‹ Traité d'anatomie chirurgicale ou Anatomie des régionsChapitre 58 sur 116 · Le Squelette · texte numérisé non relu

Le Squelette

n comprend une grande partie de loccipital et toute la région cervicale du rachis.

La portion de Foccipital qui correspond aux sinus latéraux, et qui comprend la ligne courbe supérieure ainsi que la. protubérance externe, a été vue dans la région occipitale proprement dite.

Ici nous devons remarquer sur la ligne médiane la crête occipitale qui correspond à une crête semblable dans Tintérieur du crâne, à la faux cérébelleuse de la dure-mère par conséquent, et aux sinus que renferme ce repli. Cette crête reçoit le ligament cervical ; elle forme généralement une saillie qui est en raison directe de la force musculaire des sujets. Sur les côtés, se voient les bosses occipitales, qui correspondent aux fosses occipitales inférieures et à la partie postérieure du cervelet. Dans ce point , Tos est extrêmement mince , mais il est recouvert par une couche épaisse de parties molles : cependant les fractures y sont assez fréquentes, et d'autant plus redoutables quelles sont plus difficiles à découvrir. Ces fosses peuvent être perforées par des tumeurs de la duremère, par la pression seule du cervelet même, et, dans ce cas, il y aura hernie cérébelleuse, comme on en peut voir deux exemples recueillis par M. le professeur Lallement et par M. Baffos (i). On est généralement convenu qu'il ne fal- *"

(1) M. Boyer, Traité ds* maladies chirurgicales , etc. , tome 5 , page aoi.

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lak pas trépaner au-dessous de la ligne courbe supérieure de Tocdpital : cependant, si l'indication était positive, il nous semble que l'opération ne serait ni très-difficile, ni même beaucoup plus dangereuse que dans les autres points du crâne; seulement il conviendrait d'agir sur la bosse occipitale, et non pas sur la ligne médiane^ ni trop près de h ligne courbe supérieure ; on a dit aussi que les tumeurs fongueuses, ou plutôt cancéreuses, de la dure-mère , ne devaieul point être enlevées, quoiqu'elles eussent percé le crâne. Le raisonnement et des faits semblent venir à l'appui de ce conseil ; mais nous pensons qu'il ne faudrait pas trop généraliser ce principe. Il est possible, en effet, qu'une tumeur de cette nature ait perforé les os , sans avoir pour cela désorganisé largement la dure-mère ou l'encéphale : dans ce cas, nous ne voyons pas pourquoi son extirpation ne devrait pas être entreprise, si, d'un autre côté, les progrès du mal devaient entraîner la mort du sujet.

Cette réflexion est fortifiée par un fait qui s'est récenmient offert à no'tre observation; la pièce pathologique a été déposée dans le Muséum anatomique de U Faculté.'

Une femme mourut en janvier 1 826 à l'hôpital de perfectionnement, avec une tumeur dure et immobile située à la partie inférieure et interne d'une des bosses occipitales : cette tumeur, qui était un squirrhe de la dure-mère, avait percé l'os; elle avait le volume d*une noix ordinaire, et la membrane ^breuse était parfaitement saine à une demi-ligne en dehors de cette production morbide. Or, il est évident que l'enlèvement de ce cancer était possible, et que l'opération aurait offert les mêmes chances de succès que quand on la pratique sur d'autres parties du corps.

S'il est vrai, comme le soutient M. Gall^ que l'amour physique ait le cervelet pour organe, les blessures de la portion

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esseuae qui nous occupe devront être fréquemment suivies . d'dttérations dans ce penchant. C'est d'après cette idée que le célèbre auteur de la CrâmoMopie a indiqué qu'on pouvait reconnaître, par 1 ecartement des apophyses mastoïdes et les saillies latérales de Foccipiul, la force ou la faiblesse de l'instinct de la reproduction chez les divers sujets.

La colonne vertébrale présente plusieurs particularités remarquables dans cette région :

a. Elle est assez fortement concave, et cette concavité est en raison directe de l'âge.

b. Les apophyses épineuses sont d'inégale longueur "t ainsi la première vertèbre n'en a point, et cette disposition permet à la tète de se renverser plus facilement en arrière; l'apophyse de la seconde est grosse et très-longue; cel\e de la troisième trèsKTOurte; les suivantes vont graduellement en augmentant jusqu'à la proéminente ; en sorte qiiè, depuis l'axis jusqu'à la septième vertèbre cervicale, il existe une échancrure remplie par les parties molles surtout; échancrure qui doit engager à choisir le milieu du cou pour placer le séton.

