‹ Traité d'anatomie chirurgicale ou Anatomie des régionsChapitre 62 sur 116 · Les Lymphatiques · texte numérisé non relu

Les Lymphatiques

Ils sont très-nombreux dans cette région; tous les lymphatiques du membre thoradque s'y rendent, ainsi que ceux de l'extérieur de la poitrine ; une partie de ceux de la partie postérieure du cou y viennent aussi. On y trouve une quantité considérable de ganglions, dont les uns forment une espèce de chaîne autour des vaisseaux, et dont les autres sont distribués en deux sériés. Les uns constituent une couche antérieure placée entre la paroi antérieure de l'aisselle et le plexus vasculaire et nerveux. Le plan postérieur repose entre ce même plexus et la paroi postérieure delà cavité sousK^laviculaire. Ces glandes occupent encore plus particulièrement l'espace qui sépare les vaisseaux et les nerfs du grand dentelé , et cette circonstance est fort avantageuse pour le cldrurgien. En ef-

-^""^^ fet , quand l'extirpation de ces organes devient nécessaire , en se rappelant cette disposition anàtoiiiique, on ne sera pas si facilement arrêté par la profondeur à laqtiélle ils peuvent

/ être placés. Il y a d'ailleurs un moyen bien simple de s^assu-

rer s'il est prudent d'en essayer l'ablation ; il consi$t€f à écarter

]>SS MEMBRES THaRACIQEES. 2^g

le bras du tronc : si , dans cette position , les tumeurs restent appliquées sur le thorax, ou, simplement, si elles ne suivent pas le membre dans son mouvement , il est certain qu elles n ont pas de rapport intime avec les vaisseaux et les nerfs.

On sait avec quelle facilité ces ganglions s'engorgent et se gonflent dans les maladies du sein chez les femmes, de toute la poitrine chez les deux sexes, et surtout dans celles du membre supérieur. Ce gonflement sympathique suffit souvent pour faire découvrir une affection dans des lieux où on la soupçonnait à peine» C'est particulièrement dans les suppurations et les inflanunations virulentes que les glandes de l'aisseUe se tuméfient avec une grande rapidité; c'est à cette occasion aussi, que la suppuration envahit quelquefois avec une promptitude efirayante le tissu cellulaire lâche et abondant qui les entoure : de là ces vastes abcès qui se propagent si vite dans les régions voisines, par l'intermède des traînées cellulaires. En se gonflant, ces ganglions déterminent trèsfréquemment l'infiltration du membre : est-ce le simple résultat des difficultés q^' éprouve la lymphe pour passer dans les organes qui doivent la recevoir? Est-ce un effet de la pression exercée sur les vaisseaux sanguins, les veines, par exemple? Le premier cas nous paraît être le plus fréquent; le second n'est pas. non plus très-rare.

Il faut remarquer que dans le creux de l'aisselle toutes les conditions sont réunies pour que les phlegmons s'y déve* loppent souvent, et pour que l'inflammation y produise promptement du pus ^n grande quantité : ainsi, peau vasculeuse, mince, glissant continuellement sur les tissus qu'elle récouvre; tbsu cellulaire très-abondant, souple, extensible, rempli de vaisseaux; filets nerveux en grand nombre; tiraillanent presque continuel de toutes ces parties , à l'occasion des^mouvemens naturels du membre, etc.

3oO DES MSMBEBS TftORACIQVES.

Ce sont encore ces conditions qui font que les sangsues placées sur le creux de Taisselle y produisent habituellement de si larges ecchymoses.

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