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CHAPITRE II

Le cou, ou le col, est une partie rëtrëcie du corps, placée entre la tête et le thorax, et qui Tarie presqu*à Tinfini pour la longueur, suivant Tembonpoint et la constitution. Chez quelques sujets, le cou est gros et très-court; chez d'autres, au contraire , il est grêle et très-long. Si le premier cas ne tient pas à l'embonpoint seul , il coïncide ordinairement avec la disposition apoplectique. Le second se remarque souvent chez ceux qui sont prédisposés à la phthisie. Nous diviserons le cou en portion antérieure et en portion postérieure.

ARTICLE PREMIER

PORTION ANTiniRUBE DU COU.

Cette partie comprend l'ensemble des organes placés au devant delà portion cervicale du rachis. Sur la ligne médiane, elle ofïre : en bas, la fossette sus-stemale; puis, en remontant, la saillie laryngée; plus en dehors, une autre saillie oblique , qui se porte du sternum derrière l'oreille , et qui est surtout marquée quand on tourne la tête de côté , en l'inclinant vers l'épaule; c'est la saillie stemo-mastoidienne. Entre ce relief et la saillie laryngée, la fossette sus-stemale se prolonge dans la région parotidien.ne, et forme ainsi, de chaque côté, une gouttière, large et assez profonde en haut, /Superficielle et à peine distincte au milieu; ces deux rainures

lyo DU Goir.

se réunissent et se confondent dans la fossette que nous, ayons d'abord indiquée. En dehors de la saillie stemo-mastoidienne, on Toit la fosse sus-clavieulaire, limitée en arrière par la proéminence du trapèze.

Ces divers objets divisent natiu*ellement cette portion du cou en trois régions : une première supérieure, que nous nommerons sous-maxillaire ou sus-hyoïdienne, et qu on pourrait appeler aussi région sous-linguale; une seconde inférieure et moyenne, ou sous-hyoïdienne ; enfin la sus-claviculaire, qui est inférieure et latérale.

" ^' SECTION PREMIÈRE

aiGIOS SUS-HIOÏDIEITKE.

Ses limites sont : en haut, la base de la mâchoire et la paroi inférieure de la bouche; un peu plus en arrière, la région parotidienne; en bas, Vos hyoïde et ses branches arbitrairement prolongées jusqu'au muscle stemo-mastoïdien; sur les côtés, le bord antérieur de ce muscle. Plus large dans le milieu, elle se rétrécit graduellement ensuite, pour se terminer en pointe sur les côtés. Elle forme d'avant en arrière et de haut en bas un plan oblique qui s*élève ou s'abaisse, suivant les mouvemens qu'exécute la langue ou le larynx, et suivant les divers sujets. Chez quelques, personnes , il forme un relief très-prononcé, ou une saillie en demi-lune, séparée de la mâchoire par une rainure plus ou moins profonde : d'où résulte ce que l'on appelle double menton ; en arrière, il devient plus concave à son entrée dans la gouttière parotidienne.

PAETIES COirSTITUANTES.

i». La Peau.

Fine, mince et très-elLtensible chez les enfans et les femmes, la peau est plus épaisse chez l'homme adulte, à cause de la

barbe qu'elle supporte; elle présente assez souvent des rides transversales qui ne s'effacent point , quelle que soit la position de la tête, et qui dépendent des contractions du muscle peaucier. Les follicules j sont plus nombreux et plus gros que dans les autres régions du cou, mais moins qu*à la face; aussi les affections pustuleuses, les tannes, les loupes, etc., sontelles plus communes dans cette région que dans les autres. Elle est très-vasculeuse, et souvent les nœifi matemi, des tumeurs érectiles s'y développent.

ao. La Couche sous-cutanée.

Elle se compose de trois lames :

La première est formée par du tissu cellulaire filamenteux, serré, dans lequel se trouvent des cellules adipeuses, ordinairement très-fines, mais qui peuvent devenir trèsgrosses, et qui constituent dans ce cas la saillie sous-mentale dont il a été question plus haut. Cette lame celluleuse unit intimement à la pieau le muscle thoraco-facial; ce qui explique pourquoi, dans ses contractions, ce dernier organe entraîne avec lui l'enveloppe cutanée. C'est pour la même raison que si Ton vient à pincer une portion/ de cette membrane, le muscle s'y trouve toujours compris. Enfin, d'après cette disposition , on conçoit facilement pourquoi les tumeurs qui s'y développent sont toujours globuleuses, saillantes, et acquièrent rarement un grand volume avant de percer les tégumens.

La s^onde lame est constituée par le peaucier lui-même. Tantôt très-épaisses , tantôt à peine distinctes, les fibres de ce muscle montent obliquement en avant et en dedans, pour entrer dans les régions de la face, ou se fixer au bord de la mâchoire; en sorte qu elles laissent entre elles, sur la ligne médiane, un petit espace triangulaire, dont là pointe est au

menton; ce sont ces fibres qui déterminent les rides, dont il a été parlé plus haut.

La troisième est formée par du tissu cellulaire lamelleux, dans le({uel on ne rencontre* pas de vésicules adipeuseSy et qui réunit le peaucier à Taponévro^e cervicale. Cette lame , unie d'une manière assez lâche à Taponévrose sur laquelle elle glisse aisément , adhère plus fortement au peaucier, dont elle suit les mouvemens. C'est au-dessous d'elle que se trouvent les veines jugulaires antérieures ^ et une petite portion de Tei^terne, en arrière. Sa texture lâche et lamelleuse fait que les inâamniations y revêtent souvent le caractère phlegmoneux, que le pus s'y rassemble facilement en foyer; mais que ce fluide peut, par la même raison, fuser aisément en bas, et produire promptement un décollement considérable. Aussi doit-on , dès que lafluctuation est évidente, ouvrir ces abcès; et alors, le peaucier devant être traversé, il convient de faire l'incision parallèlement à ses fibres. Il faut encore noter que ces abcès , ainsi que toutes les autres tumeurs qui ont leur siège dans cette couche, peuvent acquérir un très-gros volume, sans désorganiser la peau, et qu'en même temps elles conservent, en général, beaucoup de mobiUté. Cette particularité peut être fort utile pour établir le diagnostic de certaines maladies de la région sus-hyoïdienne.

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