' Ces apophyses sont presque horizontales, et conséquemment très- éloignées les uites des autres; ce qui donne plus de latitude aux mouvemens.

c. Les apophyses tranverses sont aussi très-courtes ; leur longueur diminue graduellement de la septième et de la premièrevers la troisième : l'étendue dont jouissent les mouvemens du cou est une conséquence naturelle du peu de longueur de ces apophyses. Leur base est traversée par un canal pour le passage de l'artère vertébrale, qui se trouve ainsi protégée contre l'action des corps extérieurs. Cependant on conçoit qu'un sabre, ou autre instrument tranchant, porté sur le o&té du Qou avec une certaine force, pourrait atteindre ces

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▼aisseaux, et produire uneblessure d'autant plus dangereuse que le tronc de la Tertébrale est assez difficile à lier ,. comme on a pu le voir (^Région sous-hjodienne)^ et qu'en outre il ne serait pas toujours facile de décider d'abord si ce n'est pas la carotide plutôt que la vertébrale qui serait ouYerte. C'est en arrière de l'artère que passent les nerfs , et c'est en dehors d'elle qu'ils se divisent.

d* Les facettes articulaires sont plus rapprochées delà ligne horizontale que dans les autres régions ; néanmoins elles s'inclinent de plus en plus en descendant des facettes inférieures de la seconde jusqu'à la septième; en sorte que leur déplacement est d'autant plus difficile, qu'on s'éloigne davantage de l'axis. Ce déplacement ou cette luxation des vertèbres cervicales au-dessous de l'axis, admis par les uns, rejeté par les autres, est certainement possible: on en, possède maintenant des exemples incontestables. S'il n'y a qu'une fs^cette qui passe devant l'autre, sans déchirure du cartilage inter-vertebral, la luxation est incomplète, et peut exister sans paralysie; mais si les quatre surfaces se sont abandonnées en même tems que le fibro-cartilage s'est déchiré, la moelle est toujours comprimée, la paralysie se déclare à l'instant, et quelquefois même la mort a lieu. ^

C'est entre l'atlas et la seconde vertèbre que l'arrangement de ces surfaces est important à noter. Ici, elles sont planes, horizontales ou légèrement inclinées en dehors. D'un autre côté, l'atlas n'a point de lames proprement dites, ni d'apoîphyses épineuses, ni de corps; il n'y a point de ligament jaune par conséquent, ni de fibro-cartilage. H en résulte que les 'mouvemens ont lieu naturellement dans tous les sens, que la rotation peut être portée .très-loin sans danger, mais que, si néanmoins on dépasse le quart de cercle ^ la luxation aura lieu, parce qu'alors l'une des facettes de l'atlas passe en

avant, et Tautre en arrière de celles de Taxis. Il importe sur<tout d» ne pas oublier la possibilité de cet accident pendant les tractions qu'on exerce sur le tronc de Fenfant, dans un accouchement où l'on est obligé de l'amener par les pieds. En effet, si, par exemple, la face s'est d'abord présentée en avant, Taccoucheur ne manquera pas d'essayer de la retouihnîer en arrière; pour cela il fera plu& ou moins fourner le tronc sur lui-même à chaque traction qu'il exécutera; et, s'il ne considère que la forme, il ne lui sera pas très-difficile de ramener le dos du fœtus en avant. Dans ce cas , si la tête n'a pas suivi les mouvemens imprimés au tronc , comme il arrive très-souvent, si elle est restée dans la position qu elle occupait au commencement de la manœuvre , la luxation des deux premières vertèbres se sera opérée, et la mort de l'enfant précédera son extraction.

e. L'union de la tête avec l'atlas^ et même avec l'axis « mérite une attention toute particulière. Les condyles de l'occipital étant convexes, allongés et dirigés obliquement en dehors et en arrière , les facettes supérieures de la vertèbre sur laquelle ils reposent étant en rapport avec cette disposition, il en résulte une articulation qui ne permet à la tête que des mouvemens de flexion et d'extension ; mais comme les Ugamens occipito-atloïdiens sont souples et assez larges , comme l'arc postérieur de la vertèbre' est mince et n'a point d^apophyse épineuse , ce double mouvement peut être porté assez loin, moins loin cependant qu'on ne serait porté à le croire au premier aspect, attendu que Todontoïde et ses ligamens s'opposent au renversement de l'atlas en avant. Le mouvement de rotation s'opère principalement sur Tapo* physe odontoïde et les surfaces articulaires de l'axis; les parties se pésentent dans les rapports suivans , en les exami^ I. i8

nant de devant en arrière : i^ L*arc antérieur de l'atlas et le ligament qui Tunit à Foccipital; 2? le processus et les ligamens odontoïdiens; 3^ le ligament transverse et Foccipitoaxoïdien; 4'' 1^ dure-mère ; 5^ le canal rachidien rempli par la moelle.

L'apophyse odontoïde forme une espèce de pivot sur lequel tourne Fatlas ; fixée en dedans des condyles de l'occipital au moyen de deux courts faisceaux fibreux, elle ne peut presser sur la moelle qu'après avoir rompu le ligament, transverse de la première vertèbre, à moins qu elle ne passe par-dessous, cas pour lequel il faudrait que les ligamens odontoïdiens eussent été préliminairement déchirés. On conçoit que , d'une manière comme de l'autre, pour produire, ce désordre, il faut une force considérable. Il parait néanmoins que les suppliciés par la corde mpuraient fréquemment de cette manière; mais le plus souvent les ligamens de l'odontoïde étaient d'abord rompus , ensuite cette apophyse s'échappait de son anneau pardessous le ligament de Tatlas, et se plaçait dans le canal rachidien, de manière à déchirer la moelle, et à produire une mort instantanée; quelquefois aussi le faisceau transverse était brisé, et la mort avait lieu de |a même manière.

