cette ouverture est disposée de telle sorte, qu'elle conduit très-obliquement en bas dans le pharynx, ou plutôt qu'elle semble continuer cette dernière cavité en haut et en avant; ce qui fait que les alimens, réunis en bol sur la base de la langue, sont entraînés par leur propre poids dans l'arrière-boùche, dès que l'isthme du gosier ne s'y oppose plus. Cette disposition anatomique explique aussi pourquoi les matières du vomissement ont plus de tendance à sortir par la bouche que par le nez, et cela d'autant mieux, que le voile du palais se prolongeant dans le pharynx , les substances , en remontant de l'estomac, rencontrent sa face inférieure, et l'obligent ainsi presque mécaniquement à s'appUquer derrière les fosses nasales;
Enfin, la face postérieure du larynx et son ouverture épiglottique. Dans le milieu de cette portion, on voit une saillie qui correspond aux cartilages cricoïde et arythénoïde , saillie plus marquée, mais aussi plus étroite en haut qu'en bas. Sur les côtés de cette espèce de crête, on distingue deux gouttières profondes, surtout en se reportant vers la bouche, dans laquelle elles vont se perdre après avoir passé sur les côtés de l'épiglotte. Ces gouttières et l'éminence qui les sépare font que les liquides se divisent naturellement en deux colonnes pour descendre dans l'œsophage ; ce qui les empêcherait de s'engager dans le larynx, quand même l'épiglotte n'existerait pas (i). Elles sont circonscrites sur les côtés par la face interne du cartilage thyroïde, revêtu de sa membrane villeuse. L'ouverture laryngienne est une fente d'environ neuf à dix lignes d'avant en arrière , et d'une ligne et demie à trois lignes seu-
(i) M. Magendle.