Chez les enfans, il faut beaucoup moins d'efforts pour produire le même efi'et. Chez eux, Tapophysè Verticale de la seconde vertèbre est peu développée; ses ligamens sont beaucoup moins résistans; l'anneau qui la renferme est moins serré ; le ligament transverse conserve encore une certaine élasticité; en sorte que cette apophyse paraît pouvoir sortir de dessous ce dernier cordon, sans déchirer les siens propres. Ce sont ces diverses particularités propres au jeune âge, qui permettraient de comprendre comment, en saisissant un enfant par lés côtés de la tête , et le soulevant assez pour que ses pieds

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abandonnent le sol, û peut se fsdt*e qu'on le fasse périr arec la rapidité de l'édaîr^ âl'il fût quelques mouvemens pour se dégager : tel est le cas rapporté par /. L. Petit.

Il faut encore remarquer que les dèiix premières yertèbres cervicales -sont teHemeiit articulées, tellement unies entr'élles et avec la tête, qu'un instrument yulnérant peut facilement pénétrer dans le canal rachidièn, tout en ne divisarit que des parties molles, et tuer sûr-Ie-champ par la l^ion de la partie supérieure de la moelle. Ainsi , en enfonçant un corps piquaiit et tranGhant par la fossette du cou, il sërsi possible d'arriver sur le lîgaihent occipito^atloïdiett, oii sur latloïdo-axoïdien , et de divi^r le commencement de la moelle rachidienne. C'est de cette manière que l'homme qui avait îaàt périr l'enfant dont parle /. L. Petit y fut tué luimême par le père de cet enfant, si Ton admet toutefois l'exactitude rigoureuse de ces deux observations.

Cette disposition paraît être bien connue des bouchers , puisqu'ils abattent souvent les animaux en letu* enfonçant un couteau derrière Toccipital ; du, vulgaire même, qiii sait qu'en plongeant une épingle dans cette région, on peut produire la mort* Plus d'une fols aussi des malfaiteurs ont profité de cette connaissance pour commettre des crimes affreux,' sur de jeunes enfans surtout. Si l'instrument était pprté par la partie antérieure, il ne ferait pas courir les mêmes dangers, parce que lapophpe de lalLis lempêcherait d'aller directonent à la moelle.

Au-dessous de la seconde vertèbre, des blessures de ce genre ne peuvent plus avoir heu. Tous ces os, en effet, sont assez bien imbriqués les uns sur les autres pour former tin canal complet, dont les parois ne présentent pas cTespace Ubre qui puisse permettre l'entrée des corps étrangers venant du dehors,

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Quoi cpi'iTen soit, il convient de se rappeler qu'une blessure de la moelle entre la première vertèbre et Toccipital, laisserait intactes les racines des nerfs pneumo-gastrique, glossopharyngicA^et grand hypo-glosse, m^ que tous les autres nerfs seraient ainsi séparés de Tencéphale entre les deux premières vertèbres ; le sous occipital serait conservé. Entre la deuxième et la troisième, il resterait une portion du plexus cervical,* entre la troisième et la quatrième, tout ce plexus serait hors d'atteinte, ainsi que le nerf spinal, dont il n y aurait qu'une ou deux racines de détruites. Entre la quatrième et la cinquième, le phrénique ne serait pas altéré , le plexus brachial serait en partie respecté ; enfin , plus bas , il n'y aurait plus nécessairement paralysie des membres thoraciques.

La tête est placée sur le sommet du rachis de manière à représenter un levier du premier genre, dont la branche antérieure serait plus longue que la postérieure. Il suit de là que cette partie pèse plus en avant qu'en arrière, ce qui fait que, dans le sommeil ou le repos, le menton se rapproche naturellement du sternum.

Lors de l'accouchement , c'est cette longueur inégale du levier mobile que forme la tête de l'enfant, qui explique pourquoi l'occiput s'avance toujours le premier quand il ne rencontre pas d'obstacles particuliers. En effet, dans ce cas, la colonne vertébrale, qui représente la puissance, porte plus près de l'occiput que du menton; en conséquence, c'est la première partie qui doit s'abaisser en faisant le mouvement de bascule.

Pendant la vie, c'est tantôt la branche antérieure qui est le bras de la puissance; tantôt, au contraire, c'est la branche postérieure. Dans tous les cas, il y a des muscles appliqués sur toute la longueur de ces branches; de sorte qu'elles

BW COU, ayy

peuvent pour ainsi dire être allongées ou raccourcies, suivant les besoins 4^ la nature.

Prise en travers, la tétCvoffre bien encore un levier du premier genre; mais alors le point d appui est assez juste au milieu de sa longueur. D*un autre côté , les mouvemens latéraux n'ayant pas lieu dans. une articulation spécialement, et s' exécutant aux dépens de toutes en même tems, il devient, 8o^s ce rapport, beaucoup moins intéressant que le premier.

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